le vieux monde qui n'en finit pas

26 juin 2019

Hotties Reading 581

hr worlds, planets 2018

Worlds, Planets, 2018

Laida Lertxundi

Cry when it happens, 2010

hr cry when it happens 2010

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25 juin 2019

Isabel Sarli 1935-2019

IL Y A PEU : CLIC

ET LA, FILMEE PAR COZARINSKY

Ma gratitude éternelle va à Alain et Philippe Jalladeau [des Trois Continents première époque]
qui m'ont fourni l'occasion, naguère, d'un entretien-petit déjeuner à La Cigale avec la grande Sarli.

La_tentación_desnuda

La tentacion desnuda, Armando Bo, 1966

Carne, Armando Bo, 1968

carne

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Cécile Villaumé et les Guy Môquette

villaumé

« Cet infanthéisme (Muray, encore), on va le retrouver dans l’écriture dite inclusive par exemple. Être outré parce qu’en grammaire le masculin l’emporte sur le féminin, c’est une réaction de CP. Et d’ailleurs que des universitaires refusent de voir que le masculin est en français l’héritier du masculin et du neutre, c’est gênant. Après, je soupçonne les plus ardents des thuriféraires de ce sabir d’utiliser cette cause pour masquer leur manque de travail. Les universitaires qui fondent leur carrièrre là-dessus passent pour des Guy Môquet (ou des Guy Môquette) à peu de frais. Pendant qu’elles déclenchent des réactions outrées (ce qui est normal, puisqu’elles attaquent la langue maternelle, et un code commun), elles n’ont pas à faire de réelles recherches et se contentent de se présenter comme des apôtresses de la Liberté.e attaquées par l’Hydre de la Réaction. Même chose en politique. Je suis toujours frappée de voir l’ardeur de nos ministres à corriger le malotru qui les a appelées "madame le ministre". Que ne mettent-elles pas la même fougue dans la défense des petites maternités ! »

Cécile Villaumé, juin 2019,
entretien recueilli par Éric "littérateurs et trices" Dussert pour Le Matricule des anges.

Le livre qu’elle vient de publier au Dilettante, Des écrivains imaginés – elle s’y paie la tête de Duras, Pergaud, Dolto, Mallarmé, Colette, Ionesco, Nerval et quelques autres, et de leurs laudateurs –, est un des plus drôles et des plus stimulants du printemps.

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24 juin 2019

Ce n'est pas du Fénéon

A Nantes, quatorze personnes sont tombées dans la Loire vendredi soir,

lors d'une charge de police pendant la Fête de la musique.

Un jeune homme est porté disparu. On ignore s'il est tombé à l'eau.

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C'est beau comme une Nouvelle en trois lignes de l'admirable Félix Fénéon (1861-1944).

Mais non. C'est la moelle d'une dépêche d'agence reprise

par Ouest France (édition de Nantes) daté du 24 juin 2019.

 

 

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22 juin 2019

FDJ 141 : Chris. Marker

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Le Mystère Koumiko, 1965

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21 juin 2019

Le doux effroi de « Porte sans clef », par Christophe Kantcheff

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L’occupation des sols, par Christophe Kantcheff

portesansclef

« Comment entrer dans un appartement dont on n’a pas la clé ? Seule, la propriétaire en dispose. Sous son toit vivent ses amis, qu’elle fait entrer quand elle est là, de même qu’un duo de voisines aux longs cheveux blonds. Il y a quelque chose d’étrange, de décalé dans les rapports qu’entretiennent ces personnages (interprétés par la réalisatrice, Pascale Bodet, et par Serge Bozon, Marc-Antoine Vaugeois, Christophe Degoutin, Astrid Adverbe…). Tout a un goût d’extraordinaire, d’inédit, de non familier. Comme si chaque chose était à (re)découvrir, comme s’il fallait réinjecter du sens au monde qui en a perdu. Cela donne un cinéma qui lui-même interloque, sûr de rien sinon de son geste, que Pascale Bodet, dont c’est ici le second long métrage de fiction, a réalisé avec les moyens du bord (et en tournant dans son propre appartement). Ainsi, dans sa forme même, Porte sans clef flirte en permanence avec le burlesque, le bizarre et un doux effroi.

