le vieux monde qui n'en finit pas

30 avril 2016

"Belle de nuit". Marie-Eve de Grave sur Grisélidis Réal

Ce soir, au Palais des Beaux-Arts, aura lieu l'avant-première de Belle de nuit. Grisélidis Réal, Autoportraits, de Marie-Eve de Grave. Conversation avec la réalisatrice, concoctée pour la production (Fran Hoste, On Move Productions, Bruxelles).
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grisélidis-réal

Vous avez connu Grisélidis Réal (1929-2005) de son vivant. D’où vous est venue l’impérieuse nécessité de dresser son portrait ?

À l’époque, j’étais occupée à écrire un scénario assez noir, un portrait féminin. Je suis tombée sur un article de Grisélidis complètement au hasard, et puis, coïncidence, mon ami Yves Pagès me donne Le noir est une couleur qu’il s’apprêtait à ressortir, et Carnet de bal d’une courtisane. J’ai été tellement impressionnée par Le noir est une couleur que je lui ai proposé de filmer Grisélidis lors de la sortie de ce livre et du Carnet à Paris. C’était en février 2005, trois mois avant sa mort. Je l’ai suivie pendant quelques jours avec ma petite caméra et puis un peu plus tard au centre de soins palliatifs, trois semaines avant sa mort. On peut dire que je me suis laissée entraîner par elle, tout en cherchant un fil narratif. Elle m’était familière, sa façon d’être, cette énergie, sa violence. On a commencé à correspondre, elle et moi et puis elle est morte. Là, ça été le black-out, jusqu’à ce que La Passe imaginaire et Les Sphinx voient le jour, en janvier 2006. J’avais une seule certitude: je ne voulais pas faire un film sur la prostitution. C’est en la lisant que le film est venu, peu à peu. Un portrait par l’écriture, avec cette idée que l’écriture était reconstituante chez elle. Ça, ça me parlait. La reconstitution de soi par l’écriture. Comme si l’écriture lui permettait de se (re)donner forme. C’était un écho direct à ce scénario que j’étais en train d’écrire et tout simplement à mon rapport personnel à l’écriture.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées pour monter la production, vu le caractère sulfureux de Grisélidis (courtisane, militante, taularde, artiste, poétesse et romancière boutefeu, revendiquant à nouveau le statut de pute à l’automne de sa vie) ?

Vous allez rire, mais ce n’était pas de la pute que je voulais parler ! Je voulais parler d’une femme qui vit pour écrire et qui écrit pour vivre. Je ne voulais parler que de littérature et de l’artiste, et aussi un peu pute sur les bords... L’écriture du film a été difficile parce que je traversais cinq livres, mais le montage financier s’est passé simplement, lumineusement. On a eu tout l’argent qu’il est possible d’avoir en Belgique pour un documentaire. Il faut dire qu’on avait un dossier solide !

Le sous-titre du film est Grisélidis Réal. Autoportraits. Il est en effet ponctué d’extraits de textes et de déclarations de Grisélidis, constituant une sorte de mosaïque, et selon un point de vue plus ou moins chronologique. Comment s’est imposée l’idée d’un tel fil rouge ?

L’éclatement de soi et l’écriture reconstituante. Et puis, je suis surtout tombée — magnifique découverte — sur la collection de photomatons de Grisélidis à Berne. J’ai tiré le fil, en faisant confiance à ce que je sentais.

Comment avez-vous sélectionné les images destinées à figurer dans le film, aux dépens de telles autres ?

Je dirai que le plus dur a été de choisir les textes !

Vous utilisez quantité d’archives personnelles, lettres, photos, manuscrits, post-it, bandes magnétiques. Avez-vous reçu le soutien des proches de Grisélidis ? De ses enfants ?

