le vieux monde qui n'en finit pas

04 juin 2020

Anthony Braxton 75, 2012

12+1 tet, Venise 2012

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Anthony Braxton 75, 2000

avec Brandon Evans, Middletown (CT), 2000

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Anthony Braxton 75, 1987

avec Mal Waldron, Buell Neidlinger, Billy Osborne, 1987

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Anthony Braxton 75, 1969

braxton73

Anthony Braxton est né le 4 juin 1945 à Chicago.

Nous célébrons son soixante-quinzième anniversaire.

 

Paris, 1969.

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01 juin 2020

Manifs vs. Trumpisme

garde nationale

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Boston 31 mai

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Minneapolis 31 mai

can't breathe

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31 mai 2020

Siné Mensuel menacé

Siné Mensuel visé par des menaces de mort

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AFP – samedi, 16h04

Le journal satirique Siné Mensuel a indiqué vendredi avoir reçu des menaces de morts visant certains de ses collaborateurs. Le journal a déposé plainte après avoir reçu mardi cinq lettres signées du défunt GUD, un syndicat étudiant d’extrême droite.

« Après Charlie, Siné », indiquait entre autres une de ces lettres postées en Indre-et-Loire, et adressées au siège parisien des éditions du journal. « Qu’ils nous insultent, on a l’habitude. Qu’on nous menace de mort, c’est plus compliqué. Mais quand ils cautionnent l’attentat contre Charlie Hebdo, on passe à un cran supérieur », a indiqué à l’AFP Catherine Weil Sinet, la directrice du journal.

Le journal, auparavant appelé Siné-Hebdo, avait déjà reçu des menaces et avait été cambriolé en 2008.

tsz/fpo/pb

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30 mai 2020

Hotties Reading 628

Larry Kramer (1935-2020)

larry kramer

Larry Kramer, qui a contribué à l'invention du die-in, (ci-dessous, à Wall Street, années quatre-vingt)

s'y est prêté pour la dernière fois. Pour de bon.

die in new york

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29 mai 2020

A bientôt donc, à Bologne ?

bhuvan shome

Suhasini Mulay dans Bhuvan Shome, Mrinal Sen 1969

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Dear friends of Il Cinema Ritrovato,
although our festival explores the cinema of the past we all live in the present,
a present that, for several months and everywhere in the world,
has been difficult and tragic.

The XXXIV edition of Il Cinema Ritrovato is only postponed and not cancelled,
it will still take place at a later date in 2020.

In the coming weeks we’ll be able to confirm the new dates and much more.
Our warmest wishes to all of you.

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28 mai 2020

Bas qui plissent et escalopes sur la figure

Guy Bedos [1934-28/5/2020] et Jean-Loup Dabadie [1938-24/5/2020], frères de sang

dabadie-bedos2

Bonne fête, Paulette... Je vais lui dire, à ma femme... [Baiser du bout des lèvres] Bonne fête, Paulette... Et je lui donnerai mon bouquet... Elle a horreur des fleurs... C’est justement... Je déteste ma femme... Alors... Je vois pas pourquoi je lui aurais offert des chocolats... Paulette adore les chocolats... Et moi j’aime pas Paulette... Alors... Soyons logiques...

J’avais pourtant bien précisé à ma mère... Je lui avais dit: « Je veux pas épouser Paulette. » Elle m’a répondu : « On parle pas à table. » Bon. Mon père non plus, il est pas fou fou de ma mère... Seulement, lui... Trente ans de mariage... Il a fait le plus gros... Et puis elle est moche... Paulette... L’autre jour je regarde ses jambes... Je lui dis : « T’as tes bas qui plissent. » Vlan... Elle me retourne une claque... Elle avait pas de bas... J’ai dit à ma mère : « Paulette est moche. » Elle me répond : « Paulette me ressemble »... Je lui dis : « Mais toi, tu es ma mère »... Elle me répond : « Paulette pourrait être ta mère. » Bon.