« On ne bouge presque jamais de l’intérieur de l’appartement, qui se situe dans le quartier Stalingrad, à Paris. Sauf que de l’autre côté de la rue, au-dessous des fenêtres, s’est installé un campement de migrants, qui lui-même a été entouré de grilles dites de sécurité. Au début du film, un petit garçon et la propriétaire se disent que si l’un prend la place de l’autre, alors l’autre prend la place de l’un. Le film instaure en effet un dialogue, au moins visuel pour commencer, sur l’accueil et l’hospitalité. D’où l’importance de la question de la porte et de qui en détient la clef, physique et symbolique. Un jour, le camp de migrants a disparu. C’est alors que l’appartement se voit visiter par des êtres qui viennent y dormir. La propriétaire laisse faire, mais certains mots surgissent dans sa bouche – "trop", "limites"… – qui prennent un écho particulier.

« Porte sans clef ne cesse de solliciter le spectateur, dans son attention comme dans sa présence au monde. D’abord parce que celui-ci est confronté à une narration non conformiste. L’esquisse est la règle, comme le fragment et la juxtaposition poétique. Ainsi, les enjeux affectifs se devinent plus qu’ils ne sont développés. Mais le film est aussi traversé par des manifestations intrusives et déstabilisatrices de notre univers contemporain qui, sans ostentation, renvoient chacun aux positions qu’il y occupe. Les personnages ont le sentiment de ne pas appartenir à ceux qui ont "la dynamique". Il y a autant d’ironie désabusée que de gravité dans ce constat de se tenir sur le bas-côté de l’histoire en marche. Mais n'est-ce pas la meilleure façon d’interroger le monde ? »

Christophe Kantcheff, Politis, 20 juin

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Médiathèque en péril : PoingCulture : On se mobilise à Bruxelles

poingculture

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Suite à la carte blanche publiée dans "Le Soir", suite aux autres prises de position publiques de soutien, nous voulons rendre notre mobilisation présente dans l'espace public,
hors des réseaux sociaux.
~
Nous vous invitons à nous rejoindre au rassemblement de soutien
qui aura lieu ce vendredi 21 juin à 17h00
devant le PointCulture Bruxelles (145 rue Royale)
~
Oui, nous croyons, comme :

• les personnalités des milieux artistique, cinématographique,
musical et académique signataires de la carte blanche,
• les 11 000 signataires de la pétition en ligne,
• les 1450 sympathisants de la page Facebook
Sauvons la Médiathèque de PointCulture,

en une Médiathèque dynamique du XXIe siècle,
qui ne jetterait pas par-dessus bord
une collection patiemment constituée pendant plus d’un demi-siècle.

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20 juin 2019

Lectures pour tous : Pierre Goldman [Archibald Rapoport]

moncada

« La beauté et le plaisir naissent du sol pourri des malheurs extrêmes, dit Liouba: sous la beauté de cette musique, son extraordinaire sensualité, il y a l’atrocité du travail servile effectué sous la cravache des maîtres et contremaîtres; toute la musique afro-cubaine porte la marque originelle du temps de l’esclavage comme le nègre affranchi conserve la trace des fers et du fouet. Aussi n’est-elle jamais complètement frivole: le tambour y palpite toujours, et le tambour, cet incessant tambour sensuel, s’il appelle l’amour, l’organise, rythme et décrit, produit et reproduit les mouvements complexes de ses érotiques figures, appelle aussi aux armes, à la vengeance, au meurtre libérateur, à la guerre. Toutes les révoltes d’esclaves ont commencé en Amérique par un appel des tambours: ils retentirent en Haïti et ils retentirent en Guadeloupe, ils retentirent au Venezuela et au Brésil. Les Blancs connaissent aussi la dimension martiale et mortifère du tambour, qui accompagne les soldats qui marchent au combat et les condamnés qui vont périr suppliciés, mais ils ignorent la complétude des percussions noires qui signifient également la mort et la vie, le désir et la haine, la jouissance et la fureur apaisée. [Elle songea qu’à Santiago de Cuba, à l’aube du 26 juillet 1953, l’âpre fracas des armes rebelles s’était mêlé au vacarme voluptueux du carnaval qui finissait et elle pensa que cela redoublait la nature sublime et profondément cubaine de cet événement historique: l’attaque de la caserne Moncada.] »

