le vieux monde qui n'en finit pas

22 octobre 2014

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Moon So-ri
Ha ha ha, Hong Sang-soo 2010

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17 octobre 2014

« Sade nous concerne tous » [entretien avec Annie Le Brun]

[entretien avec Annie Le Brun, par Frédéric Joignot,
à propos de l'exposition d'Orsay, « Sade. Attaquer le soleil »]

[petit cadeau de SAVM aux malheureux qui n’ont pas accès
aux pages « abonnés » du journal de référence]

~

Les relations de Sade (1740-1814) et d’Annie Le Brun forment une longue histoire passionnelle. En 1977, l’écrivain préface la première édition des œuvres complètes du "divin marquis" par Jean-Jacques Pauvert – en 1945, la publication d’Histoire de Juliette avait valu dix ans de poursuites judiciaires à l’éditeur. Suivront notamment Soudain un bloc d’abîme, Sade (Jean-Jacques Pauvert, 1986), Vagit-prop. Lâchez tout et autres textes (Ramsay-Pauvert, 1990), Sade, allers et détours (Plon, 1989). À l’occasion du bicentenaire de la mort de Sade, elle est commissaire général de l’exposition « Sade. Attaquer le soleil », présentée au Musée d’Orsay.

attaquer le soleil

On fête le marquis de Sade comme un classique, lui qui a été si longtemps considéré comme un maudit. Cherche-t-on à le neutraliser ?

Sade résistera à toute neutralisation, je crois qu’avec lui on peut être rassuré. On ne lit sans doute pas plus Sade aujourd’hui qu’hier, mais on l’enveloppe des plus diverses analyses historiques, psychologiques, médicales, linguistiques, comme pour nous protéger de l’abîme auquel il nous confronte.

Une grande entreprise de normalisation a commencé. La forme moderne de la censure n’est plus d’interdire, mais de désamorcer, par excès de commentaires, d’interprétations, par une sorte de gavage qui finit par tout rendre équivalent. Mais l’œuvre demeure, irréductible.

Qu’est-ce qui résiste chez Sade, qui nous concerne aujourd’hui ?

L’extraordinaire chez Sade est qu’avant Nietzsche, avant la psychanalyse, il mette la pensée à l’épreuve du corps. Il met vraiment la philosophie dans le boudoir, à l’inverse de tous les autres qui, dans le meilleur des cas, font de l’érotique une dépendance de leur système. Lui, au contraire, nous révèle que l’exercice de la pensée n’est pas une activité abstraite, mais qu’elle est déterminée par les mouvements des désirs et que sa source est avant tout pulsionnelle. C’est la phrase fameuse dans Histoire de Juliette: "On déclame contre les passions sans songer que c’est à son flambeau que la philosophie allume le sien."

Tel est ce qui caractérise la pensée sadienne. Ses héros ne pensent jamais à froid, ils dialoguent, ils prennent du plaisir, il y a chez eux un perpétuel "échauffement" de l’esprit, une continuelle surenchère de l’imagination érotique sur le raisonnement, qui en est troublé. Et ce trouble se communique au lecteur, subjugué à son tour. D’ailleurs Juliette, l’héroïne favorite de Sade, le dit bien: "Ma pensée est prompte à s’échauffer", révélant comment la pensée se met en mouvement. Sade est le premier à nous dire cela, et, plus encore, à nous le faire ressentir.

Vous parlez d’un "cogito" sadien, d’une rupture philosophique majeure, qui nous précipite dans la modernité…

Dès 1782, il s’oppose en effet à Descartes: "Je pense, donc je suis. Cette idée, dit cet auteur, n’a aucun son, aucune couleur, aucune odeur, etc., donc elle n’est pas l’ouvrage des sens. Peut-on s’astreindre aussi servilement à la poussière de l’école ?", pour conclure:  "Point de sens, point d’idées". Pour lui, la pensée est toujours incarnée, Il nous montre que le corps désirant travaille et sape toujours la raison, les beaux discours, la morale, et qu’en revanche une pensée est à l’œuvre qui nourrit les désirs, incite à les poursuivre sans jamais y renoncer, quel qu’en soit l’excès, jusqu’au crime parfois. Car il y a pour Sade une criminalité inhérente au désir, comme il l’affirme dans La Philosophie dans le boudoir: "Il n’est point d’homme qui ne veuille être despote quand il bande." Voilà ce qu’on ne peut lui pardonner. Même si là et ailleurs, il annonce aussi bien Freud que le docteur Krafft-Ebing…

Vous pensez à ce catalogue des passions sexuelles que sont Les Cent Vingt Journées de Sodome ?

