le vieux monde qui n'en finit pas

30 octobre 2014

Obtus, le pouvoir

sivens

Sivens, Notre-Dame-des-Landes, Lyon-Turin, etc.

quoi qu'il arrive, le pouvoir et les patrons ne comprennent

VRAIMENT RIEN

à ce qui leur pend au nez

no tav

~

nddl

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Musée du cinéma : l'appel de Moscou

Je viens de recevoir ce communiqué alarmant publié par l'équipe du Musée national du cinéma, à Moscou. J'invite tous ceux d'entre vous qui s'intéressent peu ou prou au cinéma, à son histoire, au patrimoine, à la conservation et à la monstration des oeuvres et donc à la survie des cinémathèques (celle de Moscou est une des plus importantes de la planète), à le diffuser et à le faire diffuser dans les usines, les fermes, les écoles, les casernes, les hôpitaux, les journaux et sur les réseaux sociaux. Si je comprends bien: au-delà de la figure légendaire de Naoum Kleinam (photo), ami de nous tous et ennemi de toutes les dictatures, le pouvoir poutinien cherche peut-être à avoir la peau du Musée du cinéma. Comme dirait l'autre*, nous n'y changerons peut-être rien. Mais si l'information circule un max... on ne sait jamais.

[* en substance, Pierre Léon, par qui m'est parvenu ce document]

naoum

~

Appel aux collègues cinéastes et professionnels de musées

de la Russie et du monde entier

de la part du Musée national du cinéma (Moscou)

 

Le 27 octobre 2014, toute l’équipe des spécialistes travaillant au Musée national du cinéma (conservateurs, archivistes et spécialistes de programmation de cinéma)  – 22  personnes – ont adressé une lettre au ministre de la culture de la Fédération de Russie, Vladimir Médinski, déclarant que l’équipe entière démissionne à cause de l’impossibilité de continuer le travail avec la nouvelle direction du musée. Le même jour, chaque membre de l’équipe a soumis au nouveau directeur sa demande de démission.

Voic le contexte de cette décision dramatique.

Le 1 juillet 2014, le ministre de la culture de la Fédération de Russie, Vladimir Médinski, a choisi de ne pas prolonger le contrat de Naoum Kleiman, un des fondateurs du Musée du cinéma de Moscou et son directeur depuis 25 ans. Une autre personne a été nommée au poste du directeur du Musée, sans compétition ni temps d’essai: Mme Larissa Solonitsyna, rédactrice en chef du journal SK Novosti, organe de presse de l’Union des Cinéastes de Russie.

Naoum Kleiman, transféré au poste, spécialement créé pour cette occasion, de président du Musée, a d’abord salué la venue de la nouvelle directrice, jeune et, lui semblait-il, dynamique, historienne de cinéma par formation. Cependant, après trois mois de travail commun (malgré la bienveillance initiale et l’ouverture des employés du musée, malgré les tentatives ininterrompues d’initier la nouvelle dirigeante à la nature des tâches du musée et à ses traditions formées au cours de 25 ans), toute l’équipe des spécialistes travaillant au musée a été amenée à exprimer sa défiance à Larissa Solonitsyna. Le 14 octobre 2014, nous avons remis une déclaration sans ambiguïté à ce sujet à M. Mikhaïl Bryzgalov, Directeur du Département du patrimoine culturel au Ministère de la culture, et à M. Vladimir Tolstoï, Conseiller du Président de la Russie.

La méfiance de l’équipe croissait au fur et à mesure que se manifestaient le manque de compétence de la nouvelle directrice et l’autoritarisme de son style de gestion. L’absence de transparence dans la prise des décisions allait de pair avec son refus obstiné de prendre en compte l’opinion de l’équipe. Sans avoir la moindre expérience du travail d’un musée et sans avoir fait connaissance avec nos collections et les méthodes de rassemblement et de classement, la directrice s’est permis à plusieurs reprises des doutes injustifiés et insultants à l’égard du caractère scientifique de notre travail.

Sous le prétexte de "faire de l’ordre", Mme Solonitsyna a entrepris de licencier les employés qu’elle juge indésirables, sans présenter de motifs d’ordre professionnel et en leur proposant la possibilité de "quitter le poste pour raisons personnelles". Mais des mesures disciplinaires sont prises de façon sélective - avec une intention évidente de scinder l’équipe. Ces derniers temps, nous nous sommes convaincus que tous les efforts de la nouvelle direction visent à compromettre l’activité précédente de Musée.

Jusqu’ici, personne n’a nié ni mis en doute nos efforts dans l’accomplissement de la mission du Musée du cinéma: mission pour laquelle il a été créé et qui se reflète dans sa conception et son statut. Pour ses spécialistes, qui représentent trois générations, le musée n’est pas un simple emploi, c’est notre vocation et l’oeuvre de notre vie.

