le vieux monde qui n'en finit pas

19 septembre 2014

Hotties Reading 363bis

frances farmer

Frances Farmer (1913-1970).

Comme Jérôme Baron, elle est née un 19 septembre.

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18 septembre 2014

Le cinéma, sous les couvertures 15 (& à la Cinémathèque)

guy gilles yellow

Un cinéaste retrouvé

Les films de Guy Gilles nous reviennent de très loin: peu vus et mal compris à leur époque, ils sombrèrent peu à peu dans un oubli qu’entérina la mort du cinéaste en 1996. Car si le cinéma français des années 1960-1970 fut d’une extraordinaire richesse, quelques auteurs fragiles et solitaires en payèrent le prix, noyés par des courants trop puissants, condamnés au silence par des voix trop péremptoires – je pense aussi à Jean-François Adam, ce "suicidé du cinéma" qui fut un proche de Guy Gilles. Pourtant, dans les années 1960, Gilles aurait pu être un petit frère de la Nouvelle Vague: il réalise son premier film en 1958, reçoit le soutien de Pierre Braunberger, est l’assistant de Jacques Demy pour La Luxure (1960); certains comparent ses films à ceux d’Agnès Varda avec laquelle il réalisera un documentaire en 1975: La Vie filmée: 1946-1954. Dans les années 1970, il aurait pu participer à l’aventure des productions Diagonale, il est l’ami de Jean-Claude Biette (qu’il aide pour son premier court métrage) et de Philippe Chemin (qu’il est le premier à diriger comme acteur); il apparaît en 1977 dans Le Théâtre des matières de Biette et dans La Machine de Paul Vecchiali. Mais si Guy Gilles pouvait par certains points être rapproché de ses contemporains, il assumait aussi d’être à contre-courant des goûts et des préceptes de son époque. Et le dédain passé s’explique par ce qui force aujourd’hui l’admiration: ses films étaient trop à fleur de peau pour épouser la radicalité de ces années-là, trop mélancoliques pour être récupérables. Son sentimentalisme fut réduit à de la sensiblerie, et son sens du beau rapidement jugé comme une pause d’esthète – injustes et tenaces malentendus que seul le temps parviendra à estomper.

guy gilles

Guy Gilles naît en 1938 à Alger. Cinéphile depuis son enfance, il produit et réalise son premier film à vingt ans, le magnifique Soleil éteint. Treize minutes où les bases de son œuvre obsessionnelle sont déjà clairement posées: l’exil, la mélancolie, la sensualité du présent, le poids des souvenirs, l’incertitude de l’avenir, des états d’âme exprimés avec la franchise de l’adolescence. Il quitte l’Algérie en 1960, s’installe à Paris. François Reichenbach le prend un temps sous son aile, tandis que Pierre Braunberger l’aide à réaliser ses premiers courts. Jean-Pierre Melville aime beaucoup le second (Au biseau des baisers) et participe au financement de son premier long métrage, L’Amour à la mer (1964). Le film, en grande partie autoproduit, est tourné en trois ans. Pendant le tournage, il rencontre celui qui deviendra son acteur fétiche, et bien plus que cela: Patrick Jouané. Produit de façon trop marginale, le film n’obtient pas le visa permettant une sortie en salles. Il est cependant vu dans des festivals, gagne un prix à Locarno. Gilles réalise son second long métrage, Au pan coupé (1967), grâce à Macha Méril qui crée une maison de production pour l’occasion. Suivront Le Clair de Terre (1970, Grand prix du festival d’Hyères) et Absences répétées (1972, prix Jean Vigo). Malgré les prix et le soutien de quelques critiques fidèles (Henry Chapier, Jean-Louis Bory, Jacques Siclier, ou encore Marguerite Duras qui saluera Au pan coupé), ces quatre longs métrages ne trouvent pas leur public. Ils sont pourtant ce que Gilles a réalisé de plus beau. La suite est plus triste encore: seulement quatre autres longs métrages pour le cinéma entre 1975 et 1996, de plus en plus de difficultés à trouver de l’argent, des projets avortés. Le Jardin qui bascule (1974) et Le Crime d’amour (1981) flirtent, non sans opportunisme, avec le film noir. Le premier est très beau, mais le second agace, tant Gilles semble s’y parodier. Malgré ses maladresses, Nuit docile (1987) est un émouvant chant du cygne: en une nuit d’errance, le cinéaste boucle son œuvre et son histoire avec Patrick Jouané. Ajoutons qu’il ne cessa de réaliser des courts métrages entre les longs et travailla régulièrement pour la télévision où, entre des commandes alimentaires, il fit quelques très belles choses, comme ses deux portraits d’écrivains : Proust, l’art et la douleur (1971) et Saint, martyr et poète (1975, sur Jean Genet). Proust et Genet sont effectivement les deux grandes références littéraires de Gilles: mélancolie et sensualité mêlées, recherche du temps perdu indissociable de l’amour des garçons. Son dernier film, Nefertiti (1995), est un péplum improbable, produit de façon catastrophique et qu’il dut monter sans avoir pu tourner toutes les scènes (on tremble à l’idée que certains aient pu découvrir son œuvre avec ce film dont on trouvait il y a peu le DVD chez les soldeurs). Après cet échec, Guy Gilles meurt du sida en 1996.

