le vieux monde qui n'en finit pas

09 février 2016

La liberté coûte cher (Jocelyne Saab)

Présentation de Jocelyne Saab

par Nicole Brenez, janvier 2016

sur son blog Each Dawn A Censor Dies (hébergé par le Jeu du Paume)

***

jocelyn saab

Née à Beyrouth en 1948, Jocelyne Saab est journaliste, photographe, scénariste, cinéaste, productrice, plasticienne. En 1972, l’écrivaine Etel Adnan l’engage dans son journal As Safa, en 1976, elle rédigera le commentaire du film de Jocelyne, Beyrouth, jamais plus. Après avoir réalisé de nombreux reportages pour les télévisions libanaise et française en Égypte, au Sahara Occidental, au Kurdistan irakien, en Iran, en Syrie, au Vietnam…, Jocelyne Saab produit et dirige son premier long métrage documentaire, Le Liban dans la tourmente (1975). Etel Adnan écrit à ce sujet: « C’est un film extraordinaire. Il saisit le milieu libanais qui a donné lieu à cette guerre comme aucun document jamais écrit ou filmé la concernant. Jocelyne a saisi d’instinct, grâce à son courage politique, son intégrité morale, et sa profonde intelligence, l’essence même de ce conflit. Aucun document sur cette guerre n’a jamais égalé l’importance du travail cinématographique que Jocelyne a présenté dans les trois films qu’elle a consacrés au Liban. C’est une œuvre rare, de première importance pour l’histoire du Liban, mais aussi une étude qui dépasse le Liban et devrait être étudiée dans des facultés universitaires s’intéressant à la sociologie et à la politique du monde d’aujourd’hui. »**

En 1979, Jocelyne Saab aide le cinéaste algérien Farouk Beloufa à réaliser le désormais classique Nahla ou la ville qui sombre, allégorie d’un Liban en désintégration sous forme d’une chanteuse qui perd sa voix, en même temps que portrait de groupe de photographes et journalistes engagés assistant à l’émergence de la guerre civile, et dont elle tourne le "making-of"***.

Elle continue de couvrir conflits et guerre dans son pays au jour le jour et réalise Beyrouth ma ville en 1982, dont le texte est rédigé par Roger Assaf et qu’elle considère comme son travail le plus important. Le film s’ouvre sur l’une des séquences les plus impressionnantes de l’histoire du cinéma : dans les vestiges encore brûlants et fumants de sa maison détruite par un bombardement israélien, Jocelyne s’empare d’un micro et témoigne, en toute rationalité, des 150 ans d’histoire familiale qui viennent de se consumer. « Toi, au péril de ta vie tu portais ta caméra là où il y avait encore des femmes, des hommes, des enfants. Tu étais dans l’urgence de rendre compte d’une ville, d’un peuple exposé à sa disparition. N’est-ce pas cela le cinéma ? »**, demande justement l’écrivaine algérienne Wassyla Tamzali.

Assistante de réalisation pour Volker Schlöndorff sur Le Faussaire en 1981, Jocelyne Saab développe parallèlement une veine de fiction, aussi ancrée dans la réalité que ses documentaires sont structurés par la poésie civile. En 1985, elle coproduit et réalise son premier long métrage de fiction, L’Adolescente sucre d’amour / une vie suspendue, avec Juliet Berto et Jacques Weber, puis en 1994, Il était une fois… Beyrouth, histoire d’une star, fable cinéphilique sur la mémoire visuelle d’une ville en ruines. Dans un texte inédit retraçant la genèse de ce film, elle explique: « Je cherchais par le cinéma à reprendre possession de ma ville, à reposer sur elle un regard moins violent que celui qui s’était imposé avec la guerre. Je ne voulais plus que ma ville soit vue comme un tombeau ouvert ; je voulais retrouver le regard amoureux sur ma ville que j’avais toujours eu ».

En 2005, Dunia, film tourné au Caire, consacré à l’excision et au plaisir dans le contexte de l’Islam, lui vaut menaces de mort et censure. En 2009, elle retourne à Beyrouth pour réaliser le long métrage de fiction What’s going on?, et y fonde en 2013 le Festival International du Film de Résistance Culturelle, qui se déroule simultanément dans plusieurs villes (Beyrouth, Tripoli, Tyr, Saïda, Zahleh…), afin de retisser des liens entre des communautés supposément antagonistes.

Depuis 2007, Jocelyne Saab se consacre aussi à l’art contemporain. Sous le titre « Strange Games and Bridges », elle réalise sa première installation sur 22 écrans, avec pour matériau son travail sur la guerre, au National Museum de Singapour. La même année, elle expose ses photographies à la Dubai Art Fair.