Résultat de "l’activité" de la nouvelle direction, il n’est plus possible de travailler efficacement. Il est aussi insupportable de rester dans cette atmosphère d’hostilité, de suspicions insultantes et de manque de respect. Le fonctionnement du Musée est paralysé, les affaires courantes ne sont plus résolues, les partenaires traditionnels refusent à continuer la coopération. L’équipe des spécialistes n’a pas été entendue. De plus, le Ministère a envoyé un juriste pour aider la nouvelle directrice (on ne nous a pas expliqué le but de son "travail avec les documents" et personne ne l’a présenté à l’équipe), - mais nous venons d’apprendre qu’il se spécialise en "liquidation d’entreprises".

Nous avons compris qu’on prépare la fermeture du Musée.

C’est dans ces conditions que nous avons déclaré l’impossibilité de travailler avec Larissa Solonitsyna en tant que directrice et informé que toute l’équipe de spécialistes qualifiés du Musée du cinéma est forcée, en signe de protestation, de donner sa démission: de quitter ce travail qui nous est cher. Notre lettre au ministre Médinski a été remise le matin du 27 octobre. Le même jour, en réponse, la directrice a commencé à licencier les employés; parmi les premiers cinq licenciés, il y a Naoum Kleiman. La directrice a essayé de contraindre les autres employés de retirer leurs demandes de démission, mais personne n’a fléchi. En fin de journée, le Ministère de la culture, à travers l’agence Interfax, a diffusé le texte portant sur certaines soi-disant infractions, y compris financières, dans l’activité du Musée; mais, autant que nous sachions, la récente révision ministérielle n’avait pas constaté ces infractions dans ses conclusions. Au cours de la révision, toutes les questions et observations de la commission ont reçu des réponses, et nos explications ont été acceptées par le Ministère. Pourquoi donc diffuser dans la presse des questions qui ont déjà été dûment résolues ? Le but est évident: pour dénigrer le directeur précédent du Musée et son équipe.

C’est la troisième fois au cours de son histoire que le Musée du cinéma est menacé de destruction. Nous appelons ceux, qui ne sont pas indifférents au destin de notre patrimoine cinématographique, à aider à ne pas admettre ce vandalisme culturel.

Nous avons foi dans la solidarité de nos collègues des musées et du monde du cinéma.

Le 27 octobre 2014

Naoum Kleiman, président du Musée du cinéma (licencié)

Maxim Pavlov, directeur adjoint (licencié)

Kristina Youriéva, curateur en chef des collections

Anna Koukès, secrétaire académique

Eléna Dolgopiat, curateur de la collection de manuscrits

Marina Rytchalovskaïa, collection de manuscrits

Daria Kroujkova, collection de manuscrits (licenciée)

Svetlana Kim, curateur de la collection d’animation

Guéorgui Borodine, archiviste (licencié)

Pavel Chvédov, curateur de la collection de diafilms

Emma Malaïa, curateurde la collection d’objets mémoriaux, d’appareils de cinéma et de costumes

Marianna Kouchnérova, curateurde la collection de photographies

Alexeï Trémassov, collection de photographies

Anna Boulgakova, collection de livres (licenciée)

Ekatérina Maksimova, ollection d’art graphique et de peinture pour le cinéma

Anastassia Krylova, collection d’affiches et matériaux publicitaires

Véra Roumiantséva, Cabinet scientifique mémorial de Serge Eisenstein (licenciée)

Artiom Sopine, Cabinet scientifique mémorial de Serge Eisenstein (licenciée)

Olga Oulybychéva, chef du département de programmation de cinéma

Ivan Oulybychev, collection de films

Mikhaïl Zraïtchenko, collection de videos

Alexeï Artamonov, spécialiste de relations publiques

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29 octobre 2014

Alphonse Allais, poète marin

sein vieille

Comme il est des femmes gentilles,
Il est des calembours amers :
Le phare illumine les mers,
Le fard enlumine les filles !

"Phares", in Contes humoristiques

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28 octobre 2014

Rémi Fraisse tué par une grenade, dit le procureur

Flash, 17h35

Barrage de Sivens :
des traces de l'explosif utilisé dans les grenades des gendarmes
retrouvées sur les vêtements de Rémi Fraisse

Le procureur d'Albi a annoncé que des traces de TNT, l'explosif utilisé dans les grenades des gendarmes, ont été retrouvées sur les vêtements du manifestant tué. "La mise en œuvre d'un explosif militaire de type grenade offensive semble acquise", a expliqué le magistrat.

Il fallait vous faire un dessin ?

Ce à quoi l'enfoiré en poste à Matignon et ses laquais rétorquent :
"Z'aviez qu'à rester chez vous et respecter les décisions de l'Etat de droit."

Ah ? CLIC

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Alphonse Allais est mort

le 28 octobre 1905.

Marche funèbre 3

marche_funèbre

Marche funèbre 2

"La mort est un manque de savoir-vivre."

