le vieux monde qui n'en finit pas

29 novembre 2014

Budd Boetticher (1916-2001)

Une pensée pour notre vieil ami Budd Boetticher, disparu le 29 novembre 2001.

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Karen Steele dans Ride Lonesome, 1959

et... les autres, dans le même film

hanging-tree

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28 novembre 2014

Hotties Reading - Ford 4

YML YN 05

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27 novembre 2014

Conversacion con Barbara Steele, suite

... suite et fin

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Conversacion con Barbara Steele (Ospina, Caicedo ea, Carthagène 1975)

Les nombreux spectateurs qui se pressaient à la projection, hier soir, du magnifique portrait mosaïque que Luis Ospina consacra en 1986 à son ami Caicedo [Andrés Caicedo : Unos pocos buenos amigos] savent que Caicedo, Ospina et quelques copains de la "bande de Cali" animèrent un ciné-club et une revue, Ojo al cine. 

Voici un document rare : un entretien avec Barbara Steele (traduit en espagnol par Caicedo et mis en forme par Ospina), paru début 1976 dans le numéro 5 (et le dernier) d'Ojo al cine.

 

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26 novembre 2014

Pérennité du burlesque pileux

D'où venait le sentiment insistant hier soir, pendant la projection d'Iranien, de Mehran Tamadon
(foutraque mais plutôt réussi), qu'en dépit de ses enjeux politiques et rhétoriques assez excitants
et des risques évidents pris par le cinéaste,
on avait affaire à un film burlesque ? Impossible de dormir là-dessus.
Et puis ce matin, à l'aube, la pièce est tombée.

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Que viva la salsa !

Repost d'un message du 14 juillet dernier.
Je rappelle que nous verrons ce soir Andrés Caicedo, unos pocos buenos amigos (Katorza, 18h30)
en présence de Luis Ospina, son réalisateur. Le poète, lui, s'est suicidé à l'âge de 25 ans, en 1977.

~

Avec un clin d'oeil à Jérôme Baron, sans qui j'ignorerais encore l'existence
de Andrés Caicedo (1951-1977), le petit Rimbaud de Cali. Et sans la lecture de
Que viva la musica !, Traversé par la rage et La mer,
je ne me serais peut-être pas remis à la salsa.

« Guaguanco raro »

~

« Guaguanco triste »

~

« Et je donnais des coups de pied dans les murs, je renversais les chaises, je me perdais dans les champs et ma mère organisait des expéditions, commandées par mon frère Jesús, pour qu'on me retrouve. Alors ils ont décidé, du jour au lendemain, que j'étais fou, et cette idée me faisait rire, tant elle était simple, simplificatrice. Si ç'avait été de la folie, le tourment n'aurait pas été aussi grand. J'aimerais vous expliquer ce que je ressentais: je fermais les yeux et c'était comme si je naviguais, agité, sur une mer absolument plate, calme... Pourquoi ne peut-on trouver le calme sur une telle mer ? » [La mer, Les solitaires intempestifs, 1998]

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Lectures pour tous : Andrés Caicedo, et les films de Luis Ospina

« Mes amis, ma chevelure a perdu de son éclat. D’or elle est devenue cendres. Non que quiconque puisse le voir aujourd’hui, à l’heure où je fais ce récit, car ces cheveux ont toute une histoire. Sur ma peau, toujours bronzée auparavant, sont apparues des plaques bleuâtres comme des écailles. J’ai passé au moins trois jours dans un état vraiment épouvantable; je courais comme un animal qui cherche à retrouver de l’énergie et j’acceptais les propositions les plus incohérentes pour m’ouvrir de nouvelles possibilités. C’est comme ça que j’ai consenti à me rendre avec mes parents à un banquet de fin d’année scolaire, dont le plat principal était des côtes de porc que, par simple politesse – ma culture m’en empêchait; j’avais toujours été intriguée par les frères Maccabée et leur rejet fanatique de la viande de porc, par l’interdiction formelle de Moïse, et depuis toute petite j’avais été terrorisée par l’histoire (connue de tous mais tenue secrète) d’une tante morte à cause de grappes de vers dans le cerveau parce qu’elle avait mangé du porc mal cuit, je n’ai jamais su ce qu’elle avait dû ressentir durant ses derniers jours, mais je sais que je lui faisais toujours la bise et ce souvenir m’infecte encore maintenant –, j’avais acceptées. Quel goût délicieux elle m’avait laissé, cette chair maudite. J’ai passé au moins un mois absolument convaincue que des larves s’incrustaient dans ma pauvre cervelle. J’ai imaginé: "J’aurai une mort abjecte. C’est le sort le plus symbolique pour une fille de la deuxième moitié du siècle." »