Reporter de guerre, Jocelyne Saab s’inscrit dans la veine documentaire et plastique de Elie Kagan, Robert Capa, Gerda Taro ou Maria Eisner. En dépit de son importance, rien de cette œuvre photographique n’est à ce jour publié. Son travail témoigne pourtant de cinq décennies de l’histoire du tiers monde en général et du Moyen-Orient en particulier, histoire saisie par Jocelyne Saab dans l’étendue et la diversité de ses dimensions, ses conflits, blessures, disparitions, traumas, renaissances. Au corps à corps avec les violences de l’histoire, Jocelyne Saab a souvent subi et bravé périls et coups physiques, menaces de mort, et diverses formes de censure dans plusieurs pays (France, Égypte, Maroc, Liban) qu’elle détaille dans l’entretien à venir. On ne peut que souscrire aux mots envoyés par son amie Etel Adnan en 2015: « À cause de ses films, et à cause de toute sa vie jusqu’à présent, je vois en elle l’un des êtres les plus courageux, les plus intelligents, et surtout les plus libres que je connaisse. Sa liberté de penser et d’agir lui a coûté très cher. Par moments ce fut une question de vie et de mort. Peu de gens, hommes ou femmes, ont autant souffert pour demeurer dignes d’eux-mêmes, pour survivre d’une façon qui ait un sens, dans un monde si hostile ou si indifférent que celui qui est le nôtre. Jocelyne mérite que son travail soit reconnu à sa juste, à sa grande valeur, et peu de gens méritent autant qu’elle notre admiration.  Je suis heureuse de pouvoir le dire. »**

Une première monographie vient de lui être consacrée : Jocelyne Saab, la mémoire indomptée, par Mathilde Rouxel, Beyrouth, éditions Dar an-Nahar, 2015.

.Nicole Brenez, Janvier 2016

* Slogan de Film Socialisme, Jean-Luc Godard, 2010.
** "Jocelyne Saab", dossier coordonné par Nicole Brenez et Olivier Hadouchi, La Furia Umana, n°7, 2015, pp. 205-293.
*** Jocelyne Saab, Reportage sur le tournage de ‘Nahla’, 1979, 16mm, 27’, disponible sur le DVD Farouk Beloufa, Nahla, Paris, Les Mutins de Pangée, 2015.

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08 février 2016

Le temps des bouffons (Le film de Falardeau)

Voir le post ci-dessous.

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Angélil est mort et enterré : le temps des bouffons

Petit film anonyme sur des images des obsèques nationales de René Angélil,
homme d'affaires et bouffon canadien,
manager et mari d'une grande vedette de la chanson.

La narration est tirée du Temps des bouffons, de Pierre Falardeau (Québec, 1993).

[ Document trouvé sur le site Lundimatin ]

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Hotties Reading 428

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Roger et Jacques de Tremeuse [le futur Judex] dans Judex, Louis Feuillade, 1916

[comédiens non identifiés]

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06 février 2016

Fuoco ! (Baldi)

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J'aime beaucoup (pour une fois) ces quelques lignes wikipédestres consacrées à Fuoco ! J'ignore qui en est l'auteur. Ce pourrait bien être un ami de la maison.

"Délibérément conçu pour être inacceptable, sauf pour un spectateur de cinéma – parce que c’est à son expérience, non à son expertise, qu’il s’adresse –, Fuoco ! (1968), récit d’un carnage sans mobile apparent, donné à voir sans la moindre explication, met en scène une métaphore du pouvoir, une folie meurtrière née d’un pétage de plomb, renvoyant aux impasses d’une société qui aurait globalement perdu la raison. Tourné en quatorze jours, chronologiquement et, pourrait-on dire, d’un seul trait, en 16 mm et son direct, avec le moins d’interventions techniques possible, Fuoco ! est excessif, mais sa démesure est à la mesure de sa croyance dans le cinéma. Document sans concession sur la révolte envisagée comme dépense d’énergie et pur embrasement des corps, il met d’abord en jeu un corps de cinéma, chauffé à blanc par les raccords, rappelé à l’ordre par les mouvements de caméra, méthodiques, insistants, obsessionnels dans leur répétition. Ce faisant, c’est également le spectateur qu’il met en scène, bousculé dans ses habitudes, atteint personnellement, documenté sur son propre seuil de tolérance aux images, contraint de réfléchir à ce que regarder signifie. Car, contrairement à ce qu’on tente en vain de nous faire croire, regarder engage. "Je voudrais aider le cinéma dans son agonie, je voudrais l’accélérer : il me semble qu’il n’y a rien d’autre à faire pour continuer d’avoir des idéaux, pour recommencer à tout reconstruire le plus tôt possible", écrivait Baldi en 1967, dans Rinascita."