À sa mort, ses enfants ont décidé de tout donner aux Archives Littéraires de Berne. Tout, absolument tout est classé, inventorié là-bas. Il y a au moins une cinquantaine de cartons, avec ses photos, ses lettres, ses manuscrits, ses dessins, les petits papiers qu’on écrit n’importe où, sur des bords de table. C’est fou, car Grisélidis a tout gardé. C’est Igor, son fils, qui m’a donné les fichiers avec les voix des enfants. Si ce n’est pas un cadeau, ça...

"J’appartiens", dit-elle très tôt, au "grand troupeau des nomades en transhumance". Serait-ce un des gimmicks d’une existence si haute en couleur ?

C’est une femme de l’écrit, elle s’y connaît en formules. C’est très théâtral comme phrase, non ? Très ampoulé, expressionniste. Tout de suite, on a l’image. Elle a cette grande force.

Yves Pagès, qui édita son oeuvre littéraire chez Verticales, montre comment elle échappe à toutes les tentatives de la placer dans une case...

Oui et c’est ça qui fait toute sa singularité, c’est une pute qui n’est pas une pute, qui n’est pas un écrivain, tout en étant écrivain, c’est une militante qui déteste la militance. Elle est et échappe à toute classification. C’est un être humain qui vit à cent à l’heure, qui avance à découvert, en permanence. Je n’ai jamais rencontré une femme comme ça, aussi forte, aussi dingue. J’aime sa façon d’être au monde.

À Jean-Luc Hennig, qui lui dit que "les plus belles histoires d’amour sont pure fiction, que le réel les tue", Grisélidis rétorque qu’au contraire, "Le réel est fiction. La fiction est réelle." Cette fusion semble s’accorder au mouvement de balancier permanent dans son oeuvre (et sa vie) entre le sordide, l’humiliation, la solitude et d’autre part, l’aspiration à l’absolu, à l’amour, à la poésie.

C’est la phrase qui ouvre le film et qui résume Grisélidis, si on peut un tant soit peu la résumer. Réalité et fiction. Toujours entremêlées. Ça me touche, parce que c’est l’expression même de sa vérité intérieure. Je me sens comme elle, à ce niveau-là.

"Chez elle, tout est désir." Qu’est-ce que ça signifie, selon vous ?

C’est son désir et ses pulsions qui la font avancer, sans le moindre sentiment de culpabilité. Elle est libre, complètement libre et elle va là où le vent et l’amour la portent. Tout est transformé en histoire d’amour, même avec ses clients. Même avec ses plantes.

Passage magnifique du film, quand vous lisez des extraits de chapitres écrits en prison, sur "le cinéma" — spectacle de l’extérieur aperçu par la fenêtre étroite d’une cellule — et que se projettent devant nos yeux des fragments de pellicule, comme des amorces dénuées d’images.

Vous savez, c’est un passage-clé, cette fenêtre cinéma. Surtout en écho à la fin du film, quand elle se tourne vers le jardin, et qu’elle me dit que c’est un cadeau; pour moi la boucle est bouclée. Je savais que c’était là la fin du film: cette fenêtre et ce jardin. J’ai voulu d’ailleurs y faire gambader des animaux étranges et puis je suis revenue à une certaine simplicité. (Il faut accepter la simplicité !)

Les écrits en prison, dit Pagès, c’est le moment où Grisélidis cesse d’être simple diariste, pour devenir écrivain.

Oui, en ce sens, ce journal est très émouvant, il est très simple, essentiel, comme du Rilke. Elle observe le monde autour d’elle et le transfigure par la force de ses mots et de son imaginaire. À un moment donné, elle transforme sa cellule en cabine de bateau ! Ces passages-là du livre sont absolument merveilleux.

Elle se promet, si elle sort de prison, de s’engager. Peu importe où. "Il faut donner forme à sa révolte." Est-ce que ça ne va pas être l’obsession de toute une vie ? Donner forme, donner sens à une révolte instinctive, physique ?