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Billie's Bounce, 1

Charlie Parker ~ Savoy Recordings, 26/11/1945 Wor Studios, New York

Charlie Parker Reboppers

Miles Davis (trumpet)
Charlie Parker (alto sax)
Dizzy Gillespie (piano)
Curly Russell (bass)
Max Roach (drums)

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27 octobre 2014

Antoine Berge, l'homme au pipeau, est mort

L'homme qui jouait du pipeau dans Bonne nuit les petits entre 1962 et 1973, puis lors d'une nouvelle série d'épisodes dans les années 1990 [J'apprends que le thème du générique est tiré d'une oeuvre de Pergolese] vient de mourir à Honfleur (Calvados) ville déjà célèbre parce que le père d'Alphonse Allais y était pharmacien. Antoine Berge, architecte de formation, était diplômé de la Guilde française des joueurs et faiseurs de pipeaux. A ce titre, il avait enregistré plusieurs disques. Il avait été maire de Fourneville ("Commune de Basse Normandie et du Calvados peuplée de 497 Fournevillais", nous dit en substance Wikipedia) pendant près de vingt ans. Au début de ce siècle, il avait poursuivi l'Ina, gestionnaire des droits de l'ex-Ortf, en justice. Lors de la création de l'émission, il reçut en effet 28 francs en tout et pour tout, au prétexte qu'il n'y aurait pas plus de dix épisodes. Il y en eut plus de neuf cents. Nous n'oublierons pas Antoine Berge.

~

Le petit chien est un épisode de 1963

On y entend les voix de Jean Martinelli (Nounours), Monique Messine (Nicolas),
Martine Merri (Pimprenelle) et Clayde Laydu, créateur de la série (le marchand de sable)

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Villon en Pléiade vaut mieux que Begbeider n'importe où

Le volume portant le numéro cinq cent quatre-vingt-dix-huit de la « Bibliothèque de la Pléiade » publiée aux éditions Gallimard, papier bible et relié en pleine peau dorée à l’or fin 23 carats, est sorti des presses en octobre. Ces 912 pages jubilatoires orchestrées par Jacqueline Cerquiglini-Toulet et Laëtitia Tabard reprennent (en deux langues) l’œuvre complète de François de Montcorbier, dit Villon (1431-1463) et l’hommage à lui rendu par une cinquantaine de collègues écrivains, philosophes, poètes et illustrateurs, parmi lesquels

dubout villon3

Guillaume Crétin

Jean Marot

Gérard de Nerval

Théophile Gautier

Sainte-Beuve

Théodore de Banville

Arthur Rimbaud

« Au gibet noir, manchot aimable,
Dansent, dansent les paladins
Les maigres paladins du diable
Les squelettes de Saladins. »
Bal des pendus, 1870

J.-K. Huysmans

« Je me figure, ô vieux maître, ton visage exsangue, coiffé d’un galeux bicoquet; je me figure ton ventre vague, tes longs bras osseux, tes jambes héronnières enroulées de bas d’un rose louche, étoilé de déchirures, papelonnés d’écailles de boue. » Le Drageoir à épices, 1874

Jean Richepin

« Prince, arbore ton pavillon,
Et tant pis pour qui te renie,
Roi des poètes sans billon,
Escroc, truand, marlou, génie ! »
La Chanson des gueux, 1876

Paul Verlaine

« Avec les yeux d’une tête de mort
Que la lune encore décharne,
Tout mon passé, disons tout mon remord,
Ricane à travers ma lucarne. »
Un pouacre, 1884

Marcel Schwob

Guillaume Apollinaire

« Habitants des cités et vous gens des campagnes,
L’instrument à voler se nomme l’avion.
Cette douce parole eût enchanté Villon,
Les poètes prochains la mettront dans leurs rimes. »
L’Avion, 1910

Francis Carco

Paul Léautaud

« On a aussi recommencé le rapprochement de Rictus avec Villon: la même veine, la même inspiration, le Villon de notre temps. C’est un monde de bêtise. Quand on songe au lyrisme de Villon, à sa pureté, à la sorte d’aristocratie qui s’en dégage, à tout ce grand art de vocabulaire et de rythme, mettre Rictus à côté ? C’est de la littérature pour clochards, ce qu’a écrit Rictus, une littérature même assez répugnante. » Journal littéraire, 23/3/1932

Albert Dubout

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Paul Valéry

Blaise Cendrars

Raymond Queneau [Je crains pas ça tellment, 1946, voir ici-bas]

Tristan Tzara

Louis-Ferdinand Céline

Pierre Mac Orlan

Michel Butor

Philippe Sollers

Pierre Michon

~

Je crains pas ça tellment la mort de mes entrailles
et la mort de mon nez et celle de mes os
Je crains pas ça tellment moi cette moustiquaille
qu’on baptisa Raymond d’un père dit Queneau