1977. Effarouché par la violence politique et l’énergie érotique (et vice versa) de L’ordinaire mésaventure d’Archibald Rapoport, Claude Durand refusa de publier au Seuil le brûlot que Pierre Goldman rédigea après son séjour à Fresnes. Deux ans plus tôt, pourtant, Souvenirs obscurs d’un juif polonais né en France avait valu notoriété à sa collection « Combats ». Ce sera Bernard de Fallois qui éditera chez Julliard le deuxième livre, génial, de Goldman. [Celui-ci sera assassiné à Paris, en septembre 1979, à l’âge de trente-cinq ans.] L’ouvrage était épuisé depuis longtemps. Séguier vient de le rééditer dans sa collection « L’indéFINIE », mis en musique par une préface de l’excellent Philippe Gumplowicz. Qu’on se le dise.

[On lira avec beaucoup d'intérêt l'article enthousiaste de Jacques Mandelbaum dans Le Monde du 14 juin, « Le "livre-suicide" de Pierre Goldman. »]

archibald

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19 juin 2019

Une critique de film : « Porte sans clef », de Pascale Bodet

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Frappez et entrez
Porte sans clef de Pascale Bodet (par Emile Breton)
[Le film est visible sur quelques écrans de France depuis le 19 juin]

 

portesans clef1450x800

« C’est l’histoire de… Non, ce n’est pas une histoire. C’est un portrait. Celui d’un appartement parisien, fenêtre sur rue, fenêtre sur cour. Un extérieur. Un intérieur et ses occupants. Deux permanents: la locataire (ou propriétaire ?), un gymnaste qui fait ses gammes corporelles dès le matin, et des intermittents. Ils frappent à la porte, on va leur ouvrir. Ils s’installent, se lancent dans de grands discours sur le cours du monde, parlent chiffons, sens de la vie. Ou se taisent, passent et s’en vont. Certains dorment là dans des lits, par terre sous des couvertures. Beaucoup de couvertures dans ce film. Ainsi se croisent des vies, se nouent des amours ou des querelles. Querelles parfois violentes, un sac à main de femme faisant fonction de casse-tête sur un punching-ball masculin. Soit la vie d’un petit groupe de quadragénaires pas vraiment sortis de l’adolescence, sous l’œil d’une caméra cruelle et féroce, qui sait prendre la distance d’un humour jamais surligné.

« On l’aura compris, on aime beaucoup ce film. Peut-être parce que c’est un film « primitif ». Et qu’on ne prenne pas ça pour une critique. Bien au contraire. On dit cela d’un temps où le cinéma s’inventait, filmant frontalement des acteurs, où l’on passait d’une scène à l’autre sans trop se soucier de liaisons. Et un film d’amateurs: les acteurs et techniciens sont des amis. Les acteurs parfois sont aussi techniciens. Et la réalisatrice est aussi locataire (ou propriétaire ?) de l’appartement. Et actrice. Tous, manifestement, s’amusent bien, à jouer aux « pros ». Qu’ils sont, en fait. Car tout est cohérent ici, et pas de discours extérieur à ce qui est montré. Ainsi, côté rue, la fenêtre découvre, dès le premier plan, un camp de migrants. Pas la leçon attendue, ils sont là et voilà. Là, comme l’appartement avec ses occupants tout à leurs petites affaires, à leurs envolées sur le sens de la vie. Ils voient ce camp, de cette fenêtre. Ouvrons l’œil pourtant: dans un autre plan, l’actrice-réalisatrice apprend à un enfant noir à réciter un texte où il est question de « se mettre à la place de l’autre ». Puis, au cas où l’on aurait oublié cette très brève scène, un peu plus tard, un autre occupant fera répéter à l’enfant noir une autre leçon.