Ça devrait être l’obsession de tout un chacun, oui. Mais le monde autour de nous n’est pas tellement obsédé par la révolte ! Au contraire, c’est un monde qui s’endort, sous les objets, la technologie, la kyrielle d’images. Un monde qui croule et qui s’effondre. Houlà, je suis pessimiste.

Grisélidis doit sa première publication au soutien d’un jury des meilleurs écrivains de Suisse romande. Extraordinaire, non, pour un personnage qu’on ne cesse de qualifier de sulfureux ? Dans ce pays calviniste et froid qu’elle ne portait pas dans son coeur !

C’est ça qui est drôle et elle s’en amuse tout le temps. Grisélidis a un rapport amour/haine avec la Suisse. Elle a surtout eu beaucoup de chance. S’il n’y avait pas eu ce concours organisé par Bertil Galland, il n’y aurait pas eu Le noir est une couleur, il n’y aurait peut-être rien eu. Les choses ne tiennent à rien et pourtant elles tiennent aussi au courage et à la ténacité ! Ce n’est pas rien.

Années 1970. Elle traverse une époque marquée par le militantisme. Elle incarne l’aile radicale du mouvement de défense des prostituées, au risque de se trouver en porte-à-faux avec certaines féministes. Le texte "Se prostituer est un acte révolutionnaire" lui vaut de solides inimitiés. Voilà un trait qui n’est pas sans résonance avec notre époque.

Jusqu’au bout Grisélidis s’est battue. J’ai des images d’elle dans chambre avec une délégation d’étudiantes et une sociologue, au centre de soins palliatifs, alors que son cancer était en phase terminale. Elle s’est battue jusqu’au bout de la nuit, à force de lettres, d’enveloppes et de communiqués de presse. Ce n’est pas du flan ! Jamais Grisélidis n’était dans la posture, il y avait de la théâtralité certes, mais jamais de posture.

Sa rencontre avec Jean-Luc Hennig est essentielle. Belle de nuit montre comment leurs relations, surtout épistolaires, vont permettre à Grisélidis de s’ouvrir pour de bon. Pour une fois elle a un véritable interlocuteur — avec lequel, comble du paradoxe, l’amour est interdit. Vous donnez une place importante à la lecture de leurs lettres.

Choisir dans toutes ces lettres, c’est ce qui a été le plus difficile. Elles sont toutes plus belles, plus drôles, les unes que les autres. Ce sont chaque fois des histoires, des petites nouvelles. Grisélidis, c’est le Raymond Carver de la passe ! On en revient au désir, n’est-ce pas le désir qui nous fait avancer, créer, filmer ? Sans désir, il n’y a pas de forme. La lettre est l’expression même du désir. La découverte de leur courrier, aux Archives, a été un moment magique. Toucher ces enveloppes déchirées, lire les phrases succinctes de Jean-Luc. Moment très fort dans la préparation du film. Et puis, cette faculté énorme, grandiose qu’a Grisélidis de s’émerveiller, même dans le pire. Ça me touche énormément. Si on ne s’émerveille pas ou plus, on est mort.

Du coup, Hennig joue un rôle essentiel pour notre compréhension de Grisélidis.

Jean-Luc est celui qui l’a fait renaître à l’écriture, en cela il a été d’une générosité inouïe. Étrange et magnifique couple de passion. Comme dans un film de Visconti. Sans passage à l’acte. Grisélidis disait d’ailleurs que l’érotisme était surtout une affaire d’imagination et d’esprit.

Le débat sur la prostitution recommence à faire rage, entre les abolitionnistes, les partisans d’un aménagement et ceux qui pensent qu’elle a droit de cité et doit être régulée au même titre que d’autres "métiers". Pour autant que la question ait du sens, où se situerait aujourd’hui Grisélidis Réal dans un tel débat, non dénué d’arrière-pensées politiques ?