[Il examine son bouquet. Baiser. Il ricane.] Elle va faire une de ces têtes... Je m’en fous... J’aime pas sa tête... Elle va les mettre à la poubelle... Au prix où sont les fleurs... Surtout les grandes... Et ça fait pas plus de profit que les petites... Elle va les jeter, c’est sûr... Je m’en balance... Je les ai achetées avec l’argent des commissions... Elle m’a dit : « Remonte-moi des escalopes »... J’ai horreur des escalopes... Ça me dégoûte... Elle s’en met sur la figure... Elle se les enlève que pour sortir... Au prix où sont les escalopes... Hein... C’est que le veau... C’est pas donné... Sur la figure...

Dans un sens, si j’avais épousé une beauté... Je m’ennuierais... Il parait que les mannequins... Les actrices... C’est très très ennuyeux... Surtout le jour... Moi j’aime bien engager la conversation... Paulette, elle parle... Elle dit des bêtises... C’est normal... Parce qu’elle est bête... Mais c’est pratique... Parce que je comprends tout ce qu’elle dit... Vous savez, les filles intellectuelles... Il faut pas croire... C’est la barbe... Et sorti de la culture et de l’intelligence, elles ont pas grand-chose dans la tête non plus... Bonne fête, Paulette... [Il rit] Ça l’énerve que je l’appelle Paulette... Elle trouve ça commun... Son vrai nom c’est Germaine... Moi je l’appelle Paulette pour lui rabaisser son caquet... Ça l’agace... Elle est très très irritable... Très soupe au lait...

N’empêche que si je m’écoutais... Y a des soirs... Je la zigouillerais... Je la couperais en petits morceaux... Et on retrouverait jamais son cadavre... Seulement ça serait dans le journal... Avec sa photo... [L’air plaintif et misérable, soudain] Alors, écoutez... Le seul plaisir de ma journée... C’est boire mon petit crème le matin, tranquille, à la terrasse de chez Lulu... En lisant mon petit journal... Alors si c’est pour retrouver la photo de Paulette en première page... Alors, non... Écoutez... Non... Non... Bonne fête, Paulette... [Il sort]

[Jean-Loup Dabadie, 1964] [En scène : Guy Bedos]

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Jeune, dure et pure ! [gratis]

Jeune, dure et pure !  Une histoire du cinéma d’avant-garde et expérimental en France
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(Paris/Milan, Cinémathèque française/Mazzotta, 2001, 591 pages)
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Publié à l'initiative de Dominique Païni,
édité par Bernard Benoliel et Pierre Gras,
dirigé par Nicole Brenez et Christian Lebrat,
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l’indispensable catalogue critique de la rétrospective géante
organisée il y a deux décennies à la Cinémathèque française,
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était introuvable depuis très longtemps.
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On peut désormais le consulter, voire le télécharger gratuitement ici même.
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jeunedurepure

"Qu'on se le dise" [JiPé]

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27 mai 2020

Hotties Reading 627

Carl Vilhem Holsøe (1863-1935)

hr CVH fillette et piano

Fillette et piano

hr cvh anne

La femme du peintre

hr cvh lady in black

La dame en noir

hr cvh la femme du peintre

Anne

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26 mai 2020

Jimmy Cobb 1929-2020

miles et cobb

Sans transition. Quelqu'un que nous ne verrons plus sur les planches, c'est Jimmy Cobb. Il vient de mourir à son tour. Tout le monde vous dira qu'il fut le batteur de Miles, de Kind of Blue, et c'est bien vrai. Mais pas que (sic). Dans cet extrait disponible sur YouTube,Ici, on  retrouve la moitié du quintet  - Miles s'est fait porter pâle, Wynton Kelly cède le clavier à Oscar Peterson lui aussi de passage en Allemagne, et l'on appelle Stan Getz qui va mener avec Coltrane un dialogue de titans... Chambers tient la basse, c'est normal, et Jimmy Cobb est aux baguettes. On les voit peu, car le studio est plongé dans le noir, mais ils sont très présents. Ca se passe fin mars 1960 à Dusseldorf, en Allemagne de l'Ouest [Un an plus tard, un mur coupera le pays en deux]. Chair de poule et larmes aux yeux, on écoute Hackensack, de Monk et du New Jersey.