***

Addendum, le lendemain. Renseignements pris: la page Wikipedia France consacrée à Gian Vittorio Baldi est la reproduction, quasiment à la virgule près, d'un texte de Patrick Leboutte paru dans le catalogue des États généraux du film documentaire de Lussas, édition d'août 2005. Primo, mon intuition était fondée. Les amis de la maison, on les reconnaît de loin. Deuzio, on se demande ce qui passe par la tête des "rédacteurs" pourtant anonymes de Wiki, assez bêtas pour ignorer que tout finit par se savoir. Enfin bref.

baldi leboutte lussas

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Enfin une bonne nouvelle d'Hollywood

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Zsa Zsa Gabor est née le 6 février 1917. A 99 ans, elle pète le feu.

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05 février 2016

Entretien avec Bartas, avant la rétro

Sait-on que Sharunas Bartas est un des cinéastes les plus importants de son époque ?

15' d'entretien avec Judith Revault, avant l'ouverture d'une rétrospective intégrale à Beaubourg

 

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Nos films préférés en 2015 : Bilan et générique

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On vient de lire la liste n°60, la dernière de l'année. C'est celle de notre ami Guy (Yellow Now) Jungblut. Nous l'avons reçue de justesse de Crisnée, pile avant le gong, par pigeon voyageur. Elle s'encadre de deux photogrammes des Funérailles d'un autre de nos vieux camarades (ce qu'on ne peut regretter, puisque chez Boris Lehman, même les Funérailles de l'auteur sont du cinéma). On verra cela en 2016 ainsi que, si Boris tient parole et si les petits cochons ne le mangent pas cru, un premier volume de son autobiographie en images, en texte et en pelloche. Comme si les films qu'il tourne depuis près de soixante ans étaient autre chose que des fragments de son autobiographie. Mais soit. Encore un projet pharaonique à la Yellow. L'an seize sera une bonne année, puisqu'on reverra aussi bien tout l'oeuvre de Jean Vigo sur de très grands écrans (à La Rochelle en juillet, pour commencer). Et nous célébrons d'ores et déjà le centenaire de Judex. Que demande le petit peuple des amants du cinéma ?

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*

Que les contributeurs (chers amis, estim​és collègues, heureux commensaux,
inoubliables compagnons de route, vieilles badernes) soient ici remerciés,
comme dans un générique de Sacha Guitry.
Les revoici, dans le plus parfait désordre alphabétique.

Thierry Abel, Marianne Amaré, Pascal Bardonnet, Ludo Bettens, Big Nose Kate et sa horde cynophile, Frédéric Borgia, Hélène Braekman, Morgan Brehinier, Nicole Brenez, Roland Carrée, Benjamin Cleyrergue, Michèle Collery, Simon Daniellou, Louis Danvers, Sophie de Romrée, Olivier Dekegel, Philippe Delvosalle, Sami El-Hage, John Ellyton, Christophe F., Thibaut Fleuret, Erwan Floch’lay, Charlotte Garson, Gashade, Noël Godin, Thomas Gombowhicks, Antoine Heraly, Thierry Horguelin, Tifenn Jamin, André Joassin, Murielle Joudet, Guy Jungblut, Chantal Junius, Damien Keller, Jacques Kermabon, Patrick Leboutte, Gérard Lecas, Gérard Lenne, Emmanuel Levaufre, Noémie Luciani, Mathieu Macheret, Mat Malatesta, Maxime Martinot, Bernard Noël, Bruno Parent, Geneviève Payez, Morgan Pokée, Jean-François Rauger, Jacques Rivette (en léger différé), Vincent Roussel, Jean-Marie Samocki, Stephan Streker, Beata Szparagowska, Patrick Taliercio, Charles Tatum, Nicolas Thévenin, Baptiste Tordeux, Jean-Marc Toussaint, Marcos Uzal, Sylvie Van Hiel, Caroline Vié, Mathias Vincent.

Nos films préférés en 2015 : Guy Jungblut

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Oufti ! C’est de justesse.

Le travail éditorial, tu le sais – mais j’aime à le redire – me tient de plus en plus éloigné des salles. « Voir des films » est une activité toujours liée à celle de « faire des livres ». Il faudrait, pour « revoir les salles », « réduire la voilure ». On s’est décidé à essayer. Mais je crains bien que ce soit là un pur « serment d’ivrogne » (on aime trop la bibine). À moins que le capitaine Aubrey, qui s’y entend, ne nous aide.