Je crains pas ça tellment où va la bouquinaille
les quais les cabinets la poussière et l’ennui
Je crains pas ça tellment moi qui tant écrivaille
et distille la mort en quelques poésies

Je crains pas ça tellment La nuit se coule douce
entre les bords teigneux des paupières des morts
Elle est douce la nuit caresse d’une rousse
le miel des méridiens des pôles sud et nord

Je crains pas cette nuit Je crains pas le sommeil
absolu Ça doit être aussi lourd que le plomb
aussi sec que la lave aussi noir que le ciel
aussi sourd qu’un mendiant bêlant au coin d’un pont

Je crains bien le malheur le deuil et la souffrance
et l’angoisse et la guigne et l’excès de l’absence
Je crains l’abîme obèse où gît la maladie
et le temps et l’espace et les torts de l’esprit

Mais je crains pas tellment ce lugubre imbécile
qui viendra me cueillir au bout de son curdent
lorsque vaincu j’aurai d’un œil vague et placide
cédé tout mon courage aux rongeurs du présent

Un jour je chanterai Ulysse ou bien Achille
Énée ou bien Didon Quichotte ou bien Pansa
Un jour je chanterai le bonheur des tranquilles
les plaisirs de la pêche ou la paix des villas

Aujourd’hui bien lassé par l’heure qui s’enroule
tournant comme un bourrin tout autour du cadran
permettez mille excuz à ce crâne – une boule –
de susurrer plaintif la chanson du néant

~

dubout villon

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petit Begbeider, minable critique

entonnoir bosch

L'autre jour, dans Le Figaro

« Il faut savoir se taire, surtout quand on n’a plus rien à dire. »

(Begbeider, à propos du dernier roman de Thomas Pynchon)

[cité par Claro]

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Hotties Reading 371

pamela tiffin3

Pamela Tiffin, tournage de The Lively Set (Pleins Phares, Jack Arnold 1954)

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22 octobre 2014

Hotties Reading 370

moon so-ri
Moon So-ri
Ha ha ha, Hong Sang-soo 2010

moon so-ri2

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17 octobre 2014

« Sade nous concerne tous » [entretien avec Annie Le Brun]

[entretien avec Annie Le Brun, par Frédéric Joignot,
à propos de l'exposition d'Orsay, « Sade. Attaquer le soleil »]

[petit cadeau de SAVM aux malheureux qui n’ont pas accès
aux pages « abonnés » du journal de référence]

~

Les relations de Sade (1740-1814) et d’Annie Le Brun forment une longue histoire passionnelle. En 1977, l’écrivain préface la première édition des œuvres complètes du "divin marquis" par Jean-Jacques Pauvert – en 1945, la publication d’Histoire de Juliette avait valu dix ans de poursuites judiciaires à l’éditeur. Suivront notamment Soudain un bloc d’abîme, Sade (Jean-Jacques Pauvert, 1986), Vagit-prop. Lâchez tout et autres textes (Ramsay-Pauvert, 1990), Sade, allers et détours (Plon, 1989). À l’occasion du bicentenaire de la mort de Sade, elle est commissaire général de l’exposition « Sade. Attaquer le soleil », présentée au Musée d’Orsay.

attaquer le soleil

On fête le marquis de Sade comme un classique, lui qui a été si longtemps considéré comme un maudit. Cherche-t-on à le neutraliser ?

Sade résistera à toute neutralisation, je crois qu’avec lui on peut être rassuré. On ne lit sans doute pas plus Sade aujourd’hui qu’hier, mais on l’enveloppe des plus diverses analyses historiques, psychologiques, médicales, linguistiques, comme pour nous protéger de l’abîme auquel il nous confronte.

Une grande entreprise de normalisation a commencé. La forme moderne de la censure n’est plus d’interdire, mais de désamorcer, par excès de commentaires, d’interprétations, par une sorte de gavage qui finit par tout rendre équivalent. Mais l’œuvre demeure, irréductible.

Qu’est-ce qui résiste chez Sade, qui nous concerne aujourd’hui ?

L’extraordinaire chez Sade est qu’avant Nietzsche, avant la psychanalyse, il mette la pensée à l’épreuve du corps. Il met vraiment la philosophie dans le boudoir, à l’inverse de tous les autres qui, dans le meilleur des cas, font de l’érotique une dépendance de leur système. Lui, au contraire, nous révèle que l’exercice de la pensée n’est pas une activité abstraite, mais qu’elle est déterminée par les mouvements des désirs et que sa source est avant tout pulsionnelle. C’est la phrase fameuse dans Histoire de Juliette: "On déclame contre les passions sans songer que c’est à son flambeau que la philosophie allume le sien."

