Lectures pour tous : Robert Louis Stevenson
« Camarades, cria-t-il, je suis ici pour avoir cette marchandise, et je ne me laisserai battre par homme ni diable. Je n’ai jamais eu peur de Flint durant sa vie, et, par les puissances ! je l’affronterai mort. Il y a sept cent mille livres à moins de quatre cents mètres d’ici. Quand un gentleman de fortune a-t-il jamais montré sa poupe à tant de dollars, pour un vieux marin à la gueule bleue, – et mort, encore ! »
Robert Louis Stevenson, L'île au trésor, 1881
[traduction française de Théo Varlet, Presses-Pocket]

George Moustaki
Giuseppe Mustacchi, alias Eddie Salem, alias George Moustaki, vient de mourir.
Il avait quatre-vingts ans. Il a eu une vie formidable.
Il avait écrit, notamment, Milord.
Mark Rappaport, et tant d'autres, à Nantes

Que je sache, From the Journals of Jean Seberg (comme la plupart des films de Rappaport, bloqués aux Etats-Unis pour de sombres motifs juridiques) est depuis longtemps invisible. Il est donc exclu de manquer sa projection à Nantes, le week-end prochain, dans le cadre du Festival des littératures parrainé par Alberto Manguel. Le programme (monumental) complet est disponible ICI.
« Prenetz lo bon temps filhotas »
La mal coiffée ...
... sera/seront à Poullan-sur-mer, début août (nous aussi, promis)
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Alexei Balabanov (1959-2013)

Alexeï Balabanov vient de succomber à une crise cardiaque. Il avait 54 ans. Brat (Frère) avait marqué le "jeune" cinéma russe du milieu des années 1990. On l'avait perdu de vue. La faute aux distributeurs. Quinze ans plus tard, la Cinémathèque royale nous avait permis de retrouver sa trace, avec deux bons films, Cargo 200 et Morphine (d'après des nouvelles autobiographiques de Mikhaïl Boulgakov).
Strange Fruit
« Strange Fruit »
Dessin de Sten Axel Ahlstrand.
Pochette du 45-tours édité par Sonet Records [Suède].

Jean-Pierre Bouyxou retourne à l'université
10 avril 2013. Master-class de Jean-Pierre Bouyxou, dans le cadre du séminaire « Cinéastes par eux-mêmes » dirigé par Nicole Brenez, Sorbonne Nouvelle-Paris 3.
25 ans de subversion carabinée (10) Raymond Borde
Nous célébrons le vingt-cinquième anniversaire de l’Anthologie de la subversion carabinée de notre cher Noël Godin. Pendant vingt-cinq semaines, des auteurs choisis au hasard dans le sommaire du livre sont ici proposés, avec un ou deux extraits pris au hasard dans le chapitre à chacun consacré. L’exercice est gratuit, paresseux et purement incitatif. Pour le reste, démerdez-vous. Réimprimée plusieurs fois, l’Anthologie est encore en vente libre (éditions de l’Âge d’homme), grâce à elle c’est Noël tous les matins. Achetez-la, volez-la, donnez-la ou partagez-la, mais lisez-la.
Aujourd’hui : Raymond Borde (1920-2004)

L’Extricable (1964)
« La pornographie commence avec la grossesse. Avant, tout est merveilleux: baiser, branler, sucer, rêver. Après tout est sale. Un ignoble cancer dévore le ventre de la femme. L’être aimé se dégrade, il s’alourdit comme une vache, suinte les eaux, fait un gosse comme on fait au pot, et il atteint les limites de l’horreur: il devient une mère.
« Je demande qu’on en finisse avec la poésie florale de la naissance. (...) Du calendrier des postes aux allocations familiales, tout exalte la maternité. Elle fait tellement partie du décor quotidien, que l’on a peine à discerner ce qui se cache d’interdits derrière ces landeaux, ces jacinthes, ces langes. Un bouquet de marmots et une femme enceinte, quel plus joli tableau dans les rues de nos villes ? Ça ne se discute pas. C’est le fruit conjugué de la morale chrétienne et du patriotisme. On touche à une croyance qui a ses rites verbaux ("Il ressemble à son père", "Les femmes et les enfants d’abord", etc.) et sa fête des mères. Athée ou poujadiste, curé ou vieux noceur, inspecteur des finances ou truand aux assises, tout le monde respecte au moins cela: la pure figure de sa maman.
« Qu’une dame aille dire qu’elle n’aime pas les gosses et vous verrez de quels regards on l’exorcisera. C’est que, dans ce labyrinthe de faux semblants, nous abordons une zone interdite, le plaisir de la femme. Ce plaisir, peu d’hommes le supportent étalé dans sa joie, libre de ses mouvements. La maternité le paye et le rachète. L’accouchement efface la faute, en changeant le râle d’amour en contractions de l’utérus. Le personnage de la maman est une synthèse dialectique des caresses troubles de la nuit et de leur négation, la meurtrissure purifiante d’où sort un lardon. »
Ray Manzarek (1939-2013)
Pour Benjamin, qui se rappellera pourquoi.
[merci à Laurent Chollet, pour l'information]
Amina arrêtée à Kairouan

On confirme l'arrestation d'Amina, hier, à Kairouan, où le groupe salafiste dur Ansar Al-Charia comptait tenir un congrès - interdit in extremis par la police (ci-dessus). « Amina Tyler », 19 ans, est la première Femen de Tunisie, dont plusieurs photos diffusées par l'organisation ukranienne avaient fait scandale il y a deux mois. Elle avait notamment tagué le mur d'une mosquée. Amina avait disparu depuis plusieurs semaines. Ci-dessous, on peut lire :
« Mon corps m'appartient. Il n'est l'honneur de personne. »

« Angelica », 1962
John Coltrane (tenor sax), Duke Ellington (piano),
Jimmy Garrison (bass), Elvin Jones (drums),
enregistré le 26 septembre 1962
[Impulse ! MCAD 39103]
Quand un facteur s'envole / Je n'y suis pour personne

Charles Trenet, qui aurait cent ans aujourd'hui,
chante « Quand un facteur s'envole »
dans Adieu Léonard de Pierre et Jacques Prévert.
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et, dans le même film, « Je n'y suis pour personne »
(ici avec Jacqueline Pagnol, "Paulette, une serveuse qui aime Ludovic") :