Andrés Caicedo, Que viva la musica (1977),
traduit de l’espagnol (Colombie) par Bernard Cohen, 2012

caicedo

Andrés Caicedo

Invité de marque des Trois Continents ["Situations du cinéma en Colombie"], Luis Ospina présentera ce soir le film qu'il a consacré en 1986 à son ami Caicedo et au groupe de Cali : Andrés Caicedo, unos pocos buenos amigos. Sa présence à Nantes rehaussera la mini-rétro que lui offre le festival, tels Agarrando Pubelo et Oiga Vea (1978 et 1972, tous deux coréalisés avec Carlos Mayolo) et, surtout, son documentaire sur Fernando Vallejo. [ lieux et horaires des festivités, commme d'hab : ICI ] C'est sûr, on ne regrette pas d'être venu.

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Hotties Reading 377

lectrice

années 1940 ?

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Hotties Reading - Ford 3

YML YN 03

~

Ford, encore et toujours.

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25 novembre 2014

Les "restaurations inédites", souvent une imposture

De festival en studio d’art et essai en passant par les bacs de DVD/Blu-ray et les campagnes de publicité des grands complexes, on est harcelé par les promesses souvent mensongères, parfois très exagérées, de restaurations, de versions inédites, de copies jamais-vues, etc., de films classiques. (Mais pas seulement: pour la génération sans mémoire dont la culture se nourrit du zapping sur les réseaux sociaux, une oeuvre des années quatre-vingt est un "vieux film". On leur vendra donc Blade Runner ou Léon avec les mêmes dispositifs que Ninotchka). Délire des génies autoproclamés du marketing et de la communication, manigances de forcenés de la technique défendant une certaine idée de la "modernité" mais ignorant tout des règles de l’art ? Il s’agit souvent des deux, les uns relayant les autres. Mon ami Jeannot Pierrot m’envoie copie d’un article découpé dans un numéro du Monde d’il y a quelques mois. Jean-Pierre Berthomé et François Thomas, professeurs à Rennes et Paris respectivement, y décortiquent une arnaque exemplaire et un détournement édifiant, autour d’Othello de Welles. Le voici, in extenso. [Berthomé et Thomas sont les auteurs, notamment, d’un Orson Welles au travail, Cahiers du cinéma, 2006.]

othello

Othello d'Orson Welles victime d'une « restauration » abusive

par Jean-Pierre Berthomé et François Thomas, Le Monde, 7/5/2014

 

Il ne se passe plus de semaine qu'on ne voie paraître dans les salles de cinéma la "version restaurée inédite" de tel ou tel film ancien qu'on ne savait même pas disparu ou menacé.

Que penser de cette passion soudaine qui semble transformer les distributeurs en restaurateurs des œuvres ? Une première réponse s'impose: en moins de dix ans, l'exploitation des films est passée du "tout argentique" (les salles reçoivent et projettent les films sous forme de lourdes bobines de pellicule) au "tout numérique" (les salles utilisent des disques informatiques, les DCP, sur lesquels sont stockés images et sons).

Les films anciens doivent alors être numérisés pour pouvoir être montrés encore sur grand écran, édités en DVD ou en Blu-ray, diffusés par la télévision. Ce qu'on voit présenté comme "inédit" ne l'est presque toujours que sous cette forme numérique nouvelle devenue impérative.

« Un son remastérisé est pire qu’un son VHS »

L'imposture est tout aussi grande lorsqu'on examine l'usage fait de la notion de "restauration". Cette dernière, on le sait, est apparue au XIXe siècle, appliquée aux œuvres d'art et au patrimoine architectural, et elle s'est dotée au fil des années d'une solide déontologie pour empêcher les abus des restaurateurs.