Sade y décrit six cents passions, des "passions simples", "doubles", "criminelles" et "meurtrières", ce qui a fait dire à Maurice Heine, son éditeur dans les années 1930, que Sade est "l’homme à qui revient l’initiative de l’observation méthodique et de la description systématique" des perversions sexuelles. Seulement, à la différence des descriptions qu’en fait von Krafft-Ebing dans sa Psychopathia Sexualis, Sade nous les montre en action, il les incarne dans des personnages assumant leurs vices, tenant des propos scandaleux. Il les accompagne dans leur vertige et le pire est qu’il nous entraîne. Georges Bataille l’a bien vu, quand il rappelle qu’on ne saurait lire Les Cent Vingt Journées de Sodome sans une sorte d’"énervement sensuel" qui réveille en nous des pulsions enfouies. D’autant que dans cette perspective Sade a continuellement conscience qu’il replace l’homme au milieu des forces qui régissent l’univers, le faisant participer d’une nature violente, sexuée et immorale, qu’il lui importe en même temps d’excéder, en ce qu’elle constitue un défi pour la pensée.

Défendant un individu libre, souverain et jouisseur, certains ont dit que Sade vouait un culte maladif à des aristocrates despotiques. Ou encore qu’il était un individualiste ultralibéral avant l’heure. Qu’en dites-vous ?

En faire le premier penseur ultralibéral, une sorte de libertaire libertin épanoui, est sans objet. Sade sait combien la liberté est dangereuse et l’homme souverain inquiétant. Il est un des très rares écrivains, peut-être le seul, à mettre la nature humaine à nu. Il peint des personnages libérant toute la violence de la passion sexuelle, l’exerçant au détriment des autres, parfois jusqu’à une cruauté sans pareille. Mais, là où il nous inquiète le plus, c’est en nous rappelant que ces actes sont monnaie courante dans l’histoire. Ses personnages jouissant de leurs crimes sont de tous les temps.

Dès la première page des Cent Vingt Journées, il nous prévient qu’il va mettre en scène quelques-unes de "ces sangsues toujours à l’affût des calamités publiques qu’ils ont fait naître au lieu d’apaiser, et cela pour être à même d’en profiter avec plus d’avantages". Il nous oblige à regarder ses personnages en face, il montre qu’ils nous troublent et qu’ils vivent en nous. C’est pourquoi Sade nous concerne tous. Ses livres nous rappellent combien le vernis de la civilisation est fragile et de quelle nuit inquiétante viennent nos désirs, qui peuvent ressurgir à tout moment. Regardez ce qui s’est passé tout près d’ici, dans l’ex-Yougoslavie, au cours des années 1990, tous ces massacres, ces femmes enlevées, ces viols…

On a encore dit que Sade justifiait le crime sexuel. Dans son film Salo, inspiré par l’œuvre de Sade, Pasolini assimile Les Cent Vingt Journées à la violence fasciste…

Si je tiens Pasolini pour un grand cinéaste, il me semble impossible de rattacher les romans de Sade à une période historique précise ou de les assimiler à tel ou tel régime. Pour lui, le crime reste un crime, quel que soit l’emballage idéologique. Sade reste le narrateur et le penseur radical de la noirceur humaine, refusant toutes les formes de justification que nous nous trouvons d’habitude pour excuser notre sauvagerie, que ce soit la patrie, la religion, la race, la révolution.

Sade nous enlève toutes nos excuses, tous nos garde-fous, toutes nos explications bien commodes pour nous montrer un homme jouisseur par nature, prompt à se servir des autres, emporté par des passions injustifiables. En cela, sa pensée défie les penseurs optimistes comme Hegel et le courant progressiste, qui avancent qu’après les périodes sombres de l’histoire la raison reprend ses droits, la négativité se dissout dans un nouvel élan de progrès social et de positivité. Chez Sade, le "noir" résiste, comme une source foisonnante, créatrice, n’en faisant pas moins entrevoir sur quel néant nous avançons.

Vous dites pourtant que Sade est moral. De quelle manière ?