Tel est ce qui caractérise la pensée sadienne. Ses héros ne pensent jamais à froid, ils dialoguent, ils prennent du plaisir, il y a chez eux un perpétuel "échauffement" de l’esprit, une continuelle surenchère de l’imagination érotique sur le raisonnement, qui en est troublé. Et ce trouble se communique au lecteur, subjugué à son tour. D’ailleurs Juliette, l’héroïne favorite de Sade, le dit bien: "Ma pensée est prompte à s’échauffer", révélant comment la pensée se met en mouvement. Sade est le premier à nous dire cela, et, plus encore, à nous le faire ressentir.

Vous parlez d’un "cogito" sadien, d’une rupture philosophique majeure, qui nous précipite dans la modernité…

Dès 1782, il s’oppose en effet à Descartes: "Je pense, donc je suis. Cette idée, dit cet auteur, n’a aucun son, aucune couleur, aucune odeur, etc., donc elle n’est pas l’ouvrage des sens. Peut-on s’astreindre aussi servilement à la poussière de l’école ?", pour conclure:  "Point de sens, point d’idées". Pour lui, la pensée est toujours incarnée, Il nous montre que le corps désirant travaille et sape toujours la raison, les beaux discours, la morale, et qu’en revanche une pensée est à l’œuvre qui nourrit les désirs, incite à les poursuivre sans jamais y renoncer, quel qu’en soit l’excès, jusqu’au crime parfois. Car il y a pour Sade une criminalité inhérente au désir, comme il l’affirme dans La Philosophie dans le boudoir: "Il n’est point d’homme qui ne veuille être despote quand il bande." Voilà ce qu’on ne peut lui pardonner. Même si là et ailleurs, il annonce aussi bien Freud que le docteur Krafft-Ebing…

Vous pensez à ce catalogue des passions sexuelles que sont Les Cent Vingt Journées de Sodome ?

Sade y décrit six cents passions, des "passions simples", "doubles", "criminelles" et "meurtrières", ce qui a fait dire à Maurice Heine, son éditeur dans les années 1930, que Sade est "l’homme à qui revient l’initiative de l’observation méthodique et de la description systématique" des perversions sexuelles. Seulement, à la différence des descriptions qu’en fait von Krafft-Ebing dans sa Psychopathia Sexualis, Sade nous les montre en action, il les incarne dans des personnages assumant leurs vices, tenant des propos scandaleux. Il les accompagne dans leur vertige et le pire est qu’il nous entraîne. Georges Bataille l’a bien vu, quand il rappelle qu’on ne saurait lire Les Cent Vingt Journées de Sodome sans une sorte d’"énervement sensuel" qui réveille en nous des pulsions enfouies. D’autant que dans cette perspective Sade a continuellement conscience qu’il replace l’homme au milieu des forces qui régissent l’univers, le faisant participer d’une nature violente, sexuée et immorale, qu’il lui importe en même temps d’excéder, en ce qu’elle constitue un défi pour la pensée.

Défendant un individu libre, souverain et jouisseur, certains ont dit que Sade vouait un culte maladif à des aristocrates despotiques. Ou encore qu’il était un individualiste ultralibéral avant l’heure. Qu’en dites-vous ?

En faire le premier penseur ultralibéral, une sorte de libertaire libertin épanoui, est sans objet. Sade sait combien la liberté est dangereuse et l’homme souverain inquiétant. Il est un des très rares écrivains, peut-être le seul, à mettre la nature humaine à nu. Il peint des personnages libérant toute la violence de la passion sexuelle, l’exerçant au détriment des autres, parfois jusqu’à une cruauté sans pareille. Mais, là où il nous inquiète le plus, c’est en nous rappelant que ces actes sont monnaie courante dans l’histoire. Ses personnages jouissant de leurs crimes sont de tous les temps.

Dès la première page des Cent Vingt Journées, il nous prévient qu’il va mettre en scène quelques-unes de "ces sangsues toujours à l’affût des calamités publiques qu’ils ont fait naître au lieu d’apaiser, et cela pour être à même d’en profiter avec plus d’avantages". Il nous oblige à regarder ses personnages en face, il montre qu’ils nous troublent et qu’ils vivent en nous. C’est pourquoi Sade nous concerne tous. Ses livres nous rappellent combien le vernis de la civilisation est fragile et de quelle nuit inquiétante viennent nos désirs, qui peuvent ressurgir à tout moment. Regardez ce qui s’est passé tout près d’ici, dans l’ex-Yougoslavie, au cours des années 1990, tous ces massacres, ces femmes enlevées, ces viols…

On a encore dit que Sade justifiait le crime sexuel. Dans son film Salo, inspiré par l’œuvre de Sade, Pasolini assimile Les Cent Vingt Journées à la violence fasciste…

Si je tiens Pasolini pour un grand cinéaste, il me semble impossible de rattacher les romans de Sade à une période historique précise ou de les assimiler à tel ou tel régime. Pour lui, le crime reste un crime, quel que soit l’emballage idéologique. Sade reste le narrateur et le penseur radical de la noirceur humaine, refusant toutes les formes de justification que nous nous trouvons d’habitude pour excuser notre sauvagerie, que ce soit la patrie, la religion, la race, la révolution.