« Et si cette porte allégorique du titre désignait le film même et la clef, celle dont n’aurait pas besoin le spectateur ? Il frappe et on le fait entrer. Voilà du cinéma. Pas du prêt-à-porter, prêt-à-penser. On lui souhaite le public intelligent qu’il mérite. »

Emile Breton, L'Humanité

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Zappy Max 1921-2019

zappy max

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Extrait de Faites-moi confiance, Gilles Grangier 1953

[sans oublier notre millionnième coup de chapeau à Francis Blanche,
scénariste du film et parolier des chansons
(qui d'autre aurait osé faire rimer "mon scooter" et "mousquetaire" ?)]

faites moi confiance

 

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Ça va bouillir [reprise d'un "post" du 13 septembre 2008]

zappymax11
De gauche à droite : Zappy Max, Noël Godin

ARP, Paris. Saisissant télescopage au premier Salon du Livre de Célébrités qui s'est tenu au printemps à l'Espace Cardin. Avec près d'un demi-siècle de retard, un Noël Godin comblé a fait la connaissance du grand artiste français qui eut une influence déterminante sur sa jeune personnalité. (Moins que Ravachol, Jacques Demy, les Pieds Nickelés et Adriano Celentano, mais tout de même.)

On voit ici notre fringant athlète (qui célèbre aujourd'hui, en douce compagnie, son soixante-troisième anniversaire) poser avec le très fameux Zappy Max, dont le feuilleton radiophonique « Ça va bouillir » berça sa prime enfance dans le quartier populaire liégeois où il vivait alors.

Radiodiffusée chaque jour de la semaine à 12h52 sur Radio-Luxembourg et une minute plus tôt sur Radio Monte-Carlo, l'émission était financée par une marque de lessive. « Tiens ? Un mouchoir ! Mmm ! Et il a été lavé avec Sunil ! Quelle merveilleuse fraîcheur ! »

Il va de soi que je partage l'émotion de Noël, et je profite de l'occasion pour lui souhaiter cornegidouillesquement un satané bon anniversaire. Ça va bouillir !

 

zappymax59

Vous, qui écoutez Radio-Luxembourg et Radio Monte-Carlo, avez pu suivre jour par jour depuis plusieurs années les innombrables aventures de Zappy Max, bouillant reporter au journal L’Eclat. Vous savez que l’adversaire le plus redoutable de Zappy fut le TONNEAU. Au moment où, sur les antennes, Zappy Max se trouve de nouveau aux prises avec ce maître-espion, il nous a semblé que vous aimeriez revivre l’époque où pour la première fois KURT VON STRAFFENBERG, alias Le TONNEAU, croisa la route de notre héros. Voici donc aujourd’hui, les visages dont vous ne connaissez que les voix...
D’après l’émission « Ça va bouillir ». (Copyright by Programmes de France.) Chaque jour : Radio-Luxembourg 12h52, Radio-Monte-Carlo 12h51.

 

 

 

 

 

sunil

J'informe mes aimables lecteurs que contrairement à Radio-Luxembourg (à l'origine de l'actuel RTL Group), contrairement aux multiples consœurs belges et françaises de cette filiale du conglomérat allemand Bertelsmann (RTL, RTL2, RTL9, M6, Bel RTL, RTL Tvi, Club RTL, Plug TV, Fun Radio, Radio Contact, et les autres), et contrairement à ce qui reste de la vieille Radio Monte-Carlo, je n'ai aucun compte à rendre aux marchands de lessive. Ce billet est donc libre de toute publicité tarifée.