De son vivant, Sade s’est opposé à la peine de mort, il a dénoncé les massacres des guerres de religion et l’Inquisition, il s’est opposé à la guillotine. Face à Robespierre qui, en principe opposé à la peine de mort, va la justifier pour des raisons idéologiques, c’est paradoxalement Sade qui est moral, refusant une fois pour toutes que la fin justifie les moyens. Son "malheur", comme il le dit encore, est "d’avoir reçu une âme ferme qui n’a jamais su plier et qui ne pliera jamais". A penser comme un de ses héros libertins que la philosophie "n’est point l’art de consoler les faibles" et qu’"elle n’a d’autre but que de donner de la justesse à l’esprit et d’en déraciner les préjugés", Sade est encore moral.

En même temps, il se montre résolument athée et matérialiste, et ne cesse de blasphémer…

Sade a lu les matérialistes et les athées du XVIIIsiècle, Nicolas Fréret, La Mettrie, Diderot, Helvétius, le baron d’Holbach, qui, en quelques décennies, ont bouleversé la pensée européenne et voulu libérer l’homme des entraves religieuses et politiques. Les personnages de ses romans les citent, ou plus souvent les détournent. S’appuyant sur eux, il ne rate jamais une occasion de démontrer l’inexistence de Dieu, comme une gymnastique nécessaire à la santé de l’esprit.

Et si Sade rejoint là le Don Juan de Molière et les penseurs des Lumières, il se propose en même temps d’éradiquer en l’homme le besoin de croire, d’instaurer une transcendance, à l’origine de toutes les formes de servitude volontaire. En cela, il va plus loin que tous les autres.

C’est-à-dire ?

Il ne lui suffit pas de rejeter Dieu, mais il en tire les conséquences, en opposant la notion de souveraineté à toute loi susceptible de limiter les passions, et du même coup d’attenter à la singularité de chacun. Pour lui, qui a passé vingt-sept années en prison, soit un tiers de sa vie, une lutte continuelle est engagée entre le désir de souveraineté de l’individu, les lois de la société et les préjugés moraux ou politiques. Cette affirmation sauvage est bouleversante parce qu’elle advient au moment où la Révolution et Robespierre célèbrent le culte de l’Être suprême, s’installent dans le mensonge idéologique que Sade dénonce avec force dans Français, encore un effort si vous voulez être Républicains, cinquième dialogue de La Philosophie dans le boudoir. En cela, il annonce les grands enjeux de la modernité…

C’est cette modernité que vous voulez montrer à travers l’exposition « Attaquer le soleil »?

Si l’influence de la pensée de Sade dans les profondeurs du XIXe siècle a été reconnue dans la littérature, que ce soit chez Apollinaire, Barbey d’Aurevilly, Baudelaire, Huysmans, Lautréamont, on ne l’a pas perçue dans la peinture. Le pari de cette exposition est de montrer la rencontre de Sade avec la sensibilité du XIXe siècle, au moment où, à la suite de la montée de l’incroyance, les cadres de pensée comme les normes de la représentation étant en train de s’écrouler, les questions qu’ils posent autour de l’irreprésentable violence du désir sont celles qui inquiètent alors la peinture.

Par exemple ?

Dans son Journal, Delacroix parle de "ce fond tout noir à contenter". Très proche de Baudelaire, il a vraisemblablement lu Sade. Ne l’aurait-il pas fait, la rencontre est telle qu’à considérer, par exemple, l’étude pour La Mort de Sardanapale, que nous avons la chance d’avoir obtenue du Louvre, on peut se demander si ce n’est pas une illustration des Cent Vingt Journées de Sodome, alors que le texte en reste inconnu jusqu’au début du XXe siècle. L’important est aussi que, quand on commence à affronter ces forces-là, on ne peut plus peindre de la même façon. Ainsi Degas, avec Scène de guerre au Moyen Age (1863-1865) qui représente une chasse aux femmes, où l’une est poursuivie à cheval, les autres abattues ou tuées à coups de flèches, rend compte d’une violence qui va le conduire à réinventer le nu. C’est sans doute pourquoi Degas se rendra dans les bordels parisiens pour y saisir sur ses monotypes la sauvagerie des corps dénudés échappant aux attitudes codées. De son côté, Ingres peint des corps de plus en plus érotisés, comme en témoigne le chemin parcouru entre la première version de Roger délivrant Angélique (1819) et Le Bain Turc (1862). Sans parler de Courbet et de la violence qui est à l’œuvre dans L’Origine du monde (1866); violence plus grande encore qu’on retrouvera dans la première période de Cézanne…

Mais n’est-ce pas au début du XXsiècle, avec les surréalistes, que Sade est officiellement reconnu comme un auteur majeur ?