Sade nous enlève toutes nos excuses, tous nos garde-fous, toutes nos explications bien commodes pour nous montrer un homme jouisseur par nature, prompt à se servir des autres, emporté par des passions injustifiables. En cela, sa pensée défie les penseurs optimistes comme Hegel et le courant progressiste, qui avancent qu’après les périodes sombres de l’histoire la raison reprend ses droits, la négativité se dissout dans un nouvel élan de progrès social et de positivité. Chez Sade, le "noir" résiste, comme une source foisonnante, créatrice, n’en faisant pas moins entrevoir sur quel néant nous avançons.

Vous dites pourtant que Sade est moral. De quelle manière ?

De son vivant, Sade s’est opposé à la peine de mort, il a dénoncé les massacres des guerres de religion et l’Inquisition, il s’est opposé à la guillotine. Face à Robespierre qui, en principe opposé à la peine de mort, va la justifier pour des raisons idéologiques, c’est paradoxalement Sade qui est moral, refusant une fois pour toutes que la fin justifie les moyens. Son "malheur", comme il le dit encore, est "d’avoir reçu une âme ferme qui n’a jamais su plier et qui ne pliera jamais". A penser comme un de ses héros libertins que la philosophie "n’est point l’art de consoler les faibles" et qu’"elle n’a d’autre but que de donner de la justesse à l’esprit et d’en déraciner les préjugés", Sade est encore moral.

En même temps, il se montre résolument athée et matérialiste, et ne cesse de blasphémer…

Sade a lu les matérialistes et les athées du XVIIIsiècle, Nicolas Fréret, La Mettrie, Diderot, Helvétius, le baron d’Holbach, qui, en quelques décennies, ont bouleversé la pensée européenne et voulu libérer l’homme des entraves religieuses et politiques. Les personnages de ses romans les citent, ou plus souvent les détournent. S’appuyant sur eux, il ne rate jamais une occasion de démontrer l’inexistence de Dieu, comme une gymnastique nécessaire à la santé de l’esprit.

Et si Sade rejoint là le Don Juan de Molière et les penseurs des Lumières, il se propose en même temps d’éradiquer en l’homme le besoin de croire, d’instaurer une transcendance, à l’origine de toutes les formes de servitude volontaire. En cela, il va plus loin que tous les autres.

C’est-à-dire ?

Il ne lui suffit pas de rejeter Dieu, mais il en tire les conséquences, en opposant la notion de souveraineté à toute loi susceptible de limiter les passions, et du même coup d’attenter à la singularité de chacun. Pour lui, qui a passé vingt-sept années en prison, soit un tiers de sa vie, une lutte continuelle est engagée entre le désir de souveraineté de l’individu, les lois de la société et les préjugés moraux ou politiques. Cette affirmation sauvage est bouleversante parce qu’elle advient au moment où la Révolution et Robespierre célèbrent le culte de l’Être suprême, s’installent dans le mensonge idéologique que Sade dénonce avec force dans Français, encore un effort si vous voulez être Républicains, cinquième dialogue de La Philosophie dans le boudoir. En cela, il annonce les grands enjeux de la modernité…

C’est cette modernité que vous voulez montrer à travers l’exposition « Attaquer le soleil »?

Si l’influence de la pensée de Sade dans les profondeurs du XIXe siècle a été reconnue dans la littérature, que ce soit chez Apollinaire, Barbey d’Aurevilly, Baudelaire, Huysmans, Lautréamont, on ne l’a pas perçue dans la peinture. Le pari de cette exposition est de montrer la rencontre de Sade avec la sensibilité du XIXe siècle, au moment où, à la suite de la montée de l’incroyance, les cadres de pensée comme les normes de la représentation étant en train de s’écrouler, les questions qu’ils posent autour de l’irreprésentable violence du désir sont celles qui inquiètent alors la peinture.

Par exemple ?

Dans son Journal, Delacroix parle de "ce fond tout noir à contenter". Très proche de Baudelaire, il a vraisemblablement lu Sade. Ne l’aurait-il pas fait, la rencontre est telle qu’à considérer, par exemple, l’étude pour La Mort de Sardanapale, que nous avons la chance d’avoir obtenue du Louvre, on peut se demander si ce n’est pas une illustration des Cent Vingt Journées de Sodome, alors que le texte en reste inconnu jusqu’au début du XXe siècle. L’important est aussi que, quand on commence à affronter ces forces-là, on ne peut plus peindre de la même façon. Ainsi Degas, avec Scène de guerre au Moyen Age (1863-1865) qui représente une chasse aux femmes, où l’une est poursuivie à cheval, les autres abattues ou tuées à coups de flèches, rend compte d’une violence qui va le conduire à réinventer le nu. C’est sans doute pourquoi Degas se rendra dans les bordels parisiens pour y saisir sur ses monotypes la sauvagerie des corps dénudés échappant aux attitudes codées. De son côté, Ingres peint des corps de plus en plus érotisés, comme en témoigne le chemin parcouru entre la première version de Roger délivrant Angélique (1819) et Le Bain Turc (1862). Sans parler de Courbet et de la violence qui est à l’œuvre dans L’Origine du monde (1866); violence plus grande encore qu’on retrouvera dans la première période de Cézanne…

Mais n’est-ce pas au début du XXsiècle, avec les surréalistes, que Sade est officiellement reconnu comme un auteur majeur ?