Il faut distinguer aujourd'hui les restaurations menées par des archives cinématographiques spécialisées, dans le respect du code d'éthique de la Fédération internationale des archives du film, de celles – ou prétendues telles – des diffuseurs qui se contentent de numériser leur ancien catalogue. La tentation est grande alors, et cela ne coûte guère plus cher, de profiter de l'opération pour "améliorer" l'image, la nettoyer jusqu'à la priver de toute matière, modifier ses contrastes ou créer une stéréophonie là où il n'en avait jamais existé.

Dans un des derniers entretiens donnés avant sa mort, Alain Resnais, qui répugnait lui-même à toute retouche a posteriori des bandes sonores de ses films, faisait remarquer: « Je ne suis pas loin de penser qu'un son remastérisé est pire qu'un son VHS. Les cassettes vidéo des films de Guitry étaient meilleures que les DVD français que j'ai entendus. […] Un jour, on m'a dit devant un écran d'ordinateur: 'Vous voyez bien, là, qu'il y a une distorsion sur la courbe, je la corrige.' Une fois la retouche effectuée, toute vie disparaissait, ça tuait la musique » (Positif, avril 2014).

« Normaliser » le style sonore audacieux de Welles

On ne peut donc pas laisser aujourd'hui ressortir à grand fracas la prétendue "version restaurée inédite" de l'Othello d'Orson Welles sans s'indigner. "Inédite", cette version ne l'est qu'en copie numérique. Depuis son bricolage en 1992, elle était parvenue à faire contre elle l'unanimité des experts wellesiens internationaux tant elle portait atteinte à tous les principes éthiques d'une restauration.

Partis d'une copie tardive aux images médiocres, les responsables de cette refonte avaient cru bon de "normaliser" le style sonore audacieux de Welles en l'adaptant aux attentes contemporaines. Ils avaient jeté à la poubelle les bruitages et l'enregistrement musical originaux pour les remplacer par d'autres, après avoir reconstitué la partition à l'oreille.

Ils avaient supprimé, déplacé, raccourci ou prolongé quantité de bruitages. Ils en avaient inventé d'autres. Ils avaient compressé ou allongé électroniquement des mots ou des répliques pour les resynchroniser. Ils avaient bouleversé l'équilibre du mixage entre musique, bruits et dialogue.

Leur version fut un des premiers grands coups de boutoir portés, de façon délibérée, contre l'intégrité des chefs-d'œuvre, en conformant un film ancien à l'évolution technique et à celle du goût esthétique.

Désaveu critique

L'entreprise pourrait n'être qu'une formidable démonstration d'incompétence. Elle devient un crime contre la connaissance quand l'existence de cette version, seule autorisée en distribution mondiale, interdit de fait la projection commerciale des deux principales versions montées par Welles. L'Othello sorti en Europe en 1952 n'est déjà plus connu en vidéo que des collectionneurs qui disposent d'une VHS fatiguée.

Le remontage que Welles en a fait ensuite pour la Grande-Bretagne et les États-Unis, autrefois édité en laserdisc, ne se trouve plus que sur le marché d'occasion. La réédition en France, sous les auspices d'un distributeur haut de gamme, de l'Othello mutilé entérine le triomphe d'un dévoiement du concept de restauration malgré vingt années de désaveu critique.

Elle est le signe que nous sommes définitivement entrés dans l'ère où nous trouvons normal d'applaudir non plus à la restauration du patrimoine artistique, mais à sa destruction.

(Note de la claviste Charles Tatum) Sauf erreur, la version éditée en laserdisc (par Criterion Collection) à laquelle font allusion les auteurs de l'article, est visible ICI. Des tas de petits logiciels sympathiques et gratuits vous permettraient de la visionner sur votre écran de télé. Mais bon, je n'ai rien dit.

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24 novembre 2014

Le soufre des Caraïbes

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Le dollar des sables est un oursin irrégulier, appartenant à l'ordre des clypéastéroïdes.
En cas de danger, sa larve est capable de se cloner instantanément pour doubler ses chances de survie.