Sans aucun doute, mais c’est l’histoire d’un grand décentrement, au cours duquel le désir va devenir le sujet de la peinture. En fait, c’est une histoire souterraine qui, partant de La Philosophie dans le boudoir, aboutit aux Demoiselles d’Avignon (1907) – dont le titre de départ est Le Bordel philosophique. Et non sans raison, puisque, avec ce tableau, Picasso en arrive à mettre la peinture dans le boudoir, avant que le surréalisme ne reconnaisse le désir comme le grand inventeur de formes.  

Au début du siècle, le grand passeur de Sade est Apollinaire. Son roman Les Onze Mille Verges (1907) n’est pas une galéjade, mais un texte dérangeant, inquiétant, sur la férocité du désir. Il est intéressant que ce livre paraisse l’année où Picasso, dont il est alors très proche, termine Les Demoiselles d’Avignon. Quelques années après, c’est par Apollinaire que Breton, Soupault, Aragon accèdent à Sade.

Un peu plus tard, Robert Desnos publie De l’érotisme. Considéré dans ses manifestations écrites et du point de vue de l’esprit moderne (1923), où il explique qu’il y a un avant et un après-Sade. La revue La Révolution surréaliste ouvre une rubrique intitulée "Actualité du marquis de Sade", Georges Bataille donne un texte érotique, Histoire de l’œil (1928), et les manifestes de Breton incitent l’homme à aller au bout de ses désirs et de ses rêves. C’est dire l’influence de Sade à cette époque…

Elle se fait sentir dans les arts visuels avec plus d’acuité encore. Selon vous, ce n’est pas un hasard. Pourquoi ?

La peinture est une pensée du corps, plus à même de rendre compte de ses métamorphoses. Car l’image du corps va être bouleversée de l’intérieur, comme en témoigneront violemment les œuvres de Félicien Rops, Edvard Munch ou Alfred Kubin, se rapprochant d’une expression longtemps tenue dans les marges des curiosa ou de la folie – d’ailleurs évoquées dans l’exposition –, pour rejoindre ainsi la pensée nue de Sade qui n’admet aucun des présupposés religieux, idéologiques ou sociaux.

La photo, le cinéma, le film X et d’horreur, les nouveaux arts du siècle ont aussi été touchés…

De nombreuses photos de Man Ray, d’Henri Cartier-Bresson, des cartes postales érotiques mises en scène, des photomontages de Jindrich Heisler, de Hans Bellmer, autant d’œuvres dont Sade semble être le foyer lointain, et qui bousculent les représentations connues de la sexualité. Dans le cycle « Sade au cinéma », nous présentons L’Age d’or (1930), de Luis Buñuel, Salo ou Les Cent Vingt Journées de Sodome (1975), de Pasolini, ou encore L’Empire des sens (1976), de Nagisa Oshima, le premier film non pornographique à montrer de véritables scènes sexuelles et toute l’intensité sinon la férocité du désir féminin.

Comment ne pas penser à la Juliette de Sade, dont on a dit qu’elle était la première femme sexuellement libre ?

La Juliette de Sade est un personnage extraordinaire, dans lequel je crois que Sade s’est beaucoup projeté, et son coup de génie est d’avoir choisi une femme pour incarner cette liberté radicale. Dans ce roman, la femme et l’homme se retrouvent à égalité dans la liberté, l’ambition, la perversion et le crime. Tous les rôles traditionnels de la femme sont balayés par Juliette elle-même, qui invente jour après jour sa singularité pour aller chercher en elle, au cours de sortes de rêveries érotiques, ce qu’elle désire vraiment.

Pour Apollinaire, Juliette représente "la femme nouvelle" que Sade entrevoyait, un être, dit-il dans une formule un peu angélique, " dont on n’a pas encore idée, qui se dégage de l’humanité, qui aura des ailes et qui renouvellera l’univers"»Ce n’est pas le moindre des paradoxes que Sade, qui décrit si souvent des femmes maltraitées, ait imaginé un personnage de femme radicalement libre qui proclame: " Le passé m’indiffère, le présent m’électrise, je crains peu l’avenir." Tout est dit.

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Le programme libéral de Valls et Macron

René Pétillon

pétillon

[Ce dessin date d'un précédent quinquennat. Tant que rien ne change...]

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hotties godard

Adieu au langage, 2014

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16 octobre 2014

Pinto et Beavers au palmarès de l'Age d'Or [Bruxelles]

Bruxelles : le jury de l'Age d'Or [pas seulement un prix, désormais un vrai festival] a tranché.