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Hotties Reading 580

hr joan eardley

Joan Eardley (1921-1963)

merci Ph!l

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15 juin 2019

Lectures pour tous : Frodon, Ozu, Dardigna

Lectures pour un week-end d'automne

FRODON2

Treize textes courts de Frodon sur autant de films d'Ozu,
dans la maquette élégante de 202 éditions [Maurice Darmon]

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Réédition d'un Maspero "Cahiers libres" oublié de 1974,
préfacé par une féministe d'aujourd'hui et, comme moi, fan de Midge Maisel 

papier glacé

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Pensées pour Yannis, agressé par des fascistes au Pirée

Un ami commun nous écrit.

Toutes nos pensées et nos voeux de rétablissement pour l'ami Yannis.

CLIC

 

> Yannis Youlountas a été agressé par des néo-nazis, hier soir au Pirée.
> Il a passé la nuit à l'hôpital.
>
> Yannis semble avoir été suivi après être sorti du centre social autogéré
> Favela, alors que la nuit venait de tomber. Il portait un tee-shirt au
> logo de Favela qu'on venait de lui donner. Ses blessures ne sont pas
> graves. Il se remet doucement, mais a été un peu choqué. Il souffre à la
> tête, au dos, aux vertèbres cervicales, à l'oeil droit et à la cheville
> droite. Son arcade sourcilière droite a également saigné sous les coups.
> Heureusement les trois agresseurs ont été dérangés par l'arrivée d'un
> groupe de personnes en provenance de la station de tram voisine. Yannis
> a aussitôt été emmené aux urgences. Tôt ce matin, un camarade de Favela
> l'a ramené à Exarcheia. Depuis, il se repose en essayant de dormir par
> toutes petites tranches, protocole pour surveiller son état cérébral.
>
> D.

 

Youlountas_1

 

 

 

 

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13 juin 2019

Violence urbaine et éjaculation précoce

« Je ne condamne pas la violence de ceux que les destructeurs de la vie et de son environnement appellent "casseurs", je réprouve seulement l’inconséquence d’une telle rage. Oui, elle atteint, à la lueur des cocktails Molotov, à de brefs éclats de lucidité jubilatoire. Oui, elle rompt par ses cris l’ennuyeux ronron d’une survie programmée. Dans la liberté qu’elle s’octroie, elle soupçonne qu’une autre vie est possible. Avec moins d’angoissante frénésie, avec un meilleur discernement, le "casseur" s’offrirait des satisfactions plus substantielles. Il se démarquerait plus ouvertement de la casse rentabilisée que pratiquent les mafias étatiques et financières s’il instaurait des occupations de terres libérées de l’emprise étatique et marchande, des coins de gratuité qui s’enfonceraient dans le béton de la mondialisation avec plus d’effets dévastateurs que la nitroglycérine, sans parler du fulminate ou du cocktail Molotov. Le militant qui se glorifie comme d’un exploit militaire d’incendier une banque – même s’il n’a pas l’imbécillité de croire qu’il porte un coup au système bancaire – est un être auquel le ressentiment et le défoulement vindicatifs interdisent encore de pousser plus avant le bonheur d’éradiquer ce qui entrave ses plaisirs. Il se résigne à ces assouvissements à la hussarde, à ces jouissances inaccomplies qui s’apparentent à l’éjaculation précoce. Le vieux réflexe sacrificiel du militant empêche la vie qui est en lui de prendre son envol. Se délester de sa colère en tapant sur un mur, quel gâchis ! Alors qu’une colère générale, fédérée, lucide aurait quelques chances de faire voler en éclats les barrières de la rentabilité qui nous contiennent, nous oppriment, emprisonnent. »

Raoul Vaneigem, Appel à la vie contre la tyrannie étatique et marchande, Libertalia 2018

casseurs

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12 juin 2019

Hotties Reading 579

hr morton feldman

Morton Feldman (1926-1987)

[merci Philippe, encore]

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Festivals d'été : Yellow Now, Wang Bing et le peuple honorés dans le Lot-et-Garonne

L'ami Leboutte nous envoie ceci.

saintelivrade

Depuis l’an passé, les Rencontres de Sainte-Livrade (Lot-et-Garonne), intitulées « Cap aux bords », ont pris le relais des Rencontres de Laignes tout en conservant leur esprit. Désormais organisée avec la Ligue de l’enseignement du département, leur deuxième édition se tiendra du 6 au 12 juillet au cinéma l’Utopie, le bien nommé. [...]