Les films de Guy Gilles sont traversés par des courants contradictoires qui se nourrissent les uns les autres: d’un côté, un sentimentalisme à nu qui assume sa naïveté; de l’autre, la conscience douloureuse de l’impermanence de toute chose. Dans L’Amour à la mer, derrière la candeur des chansonnettes et des cartes postales, le doute s’immisce peu à peu au cœur d’un amour dont l’apparente pureté n’est qu’une illusion. Car même lorsqu’ils aiment et sont aimés, les personnages de Gilles sont toujours enclins au spleen et tentés par la fuite. Dans Au pan coupé et Absences répétées, la désillusion et la mélancolie atteignent un degré invivable, suicidaire. Les jeunes hommes de ces deux films ne sont pas loin de ceux que l’on croise chez Garrel, Eustache ou dans Le Diable probablement de Bresson, mais vus d’une façon moins distanciée, le cinéaste assumant totalement le romantisme de ses personnages. Le désespoir est ici proportionnel à l’idéalisme: c’est parce que l’on connaît le bonheur que l’on souffre de sa fugacité, et c’est parce que l’on aimerait que "la vie soit un poème" que l’on finit par n’y trouver que déception. Le protagoniste du Clair de Terre échappe à cet abattement, car au lieu de ressasser des regrets, il se constitue une mémoire dans le voyage et les rencontres, ne retenant du passé que ce qui en est préservé par le présent. C’est le film le plus heureux, le plus solaire de son auteur. Il faut souligner la splendeur formelle de ces films: un sens extraordinaire du cadre et de la lumière qui, bien au-delà de la "belle image", cherche à retenir la beauté fugace du monde (des objets, des couleurs, des corps, des visages), tandis que le présent s’égrène dans une conception très singulière du montage. Par ailleurs, aucun autre cinéaste (outre Coppola) ne me semble avoir utilisé aussi finement que Gilles l’alternance du noir et blanc et de la couleur (dans L’Amour à la mer, Au pan coupé, Absences répétées, Nuit docile) pour marquer des ruptures entre des temps, des espaces ou des états de conscience inconciliables – la mélancolie s’inscrivant alors à même l’image. Depuis une dizaine d’années s’écrit un nouveau chapitre de la vie cinématographique de Guy Gilles, dont la rétrospective proposée [à l’automne 2014] par la Cinémathèque française sera le moment fort: la constitution progressive, et de moins en moins confidentielle, du public qu’il n’eut jamais de son vivant. Il faut ici saluer Gaël Lépingle qui, depuis le jour où il tomba amoureux de ses films, s’est évertué à les arracher à l’oubli. Je ne connais pas d’autre exemple d’œuvre ainsi sauvée grâce à la passion d’un seul spectateur. La beauté évidente des films fera le reste.

Marcos Uzal

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Merci Yellow, merci Marcos

La rétrospective Guy Gilles se tiendra à la Cinémathèque française
du 24 septembre au 5 octobre C'EST ICI

tandis que la galerie parisienne Art&Mis organise une exposition de ses photos
du 22 septembre au 6 octobre C'EST LA

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17 septembre 2014

Le temps du vin nouveau, ou bourru

« J’ai voyagé. J’ai été dans l’Inde, j’ai parcouru les Gaules. J’ai traversé le désert où l’on a soif. Les pays esclaves, je les délivrais; les pays inhabités, je les peuplais; et plus je vieillissais, plus s’accroissait ma force: je tuais mes amis en jouant avec eux, je rompais les sièges en m’asseyant dessus, je démolissais les temples en passant sous leurs portiques. J’avais en moi une fureur continuelle qui débordait à gros bouillons, comme le vin nouveau qui fait sauter la bonde des cuves. »

Gustave Flaubert, La Tentation de saint Antoine, 1874.