Birgit Hein, Guy-Marc Hinant et Stoffel Debuysere ont remis le prix 2014 à
E Agora ? Lembra-me de Joaquim Pinto.

AP PINTO chiens 600

The jury has decided to give the prize de l’Âge d’Or 2014 to a film that manages to give a fresh spin to the old saying that the personal is political. Here the private intertwines with the political in the film’s refusal to give in to the ubiquitous sense of fatalism that pervades our current emotional landscape. It is political in its courageous search for a sensible form that both centers on the intimate and opens up towards the outside. It is political in its proposition of a sensibility that displaces the contemporary experiences of disappointment and resignation, and offers a way of being in the present, which perhaps requires to live to the fullest all that is left unlived.

[Rebaptisé sobrement Et maintenant ?, le film génial et beau de Pinto sortira le 19 novembre sur les écrans de France, qu'on espère nombreux. Pour le voir distribué dans votre village, réclamez ICI.]

~

Listening to the space in my room de Robert Beavers a reçu,
du même jury, une mention spéciale.

listening to the spce

The jury has decided to give a special mention to a film that reminds us that poetics and craftsmanship are not two words that are opposed to one another. It reminds us that cinema unleashes its greatest power and beauty when it threatens the boundaries of sense, when it offers us an adventure in seeing, hearing and thinking. It is a film that proposes  an intimate sense of place and space, in a musical and sensual play with variations of distance and proximity, emergence and restraint, muteness and articulation, displaying a rigorous attention to frame and phrasing, to the splendor of light and color and the intensities of movement and rhythm.

~

Quant à nos trois camarades programmateurs (hardis navigateurs) qui ont redonné cet automne jeunesse, vigueur et imagination au vieil Age d'Or -- les initiales de leurs prénoms nous interdisent de les appeler autrement désormais que Groupe Pox*** --, ils sont comme la peste, justement. Ils reviendront. La Cinémathèque royale ne peut plus se passer d'eux. Rendez-vous est pris en octobre 2015, donc.

 

*** VOIR ICI

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15 octobre 2014

Le cinéma, sous les couvertures 17

6 juin

Fin août 1944, Jean Grémillon se rend en Normandie pour retrouver sa famille, mais aussi témoigner par des images sur son pays d’origine. Le printemps suivant, il complète ce premier tournage par un deuxième voyage. Dans des conditions précaires, il filme plusieurs rescapés de la population civile, ainsi que des ruines causées par les combats. Enfin, il utilise des archives d’actualité, écrit une musique, enregistre un commentaire dont il est l’auteur. Il rend alors compte des effets du débarquement allié et de la bataille de Normandie, dans l’espoir que le public français découvrira les souffrances endurées par cette région particulièrement dévastée. Terminé en 1946, Le six juin à l’aube est jugé trop long et inopportun par les distributeurs: selon eux, « la guerre n’intéresse plus personne ». Et personne ne s’empresse de défendre un film dont le point de vue n’affirme aucun vainqueur à la guerre... Il obtient finalement une sortie discrète, amputé de 12 minutes, seule version connue depuis lors et jusqu’à la restauration de la version intégrale : c’est cette version originelle qui est ici proposée.

"Les désastres de la guerre", par François Albera ~ texte intégral du film par Jean Grémillon ~ le film restauré dans son minutage original, 56' ~ entretiens avec Paul Vecchiali et Jean-Marie Straub

Les éditions de l'Œil et P.O.M. films, 92 pages et un DVD, 25 €, ISBN 978-2-35137-166-4

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13 octobre 2014

Ana Alcaide à Samarcande

 

Ana Alcaide chante Luna Sefardita (répertoire séfarade espagnol),
extrait de son album "La cantiga del fuego"
enregistré dans la somptueuse Samarcande (Ouzbekistan)

elle s'accompagne au nyckelharpa,
suivie du psalterio de Bill Cooley et de la guitare de Rainer Seiferth

~

bonne nuit ou (si vous êtes déjà au pieu) bon lundi matin

[et pour le lien, merci à pointvirgule]

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12 octobre 2014

Notre-Dame des Turcs (Bene) à Bruxelles

Ce soir, à l'Age d'Or

bene

Carmelo Bene, Nostra Signora dei Turchi, 1968

présenté par Annamaria Licciardello (copie 35mm restaurée)

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Raymonde Carasco à l'Age d'Or

Toute la journée, à l'Age d'Or

Hommage à Raymonde Carasco

carasco

ici, un texte de Nicole Brenez rédigé à la mort de la cinéaste

ici, un topo sur les séances de Bruxelles, et d'autres

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kevin christy

Kevin Christy dans Masters of Sex [S02 E10]

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11 octobre 2014

C'était bien : Decouflé, Lacour, Houbin, Bourvil

d'Alice Roland à Marcel Duchamp, n'y avait qu'un pas,
de Duchamp à Decouflé que le temps d'une installation...

de Decouflé à Bourvil et C'était bien (au petit bal perdu), il y a plus de vingt ans.