Chez Jimmy's, c'est ICI

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Tartufferie

De temps en temps, Plantu tape juste.

plantu

Tartufferie ou clientélisme ? Il faut se rappeler simplement
que le crapaud de Nazareth (et ses homologues d'autres rites)
pèse beaucoup plus lourd dans l'électorat
que Dario Fo, Alan Ayckbourn et Anton Tchekhov réunis.

~

AJOUT

COLLECTIF LAÏQUE NATIONAL
Fait à Paris le 25 mai 2020
Le Conseil d’État, statuant en référé, vient d’enjoindre au Premier ministre "de modifier, dans un délai de huit jours, le décret du 11 mai 2020", pour remplacer l’interdiction totale de rassemblement dans les lieux de culte par des restrictions mieux "proportionnées" à l’objectif de santé publique.
Le Collectif laïque national contestait déjà que le gouvernement réserve, dans le dispositif national de déconfinement, un traitement privilégié aux cultes en avançant, pour leurs rassemblements seuls, la date initiale du 11 juin au 2 juin, en l’absence de toute justification de santé publique.
Le Premier ministre avait en outre annoncé qu’elle serait avancée au 29 mai pour permettre aux catholiques de célébrer la Pentecôte. Ce privilège accordé aux cultes et à l’un d’entre eux en particulier remettait en cause le principe d’égalité des citoyens devant la loi.
C’était dans le prolongement du dispositif d’écoute et de soutien "pastoral" mis en oeuvre par certains cultes et promu par les moyens publics; le numéro vert du gouvernement a été officiellement communiqué aux équipes médicales et établissements de santé, faisant ainsi de l’État et de ses services publics de santé l’opérateur de la mise en contact de croyants avec certains cultes.
Dans ce contexte, le Conseil d’État ne pouvait que tirer parti de l’absence de cohérence des mesures gouvernementales en rappelant que "la liberté de culte est une liberté fondamentale". On notera pourtant que les autres libertés fondamentales n’ont pas eu droit aux mêmes égards du Conseil d’État, qui a ainsi admis le prolongement de la détention provisoire de plein droit sans intervention d’un juge (référé du 3 avril 2020).
Le Collectif laïque national s’inquiète de la tendance jurisprudentielle actuelle qui donne à la liberté de culte la prééminence sur toutes les autres libertés fondamentales. Les convictions religieuses sont ainsi érigées en universel des consciences, le cadre républicain de la laïcité se voyant ainsi marginalisé.
C’est tourner le dos au principe fondamental de laïcité, qui repose sur le primat de la liberté de conscience et la séparation entre l’État et les cultes. En ces temps de crise sanitaire, un tel principe est essentiel. Il ne peut être mis entre parenthèses ou aménagé au gré des circonstances.
Le Collectif laïque national dénonce le fait que l’Église catholique ait réussi à obtenir un traitement privilégié que ne demandait aucune des autres autorités religieuses. Il note avec regret que les responsables du culte catholique s’en soient remis pour ester en justice à des personnalités et officines dont plusieurs relèvent de l’extrême droite intégriste antirépublicaine, dans une convergence inquiétante déjà constatée depuis longtemps sur les questions de société (IVG, mariage, fin de vie).
Le Collectif laïque national réaffirme que la République laïque ne repose que sur des citoyens libres et égaux, quelles que soient leurs convictions particulières. Les risques sanitaires encourus spécialement à l’occasion des rassemblements de personnes dans des lieux fermés sont les mêmes pour tous, croyants ou incroyants. Quitte à les préciser, le gouvernement ne peut en aucun cas renoncer à imposer à l’exercice des cultes, dans l’intérêt général, les restrictions que nécessite la santé publique.