Si, avec trois salles, la manifestation se veut à présent un peu plus festivalière (concerts, théâtre, performances, séances tardives en plein air), sur le fond le projet n’a pas changé et reste ce rendez-vous annuel de cinéastes et d’étudiants, de spectateurs actifs et d’artistes, choisissant de penser ensemble les conditions d’existence d’un cinéma moins académique et boursouflé, souvent réalisé avec les moyens du bord, à l’écart des formatages imposés par l’industrie. En un mot: « Défense et illustration d’un cinéma libre de droit et propriété de tous » pour des Rencontres qui se revendiquent clairement de l’héritage des « Sorbonne du peuple » de la fin du XIXe siècle et des grandes heures de l’éducation populaire.

Déjà présent à Laignes (où nul n’oubliera son cours de maniement de caméra, donné au jardin, sans pesanteur), Wang Bing sera cette année encore notre invité d’honneur, tout comme le cinéaste italien Mario Brenta, trop méconnu en France, et l’éditeur Guy Jungblut, à l’occasion des cinquante ans de sa maison d’édition, Yellow Now - un anniversaire que nous célèbrerons de manière drolatique. Nous rejoindront également tout au long de la semaine Alain Bergala, Jean-Denis Bonan, Claudine Bories, Maria-Lucia Castrillon, Guy Chapouilié, Karine de Villers, François Guerch, Jean-Charles Hue, Jorge Leon, Rosine Mbakam (en duplex depuis Yaoundé), André Minvielle (jazzman dadaïste qui donnera deux concerts), Mohamed Ouzine, Yvan Petit, Inger Servolin (principale collaboratrice de Chris Marker depuis 1968 et fondatrice d’Iskra), Claire Simon, Marie Vermillard et Loïc Villiot entre autres présences complices. Et la liste n’en finit pas de s’allonger.

De mon côté, je continuerai de faire vivre un séminaire quotidien où l’on débattra de deux questions cruciales: celle de l’indépendance au cinéma (animé avec Vincent Dieutre) et celle de la représentation du peuple à l’écran (animé avec l’ethnologue-poète Martin de la Soudière et le sociologue Jacques Lemière).

Pour suivre de manière vivante les dernières surprises du programme ou faire davantage connaissance avec nos invités: rendez-vous sur notre page Facebook (« Rencontres Cinématographiques en Lot-et-Garonne : Cap Aux Bords »). Elle est celle des membres fondateurs et amis des Rencontres de Laignes, à l’origine de la manifestation (ce qu’en termes révolutionnaires, on appelle le canal historique), et nous y publions régulièrement vidéos et textes inédits. Et si vous pouviez la liker (comme on dit) voire, mieux, la partager, cela m’aiderait à assurer la pérennité du projet par rapport à mes financiers.

Pour toute information pratique, connaître le détail du programme et surtout pour vous inscrire, consultez le site officiel des Rencontres, tenu par la Ligue de l’enseignement: CLIC (ou par mail capauxbords.cinema(at)gmail.com).

Comme chaque année, le camping, ouvert dès le 5 à midi, est gratuit, autogéré et sécurisé, à 8´ à pied du cinéma - il existe par ailleurs de nombreux hôtels à Villeneuve-sur-Lot (à 8 km de Sainte-Livrade) et d’autres possibilités précisées sur le site. Des repas pris tous ensemble sur la place du village, sous la halle, sans petit coin VIP, sont proposés midi et soir et cuisinés par les multiples associations locales: je puis vous assurer qu’on y mange bien et que c’est même un régal.