On vous le refile, toujours parfait.

Annie Lacour (l'accordéoniste), Pascale Houbin (l'amoureuse), Philippe Decouflé (l'amoureux)

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Lectures pour tous : Alice Roland et Marcel Duchamp

« Marilyn. Mais j’ai oublié de te raconter mon rêve.

Mélissa. Oui, le rêve ?

Marilyn. C’était le matin, très tôt. Le sex-show n’avait pas été détruit, il n’y avait ni grue, ni terrain vague, ni promoteurs immobiliers véreux. Il était juste devenu un champ. Un grand pré, en fait, et toi et moi on y élevait des petits ânes, tous très bien membrés.

Mélissa. Oh, quel cauchemar ! Pour moi, je n’aime ni les animaux, ni le matin tôt.

Marilyn. Un type est descendu du bus (il y avait toujours un arrêt à côté), très chic. Vêtu d’un costume éblouissant – comme du tissu miroir. Il avait l’air assez attiré par notre élevage, et le voyant s’approcher, je me suis approchée aussi. J’ai cru bon de lui donner quelques explications par-dessus la clôture, et j’ai dit comme ça : « Oui, voyez-vous, pour lutter contre la crise, on range les ânes deux par deux et on leur fait manger du nougât : c’est ça qui les fait si bien bander ! »

Mélissa. Et ?

Marilyn. C’est tout. »

Alice Roland, À l’Œil Nu, P.O.L. 2014

~

alice roland

CLIC

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Decouflé, Roland, Salengro et Duchamp en lecture au Théâtre du Rond-Point

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09 octobre 2014

Sade, « Attaquer le soleil »

« Combien de fois, sacredieu, n'ai-je pas désiré qu'on pût attaquer le soleil,
en priver l'univers,

ou s'en servir pour embraser le monde ? »
[Les 120 journées de Sodome, 1785]

Orsay, du 14 octobre au 25 janvier

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07 octobre 2014

Sardines en chocolat

Sardinhas lata cropada

pode conter vestigios de fruitos secos

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arrivage de Lisbonne via Bruxelas, merci à Ph!l

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subscribe

1843-1847

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06 octobre 2014

A Bruxelles, le prix de l'Age d'Or revient par la grande porte

modot

Enfin séparé du programme plus consensuel de Cinédécouvertes (primes à la distribution en Belgique), le prix de l'Age d'Or en sa nouvelle mouture se déploie cette semaine sur les écrans de la Cinémathèque royale de Belgique (ou, dans l'inepte jargon du service publicitaire de cette vénérable institution, Cinematek).

C'est, quarante ans plus tard, 
EXPRMNTL (1949-1958-1963-1967-1974) de Jacques Ledoux
qui renaît de ses cendres.

pao4

Les trois capitaines de ce galion pirate* flambant neuf,
Olivier Dekegel, Ph!l Delvosalle et Xavier Garcia Bardon,
définissent le cap qu'ils se sont fixé pour cette première croisière :

[* corsaire, pour être précis. Même si le navire nous rapporte tant de trésors inouïs,
il est indubitable en effet que la Cinémathèque bat pavillon royal.]

Ca y est ! CINEMATEK propose enfin - selon une formule radicalement repensée - le retour promis de L’Âge d’or, la manifestation imaginée par Jacques Ledoux pour soutenir les films poétiques et subversifs, qui, en écho au film de Buñuel de 1930, rompaient à la fois avec les conformismes du cinéma et ceux de la société. Et le prix de L’Âge d’or mute une fois de plus, pour s’adapter au paysage cinématographique qui l’entoure: il devient un véritable festival, doté d’une programmation riche et audacieuse.