Quelques films vus ou revus en 2015.

jia zhang-ke

Pour Le Monde de Jia Zhang-ke (par Jean-Michel Frodon) : Wiao Wu artisan pickpocket, Platform et Still Life.

bela tarr

Pour Béla Tarr. De la colère au tourment (par Corinne Maury et Sylvie Rollet) : Les Harmonies Werkmeister et Satantango.

laurent de sutter

Pour Côté films : Le cycle de la Panthère rose (avec plus particulièrement Quand l’Inspecteur s’emmêle de Blake Edwards (par Laurent de Sutter), Holy Motors de Leos Carax (par Judith Revault d’Allonnes) et Anatomie d’un rapport de Luc Moullet et Antonietta Pizzorno (par Claudine Le Pallec Marand).

holy motors

Mes funérailles de Boris Lehman, pour tous les livres qui restent à faire (puisqu’il cesse de faire des films… du moins, c’est ce qu’il dit).

Mais aussi.

Une jeunesse allemande, Jean-Gabriel Périot (France, 2015)

Midareru [Une femme dans la tourmente / Tourments], Mikio Naruse (Japon, 1964)

le petit monde de leo

Et encore, pour accompagner Nora, notre petite-fille : Le Petit Monde de Léo. Cinq contes de Léo Lionni.

Il y en a d’autres, mais ils ne se sont pas imprimés dans ma mémoire (elle me joue parfois des tours).

FUNERAILLES-CAPTURE-160118-049

04 février 2016

Nos films préférés en 2015 : Philippe Delvosalle et Beata Szparagowska

Beata

Beata_Gare_du_Nord

Gare du Nord, Claire Simon (France, 2013)
Récréations, Claire Simon (France, 1992)

Portrait d'une jeune fille de la fin des années 60 à Bruxelles, Chantal Akerman (France, 1994) 
US Go Home, Claire Denis (France, 1994)
[Deux volets de la série Tous les garçons et les filles de leur âge]

Route One USA, Robert Kramer (France-Royaume-Uni-Italie, 1989)

Blind kind [L’Enfant aveugle], Johan van Der Keuken (Pays-Bas, 1964)
Herman Slobbe – Blind kind II [L’Enfant aveugle 2], Johan van Der Keuken (Pays-Bas, 1966)

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Beata et Philippe

Beata et Phil_Paradise

Ma dar behest [Paradise], Sina Ataeian Dena (Iran, 2015)

27.12.2013 St. Louis Sénégal, Friedl vom Gröller (Autriche, 2014)

Mustang, Deniz Gamze Ergüven (France-Turquie, 2015)

Endless, Nameless, Pathompon Mont Tesprateep (Thaïlande, 2014)

Taxi [Taxi Téhéran], Jafar Panahi (Iran, 2015)

Papagaio, João Maria Gusmão et Pedro Paiva (Portugal, env. 2009-2015)
film, installation d’une vingtaine de projecteurs 16mm et deux camera oscura, galerie KW, Berlin

Birobidjan, Guy-Marc Hinant (Belgique, 2015)

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Philippe

Philippe_Liberte

Liberté provisoire, Teo Hernandez (France, 1977)

Pour Gaël Badaud : plus belle présence humaine vue sur un écran depuis… ?

Rabo de Peixe [Le Chant d’une île], Joaquim Pinto et Nuno Leonel (Portugal, 2003-2015)

Dear John, Hans Scheugl (Autriche, 2014)

Detour de Force, Rebecca Baron (Autriche-États-Unis, 2014)

Shadowland, John Skoog (Suède, 2014)

Paper Landscape, performance de Guy Sherwin (Royaume-Uni, 1975)
Man With Mirror, performance de Guy Sherwin (Royaume-Uni, 1976)

Sakura, sakura , Ute Aurand (Allemagne, 2014)
Fadenspiele 3, Ute Aurand et Detel Aurand (Allemagne, 2013)

Depositions, Luke Fowler (Royaume-Uni, 2014)

Retour d’un repère composé, Rose Lowder (France, 1981)

Vita Brevis, Thierry Knauff (Belgique, 2015)

Kishibe no tabi [Vers l’autre rive], Kiyoshi Kurosawa (Japon, 2015)

Nos films préférés en 2015 : Mathieu Macheret

puits de pétrole

1. Mad Max : Fury Road, George Miller (Australie-États-Unis, 2015)
et Puits de pétrole à Bakou, anonyme, (France, 1897)
[Coffret DVD « Lumière ! Le cinématographe 1895-1905 », Institut Lumière]

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indiscreet

2. L’Ombre des femmes, Philippe Garrel (France, 2015)
et Indiscreet [Indiscret], Stanley Donen (États-Unis, 1958) [Ressortie]

