le vieux monde qui n'en finit pas

30 juillet 2014

L'eau sale d'Israël, arme punitive anti-manifestants

eau sale

Benyamin Netanyahou et ses soutiens, des faucons de Tsahal aux fabricants d'armes en passant par les voyous de la LDJ et ses associés à l'extrême droite (on compte dans son gouvernement cinq ministres issus du Foyer juif, noyau dur du néosionisme antipalestinien), font vraiment tout pour qu'on les aime. Le reportage qui suit nous vient du journal Le Monde, qui n'est pas particulièrement étiqueté pour un prétendu confusionnisme antisémite. Ca se passe à Jérusalem-Est. Qu'est-ce qu'il en dit, M. Cukierman ?

***

L’eau sale, arme antiémeute et punition collective à Jérusalem-Est

Depuis trois semaines, les Palestiniens de Jérusalem-Est endurent une punition collective: la dirty water, comme on l’appelle ici. Chaque fois qu’une manifestation a lieu – et il s’en produit presque chaque soir dans la partie orientale de la Ville sainte, depuis les événements de Gaza – un camion blanc passe ensuite sur les lieux et projette un mystérieux liquide pestilentiel. Tout s’en retrouve imprégné: les façades des maisons et des immeubles, les fenêtres, les trottoirs, la chaussée, les arbustes, les fleurs… Que contient ce produit ? Personne ne le sait, et la police israélienne reste très discrète sur ce sujet. L’odeur qui se dégage de la dirty water agresse les narines. Elle colle aux vêtements et à la peau, et il est impossible de s’en débarrasser pendant deux ou trois jours.

À Souwaneh, l’un des quartiers "chauds" de Jérusalem-Est, les habitants marchent en se couvrant le visage ou se pinçant le nez. Personne ne traîne dans les rues. Est-ce le but de cette sanction collective ? Sans aucun doute. En obligeant les gens à se cloîtrer chez eux, les forces de l’ordre espèrent empêcher toute nouvelle manifestation. L’ennui est que la dirty water ne se contente pas de maculer les façades. Elle pénètre dans les habitations, s’incruste dans les rideaux, les tapis, les coussins, et rend la vie des Palestiniens encore plus insupportable. Encore plus humiliante aussi. "Qui sommes-nous pour qu’on nous traite au moyen d’insecticides comme des rats ou des moustiques ?", s’interroge Mounir avec colère, inquiet pour ses enfants.

Nahla, sa voisine d’en face, ne cache pas son désespoir et sa fatigue. "J’ai tout essayé pour faire partir cette odeur de ma maison, le savon liquide, le vinaigre, le chlore, rien à faire…", déplore-t-elle, avant de souligner la cruauté de la situation: en plein ramadan, elle qui jeûnait et ne buvait pas une goutte, a dû jeter des trombes d’eau sur son perron, ses marches d’escalier, son carrelage…

À quelques kilomètres de là, le quartier d’Issaouia subit, lui aussi régulièrement, cette punition collective. Faouzi, épicier et boulanger, a dû jeter ses stocks à plusieurs reprises. "Il y a trois semaines, j’engueulais les jeunes qui lançaient des pierres, renversaient les ordures et y mettaient le feu chaque nuit. Je leur disais: “Vous provoquez les soldats et vous nous attirez des ennuis. Allez ailleurs !” Maintenant, je ne leur dis plus rien. Au contraire. J’en ai tellement marre d’Israël que je dis à mes voisins: “Laissons-les faire…”"


 [Précisions apportées par Florence Beaugé,
en réponse aux questions des internautes]

Un liquide, surnommé « skunk », utilisé depuis 2008

Si les habitants de Jérusalem-Est se plaignent depuis trois semaines de cette eau sale et malodorante, le procédé n’est pas nouveau. Les forces israéliennes ont commencé à se servir de cette dirty water, surnommé "skunk" (appellation en anglais de la mouffette, animal redouté pour son odeur) en 2008. Un correspondant de la BBC décrivait alors cette arme "non létale, mais terriblement efficace" en ces termes: "Imaginez la chose la plus immonde que vous ayez déjà sentie. Un mélange irrésistible de viande pourrie, de vieilles chaussettes qui n’ont pas été lavées depuis des semaines et l’odeur âcre d’un égout à ciel ouvert."