Vous connaissez mon travail et mon rêve, c’est celui d’une « commune EN cinéma », et forcément je vous espère et je vous attends, restant bien entendu à votre disposition.

Avec toute mon amitié, fidèlement. Patrick Leboutte

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ÉDITORIAL : PERDRE LE NORD

« Lorsque la vie et le monde laissent autant à désirer, il faut bien faire quelque chose. Il faut intervenir. » (Nicolas Bouvier, L’échappée belle). « Laissez dialoguer les films entre eux, ils ont des choses à se dire », avait coutume de rappeler Jean Rouch, avec son franc-parler imagé. Il n’avait pas tort: programmer une semaine comme celle-ci, c’est écrire, mettre des œuvres en rapport comme on pense un plan de table, les faire rimer, ricocher, rebondir, pour qu’elles s’éclairent mutuellement et nous éclairent par là même sur notre propre relation au monde. En ce sens, pas de cinéma non plus, du moins pas d’expérience durable, sans spectateurs capables de nommer ce qui leur arrive devant un écran. Cet exercice prend du temps, requiert de la patience, invite au plaisir des longs échanges permanents. Lors des Rencontres, nous discutons beaucoup et d’abord de la façon qu’ont les films de nous travailler, d’interroger par leur écriture et par leur forme tout à la fois notre part d’humanité et ce qui nous fonde chacun personnellement, raccordant ainsi bouts des uns, éclats des autres, dans un même espace commun. Pour nous, il n’est pas de séance de cinéma qui vaille sans prise collective de la parole, dans la salle puis sur la place, à l’air libre, parfois jusque tard dans la nuit. Telle est la première raison d’être de Cap Aux Bords, événement festivalier certes, mais d’abord école buissonnière et sauvageonne, inscrite dans la tradition de l’éducation populaire et des Sorbonne du peuple de la fin du XIXe  siècle.

Qu’ont à nous dire les films que nous avons invités ? D’abord qu’ils nous regardent, mais qu’ils ne nous contrôlent pas, à la différence de la plupart des mises en scène médiatiques visant à nous faire accepter ce monde-ci; en un mot, qu’ils nous veulent du bien parce qu’ils nous considèrent et ne nous prennent jamais de haut. Ensuite, qu’au cinéma le peuple manque comme il commence à faire défaut dans la plupart de nos villes privatisées. Enfin, que le meilleur du geste cinématographique se déploie désormais dans une économie pauvre, parfois proche d’un art de la débrouille, à l’écart du spectacle industriel et de ses formatages imposés, et qu’en cela il nous ressemble.

En 1982, le critique Serge Daney écrivait que pour faire vraiment du cinéma, il fallait accepter de perdre le nord, autrement dit l’obsession de la maîtrise et la fascination du pouvoir: « Alors, tout ce qui est devant une caméra s’appelle le Sud » – ce que nous avons traduit par « Cap Aux Bords ».

Patrick Leboutte, critique de cinéma.

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08 juin 2019

"Presque un siècle", à Pantin

Presque un siècle

Le nouveau film de Pascale Bodet sera, comme indiqué ici, projeté demain à Pantin.
Qu'on se le dise.

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05 juin 2019

Norman Rockwell, suite

Cette fois (après Eddy Mitchell), c'est JiPé qui s'y colle. Merci, l'ami.

puppy love norman rockwell

Puppy Love, par Norman Rockwell

Puppy Love, par Tony Fernandez

puppy love tony fernandez

 

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Norman Rockwell à Caen (Et fuck Trump, qui déteste Rockwell, Roosevelt et le new deal)

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[The problem we all live with, 1963]

Jusque fin octobre, se tiendra une formidable [et exceptionnelle, pour une fois le mot n'est pas trop fort] exposition réunissant une cinquantaine d'oeuvres de Norman Rockwell, et intitulée tout simplement « Rockwell, Roosevelt et les quatre libertés ».

Voir le détail sur le site du mémorial et, pour approfondir,
sur celui du Norman Rockwell Musem à Stockbridge (Massachusetts)

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