Sans aucun doute, mais c’est l’histoire d’un grand décentrement, au cours duquel le désir va devenir le sujet de la peinture. En fait, c’est une histoire souterraine qui, partant de La Philosophie dans le boudoir, aboutit aux Demoiselles d’Avignon (1907) – dont le titre de départ est Le Bordel philosophique. Et non sans raison, puisque, avec ce tableau, Picasso en arrive à mettre la peinture dans le boudoir, avant que le surréalisme ne reconnaisse le désir comme le grand inventeur de formes.  

Au début du siècle, le grand passeur de Sade est Apollinaire. Son roman Les Onze Mille Verges (1907) n’est pas une galéjade, mais un texte dérangeant, inquiétant, sur la férocité du désir. Il est intéressant que ce livre paraisse l’année où Picasso, dont il est alors très proche, termine Les Demoiselles d’Avignon. Quelques années après, c’est par Apollinaire que Breton, Soupault, Aragon accèdent à Sade.

Un peu plus tard, Robert Desnos publie De l’érotisme. Considéré dans ses manifestations écrites et du point de vue de l’esprit moderne (1923), où il explique qu’il y a un avant et un après-Sade. La revue La Révolution surréaliste ouvre une rubrique intitulée "Actualité du marquis de Sade", Georges Bataille donne un texte érotique, Histoire de l’œil (1928), et les manifestes de Breton incitent l’homme à aller au bout de ses désirs et de ses rêves. C’est dire l’influence de Sade à cette époque…

Elle se fait sentir dans les arts visuels avec plus d’acuité encore. Selon vous, ce n’est pas un hasard. Pourquoi ?

La peinture est une pensée du corps, plus à même de rendre compte de ses métamorphoses. Car l’image du corps va être bouleversée de l’intérieur, comme en témoigneront violemment les œuvres de Félicien Rops, Edvard Munch ou Alfred Kubin, se rapprochant d’une expression longtemps tenue dans les marges des curiosa ou de la folie – d’ailleurs évoquées dans l’exposition –, pour rejoindre ainsi la pensée nue de Sade qui n’admet aucun des présupposés religieux, idéologiques ou sociaux.

La photo, le cinéma, le film X et d’horreur, les nouveaux arts du siècle ont aussi été touchés…

De nombreuses photos de Man Ray, d’Henri Cartier-Bresson, des cartes postales érotiques mises en scène, des photomontages de Jindrich Heisler, de Hans Bellmer, autant d’œuvres dont Sade semble être le foyer lointain, et qui bousculent les représentations connues de la sexualité. Dans le cycle « Sade au cinéma », nous présentons L’Age d’or (1930), de Luis Buñuel, Salo ou Les Cent Vingt Journées de Sodome (1975), de Pasolini, ou encore L’Empire des sens (1976), de Nagisa Oshima, le premier film non pornographique à montrer de véritables scènes sexuelles et toute l’intensité sinon la férocité du désir féminin.

Comment ne pas penser à la Juliette de Sade, dont on a dit qu’elle était la première femme sexuellement libre ?

La Juliette de Sade est un personnage extraordinaire, dans lequel je crois que Sade s’est beaucoup projeté, et son coup de génie est d’avoir choisi une femme pour incarner cette liberté radicale. Dans ce roman, la femme et l’homme se retrouvent à égalité dans la liberté, l’ambition, la perversion et le crime. Tous les rôles traditionnels de la femme sont balayés par Juliette elle-même, qui invente jour après jour sa singularité pour aller chercher en elle, au cours de sortes de rêveries érotiques, ce qu’elle désire vraiment.

Pour Apollinaire, Juliette représente "la femme nouvelle" que Sade entrevoyait, un être, dit-il dans une formule un peu angélique, " dont on n’a pas encore idée, qui se dégage de l’humanité, qui aura des ailes et qui renouvellera l’univers"»Ce n’est pas le moindre des paradoxes que Sade, qui décrit si souvent des femmes maltraitées, ait imaginé un personnage de femme radicalement libre qui proclame: " Le passé m’indiffère, le présent m’électrise, je crains peu l’avenir." Tout est dit.

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Le programme libéral de Valls et Macron

René Pétillon

pétillon

[Ce dessin date d'un précédent quinquennat. Tant que rien ne change...]