~

« Si, plus tard dans la chambre, il me demandait, très vite, de l’argent delante (pourquoi ? pour la moto que Rubio avait proposé de lui vendre), en froissant sans cesse dans le lit les papiers de mentas qu’il balançait autour de lui, c’était, cette fois, avec une sorte de violence perdue, de despotisme égaré, de dureté affolée, comme s’il n’y croyait pas vraiment, comme si l’argent n’était plus qu’un alibi qui tournait à vide, une couverture commode pour s’aveugler, se cacher à lui-même le peur de me perdre, comme s’il ne savait plus – pressé, implacable et perdu – où il en était, de cette relation avec moi, tendu entre la sincérité et le calcul, le sentiment et l’intérêt, l’affection et la ruse, l’habitude de prendre et le risque d’aimer; et pour calmer son trouble, je lui disais: "Tu t’es habitué à moi"; son visage s’illuminait, c’était l’expression qui lui plaisait, qui lui allait, qui lui convenait; "Oui", me répondait-il, comme soulagé, content – cette expression qui était assez neutre pour lui permettre d’éprouver ce qu’il voulait sans le préciser, sans l’avouer, laisser aussi le sentiment le traverser en douceur, en silence, parcourir tous les méandres, prendre tous les tournants de sa Loma intérieure. [...] Quand il se réveillait – il était six heures, le ciel était déjà plus clair au-dessus des orangers –, il me regardait avec sa tendresse rude, étonné d’être resté avec moi, pour la première fois, jusqu’au petit matin: c’était le plus beau gage qu’il pouvait me donner. Il se levait, se rhabillait d’un coup, fier, en passant devant la table, de revoir sur l’une des feuilles son nom qu’il avait écrit en entier [Noeli Mercado Bonilla]. Il ajustait bien sur ses tempes, en s’éloignant dans le jardin de l’Atlantis, sa casquette rouge, avec le profil d’aile blanche sur la visière, pour qu’on ne vît plus la blessure sur le front. Il ne se doutait pas que je le regardais – oubliant presque le désir – comme un fils, avec ce surcroît de peur, d’émotion de sang pareil, de besoin de protéger, d’accompagner et d’incarner un repère de ceux qui n’en avaient jamais eu, ne savaient pas vraiment. »

Les dollars des sables, Jean-Noël Pancrazi, 2006, Gallimard [et "Folio", 2007]

~

Du roman de Pancrazi, Laura Amelia Guzman et Israel Cardenas ont tiré un film. 
Dolares de arena, qui bat triple pavillon dominicain, argentin et mexicain, est présenté à Nantes.

A l'écran, le narrateur quinquagénaire et possible alter ego de l'écrivain laisse la place à Geraldine Chaplin (!), et le jeune métis Noeli devient une très cinégénique post-adolescente. Nous saurons bientôt si les cinéastes ont choisi la piste Cantet-Laferrière, ou si leur film a conservé l'odeur de soufre de l'oeuvre originale. [horaires: ICI]

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Hotties Reading - Ford 2

YML YN 04

Corrigeons, dans un cadre bucolique non sans rapport avec l'arrière-pays liégeois,
les épreuves d'un livre consacré à John Ford - le plus attendu de l'automne 2014.

~

john ford amazon

 

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23 novembre 2014

De Fanon au "cortège des printemps"

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Ce carton constitue le premier plan de Remparts d'argile, prix Jean-Vigo 1971.
("Les événements ici relatés se rapportent à une enquête
effectuée dans le sud tunisien de 1960 à 1965.")

Cinquante-trois ans ont passé depuis l'essai fondateur de Frantz Fanon (qu'on peut télécharger ICI),
quarante-trois ans depuis le film de Jean-Louis Bertuccelli (1942-2014) et Jean Duvignaud.

Aux Trois Continents, on jugera de la pertinence et de la modernité de la pensée de Fanon au regard de la situation du jour. Quelques films nous y aideront, qui forment la rétrospective intitulée "Le cortège des printemps : récits, visions et pensées du monde arabe".
[Détail du programme, des horaires et des rencontres

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22 novembre 2014

Hotties Reading - Ford 1

YML YN 02

Composons au pied levé, mais avec la sérénité nécessaire,
le sommaire d'un livre consacré à John Ford - le plus attendu de l'automne 2014.