Grisélidis éclaterait de rire (ou plutôt de colère !) devant tous ces discours débiles sur la prostitution qu’on entend aujourd’hui. Franchement, on régresse et surtout on mélange tout. Protégeons et reconnaissons les travailleurs du sexe. Les réseaux, c’est autre chose.

Quelle leçon devons-nous tirer de son oeuvre ? Que nous a appris ce personnage extraordinaire ?

Avoir la niaque et du panache. Aimer l’humain et respecter la vie. Dans tous les sens du terme. L’humanisme de Grisélidis est sans fin, beau et vient du fond d’elle-même. C’est une piéta. De mon côté, j’espère simplement avoir fait un film aussi libre qu’elle (ma grande angoisse était de faire un documentaire genre "Un siècle d’écrivains" !) et que les spectateurs aient envie de lire, de lire et relire Grisélidis. Oserais-je dire que c’est ma mère d’écriture ? J’ose.

Propos recueillis par Ch.T., Jr [mars 2016]

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29 avril 2016

Hotties Reading 437

John Currin 3/3

hr john currin2

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28 avril 2016

Muguette, ça y est !

Ce 28 avril 2016, il est enfin là, chez tous les libraires qui n'ont pas froid aux mirettes. La Musardine vient de rééditer le mythique Muguette, prix Fascination 1980, publié à l'origine chez Baston et illustré par Georges Maurevert. Je vous en bats les oneilles depuis longtemps, ne faites pas semblant d'avoir oublié. L'auteur, Philarète de Bois-Madame, a perdu son pseudonyme en route, comme on le voit ici-bas sur la drôle de couverture illustrée par John Currin.

Il y a trente-cinq ans, la quatrième annonçait ainsi la couleur :

"Tour à tour fille de joie en Chine populaire, prisonnière de Fantômas en Afrique du Nord et cobaye d'un savant fou à Levallois-Perret, la juvénile Muguette vit une folle équipée constamment émaillée d'étonnants déboires sexuels. Le marquis Philarète de Bois-Madame s'en fait l'historiographe avec une verve et une truculence irrespectueuses et débridées. Qui se cache sous le nom de Philarète de Bois-Madame? Il s'agit d'un jeune écrivain connu, essayiste et romancier, salué par les critiques comme l'un des plus doués de sa génération. Avec Muguette, il se place d'emblée également parmil les meilleurs conteurs érotiques français et, s'il se masque ici d'un pseudonyme, sans doute n'est-ce que pour respecter les us et coutumes du libertinage littéraire."

muguette2

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Autre temps, on nous prévient aujourd'hui comme ceci :

"Ami lecteur, sois-en illico averti: Muguette n′est pas une bluette. Si tu aimes l′outrance, la caricature, l′écriture automatique, la démesure, la scatologie, le gore, si tu as sur tes rayons Les Onze Mille Verges d′Apollinaire et les Oeuvres érotiques de Pierre Louÿs à ton chevet, ce livre est pour toi. Tu bourlingueras, de la Chine à Levallois-Perret, en compagnie de Muguette et de sa copine Tapée-la-Youpette, avec des haut-le-coeur, mais de franches rigolades, bien que le cerveau en capilotade. Au passage, tu croiseras Fantômas, un jeu-concours, de la grande poésie (!) et plein de délires pornographiques fantasques... Sinon, passe vite ton chemin. 

"Écrite par Jean-Pierre Bouyxou comme une pochade pour amuser ses amis, Muguette n′avait pas vocation à être publiée lorsqu′elle fut écrite en 1971. Journaliste pour Paris-Match, critique de cinéma, acteur et réalisateur, Jean-Pierre Bouyxou, né en 1946, est également un auteur phare et culte de la célèbre collection des années 1980, "La Brigandine", dans laquelle il commit un certain nombre de romans sous divers pseudonymes. Le truculent parcours de Muguette lui offre sa place dans la collection "Lectures amoureuses" où, au titre d′éminente curiosité littéraire scabreuse et pornographique, elle se devait de figurer..."

muguette

Bref. Avec la Pentecôte toute proche vient le temps des communions (dans les campagnes) et se prolongent les nuits à dormir debout (dans les villes). Muguette vous coûtera un peu moins que deux paquets de Gitanes maïs. Ce sera ces jours-ci le cadeau qui fera plaisir aux petites-nièces et aux compagnons de lutte. Noter que si La Musardine rentre dans ses frais, elle nous promet de lui donner, à Muguette, plein de petits frères et petits soeurs.