Flaubert avait longuement crapahuté au nord de la Loire. Il n'ignorait pas que le vin nouveau, dans quelques provinces, est baptisé bourru. Dans le pays nantais, région de gros plant et de muscadet, aujourd'hui, c'est la pleine saison. Elle est brève (dix, douze jours), profitons-en. Avec Boris, Lettre à mes amis restés en Belgique, en embuscade.

 

P1030302

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Hotties Reading 363

man ray

Meret Oppenheim, 1933 © Man Ray

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14 septembre 2014

Denis Gheerbrant : "Le réel, c'est les autres."


Rencontre avec Denis Gheerbrant par Universcine

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On a grévé est sorti mercredi

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Durga Râni

durga rani

René Pellos et Jean Sylvère, Durga Râni la reine des jungles

(dans Fillette à partir de décembre 1947) CLIC

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13 septembre 2014

Eulogy to Lenny Bruce

I've lost a friend
And I don't know why
But never again
Will we get together to die.
And why after every last shot
Was there always another ?
Why after all you hadn't got
Did you leave your life to your mother ?

And Honey Harlow
The singer burlesque queen
How did she know
You needed morphine ?
Why didn't you listen
To the warning words of your friends
While they told you so ?
I know you couldn't listen
To people talk about
What they didn't know.

I've lost a friend
And I don't know why
But never again
Will we get together to die.
And why after every last shot
Was there always another ?
Why after all you hadn't got
Did you leave your life to your mother ?

 

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Lectures pour tous : Alban Lefranc

« Il vous tend un verre (gin ? vodka ?) que vous refusez, qu’il porte à ses lèvres, repose dans le fouillis de la table basse surmontée d’un miroir. Le petit homme, le petit homme blessé, avec son costume sale, son humour fêlé, votre ami – que la justice a décidé d’abattre.

Il sort de sa poche un article de presse, il vous jette un regard mauvais.

Écoute ça. Tu ne connais pas ça toi, toi et ta bande de peinturleurs. Tu ne connaîtras jamais ce plaisir. C’est un extrait du réquisitoire du procureur de New York, Frank Hogan. Écoute bien. C’est ce qu’on a fait de mieux depuis la Déclaration d’Indépendance. Il parle de mon spectacle au Go Go. "Le but essentiel d’un tel comportement était de susciter un intérêt lascif, c'est-à-dire un intérêt honteux envers le sexe ou les excréments, sans aucune justification d’ordre social. L’obscénité consiste à corrompre un adulte moyen en créant un danger clair et immédiat de comportement antisocial." Antisocial ! Danger clair et immédiat ! C’est la quatrième fois qu’ils m’arrêtent. J’ai hypothéqué ma maison pour payer une bande de baveux ignorants qui crient victoire quand ils obtiennent un appel, un pauvre sursis. Ça ne peut plus continuer, Nico. Ils veulent ma peau. Quand je rentre sur scène j’ai l’impression de voir des vautours. Ils attendent une arrestation, un meurtre, un suicide. Ils écoutent à peine ce que je leur raconte." »

Alban Lefranc, Vous n’étiez pas là, verticales|phase deux, 2009

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lenny bruce

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12 septembre 2014

Antoine Duhamel 1925-2014

Duhamel était un des derniers compositeurs de musique pour le cinéma. Il vient de casser sa pipe.
Il avait été un complice essentiel de Jean-Daniel Pollet.
Méditerranée est, à vue de nez, un de mes douze ou quinze films préférés.
En voici un petit extrait.

antoine duhamel

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Hotties Reading 362

haewon1

Jeong Eun-chae
Nugu-ui ttal-do anin Haewon (Haewon et les hommes) de Hong Sang-soo, 2013

haewon2

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haewon3

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11 septembre 2014

Le vide Houellebecq, tel qu'en lui-même

L'acteur Houellebecq est aussi creux et aussi pompeux que le romancier du même nom.
Que maints magazines et journaux consacrent encore leur une à cet imposteur et en fassent explicitement le porte-parole d'une génération (?) est un épais mystère.
Que Delépine (de ch'val) et Kervern, qu'on a connus moins retors, foutent en l'air un an de leur vie (et une heure et demie de la nôtre) en lui offrant un film tout entier pour déclamer ses inepties, c'est de la métaphysique.
Pour notre part, nous en resterons à Mammuth