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john ford amazon

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Street Art en Loire-Atlantique : Va te faire cuir un keuf

sautron

Pas plus tard qu'hier matin, la gendarmerie de Sautron, dans le pays nantais, a été redécorée
par des zadistes. Ils étaient quarante, nous dit le communiqué de Cazeneuve.
On ne déplore que cinq interpellations.

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21 novembre 2014

Demain, Action Painting au palais de justice de Nantes

image 2

L'ami Stéphane est fumasse, on le comprend.
(Pas au point tout de même de jeter ses vieux Coltrane à la gueule des pandores ?)
Mais son énergie et sa rage sont intactes. Et son art est splendide.

image1

« Samedi 22 novembre j'irai à Nantes, à 14h devant le palais de justice, et j'improviserai face aux flics une ou plusieurs peintures, avec mes couleurs mes pinceaux et les musiciens qui se joindront à moi, et moi à eux.

Il n'y aura pas de musicien de jazz: j'en connais pourtant beaucoup, avec qui j'ai joué partout en moult circonstances, mais aucun n'a répondu à mon appel. Aucun. Trop occupés à checker leur mails entre deux avions sûrement, pour se souvenir que la musique dont ils sont les héritiers s'est nourrie de luttes multiples et ancestrales.

Je leur pardonne, bien sûr, mais dans le même temps ils peuvent aller se faire foutre; qu'ils continuent d'aller voter pour le Parti Socialiste au deuxième tour si ça leur donne bonne conscience: ils ne sont plus de mon ressort.

Samedi 22 novembre ce sera plutôt avec des musiciens bretons que ça va se passer: faire la nique aux cognes en jouant de la musique est aussi important que d'être à l'heure pour les balances, quand un gars de 21 piges se fait tuer par la police, quand on habite près de Notre-Dame-des-Landes et qu'on préfère mourir debout que vivre à genoux.

Samedi j'irai à Nantes pour défier les flics avec ma poésie, NOTRE poésie. J'irai sans autres armes apparentes que ma créativité, ma rage et mon envie de défier l'ordre criminel des choses.

J'irai avec l'angoisse au ventre: ces salauds-là blessent, mutilent et tuent. Mais j'irai en mémoire de Rémi Fraisse. Parce que je ne peux pas pardonner ça. »

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Hotties Reading 376

helmut zacharias

Helmut Zacharias and his orchestra, Light my Fire 1971

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20 novembre 2014

Trois Continents, Nantes, #36. J moins 5

Nantes se prépare à accueillir le festival des Trois Continents, qui se déroulera du 25 novembre au 2 décembre. Outre les films choisis pour la compétition et une affriolante sélection d'inédits, le programme de cette 36e édition aligne une plongée dans l'histoire du cinéma colombien, un portrait du réalisateur et chef-opérateur Yu Lik-wai (formé à l'Insas), un bref hommage à la cinéaste sénégalaise Khady Sylla (disparue en 2013 à l'âge de 46 ans), une réflexion sur le cinéma inspiré par les révoltes qui ont traversé récemment une partie du "monde arabe", ainsi qu'une formidable rétro sobrement intitulée "Eclats du mélodrame" et groupant une dizaine d'impérissables joyaux (Mizoguchi, Fernandez, Naruse, Dutt, Brocka, Gavaldon, Li Han-hsiang, Xie Jin...). Le tout rehaussé par la présence d'invités de qualité et la permanence, à mi-chemin de notre hôtel et du principal lieu de projections, de La Cigale - haut lieu de la cinéphilie et de la pâtisserie locales. On ne manquera pas de divaguer, et l'on essaiera, c'est promis, de rendre compte ici même des moments forts de la semaine.  

f3C affiche

 

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18 novembre 2014

Tuer pour la croissance

tuer pour la croissance

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La mort de Ken Takakura

takakura ken

J'apprends la mort de Ken Takakura, patron incontesté du yakuza eiga.
Flic et voyou, sans discrimination.

Certains jours, nos blogs ne sont plus que nécros en série.

takakura 3

takakura-ken-ninkyo

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