Méthode de contrôle des foules développée à partir de 2004 après qu’Israël a été critiqué pour son usage d’une force disproportionnée lors de manifestations, ces skunk bombs sont aspergées sur la foule à l’aide de véhicules antiémeutes équipés de canons à eau.

Si la composition de ce produit demeure secrète, la police israélienne expliquait en 2008 qu’elle n’avait rien de toxique et pouvait même être ingérée sans risques. Mais, dès l’apparition de cette méthode, plusieurs voix ont dénoncé son côté arbitraire qui punissait aussi bien les riverains que les manifestants.

Florence Beaugé, envoyée du Monde à Jérusalem

 

 

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29 juillet 2014

Hotties Reading 353

read

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27 juillet 2014

Black Vomit (replay)

Puisque Deezer nous coupe le son après trente secondes, (voir post précédent), réitérons.

Voici deux morceaux complets, « Stabbed in the face » et « Black Vomit », par Wolf Eyes et Anthony Braxton.

 

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24 juillet 2014

Black Vomit

black vomit cover

Anthony Braxton & Wolf Eyes (2005)

 

Anthony Braxton : alto saxophone, soprano saxophone, sopranino saxophone

Mike Connelly : Electronics [Électroniques], Performer [Métal], Guitar [Guitare], Voice [Voix]
Nate Young : Electronics [Électroniques], Performer [Métal], Harmonica, Voice [Voix]
John Olson : Electronics [Électroniques], Performer [Métal], Saxophone [Saxophones], Gong

Enregistré au 22e Festival international de musique actuelle de Victoriaville, le 21 mai 2005.
Mixage, montage numérique et gravure au studio AudioBec Sono-Vidéo, Canton de Hatley, le 3 mars 2006
℗ Les Disques VICTO
© Les Disques VICTO SOCAN 2006
Fabriqué au Québec

[fiche complète sur discogs]

black vomit

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Hotties Reading 352

gary cooper

Gary Cooper (1901-1961)

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23 juillet 2014

Le cinéma, sous les couvertures 11

repliqes4

Répliques n°4

Revue d'entretiens autour du cinéma, Nantes, été 2014,
146 p., 16 €, ISBN 978-2-95434333-4

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Au sommaire de ce numéro :

Bruno Dumont, « De l'amour » (Nicolas Thévenin et Morgan Pokée); Wang Bing, « L'homme qui marche » (Nicolas Thévenin et Tifenn Jamin); Mia Hansen-Love, « Paradis perdu » (Morgan Pokée et Arnaud Hallet); Nabil Ayouch, « Ouvrir les portes » (Roland Carrée); Stéphane Bouquet, « Techniques du corps » (Morgan Pokée et Nicolas Thévenin).

Pour les détails, et les autres activités de cette belle et joyeuse équipe,voir ICI.

20 juillet 2014

Pierrefitte : Gheorghe a retrouvé ses sens

Gheorghe, dit Darius, est sorti du coma, trente-huit (38) jours après avoir été lynché par des branleurs toujours non identifiés. Ce garçon de 17 ans avait été retrouvé, en lambeaux, dans un chariot de supermarché dans la cité des Poètes, à Pierrefitte-sur-Seine. Une coupe du monde de football et un tour de France plus tard, il serait bien de ne pas l'oublier.