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3. Kishibe no tabi [Vers l’autre rive], Kiyoshi Kurosawa (Japon, 2015)
et Duelle, Jacques Rivette (France, 1976)
[Coffret DVD « The Jacques Rivette Collection », Arrow Films]

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4. Bridge of Spies [Le Pont des espions], Steven Spielberg (États-Unis, 2015)
et Cloak and Dagger [Cape et poignard], Fritz Lang (États-Unis, 1946) [Ressortie]

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a touch of zen

5. Rak ti khon kaen [Cemetery of Splendour], Apichatpong Weerasethakul (Thaïlande, 2015)
et A Touch of Zen de King Hu (Taiwan, 1971) [Ressortie]

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la femme insecte

6. Fatima, Philippe Faucon (France, 2015)
et Nippon konchuki [La Femme insecte], Shohei Imamura (Japon, 1963) [DVD, Elephant Films]

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an affair to remember

7. Hill of Freedom, Hong Sang-soo (Corée, 2014)
et An Affair to Remember [Elle et lui], Leo McCarey (États-Unis, 1957) [Ressortie]

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rio grande

8. La Sapienza, Eugène Green (France-Italie, 2014)
et Rio Grande [Rio Grande], John Ford (États-Unis, 1950)
[Rétrospective John Ford à la Cinémathèque française]

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le conformiste

9. Histoire de Judas, Rabah Ameur-Zaïmeche (France, 2015)
et Il conformista [Le Conformiste], Bernardo Bertolucci (Italie-France, 1970) [Ressortie]

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10. Inside Out [Vice versa], Pete Docter & Ronnie Del Carmen (États-Unis, 2015)
et The Innocents [Les Innocents] , Jack Clayton (Royaume-Uni, 1961) [Ressortie]

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03 février 2016

Kurt un peu partout

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C'est une affaire entendue. Bone Tomahawk (road-movie cannibale en 35 mm), point de jonction entre Monte Hellman et Ruggero Deodato, est beaucoup plus excitant-roboratif que Hateful Eight (huis clos sudiste en 70 mm). Le rapport entre ces deux westerns? La présence de Kurt Russell, dont le service de presse de Tarantino, relayé par des geeks complaisants, des magazines pour kids retardés et les journaux du soir, prétend qu'il n'avait fait rien de bon depuis des années - avant que QT aille le "réveiller".

kurt russell hateful eight

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Warren Oates, poète et acteur 1928-1982

warren

S'il se trouve un éditeur pour publier en français la biographie de Warren Oates

(par Susan Compo)...

Je suis prêt à la traduire à l’œil [pro deo]. Qu'on se le dise.

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Nos films préférés en 2015 : Marianne Amaré et Patrick Leboutte

Une liste à deux voix, croisant les regards, pour élargir le champ de vision, mais avant tout parce que nous avons aimé voir ces films ensemble et plus encore en parler tard le soir, les raccorder, les prolonger, en revenant régulièrement sur la façon qu’ils avaient eue de nous travailler. D’accord sur tous, sauf sur Mad Max: Fury Road, mais la manière que l’une a de le défendre emporte les réticences de l’autre. Encore une fois l’exercice fut profitable, même si comme chaque année contrarié par l’inventaire en filigrane de tous ces films que nous aurions voulu tant aimer (Vecchiali, Costa, Pinto, Dieutre et bien sûr Jean-Marie Straub), mais que l’état de la distribution belge, et liégeoise en particulier, exila hors de portée de nos désirs. Connaissent-ils leur chance, à Dijon, de bénéficier d’une salle comme l’Eldorado? Nous dédions cette liste à Matthias Chouquer, à Frédéric Bidegain dit aussi Archimède, à Théodora Olivi et à tous ceux qui, comme eux, là-bas ou ailleurs, se battent et innovent pour que fin 2016 nos films de l’année puissent encore porter la trace d’écritures singulières, non formatées, libres de droit et propriétés de tous.

*

1. Taxi [Taxi Téhéran], Jafar Panahi (Iran, 2015)

Filmer sans rien, mais filmer quand même, coûte que coûte plutôt que vaille que vaille, et faire circuler les outils au mépris des règles, en se gaussant des censures, en faisant fi des empêchements. Cinéma démuni, mais vivant, dans son plus simple appareil. Cinéma de résistant, cinéma de liesse, cinéma pour longtemps. Notre anti-dépresseur de l’année.