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« Pourquoi il faut se méfier de #metoo »

« Pourquoi il faut se méfier de #metoo » [Agnès Giard, 25 mai 2020]

En avril 2017, juste avant l’émergence de #metoo, la chercheuse Laura Kipnis publie un livre explosif (Le Sexe polémique) pour dénoncer le climat de paranoïa et de délation qui frappe les Universités américaines… et qui se propage maintenant chez nous.

kipnispolémique

C’est l’histoire d’un étudiant américain âgé de 18 ans, Simon, et de sa petite amie, 19 ans. Ils s’aiment, ils ont des relations sexuelles. Un jour, Simon, qui manque de confiance en lui-même, demande à sa petite amie si elle peut le sucer. « Il pensait se montrer aguicheur en faisant sa demande », mais c’est un peu raté. Elle le suce sans entrain. Au bout de trente secondes, voyant qu’elle n’y prend pas plaisir, Simon arrête tout. Plusieurs mois passent. Le malheur veut qu’ils se séparent. Simon apprend qu’une plainte est déposée contre lui. Après une brève audience à huis clos, le voilà expulsé de l’Université pour avoir fait usage de « contrainte émotionnelle et verbale » envers son ex-copine. Simon se voit « attribuer pour la vie l’étiquette de délinquant sexuel », résume Laura Kipnis. Cela signifie qu’il ne pourra plus continuer ses études, car les établissements refusent les candidats reconnus coupables de « mauvais comportement ».

Au nom de la lutte contre les agressions

Des exemples comme celui-là, Laura Kipnis en a des tonnes. Aux Etats-Unis, elle est devenue l’archiviste des cas d’injustice les plus flagrants du système. Le système, dit-elle, transforme en « agression sexuelle » le simple fait de demander une fellation. « Combien de postulats rétrogrades sur le sexe n’accrédite-t-on pas au nom de la lutte contre les agressions ! Non seulement la capacité d’agir de la femme a-t-elle été dans ce cas complètement gommée, mais notez la prémisse implicite du raisonnement : les étudiantes ne sont pas les égales des hommes en matière de force émotionnelle ou de maîtrise de soi, et elles requièrent qu’une horde d’administrateurs universitaires viennent pallier leur faiblesse. Autre prémisse implicite : le sexe est dangereux, et pendant ces trente secondes la femme a subi une blessure suffisamment grave pour exiger une réparation officielle. »

Mieux vaut punir un innocent…

Dans Le sexe polémique, un livre à charge magnifiquement traduit aux éditions Liber, Laura Kipnis attaque. Le système de la délation, dit-elle, est une forme d’hystérie encouragée par les institutions qui prétendent le faire au nom de l’égalité entre les sexes. En Amérique, ces institutions sont les administrations des universités, grassement payées pour garantir l’ordre. Il s’avère que le ministère de l’Éducation prive de financement tout établissement qui n’appliquerait pas strictement le titre IX (une loi contre la discrimination sexuelle). Pour montrer patte blanche, les universités ont donc créé des Comités de surveillance qui ne peuvent justifier leur existence qu’en trouvant des coupables, c’est-à-dire en les créant de toutes pièces sur la base de simples rumeurs. Il suffit qu’une enseignante « soupçonnée » d’être lesbienne parle à deux étudiantes en chuchotant (parce qu’elles se trouvent dans une bibliothèque et qu’il est interdit d’y parler à voix haute). Elle est convoquée sans savoir de quoi on l’accuse, puis suspendue.

… que laisser passer un suçon

Parfois l’inquisition se met en place sur la seule foi d’une plainte déposée par un tiers. Laura Kipnis cite le cas d’un étudiant accusé d’avoir violé une jeune femme qui soutenait pourtant avoir été consentante. « Les soucis commencèrent quand une connaissance de la femme remarqua un suçon sur son cou et le signala aux autorités. » Sur la base de ce seul suçon, l’étudiant fut expulsé, privé de tout avenir. Méfiez-vous du sexe, ironise Kipnis, car même entre adultes consentants il peut faire de vous un criminel. Sous couvert de protéger les femmes, les Comités ne font qu’exercer le règne de la terreur. « Ces tribunaux étranges et arbitraires sont en train de fleurir partout au pays, privant les étudiants et les professeurs de leurs droits et, dans plusieurs cas, les traînant dans la boue au seul but de donner l’illusion que le monde universitaire se mobilise contre les agressions sexuelles. »