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19 juillet 2014

Hotties Reading 351

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Jason Schwartzman dans Bored to Death (S01E01, 2009)

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Lectures pour tous : Andrés Caicedo

« Mes amis, ma chevelure a perdu de son éclat. D’or elle est devenue cendres. Non que quiconque puisse le voir aujourd’hui, à l’heure où je fais ce récit, car ces cheveux ont toute une histoire. Sur ma peau, toujours bronzée auparavant, sont apparues des plaques bleuâtres comme des écailles. J’ai passé au moins trois jours dans un état vraiment épouvantable; je courais comme un animal qui cherche à retrouver de l’énergie et j’acceptais les propositions les plus incohérentes pour m’ouvrir de nouvelles possibilités. C’est comme ça que j’ai consenti à me rendre avec mes parents à un banquet de fin d’année scolaire, dont le plat principal était des côtes de porc que, par simple politesse – ma culture m’en empêchait; j’avais toujours été intriguée par les frères Maccabée et leur rejet fanatique de la viande de porc, par l’interdiction formelle de Moïse, et depuis toute petite j’avais été terrorisée par l’histoire (connue de tous mais tenue secrète) d’une tante morte à cause de grappes de vers dans le cerveau parce qu’elle avait mangé du porc mal cuit, je n’ai jamais su ce qu’elle avait dû ressentir durant ses derniers jours, mais je sais que je lui faisais toujours la bise et ce souvenir m’infecte encore maintenant –, j’avais acceptées. Quel goût délicieux elle m’avait laissé, cette chair maudite. J’ai passé au moins un mois absolument convaincue que des larves s’incrustaient dans ma pauvre cervelle. J’ai imaginé: "J’aurai une mort abjecte. C’est le sort le plus symbolique pour une fille de la deuxième moitié du siècle." »

Andrés Caicedo, Que viva la musica (1977),
traduit de l’espagnol (Colombie) par Bernard Cohen, 2012

caicedo

Andrés Caicedo

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17 juillet 2014

Johnny Winter (1944-2014)

John Dawson Winter III, aka Johnny Winter

L'été meurtrier, saison 2014

 

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Hotties Reading 350 [Billie Holiday]

Billie-Holiday

Billie Holiday est morte à New York le 17 juillet 1959, à l'âge de 44 ans.

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Billie Holiday Dies Here at 44 ;

Jazz Singer Had Wide Influence (The New York Times, 18/7/1959)

 

Billie Holiday, famed jazz singer, died yesterday in Metropolitan Hospital. Her age was 44. The immediate cause of death was given as congestion of the lungs complicated by heart failure.

Miss Holiday had lived at 26 West Eighty-seventh Street. She had been under arrest in her hospital bed since June 12 for illegal possession of narcotics.

Miss Holiday set a pattern during her most fruitful years that has proved more influential than that of almost any other jazz singer, except the two who inspired her, Louis Armstrong and the late Bessie Smith.

Miss Holiday became a singer more from desperation than desire. She was named Eleanora Fagan after her birth in Baltimore. She was the daughter of a 13-year-old mother, Sadie Fagan, and a 15-year-old father who were married there years after she was born.

The first and major influence on her singing came when as a child she ran errands for the girls in a near-by brothel in return for the privilege of listening to recordings by Mr. Armstrong and Miss Smith.

Miss Holiday took her professional name from her father, Clarence Holiday, a guitarist who played with Fletcher Henderson's band in the Nineteen Twenties and from one of the favorite movie actresses of her childhood, Billie Dove.

She came to New York with her mother in 1928. They eked out a precarious living for a while, partially from her mother’s employment as a housemaid. But when the depression struck, her mother was unable to find work. Miss Holiday tried to make money scrubbing floors, and when this failed she started along Seventh Avenue in Harlem one night looking for any kind of work.

At Jerry Preston’s Log Cabin, a night club, she asked for work as a dancer. She danced the only step she knew for fifteen choruses and was turned down. The pianist, taking pity on her, asked if she could sing. She brashly assured him that she could. She sang « Trav’lin’ All Alone » and then « Body and Soul » and got a job – $2 a night for six nights a week working from midnight until about 3 o’clock the next afternoon.

Miss Holiday had been singing in Harlem in this fashion for a year or two when she was heard by John Hammond, a jazz enthusiast, who recommended her to Benny Goodman, at that time a relatively unknown clarinet player who was the leader on occasional recording sessions.