*

2. Feng ai [À la folie], Wang Bing (Chine-Japon, 2013)

Sud Eau Nord Déplacer, Antoine Boutet (France-Chine, 2014)

Beasts of the Southern Wild [Les Bêtes du Sud sauvage], Benh Zeitlin (États-Unis, 2012)

Mad Max : Fury Road, George Miller (Australie-États-Unis, 2015)

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Populations déplacées contre gouvernements vampires aux pouvoirs délirants, soit l’humanité de ce temps, mais vue d’en bas, du côté de ses habitants: où s’installer, comment survivre et d’abord en suivant quelle ligne, selon quel tracé et portés par quel mouvement? Tenter la fuite, sur un rythme infernal, en faisant le pari de contrées supposément salvatrices, avant de rebrousser chemin pour faire face, radicalement, frontalement (Miller); choisir son camp, serait-ce les pieds dans le bayou, fermement, dans un élan vital, musical, irrépressible (Zeitlin); se résigner au déracinement, dos courbés, impuissants et contraints à la perte par l’insolence du pouvoir (Boutet); exister néanmoins, en parlant, en chantant, en s’aimant, en n’éteignant jamais le désir, même enfermés, comme une liberté défiant un monde sans porte de sortie (Wang). Au cœur de ces films, la question de l’eau, des ressources, des soins, des besoins essentiels, bref du bien commun, désormais confisqué au profit de quelques-uns. Une guerre est en marche...

*

3. Cap aux bords, François Guerch (Belgique-France, 2015)

Après nous ne restera que la terre brûlée, Delphine Federoff (Belgique, 2014)

La Seconde Fugue d’Arthur Rimbaud, Patrick Taliercio (Belgique, 2015)

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Trois documentaires élaborés patiemment, au fil des ans et pour ainsi dire sans financement, mais animés par la même certitude qu’ils finiraient bien par éclore un jour. Question de croyance et d’obstination. Aux Quatrièmes Rencontres de Laignes, s’entêtant elles aussi à ne pas disparaître, ces trois films se sont reconnus du même bord, pareillement irrigués par la dignité des sans-nom: enfants autistes et schizophrènes caressés par la lumière (Guerch), paysans résolus à ne jamais quitter la terre de leurs ancêtres (Federoff), classe ouvrière intacte dans sa fierté à défaut d’avoir pu sauvegarder ce qui fondait son identité collective, mais encore capable de faire résonner en ses corps les vibrations poétiques d’un Rimbaud, pour s’éclairer par elle-même (Taliercio). Replacer au cœur de l’Histoire ceux qu’on n’entend plus, parce que les images majoritaires ne les regardent plus, ou si mal, ou systématiquement déformés: bonne nouvelle, il existe encore des films en forme de lucioles, pour la suite d’un cinéma debout.

*

4. Il a plu sur le grand paysage, Jean-Jacques Andrien (Belgique, 2014)

Patrick.- Du grand cinéma classique sans académisme où la beauté des paysages, loin d’apaiser, aiguise au contraire la douleur de ceux qui se savent condamnés à ne plus jamais en avoir l’usage, ces cultivateurs et ces fermiers qui les avaient pourtant façonnés. De la disparition du monde rural: le seul film vu cette année où j’ai vraiment pleuré.

Marianne.- Mettre la main dans le cul d’une vache. Sentir entre mes doigts les pattes du veau au moment du vêlage, les entrailles, l’antre maternel, et entrevoir aussitôt ce passage ténu entre la vie et la mort. Limites du visible, beauté du geste, éloge de la main: comment rendre compte à l’écran de cette familiarité immédiate avec l’animal? Elle est peut-être là ma plus belle expérience cinématographique de l’année, physique, tactile et partagée avec Anne-Marie Loop, comédienne, sur le tournage de Regain, un film de Carline Albert.

*

5. Hrútar [Béliers], Grímur Hákonarson (Islande, 2015)

Pour ce qu’il aurait pu être et nous a laissé entrevoir : un film qu’on aurait beaucoup aimé si...

Marianne.- ... s’il avait été filmé par Jean-Louis Le Tacon. La séquence de l’abattage des moutons aurait duré dix minutes, on ne s’en serait toujours pas remis...

Patrick.- ... et la scène finale par Vittorio De Seta, comme dans Banditi a Orgosolo (1961): le troupeau décimé, les carcasses à perte de vue, pourrissant dans la caillasse, et cette forte odeur de vendetta, pour ne pas en rester là...

Marianne.- Au lieu de cela, des séquences, rarement des scènes, enchaînées comme des vignettes illustrant un (très beau) scénario. Filmé dans un geste plus documentaire, Béliers aurait pu devenir un vrai conte politique.