 

mammuth

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08 septembre 2014

Masr Betimla

Adel Shams El-Din (riqq), Tarek Abdallah (oud), Masr Betimla

Uzès, 2013

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merci à Sarah Leonor, Au voleur

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07 septembre 2014

Hotties Reading 361

Stephen Archibald et Karl Fieseler, My Childhood, Bill Douglas 1972

my childhood

« B for boy, C for cat, D for dog… »

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05 septembre 2014

Le quiz des prix de la rentrée

C'est Claro qui nous le propose :

« Apparemment, il existe un nouveau jeu: trouver qui n'est pas sur la première liste du prix Goncourt. Hier, le Figaro a gagné la première manche en donnant le nom d'Emmanuel Carrère. Aujourd'hui, le site ActuaLitté.com remporte à son tour une manche en découvrant, après sûrement de nombreux recoupements, le nom d'Olivier Adam. Toi aussi participe à ce jeu ! Et comme il y a plus de cinq cents livres qui sortent cet automne, que cette première liste de quinze noms va rétrécir, eh bien tu as peut-être toutes tes chances de gagner ! Alors ? Sauras-tu deviner qui n'est pas sur la liste du Goncourt ? Tente ta chance, tu n'as rien à perdre – sinon ton temps et ta réputation. »

 

liste

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Left Alone : Mal Waldron & Archie Shepp

Left Alone Revisited... a tribute to Billie Holiday [Paris, 2002]

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04 septembre 2014

Lectures pour tous : Patrick Deville

« C’est jaunâtre et blanchâtre et tout parcouru de filaments, cette manière d’aligot que nous sommes, et de cela naît la pensée politique et parfois la poésie. Difficile de distinguer là-dedans l’épinière et la substantifique et la glande pinéale où Descartes voyait l’âme. Le grand bec métallique est entré profond de sept centimètres. Un hurlement terrible dit-on. Le vieil homme maîtrise son agresseur, exige que Joe Hansen déjà en train de le tabasser l’épargne pour qu’il parle, crie son amour pour Natalia et demande que Sieva ne le voie pas en rentrant de l’école. Dans l’ambulance il continue de donner des directives pour l’enquête. À l’hôpital de la Cruz Verde, le docteur Wenceslao Dutrem note une paralysie du bras droit et des mouvements saccadés du bras gauche. Les neurones tentent de rétablir leurs liaisons synapsiales autour du puits creusé. On pratique une trépanation, une fenêtre carrée de cinq centimètres de côté pour descendre extraire à la pince les fragments osseux. C’est l’œdème, l’écoulement de la matière grise, lentement une molle purée comme du volcan du crâne ouvert, un lent flot mou de lave ou de bave et pourtant là-dedans encore des éclairs de conscience chaotique. Un fils voit son père mort du typhus. Une aube couleur de lilas sur les steppes autour du village d’Ianovka, un cheval, une odeur de ferme et d’écuries. Encore de la beauté à traîner dans cette morve graisseuse résillée de vaisseaux sanguins. Le parfum résineux des pins de Prinkipo et les eaux violettes de la mer. Ça s’éteint le lendemain en fin de journée. »

Viva, de Patrick Deville, Seuil, « Fiction & Cie », 2014
[chapitre « la moelle », l’assassinat de Léon Trotsky, août 1940]

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02 septembre 2014

Hotties Reading 360 [spécial Darakan]

Jacques, 2 rue du Midi, Bruxelles.

darakan 2

Je viens d'apprendre que la libraire Darakan qu'il créa,
et qu'il a animée pendant 34 ans, a fermé au printemps dernier.

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29 août 2014

André Balthazar

"Ce matin, en écrivant une phrase, j'ai perdu une virgule et ne la retrouve plus. Je cherche. En vain. Pas de virgule. Plus de virgule. Même pas sur mon buvard, dans l'ombre de ce qu'elle fut. Peut-être au fond de l'encrier, là où dorment les miettes de mots et où se réfugient, par beau temps, les miettes de silence ? Inquiétude. Chatouillement." André Balthazar (1934-2014)

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ARC-DABU-BDB-BS00358_1

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28 août 2014

Hotties Reading 359

knick

Michael Angarano (à g.) dans The Knick [S01E03], Steven Soderbergh, 2014

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27 août 2014

Les LilithS à Liège : de l'hémoglobine sur le tarmac

Les LilithS communiquent [merci à Noël et Sylvie]

 

COMMUNIQUE DES LILITHS

Ce mardi 26 août, les LilithS, groupe d'activistes belges, ont pris d’assaut l'aéroport de Liège pour dénoncer sa collaboration à l'armement d'Israël. Elles ont déployé une banderole sur laquelle était inscrit:

« HOW MANY TONS OF WEAPONS FOR SO MANY LITRES OF BLOOD ? »

Elles ont déversé sur le sol du hall de l'aéroport une centaine de litres de faux-sang, créant ainsi une grande mare rouge pour symboliser la tuerie perpétrée par Israël en Palestine.