She made her first recording, « Your Mother’s Son-in-Law » in November, 1933, singing one nervous chorus with a band that included in addition to Mr. Goodman, Jack Teagarden, Gene Krupa and Joe Sullivan.

Two years later Miss Holiday started a series of recordings with groups led by Teddy Wilson, the pianist, which established her reputation in the jazz world. On many of these recordings the accompanying musicians were members of Count Basie’s band, a group with which she felt a special affinity. She was particularly close to Mr. Basie’s tenor saxophonist, the late Lester Young.

It was Mr. Young who gave her the nickname by which she was known in jazz circles – Lady Day. She in turn created the name by which Mr. Young was identified by jazz bands, « Pres ». She was the vocalist with the Basie band for a brief time during 1937 and the next year she signed for several months with Artie Shaw's band.

Miss Holiday came into her own as a singing star when she appeared at Cafe Society in New York in 1938 for the major part of the year. It was at Cafe Society that she introduced one of her best-known songs, « Strange Fruit », a biting depiction of a lynching written by Lewis Allen.

During that engagement, too, she established trade-marks that followed her for many years - the swatch of gardenias in her hair, her fingers snapping lazily with the rhythm, her head cocked back at a jaunty angle as she sang.

In 1947, a cloud that had been gathering over Miss Holiday and which was to cover the rest of her career, burst on her. She was arrested for a narcotics violation and, at her own request, was committed to a Federal rehabilitation establishment at Alderson, W.Va., for a year and a day in an attempt to rid herself of the habit.

Ten days after her release Miss Holiday gave a concert at Carnegie Hall to a packed house but, although she appeared at concert halls in New York from time to time after that, she was not allowed to appear in New York night clubs. As a result of her narcotics conviction, she could not get the necessary cabaret license.

During the Nineteen Fifties Miss Holiday's voice began to lose its useful elasticity. This, combined with occasional brushes with narcotics agents, made her last years difficult, although she continued to record frequently.

Miss Holiday appeared in a film, New Orleans, in 1946 and was featured in a Broadway revue for a short run a few years later. In 1954 she made a tour of Europe and was featured in a widely acclaimed television program, « The Sound of Jazz », in 1958.

She is survived by her husband, Louis McKay. A previous marriage, to Joe Guy, a trumpet player, ended in divorce.

16 juillet 2014

Le cinéma, sous les couvertures 10

charlot

Charlot [version définitive de 1957]

Philippe Soupault, 156 p., 7,50 €, ISBN 978-2-07-014581-2

Gallimard, « L'imaginaire » n° 659, Paris 2014

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« Pour les millions d’êtres humains qui vont au cinéma, le personnage créé par Chaplin était devenu un ami. Il jouissait d’une popularité et d’une affection qu’aucune créature née de l’imagination humaine n’a connues, que ce soit Don Quichotte ou le Petit Poucet, Robinson Crusoé ou le Bon Petit Diable. Il vivait avec plus d’intensité que tous les personnages des légendes qui, du nord au sud et de l’ouest à l’est, enchantent les enfants des hommes et les hommes enfants. Charlot était le héros de notre temps, un héros universel, l’homme qui avait fait rire le monde et qui l’avait aussi fait pleurer. Je n’ai voulu être que le modeste historiographe du petit bonhomme qui avait su exprimer, en la résumant, l’angoisse profonde du monde d’aujourd'hui. J’ai suivi pas à pas ses aventures retracées dans les films. Je n’ai donc fait que raconter ce que j’avais vu sur l’écran, en respectant dans toute la mesure du possible la merveilleuse poésie qui anime Charlot. » [Philippe Soupault]

Publié pour la première fois en 1931 et dans sa version définitive en 1957, ce récit n’est ni une biographie de Charlie Chaplin ni une analyse critique de ses films, mais une biographie du personnage de Charlot, créé en 1914. Se souvenant des films de Chaplin, s’inspirant des scènes les plus célèbres, Philippe Soupault retrace le portrait du vagabond poète. [L'éditeur]

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14 juillet 2014

Que viva la salsa !