*

6. La Duchesse de Varsovie, Joseph Morder (France, 2015)

Jauja, Lisandro Alonso (Argentine, 2014)

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Patrick.- Conserver la forme, les codes ou les conventions du genre (le western ou la comédie musicale) et, dans le moindre plan, garder la ligne, mais dans un cinéma à présent dégraissé, réduit à l’essentiel, enfin débarrassé du superflu, sans faux-semblants. Si Morder privilégie certes le factice, c’est pour ne garder du cinéma que la confiance dans le jeu. Évacuer le réalisme – ce chancre de la fiction franco-belge supposé coller à la réalité sans jamais prétendre la modifier –, congédier bien sûr les figurants pour mieux resserrer le propos et recréer dans un Paris de carton-pâte, dans un décor de toiles peintes, les conditions véritables d’une écoute, celles où pourra se déployer encore une parole venue d’Auschwitz. Ou comme Alonso, oser la perte du scénario, de l’argument, des anecdotes, et même des personnages, pour ne garder au final que la nécessité d’un corps en mouvement: dans sa première heure, Jauja nous a rappelé The Shooting, la survivance du western chez Monte Hellman.

Marianne.- Dans Jauja, je vois comme une persistance (rétinienne) de la grande forme, peut-être même une nostalgie du western: ses paysages, ses situations, ses mouvements, ses costumes. Plans fixes, dilatation des gestes et rythme lent réveillent en nous le goût de ces moments qui semblent provenir d’un ancien monde. Cette persistance, je la retrouve jusque dans le cinéma militant: Istmeno, le Vent de la révolte (Alèssi Dell’Umbria, 2014), tourné au Mexique, auprès d’une population en lutte contre l’implantation sur son territoire d’un parc éolien mégalomane, menaçant son mode de vie. Pour gagner cette lutte, pêcheurs et paysans semblent parfois avoir besoin d’incarner toute la mythologie du western, de la reprendre à leur compte, et ce sont évidemment ces éclats, ces résurgences, que nous avons aimés dans le film.

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7. Un dernier pour la route (bonus)

Que viva Eldorado !, Christian Blanchet (France, 2015)

Patrick.- Du cinéma direct comme un uppercut décoché pour la bonne cause: sauver une salle de cinéma, sans plus attendre, sans tralalas. L’histoire de deux hommes au fond du trou qui croient encore en la lumière, au paradis sur terre, à l’Eldorado. Une renaissance burlesque du cinéma militant. Du bon usage d’une caméra, avec Gitanes maïs en option.

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Les Galapiats, Pierre Gaspard-Huit (Belgique-France, 1969)

Marianne.- Tu m’as fait découvrir une série belge tournée à la fin des années soixante, une plongée dans l’univers des colonies de vacances, située au milieu des paysages de ton enfance. Derrière cette joyeuse bande de Galapiats, des rapports de classe et de genre: Jean-Loup et Cow-Boy, tous deux issus de familles aisées, s’imposent naturellement comme les chefs du groupe et les héros admirés de la jolie jeune fille, la taiseuse Marion-des-neiges. Derrière un terrain de jeux en apparence circonscrit se dessine en réalité, tu me l’apprends, une grande diversité d’espaces, une topographie imaginaire de l’Ardenne belge. Les Galapiats tracent aussi, l’air de rien, une ligne bien aventureuse: tenter sans maîtres de poursuivre leur quête du Graal, ce qui revient pour chacun à ne jamais trahir sa part d’enfance.

Patrick.- « Il faut retrouver l’innocence perdue », c’est ce que dit Labarthe dans le film de Blanchet.

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Nos films préférés en 2015 : Benjamin Cleyrergue

Trois films

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Shan he gu ren [Au-delà des montagnes], Jia Zhang-ke (Chine, 2015)
(dessin : Jenna McCloskey)

The Man Who Shot Liberty Valance [L’homme qui tua Liberty Valance], John Ford (États-Unis, 1962).  

Parce que c’est Ford, parce que c’est un film que je vois au moins une fois par an, pour exaspérer Quentin, aussi, un peu.

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Le Sang des bêtes, Georges Franju (France, 1949)

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Une série 

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Mr. Robot, saison 1, créé par Sam Esmail (États-Unis, 2015)

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Une vidéo musicale

Blackstar, Johan Renck [pour une chanson de David Bowie] (Royaume-Uni, 2015)

« How many times does an angel fall ? How many people lie instead of talking tall ? » Épuisant morceau de près de dix minutes, où passe toute la folie du monde, au lyrisme savant, moitié inquiétant moitié farceur. porté par les différents registres de voix du chanteur, aujourd’hui disparu. Qui est ce Blackstar ? Un rêve naïf ? Un remède au nihilisme qui progresse, inexorablement ? Qui a pris sa place ? Va savoir.