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hotties godard

Adieu au langage, 2014

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16 octobre 2014

Pinto et Beavers au palmarès de l'Age d'Or [Bruxelles]

Bruxelles : le jury de l'Age d'Or [pas seulement un prix, désormais un vrai festival] a tranché.

Birgit Hein, Guy-Marc Hinant et Stoffel Debuysere ont remis le prix 2014 à
E Agora ? Lembra-me de Joaquim Pinto.

AP PINTO chiens 600

The jury has decided to give the prize de l’Âge d’Or 2014 to a film that manages to give a fresh spin to the old saying that the personal is political. Here the private intertwines with the political in the film’s refusal to give in to the ubiquitous sense of fatalism that pervades our current emotional landscape. It is political in its courageous search for a sensible form that both centers on the intimate and opens up towards the outside. It is political in its proposition of a sensibility that displaces the contemporary experiences of disappointment and resignation, and offers a way of being in the present, which perhaps requires to live to the fullest all that is left unlived.

[Rebaptisé sobrement Et maintenant ?, le film génial et beau de Pinto sortira le 19 novembre sur les écrans de France, qu'on espère nombreux. Pour le voir distribué dans votre village, réclamez ICI.]

~

Listening to the space in my room de Robert Beavers a reçu,
du même jury, une mention spéciale.

listening to the spce

The jury has decided to give a special mention to a film that reminds us that poetics and craftsmanship are not two words that are opposed to one another. It reminds us that cinema unleashes its greatest power and beauty when it threatens the boundaries of sense, when it offers us an adventure in seeing, hearing and thinking. It is a film that proposes  an intimate sense of place and space, in a musical and sensual play with variations of distance and proximity, emergence and restraint, muteness and articulation, displaying a rigorous attention to frame and phrasing, to the splendor of light and color and the intensities of movement and rhythm.

~

Quant à nos trois camarades programmateurs (hardis navigateurs) qui ont redonné cet automne jeunesse, vigueur et imagination au vieil Age d'Or -- les initiales de leurs prénoms nous interdisent de les appeler autrement désormais que Groupe Pox*** --, ils sont comme la peste, justement. Ils reviendront. La Cinémathèque royale ne peut plus se passer d'eux. Rendez-vous est pris en octobre 2015, donc.

 

*** VOIR ICI

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15 octobre 2014

Le cinéma, sous les couvertures 17

6 juin

Fin août 1944, Jean Grémillon se rend en Normandie pour retrouver sa famille, mais aussi témoigner par des images sur son pays d’origine. Le printemps suivant, il complète ce premier tournage par un deuxième voyage. Dans des conditions précaires, il filme plusieurs rescapés de la population civile, ainsi que des ruines causées par les combats. Enfin, il utilise des archives d’actualité, écrit une musique, enregistre un commentaire dont il est l’auteur. Il rend alors compte des effets du débarquement allié et de la bataille de Normandie, dans l’espoir que le public français découvrira les souffrances endurées par cette région particulièrement dévastée. Terminé en 1946, Le six juin à l’aube est jugé trop long et inopportun par les distributeurs: selon eux, « la guerre n’intéresse plus personne ». Et personne ne s’empresse de défendre un film dont le point de vue n’affirme aucun vainqueur à la guerre... Il obtient finalement une sortie discrète, amputé de 12 minutes, seule version connue depuis lors et jusqu’à la restauration de la version intégrale : c’est cette version originelle qui est ici proposée.

"Les désastres de la guerre", par François Albera ~ texte intégral du film par Jean Grémillon ~ le film restauré dans son minutage original, 56' ~ entretiens avec Paul Vecchiali et Jean-Marie Straub

Les éditions de l'Œil et P.O.M. films, 92 pages et un DVD, 25 €, ISBN 978-2-35137-166-4

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13 octobre 2014

Ana Alcaide à Samarcande

 

Ana Alcaide chante Luna Sefardita (répertoire séfarade espagnol),
extrait de son album "La cantiga del fuego"
enregistré dans la somptueuse Samarcande (Ouzbekistan)

elle s'accompagne au nyckelharpa,
suivie du psalterio de Bill Cooley et de la guitare de Rainer Seiferth

~

bonne nuit ou (si vous êtes déjà au pieu) bon lundi matin

[et pour le lien, merci à pointvirgule]

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12 octobre 2014

Notre-Dame des Turcs (Bene) à Bruxelles

Ce soir, à l'Age d'Or

bene

Carmelo Bene, Nostra Signora dei Turchi, 1968

présenté par Annamaria Licciardello (copie 35mm restaurée)

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Raymonde Carasco à l'Age d'Or

Toute la journée, à l'Age d'Or

Hommage à Raymonde Carasco

carasco

ici, un texte de Nicole Brenez rédigé à la mort de la cinéaste

ici, un topo sur les séances de Bruxelles, et d'autres

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Hotties Reading 368

kevin christy

Kevin Christy dans Masters of Sex [S02 E10]

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