Les activistes portaient des t-shirts et des masques aux couleurs de la Palestine qui arboraient les slogans suivants: "Euro-Collabo", "Palestine, un État maintenant!",
"Terrorism is real", "Free Palestine".

26 associations et partis politiques dénoncent le manque de transparence de l'aéroport de Liège par lequel transiteraient des armes venant des États-Unis et destinées à réapprovisionner Israël. Les LilithS se joignent à eux pour dénoncer la collaboration du gouvernement wallon et de l'Union européenne qui, en fermant les yeux sur la nature de tels transports, participent au massacre.




L'oppression du peuple palestinien n'est possible que parce que la communauté internationale, menée par les puissants pays d'Europe et d'Amérique du Nord, le permet.

Israël dispose d'un approvisionnement continu de munitions et de carburants et donc d'une force militaire contre laquelle le peuple palestinien, emprisonné dans ses propres terres, ne peut rien faire.



Entre 2005 et 2006, plus de 160 millions d'amorces explosives, 17 millions de pièces d'armement et plus d'un million de cartouches, grenades fumigènes et détonateurs ont été délivrés par les États-Unis à l'armée israélienne en passant par l'aéroport de Schipol aux Pays-Bas. Ce matériel a été utilisé par Israël au Liban tuant ainsi plus d'un millier de personnes.


La transparence de l'aéroport hollandais, quant au matériel transitant par son biais, a amené la société israélienne de cargo chargée des transports d'armes à déménager vers l'aéroport liégeois car ce dernier est totalement opaque quant aux marchandises transitant sur ses pistes.
En effet, la Belgique ferme les yeux sur le transport de matériel militaire, si celui-ci ne subit pas un transbordement vers un autre moyen de transport.



Depuis le 8 Juillet dernier, Israël a lancé l'opération Bordure protectrice sur Gaza: selon le bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU, plus de 2000 palestiniens, dont 724 femmes et enfants, sont morts; plus de 10000 personnes ont été blessées et près de 520000 Palestiniens ont dû fuir leurs foyers; ajoutons au lourd bilan humain les 17200 maisons totalement détruites ainsi que 138 écoles, mais également les hôpitaux et les refuges qui n'ont pas été épargnés par Tsahal, l'armée "de défense" israélienne.

L'unique centrale électrique de Gaza (fournissant une population de 1,8 million d'habitants) a, elle aussi, été endommagée. Elle est à l'arrêt depuis le 29 Juillet, provoquant par conséquent une pénurie en eau potable dans la région.

Cette opération aurait déjà causé 5 milliards d'euros de dégâts dans la bande de Gaza.

En Israël, ce sont 64 militaires et 4 civils qui ont trouvés la mort sous les tirs des roquettes du Hamas.

Israël occupe la Palestine depuis 66 ans. 66 ans d'occupation, 66 ans d'oppression sur le peuple palestinien que l'état hébreu cherche à affaiblir (à anéantir?) par la pression constante que l'armée exerce sur les habitants des régions occupées.

Rappelons que la vie en Palestine, même lors des trêves, est un enfer. Harcèlement psychologique, pillage des ressources, enclavement des populations dans les vallées sans accès à l'eau. La liste est longue.

Nous dénonçons le manque de transparence de l'aéroport de Liège.
Nous dénonçons le fait que la région wallonne reste aveugle à de tels agissements.
Nous accusons l'Europe de collaboration.
Nous exigeons de l'Union Européenne qu'elle applique un embargo sur l'armement à destination d'Israël.
Nous exigeons qu'elle condamne Israël pour les atrocités commises sur le peuple palestinien.
Nous appelons la communauté internationale à un embargo total envers Israël afin de contraindre le pays à cesser son occupation illégitime ainsi que la colonisation continue des terres palestiniennes.
La Palestine. Un État. Maintenant.


LilithS
Site des Liliths

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