Avec un clin d'oeil à Jérôme Baron, sans qui j'ignorerais encore l'existence
de Andrés Caicedo (1951-1977), le petit Rimbaud de Cali. Et sans la lecture de
Que viva la musica !, Traversé par la rage et La mer,
je ne me serais peut-être pas remis à la salsa.

« Guaguanco raro »

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« Guaguanco triste »

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« Et je donnais des coups de pied dans les murs, je renversais les chaises, je me perdais dans les champs et ma mère organisait des expéditions, commandées par mon frère Jesús, pour qu'on me retrouve. Alors ils ont décidé, du jour au lendemain, que j'étais fou, et cette idée me faisait rire, tant elle était simple, simplificatrice. Si ç'avait été de la folie, le tourment n'aurait pas été aussi grand. J'aimerais vous expliquer ce que je ressentais: je fermais les yeux et c'était comme si je naviguais, agité, sur une mer absolument plate, calme... Pourquoi ne peut-on trouver le calme sur une telle mer ? » [La mer, Les solitaires intempestifs, 1998]

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Hotties Reading 349

w c fields

W.C. Fields et son chien, colorisés

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12 juillet 2014

Charlie Haden et le LMO

Si l'on en croit les attachés de presse d'Universal et des festivals de l'été, Last Dance (triste titre, mais ils ne pouvaient pas savoir) est le meilleur album de jazz de 2014. Traduire : quatre ans après Jasmine, ce nouveau duo Haden-Jarrett et nouvelle pompe à fric battra tous les records de vente. C'est la qualité ECM, c'est parfait pour les pensionnés, et personne ne tousse. Quelques-uns d'entre nous se souviendront d'avoir biberonné au Liberation Music Orchestra. [Ci-dessous, la remise en scène d'hymnes anarcho-républicains de la guerre d'Espagne. On est en 1969. Cette année-là, on a tout juste... bref, on se fout de la retraite.]

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Charlie Haden (1937-2014)

lmo

L'immense compositeur et contrebassiste Charlie Haden vient de mourir. Il avait presque 77 ans.

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Under the Skin : dissonances

Mica Levi (Micachu)
Deux extraits de la musique de Under the Skin : « Love » et « Death »

micachu

Micachu

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11 juillet 2014

Lectures pour tous : Julien Gracq [et Dominique Noguez]

« Littérature : quelle folie d'investir le meilleur de soi-même dans un art dont le médium, la langue, en continuelle évolution, reste à la merci de l'usage qu'en feront, année après année, quelques dizaines de millions d'analphabètes. »

Julien Gracq, Carnets du grand chemin, José Corti, 1992, p.284

 

[cité par Dominique Noguez in La véritable origine des plus beaux aphorismes, Payot, "Manuels", 2014]

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10 juillet 2014

Charlotte Serrand et Ovide tournent à Cancale [Ille-et-Vilaine]

Charlotte Serrand doit tourner cet été, à Cancale, son adaptation des Héroïdes. Il lui manque tout juste deux petits milliers d'euros pour se procurer l'équipement et la logistique indispensables. Vous trouverez sur le site KKBB les informations nécessaires pour l'aider à boucler sa production, et tous les détails sur votre éventuelle rétribution. Rejoignez-nous à bord, vous ne le regretterez pas.

[Je remercie Tifenn Jamin.]

héroïdes

Charlotte Serrand présente ainsi le projet :

On connaît surtout le poète latin Ovide pour ses Métamorphoses, on le connaît moins pour ses Lettres d’amour, également appelées Les Héroïdes. C’est un texte très important, on pourrait presque dire révolutionnaire, pour l’époque mais aussi pour aujourd’hui, tant dans le genre littéraire (l’épistolaire en vers), dans le mélange des genres (l’épique et l’élégie), que dans l’énonciation.