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Hotties Reading 436

John Currin 2/3

hr john currin3

Joan Collins

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27 avril 2016

Hotties Reading 435

John Currin, 1/3

hr john currin1

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20 avril 2016

Hotties Reading 434

vlcsnap-2016-04-20-15h24m09s874

Joris Ivens, La Seine a rencontré Paris 1957

vlcsnap-2016-04-20-15h29m02s412

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16 avril 2016

Hotties Reading 433

intentions of murder (paul schlienz)

Intentions_of_Murder_1964c03

Akai satsui [Désir meurtrier], Shohei Imamura 1964

(merci Paul Schlienz)

Intentions_of_Murder_1964_p1a

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Oxymorons et bulbes mous

Les temps changent. Longtemps fascinés par les "anarchistes de droite", les hebdomadaires culturels n'aiment plus que les "banquiers de gauche". On se demande qui a gagné au change. Pendant ce temps, Renaud l'Apostat confesse qu'il a frotté sa langue contre la glotte d'un fonctionnaire de la préfecture de police. Ah, on est bien barrés.

barcelone

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15 avril 2016

Benoît, for ever

Lamy1

 

Un certain 15 avril, Benoît Lamy succombait sous les coups de son compagnon, Perceval. Affaire brutale, moins criminelle qu'amoureuse. Benoît était depuis longtemps, excusez l'assonance, un de nos meilleurs amis (et le plus redoutable de mes partenaires au ping-pong). C'était aussi un des cinéastes belges qui comptaient, entre Bucquoy et Lehman. Les années passent, il nous manque toujours beaucoup. Ses meilleurs films étaient Home, sweet home (la révolte des pensionnaires d'un mouroir) et La vie est belle (coréalisé par Ngangura Mweze: musique et dérive demyesque en compagnie de Papa Wemba dans le Kinshasa populaire de l'époque).

~

 Quoi qu'il arrive...

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13 avril 2016

"Entre chien et loup", Beata Szparagowska à Contretype

 Depuis hier soir (12 avril), notre amie Beata Szparagowska expose à Contretype,
4A cité Fontainas, 1060 Bruxelles.
L'expo s'intitule "Entre chien et loup". Elle y restera jusqu'au 5 juin.

 

beata avril 2016

 

Il est une heure ou deux heures du matin. Il n’y a pas très longtemps que le soleil est passé sous la ligne d’horizon
et bientôt il réapparaîtra.C’est la nuit, mais il ne fait pas noir. Tout est reflets de bleus.
Tout baigne dans une pénombre dont la lumière n’est ni celle de la nuit précédente,
ni de la suivante. Dans sa durée prolongée, dans sa lenteur, entre chien et loup, la nature finlandaise
m’offre un espace à habiter, à explorer à mon rythme. Je suis presque seule.
Autour de moi tout vit au ralenti, au bord du monde du sommeil.
Devant mes yeux, les contours s’estompent, les formes s’obscurcissent, le visible se dilue dans le sombre.

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Ils font pleurer les filles, 1966

Le camarade Noël Simsolo m'envoie ceci.
Mignon, et énigmatique (tous ces messieurs vêtus de noir ne sont-ils pas bizarres ?)