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02 février 2016

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Juliet Berto dans Céline et Julie vont en bateau, Jacques Rivette, 1974

[merci à Ph!l]

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Nos films préférés en 2015 : Stephan Streker

au-delà

Shan he gu ren [Au-delà des montagnes], Jia Zhang-ke (Chine, 2015)

Bridge of Spies [Le Pont des espions], Steven Spielberg (États-Unis, 2015)

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Mission Impossible : Rogue Nation, Christopher McQuarrie (États-Unis, 2015)

Mad Max : Fury Road, George Miller (Australie-États-Unis, 2015)

Mon roi, Maïwenn (France, 2015)

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The Lobster, Yorgos Lanthimas (Irlande-Grèce, 2015)

The Go-Go Boys : The Inside Story of the Cannon Films, Hilla Medalia (Israël, 2014)

The Visit, M. Night Shyamalan (États-Unis, 2015)

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Das finstere Tal [The Dark Valley], Andreas Prochaska (Autriche, 2014)

La prochaine fois je viserai le cœur, Cédric Anger (France, 2014)

la prochaine fois

Nos films préférés en 2015 : Mathias Vincent

mia ma

1. Mia Madre, Nanni Moretti (Italie, 2015)

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2. Foxcatcher, Bennett Miller (États-Unis, 2014)

3. Birdman or The Unexpected Virtue of Ignorance, Alejandro G. Iñarritu (États-Unis, 2014)

4. Shaun the Sheep Movie [Shaun le mouton], Mark Burton & Richard Starzak (États-Unis, 2015)

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5. Youth, Paolo Sorrentino (Italie, 2015)

6. The Lobster, Yorgos Lanthimas (Irlande-Grèce, 2015)

7. Dheepan, Jacques Audiard (France, 2015)

8. Mad Max : Fury Road, George Miller (Australie-États-Unis, 2015)

9. Mustang, Deniz Gamze Ergüven (France-Turquie, 2015)

amy

10. Amy, Asif Kapadia (Royaume-Uni, 2015)

Better Call Saul, créé par Vince Gilligan ea (États-Unis, 2015)

Narcos, créé par Chris Brancato ea (États-Unis, 2015)

Man Seeking Woman, créé par Simon Rich (États-Unis, 2015)

man-seeking-woman-review

01 février 2016

Lectures pour tous : Léon Bloy

Histoires_desobligeantes

Un bref extrait de Bloy, dégotté sur un très beau site consacré aux terrains vagues, ICI MEME.

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« Un jour de juillet, presque à l’aube et le lever du soleil s’annonçant à peine, Marchenoir sortit, selon sa coutume, pour se rafraîchir sur les bastions, en lisant quelques pages de Saxo Grammaticus ou de la Cornucopia de Perotto.

Ayant fait une soixantaine de pas environ, comme il regardait à ses pieds pour tourner l’angle de sa rue, il aperçut à deux pas, dans ce lieu désert où n’existaient alors que des clôtures de jardins fruitiers et de terrains vagues, un carton bureaucratique de la forme la plus notariale ou la plus huissière, dont la présence l’étonna.

S’approchant jusqu’à le toucher du pied, la résistance de l’objet redoubla son étonnement qui devint aussitôt de l’épouvante quand il vit un filet de sang.

Le couvercle enlevé rapidement, sa propriétaire lui apparut..., la tête coupée de son ancienne propriétaire le regardant de ses yeux morts, de ses blancs yeux morts qui ressemblaient à deux grosses pièces d’argent. » 

Léon Bloy, "La plus belle trouvaille de Caïn", in Histoires désobligeantes (1894), Monaco: Rocher 1947

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Nos films préférés en 2015 : Damien Keller

Les œuvres vues en 2015 qui continuent de me travailler,
sans distinction entre films récents, plus anciens et séries TV, sans ordre de préférence :

caprice

Caprice, Emmanuel Mouret (France, 2015)

Comme un avion, Bruno Podalydès (France, 2015)

Fargo, saison 2, d’après Joel et Ethan Coen (États-Unis, 2015)

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Feng gui lai de ren [Les Garçons de Fengkuei], Hou Hsiao-hsien (Taïwan, 1983)

Histoire de Judas, Rabah Ameur-Zaïmeche (France, 2015)

It Follows, David Robert Mitchell (États-Unis, 2014)

thebestyearsofourlives

The Best Years of our Lives [Les Plus belles années de notre vie], William Wyler (États-Unis, 1946)

Une jeunesse allemande, Jean-Gabriel Périot (Allemagne-France-Suisse, 2015)

The Visit, M. Night Shyamalan (États-Unis, 2015)

the visit