À travers dix-huit lettres, Ovide donne la parole aux femmes. À travers leurs monologues, c’est tout un contre-champ qui se dresse face aux récits épiques, ceux de l’Iliade et de l’Odyssée, et un nouveau paysage qui se dessine: celui de l’attente des femmes, pas moins dépourvu d’actions, de combats, de risques, et d’humour.

Nous avons le désir de briser la solitude des monologues et de les faire déborder vers des dialogues, de faire se rencontrer ces femmes entres elles, en utilisant les anachronismes (elles viennent en effet de lieux et d’époques différentes et n’auraient jamais pu se rencontrer) comme support de fiction, de diction, et de burlesque. Contrer le ton tragique d’Ovide et la posture fixe de ces femmes en attente, par la composition d’un corps burlesque féminin qui semble absent du paysage cinématographique contemporain.

Cette dépendance de l’attente est inextricablement liée au paysage et nous souhaitons confronter le texte d’Ovide à une certaine idée de la culture bretonne et maritime, elle-même caractérisée par son rapport à l’attente, notamment à travers la marée, que nous souhaitons utiliser comme élément burlesque.

Le tournage aura lieu en Bretagne-Grèce, à Cancale, un lieu que nous connaissons très bien. Par endroits, cette côte rocailleuse, hostile, dépouillée, mais aussi très chaude, a des accents méditerranéens, qui ramènent à l’Attique.

Un rassemblement organisé depuis le point de vue de la solitude, dans un paysage à 180°, un peu comme une île, dans lequel le contre-champ est sans cesse remis en question, voire n’existe pas.

Un rassemblement que rend possible le cinéma, et c’est pourquoi nous avons tenu à regrouper des amis professionnels et non professionnels autour du film.

Un rassemblement également de plusieurs textures. Les costumes ont été en grande partie faits main, par la créatrice Céline Delachaux (qui interprète également une héroïde), à partir de tissus achetés dans un magasin d’abayas. Ce mélange témoigne des disparités géographiques et culturelles qui existent entre les héroïdes chez Ovide, mais aussi de la prise de conscience d’une même condition, et de sa dénonciation, d’un point de vue plus contemporain.

Un rassemblement, enfin, d’actrices non professionnelles, autour d’une figure « professionnelle »: Pénélope. Nous avons demandé à Françoise Lebrun d’interpréter le rôle. Comme si, à travers le travail d’une actrice, il y avait le travail de l’attente. Comme s’il fallait « apprendre » à attendre. Cela participe aussi de la partie comique du film. Son rapport à la littérature, aux lettres, qu’elle met notamment en scène dans son film Crazy Quilt (2009), nous a d’abord donné envie de lui confier ce rôle.

tournage héroides

plan de tournage des Héroïdes

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09 juillet 2014

Bye, Soledad

soledad2

 

« Née en Asturie (Oviedo, Espagne), Soledad a appris le dessin en tombant
dans une grotte à champignons pleine d'elfes et de sorcières.
A partir de ce jour, elle se met à dessiner des champignons en espérant
que les elfes et les sorcières lui achètent tout son stock mais ne voyant rien venir,
elle change d'orientation.
Elle apprend alors ce qu'est l'art spontané.
Elle trace des courbes, des lignes qui se croisent, s'entrecroisent, s'enlacent,
s'entrelacent, se délassent, s'embrassent.
Ce sont des lignes magiques qui se dessinent toutes seules et au bout
d'un certain temps, la magie opérant, l'image apparaît.
Une belle image que je n'aurais jamais imaginée.
C'est magnifique : je deviens la spectatrice d'un beau tableau sorti de nulle part.
Mais, à mon avis, les elfes et les sorcières de la grotte y sont pour quelque chose.
La grotte a grandi. Il y a maintenant plus de place pour y mettre plein de
petits champignons. Comme vous pouvez le voir.
Dans ce petit monde, on s'amuse comme des petits fous. Alors venez ripailler
avec nous, c'est le moment. »

Soledad Cue Lopez
décembre 2013-janaiver 2014, Musée d'art spontané, Schaerbeek

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Fin »