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Peuples en larmes, peuples en armes ~ GDH

Si le meilleur de la philosophie consiste à interroger l'universel (et l'histoire) pour se pencher sur le hic et nunc, la lecture de Georges Didi-Huberman est plus que jamais salutaire. Prière d'insérer de Peuples en larmes, peuples en armes, le tome 6 de L'oeil de l'histoire. 

***

potemkine

« Il en est ― au regard de l'histoire et de la politique ― des émotions comme des images (les deux étant d'ailleurs souvent mêlées): on a tendance à tout leur demander ou, au contraire, à tout leur refuser. La première attitude, assez commune, prolonge la confiance en croyance et se livre bientôt à ce "marché aux pleurs" des émotions médiatisées qui finit par tuer toute vérité de l'émotion comme toute émotion de la vérité. La seconde attitude, plus élitiste, prolonge la méfiance en rejet, en mépris et, finalement, en ignorance pure et simple des émotions comme des images: elle supprime son objet au lieu de le critiquer. Il fallait donc envisager une approche plus dialectique. Ce livre en est la tentative, focalisée ― après une brève histoire philosophique de la question ― sur l'analyse d'une seule situation, mais exemplaire: un homme est mort de mort injuste et violente, et des femmes se rassemblent pour le pleurer, se lamenter. C'est bientôt tout un peuple en larmes qui les rejoindra. Or cette situation, que l'on observe partout et de tout temps, a été remarquablement construite en images par Sergueï Eisenstein dans son célèbre film Le Cuirassé Potemkine. Mais comment se fait-il que Roland Barthes, l'une des voix les plus influentes dans le domaine du discours contemporain sur les images, a considéré cette construction du pathos comme vulgaire et "pitoyable", nulle et non avenue ? La première réponse à cette question consiste, ici, à repenser de bout en bout le parcours de Roland Barthes dans ses propres émotions d'images: depuis les années 1950 où il admirait encore le pathos tragique, jusqu'à l'époque de La Chambre claire où il substitua au mot pathos, désormais détesté, un mot bien plus subtil et rare, le pothos... La meilleure réponse à la critique barthésienne sera fournie par Eisenstein lui-même dans la structure de sa séquence d'images comme dans le discours ― immense, profus, génial, aussi important que celui des plus grands penseurs de son temps ― qu'il tient sur la question des images pathétiques. On découvre alors une émotion qui sait dire nous et pas seulement je, un pathos qui n'est pas seulement subi mais se constitue en praxis: lorsque les vieilles pleureuses d'Odessa, autour du corps du matelot mort, passent de lamentation à colère, "portent plainte" et réclament justice pour faire naître ce peuple en armes de la révolution qui vient. »

didi 6

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10 avril 2016

10 avril 1916

judex 10 avril 16

Judex, Louis Feuillade 1916

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05 avril 2016

Jean-Gabriel Périot 2012

The Devil, 2012, Jean-Gabriel Périot

 

 

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Hotties Reading 432

hr nuits blanches

Astrid Adverbe, Paul Vecchiali, Pascal Cervo

tournage de Nuits blanches sur la jetée, Paul Vecchiali 2014

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04 avril 2016

Rennes, mars 2016

rennes mars

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01 avril 2016

De Palma à Beaune

Brian De Palma est invité au Festival international du film policier
qui se tient à Beaune du 30 mars au 3 avril

Caroline Vié © y a pris cette photo, magnifique et troublante

De Palma Beaune mars 2016 (C Vié)

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30 mars 2016

Hotties Reading 431

midnight special original

Jaeden Lieberher dans Midnight Special, Jeff Nichols 2015

Kim dans un home-remake du précédent © Morgan Pokée 2016

midnight special remake

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29 mars 2016

En Suisse, tous les lacs s'appellent Léman.

Une du Monde, 29 mars 2016

lugano

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C-huit H-dix N-quatre O-deux #29

dobbs café1

Virginia Mayo et Brian Keith, Fort Dobbs (Gordon Douglas, 1958)

dobbscafé2

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