Détaché des Cinédécouvertes, L’Âge d’or renoue avec l’esprit de recherche et d’audace d’une autre manifestation phare de l’histoire de la Cinémathèque royale: le festival EXPRMNTL, au sein duquel les premiers prix de L’Âge d’or avaient d’ailleurs été décernés. Vingt-trois films récents et jamais montrés à Bruxelles - sans distinction de durée (trois minutes ou trois heures), de technique ou de format (pellicule ou vidéo) - participent à la compétition (€ 5.000). Par ailleurs, le festival recevra la visite d’invités tels que Birgit Hein (présidente du jury), Gustav Deutsch (pour son dernier film Shirley, sa trilogie fondatrice Film ist. et une masterclass) ou encore Mark Webber (qui vient de compiler les écrits de Gregory Markopoulos), mais aussi Friedl vom Gröller, Matthias Müller, Christoph Girardet, Robert Todd et John Smith… Sans oublier une sélection de films plus anciens à redécouvrir en belles copies (Markopoulos mais aussi l’avant-garde italienne, un double volet de "poèmes ethnographiques" ou encore la restauration d’un western signé Adolfas Mekas).

Le "nouvel Âge d’or" propose un espace où les frontières cinématographiques (entre le cinéma expérimental, les fictions décalées, les documentaires singuliers) sont enjambées et court-circuitées plutôt qu’acceptées et soulignées. Un festival de cinéma qui vibre par la foi qu’il a dans l’aura des images, dans la puissance de leur montage ou dans la juste durée de leurs plans, dans la force du son… ou du silence. Un festival d’expériences cinématographiques, pour les cinéastes et pour le public.

--

agedor

mercredi 8 octobre au mardi 14 octobre


PRIX DE L'ÂGE D'OR
(23 films - de 3 minutes à 3 heures - en compétition)

'INTRODUCTION TO...'
BIRGIT HEIN / GUSTAV DEUTSCH / JOHN SMITH /
CHRISTOPH GIRARDET & MATTHIAS MÜLLER
/ FRIEDL VOM GRÖLLER / ROBERT TODD

GREGORY J. MARKOPOULOS

'ITALIA AVANGUARDIA' (1964-1975)
CARMELO BENE / PAOLO GIOLI / MARIO SCHIFANO / LUCA PATELLA
ALBERTO GRIFI & MASSIMO SARCHIELLI

POÈMES ETHNOGRAPHIQUES
RAYMONDE CARASCO / ROBERT GARDNER

HOMMAGES / RESTAURATIONS
STEPHEN DWOSKIN / ADOLFAS MEKAS

~
la cinémathèque
le programme détaillé
le réseau social

vlcsnap-2014-10-06-10h40m39s24

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04 octobre 2014

Salut à Jacques Thollot 1946-2014

thollot

En 1959, avec le groupe de George Arvanitas : Night in Tunisia

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quelques années plus tard

To Neneh By Don From Jacques, extrait de son album Tenga Niña (Nato, 1996),
clic vers le glob de Nato 
Jacques Thollot (drums, composition)
Noël Akchoté (guitare électrique) Claude Tchamitchian (double basse)

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L'hirondelle de Banksy censurée vite fait par la mairie de Clacton

pigeon banksy

Graffée sur un mur de la station balnéaire qui pourrait envoyer le premier député du parti populiste Ukip au Parlement britannique la semaine prochaine, l’œuvre a été jugée «offensante». [la suite]

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03 octobre 2014

Beata Szparagowska : « The photos are just the cherry on the cake. »

Beata expose « Entre chien et loup », à Saint-Gilles. 

Agenda, de Bruxelles, lui tire le portrait

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beata 1

Keep your eyes wide shut. Le Salon d’Art is presenting work by the Polish photographer Beata Szparagowska,
which unfolds somewhere between day and night, at the hour when it is difficult to tell a dog from a wolf.
Reality bites !

« Reality is automatically present in photographic images. You can’t manipulate things with photography as well as you can with words. Well, you can these days, but reality always resists. It always intervenes, no matter what you set out to do. When I am taking photos, I don’t feel like I can do whatever I want. That can be frustrating, but it can also be quite interesting. » The reality check hit Beata Szparagowska after her studies in Polish and French literature in Poznan, which she completed with a paper on the impossibility of words to express what you want to say. « I reread it recently, and I was surprised to see how self-assured I was then. [Laughs] That paper was about the work of some obscure 19th-century Polish poet who repeatedly employed the same imagery in an attempt to annihilate language and thus to demonstrate that words are so hopelessly inadequate to express things. Or at least that’s what I thought then. Now I just think he was a bad poet. »