« Une évolution désastreuse pour le féminisme »

Faut-il voir une avancée dans ce mouvement qui encourage les femmes à porter plainte dès lors qu’une relation s’est mal passée ? Pourquoi les Comités soutiennent-ils les élèves même quand leur plainte est, de toute évidence, le résultat d’une confusion, d’un mal-être, d’un mélange mal digéré de culpabilité, de rancune et d’ignorance ? À qui profitent ces faux procès ? Pas aux femmes, répond Laura Kipnis. Celles-ci sont les premières victimes de la police des mœurs, pour deux raisons. La première raison, c’est que la bureaucratie accroît son pouvoir sur la base d’un discours doloriste qui cantonne systématiquement les femmes dans le rôle de proies passives, influençables, fragiles, incapables de savoir ce qu’elles veulent, inaptes à décider de leur sort. Bref, on fait d’elles des idiotes immatures. Or « les femmes ont passé les derniers cent cinquante ans à demander qu’on les traite comme des adultes consentants ».

Plus de délation, moins de viols ? Pas si sûr

La deuxième raison c’est que loin de faire baisser le nombre de viols, le paternalisme contribue probablement à les augmenter. « Les politiques et les règlements qui renforcent la féminité traditionnelle (qui a toujours retenu les récits des dangers auxquels la femme est exposée plutôt que ceux inspirés par sa capacité d’agir) sont la dernière chose au monde qui pourrait réduire les agressions sexuelles. » En surprotégeant la femme on la dissuade de se prendre en charge. Se croyant à l’abri (puisqu’elle pourra porter plainte !?), la voilà incapable de poser ses limites clairement. On l’encourage à se percevoir comme une proie passive, et non pas comme une personne qui sait ce qu’elle veut, qui fait ce dont elle a envie. On la persuade que si ça se passe mal, ce sera toujours la faute de l’autre (puisque l’autre est un prédateur). Mais qu’en est-il dans la réalité ?

Faut-il voir la sexualité comme un danger ou une expérience ?

Dans le vrai monde, faire des expériences, c’est prendre des risques et accepter la part d’échec qui va avec. Comment rendre les femmes fortes avec un discours permanent de mise en garde contre les périls du sexe ? « Être maître de son propre corps, surtout pour les femmes, est un talent qui s’acquiert et qu’on doit enseigner », soutient Laura Kipnis, critiquant avec véhémence le discours sécuritaire (puritain) dominant. « Pour ce qui me concerne personnellement, je me demande qui j’aurais pu devenir sans toutes mes mauvaises expériences sexuelles, sans mes professeurs imparfaits et sans ma liberté de commettre des erreurs. J’ai pu prendre des risques qui m’ont préparée à affronter plus tard d’autres risques, créatifs et intellectuels, et ce précisément parce que [moi et ma génération, celle des personnes nées à la fin des années 1960] nous ne pensions pas au sexe comme à ce qui aurait pu nous nuire. »

Agnès Giard © Libération

Le sexe polémique. Quand la paranoïa s'empare des campus américains, Laura Kipnis 2017. Traduit par Gabriel Laverdière, Liber 2019.