Nonetheless, that inadequacy certainly has a part to play in Beata Szparagowska’s career change. « Somehow I managed to convince my promoter that I needed to be in Brussels to finish my paper – on Polish literature ! [Laughs] When I got here, I didn’t want to leave. After a year traveling around, I returned to Brussels and started a course on literary translation, which I never finished. That first period here was actually rather frustrating. My Polish was useless here, and my French wasn’t very good yet: it was like I knew what I wanted to say, but I couldn’t say it. In those days I had these little notebooks in which I wrote stuff, and after a while I also started pasting newspaper cuttings in them. Eventually I started taking photos myself and registered for a photography evening course. That’s when I decided what I wanted to do. » No words, but images: photography, at the École Supérieure des Arts de l’Image « Le 75 ». Immediately after graduating from Le 75, Beata Szparagowska started a two-year residence at L’L. « The residency was only supposed to be for one year, but it took me that first year to really get started and to realise what I wanted to do. The idea was that I should participate in the activities at L’L, and work with the space and the people who rehearse there, etc. In the beginning, I couldn’t live with the idea that it was so open and that I couldn’t make it more personal. Things only became really interesting when I figured out how to impose some distance between what I was doing and realised that I could pick out certain details and enlarge them, to tell my own stories and fictions. I really liked the fact that they were creating this big thing – which seems useless, but actually isn’t at all – and I wanted to play that kind of game as well. That changed my perception of things, and made me look for the theatre that plays out offstage. »

Photography is a medium that allows her to keep her eyes wide shut – that is how you might describe her intriguing way of looking at things. It is also the way that « Entre chien et loup », the exhibition at Le Salon d’Art that resulted from a residence at the Italian Isola Comacina, gets under your skin. The French proverb refers to sundown, the moment at dusk and dawn when it is very difficult to distinguish between a dog and a wolf, where reality and theatricality, the familiar and the unknown go hand in hand. « My perspective on photography had to develop. At Le 75, I still believed in the distinction between documentary and aesthetic photography. A useless categorisation, I know now, but it took me some time to put aside the photojournalistic approach, and to find my own vision of what the documentary genre is. I wanted to do – and I think I still do – documentary photography, but without the clichés. Like Antoine d’Agata, for example, a Magnum photographer who isn’t really interested in pure photojournalism, but presents his own vision, a personal way of seeing reality. Or August Sander’s portraits. Every now and again I just need to see his photos, to see how you can move beyond the purely documentary and open up the medium. »

beata 3

To make room for coincidence, mystery… For capricious reality: « I’m a little bit scared of the idea of controlling everything. And it doesn’t work that way for me. You can have as many ideas and concepts in the back of your mind as you like, but in the end it is difficult to maintain a story, or even an atmosphere. Reality intervenes, whether you like it or not. I have never managed to do things exactly the way I wanted to do them. » However cautious Beata Szparagowska may be about terms like narrativity, and however spontaneously she conceives of her practice, you cannot escape the poetic power of her images, the tension that makes her images transcend the merely visible. « Maybe that poetry is the connection the work makes with the viewer? But that is not a conscious goal. I have nothing to divulge; too often reality is completely unclear to me. I want to see. To bring the things that aren’t clear to me into focus. Photography helps me to do that. »

« You know, the photos are just the cherry on the cake. You could almost do without them. The whole process is so rich and so valuable. The photo is almost a pretext; it’s essentially about what comes before. And that process is visible in the photograph as well. » But it goes beyond that. « Photography is always one step ahead. Take the residency at Isola Comacina. In a way, "Entre chien et loup" – the idea of which I developed there, though most of the photos were made in Finland – is an exploration of the self-portrait. I hadn’t planned that beforehand, but it seemed more sensible to focus on that idea than just take photos of the gardener or the landscape. It’s a coincidence, but then again, it is something I already wanted to do. Photography made me realise that. »

Entre chien et loup: jusqu’au 18/10, Le Salon d’Art, 81 rue de l’Hôtel des Monnaies, Saint-Gilles (Bruxelles) INFOS

Beata est ICI et LA,

J’ai piqué à leur auteur, Heleen Rodiers, les photos de Beata dans son appart' ixellois.

beata 2

une fois encore, je remercie Ph!l

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"Naima", John Coltrane 4tet

Naima

John Coltrane 4tet

McCoy Tyner (piano) Jimmy Garrison (basse) Elvin Jones (drums)
23/10/1965, festival d'Antibes Juan-les-Pins
réal. Jean-Christophe Averty

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Fin »