[Agnès Giard. Auteure de livres, journaliste et docteur en anthropologie, Agnès Giard a d’abord travaillé sur les nouvelles technologies, les artistes underground et la culture populaire japonaise avant de s’intéresser aux sexualités. En 2000, elle devient correspondante du magazine japonais SM Sniper et y collabore pendant plus de dix ans. En 2003, elle publie un livre d’art au Japon: Fetish Mode, puis entame une série de recherches qui sera publiée en collaboration avec des artistes contemporains japonais tels que Tadanori Yokoo, Makoto Aida, Toshio Saeki, etc. Son premier ouvrage, L’Imaginaire érotique au Japon, traduit en japonais, est classé au 4e rang des meilleures ventes de livres étrangers. Suivent un dictionnaire (Dictionnaire de l’amour et du plaisir au Japon) puis un livre de design répertoriant objets de culte, gadgets et sextoys étonnants (Les Objets du désir au Japon). Agnès Giard publie ensuite, grâce à la Villa Kujoyama, une anthologie critique: Les Histoires d’amour au Japon. Des mythes fondateurs aux fables contemporaines. En 2016, son dernier livre, Un désir humain – fruit de trois ans d’enquête dans le cadre d’un doctorat – porte sur les love dolls, prélude à de nouvelles recherches sur les dispositifs de simulation amoureuse au Japon. Agnès Giard est maintenant chercheuse rattachée à l’université de Paris Nanterre (laboratoire Sophiapol) et chercheuse post-doctorale au sein du groupe de recherche européen EMTECH (Emotional machines), à Freie Universität Berlin.]

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On peut lire aussi

kipniscontrelamour

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24 mai 2020

Donnons l'exemple

Le masque et la pivoine

cd masquée

[Merci au fleuriste-instagrameur inconnu, et à Glaz]

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23 mai 2020

Lectures pour tous : Éric Chauvier

« Je la revois maintenant dans les recoins dérobés du collège, quand elle se met à embrasser, avec une passion ostensible, les plus intimidants des jeunes bourrins du coin; dans mon souvenir, ils sont tout de cuir, de jean, de sueur, de graisse et de poils. Elle doit avoir douze ans. Elle ne fait pas dans le paysan – au bled, la classe paysanne est encore très représentée dans les années 80; c’est avant le lessivage des paysages par l’agriculture intensive. Fille d’ouvrier, au sec dans le pavillon parental acheté à crédit sur trente ans, elle fuit compulsivement les "bouseux". Elle leur préfère la pseudo racaille du coin; des types un peu plus aventureux en matière de défonce, qui assument pleinement leur déscolarisation, jurent, crachent et se font respecter en se battant dans la poussière de la cour du collège. Elle doit commencer à les fréquenter durant l’été de la cinquième. [...] Je guette les façons qu’elle a de se mettre en scène pour mieux attirer ses proies dans les angles du collège: les toilettes des garçons, les toilettes des filles, les sous-sols, les greniers, les locaux techniques, la buanderie, les salles de cours – parfois – fermées de l’intérieur. Je m’adonne à la géographie brutale de ces lieux de perdition, et aux stratégies qui s’y déploient; je suis le Clausewitz de ses amours débutants. »

Laura, 2020, Allia.

laura

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20 mai 2020

Sarcasme

Les résumés qui donnent envie de voir les films

« Une avocate de la défense défend un client accusé de tentative de viol après que l'avocat ait été menotté au tribunal pour bagarre. L'un des avocats masculins du groupe supervise une associée recrue. Un juge du tribunal, l'amant marié d'une avocate, refuse la mise en liberté sous caution de son client. Cela provoque une frustration croissante pour elle. »

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19 mai 2020

Richard Teitelbaum 1939-2020

teitelbaum

Tristesse et mélancolie. A mon corps défendant, ce blog est devenu une chronique nécrologique presque quotidienne. ll est temps que ça cesse. Aujourd'hui, grâce à un envoi de Raminagrobis [un concert Teitelbaum/Braxton enregistré à Grenoble en 1982], j'apprends par la bande que Richard Teitelbaum est mort il y a une quinzaine de jours - dans l'Etat de New York, où il vivait et enseignait [Bard College]. Enlevé par un AVC. Il était né en 1939.
Ce grand musicien d'avant-garde nous laisse une formidable discographie.
Si vous ne le connaissez pas, cherchez bien, creusez pour découvrir son oeuvre.

VOIR ICI

 Le voici - encore un duo avec Anthony Braxton.
Le morceau s'intitule "Behmoth Dreams" [pour Maryanne Amacher].
Braxton joue du sopranino, de l'alto et de la clarinette basse.
Teitelbaum joue des synthétiseurs (Modular Moog et Micromoog).
Enregistré en septembre 1974 à Woodstock (NY)

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