le vieux monde qui n'en finit pas

28 août 2014

Hotties Reading 359

knick

Michael Angarano (à g.) dans The Knick [S01E03], Steven Soderbergh, 2014

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27 août 2014

Les LilithS à Liège : de l'hémoglobine sur le tarmac

Les LilithS communiquent [merci à Noël et Sylvie]

 

COMMUNIQUE DES LILITHS

Ce mardi 26 août, les LilithS, groupe d'activistes belges, ont pris d’assaut l'aéroport de Liège pour dénoncer sa collaboration à l'armement d'Israël. Elles ont déployé une banderole sur laquelle était inscrit:

« HOW MANY TONS OF WEAPONS FOR SO MANY LITRES OF BLOOD ? »

Elles ont déversé sur le sol du hall de l'aéroport une centaine de litres de faux-sang, créant ainsi une grande mare rouge pour symboliser la tuerie perpétrée par Israël en Palestine.

Les activistes portaient des t-shirts et des masques aux couleurs de la Palestine qui arboraient les slogans suivants: "Euro-Collabo", "Palestine, un État maintenant!",
"Terrorism is real", "Free Palestine".

26 associations et partis politiques dénoncent le manque de transparence de l'aéroport de Liège par lequel transiteraient des armes venant des États-Unis et destinées à réapprovisionner Israël. Les LilithS se joignent à eux pour dénoncer la collaboration du gouvernement wallon et de l'Union européenne qui, en fermant les yeux sur la nature de tels transports, participent au massacre.




L'oppression du peuple palestinien n'est possible que parce que la communauté internationale, menée par les puissants pays d'Europe et d'Amérique du Nord, le permet.

Israël dispose d'un approvisionnement continu de munitions et de carburants et donc d'une force militaire contre laquelle le peuple palestinien, emprisonné dans ses propres terres, ne peut rien faire.



Entre 2005 et 2006, plus de 160 millions d'amorces explosives, 17 millions de pièces d'armement et plus d'un million de cartouches, grenades fumigènes et détonateurs ont été délivrés par les États-Unis à l'armée israélienne en passant par l'aéroport de Schipol aux Pays-Bas. Ce matériel a été utilisé par Israël au Liban tuant ainsi plus d'un millier de personnes.


La transparence de l'aéroport hollandais, quant au matériel transitant par son biais, a amené la société israélienne de cargo chargée des transports d'armes à déménager vers l'aéroport liégeois car ce dernier est totalement opaque quant aux marchandises transitant sur ses pistes.
En effet, la Belgique ferme les yeux sur le transport de matériel militaire, si celui-ci ne subit pas un transbordement vers un autre moyen de transport.



Depuis le 8 Juillet dernier, Israël a lancé l'opération Bordure protectrice sur Gaza: selon le bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU, plus de 2000 palestiniens, dont 724 femmes et enfants, sont morts; plus de 10000 personnes ont été blessées et près de 520000 Palestiniens ont dû fuir leurs foyers; ajoutons au lourd bilan humain les 17200 maisons totalement détruites ainsi que 138 écoles, mais également les hôpitaux et les refuges qui n'ont pas été épargnés par Tsahal, l'armée "de défense" israélienne.

L'unique centrale électrique de Gaza (fournissant une population de 1,8 million d'habitants) a, elle aussi, été endommagée. Elle est à l'arrêt depuis le 29 Juillet, provoquant par conséquent une pénurie en eau potable dans la région.

Cette opération aurait déjà causé 5 milliards d'euros de dégâts dans la bande de Gaza.

En Israël, ce sont 64 militaires et 4 civils qui ont trouvés la mort sous les tirs des roquettes du Hamas.

Israël occupe la Palestine depuis 66 ans. 66 ans d'occupation, 66 ans d'oppression sur le peuple palestinien que l'état hébreu cherche à affaiblir (à anéantir?) par la pression constante que l'armée exerce sur les habitants des régions occupées.

Rappelons que la vie en Palestine, même lors des trêves, est un enfer. Harcèlement psychologique, pillage des ressources, enclavement des populations dans les vallées sans accès à l'eau. La liste est longue.

Nous dénonçons le manque de transparence de l'aéroport de Liège.
Nous dénonçons le fait que la région wallonne reste aveugle à de tels agissements.
Nous accusons l'Europe de collaboration.
Nous exigeons de l'Union Européenne qu'elle applique un embargo sur l'armement à destination d'Israël.
Nous exigeons qu'elle condamne Israël pour les atrocités commises sur le peuple palestinien.
Nous appelons la communauté internationale à un embargo total envers Israël afin de contraindre le pays à cesser son occupation illégitime ainsi que la colonisation continue des terres palestiniennes.
La Palestine. Un État. Maintenant.


LilithS
Site des Liliths

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Pour la beauté de la langue

Chacun le sait, termite est un mot masculin.

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Tout comme tequila.

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25 août 2014

Janelle, princesse américaine, à Saint-Cloud et Rotterdam

Janelle Monáe : Cold War, Tightrope live
Rock en Seine, Saint-Cloud, hier soir

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Cold War, il y a deux ans, au North Sea Jazz, Rotterdam

 

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23 août 2014

Hotties Reading 358

betty brosmer

Betty Brosmer (1935- )

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22 août 2014

Assayas, Païni, de Coninck et Jungblut dans les nuages

attrait des nuages

 

« J'ai été en partie inspiré par un petit livre de Dominique Païni, L'Attrait des nuages (Yellow Now, 2010). Dans ce très beau texte, Païni explique que l'on ne regarde pas assez les nuages. Je pense en effet que l'on n'essaye pas assez d'englober la météorologie dans le cinéma et que, de ce fait, on rate quelque chose d'essentiel. Je voulais que Sils Maria soit inscrit dans la météorologie, de manière à ce que le film, ce qu'il raconte entrent en résonance avec ces phénomènes fondamentaux. » Olivier Assayas, à propos de Clouds of Sils Maria.

~

autre lecture recommandée :

ciel vu de belgique

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21 août 2014

MMF, par Jean-Pierre Bouyxou [texte paru dans Siné Mensuel, septembre 2013]

Midi-Minuit ? Fantastique !

"Certaines dates sont des repères dans l’écheveau de la vie. Moi, c’est 1962 que je n’oublierai jamais. L’année de mes 16 balais, l’année où je me suis dépucelé, l‘année où j’ai découvert le surréalisme et les situationnistes, les Gauloises sans filtre et le whisky sans glace, John Coltrane et les Shadows, Richard Matheson et Félicien Champsaur, Charles M. Schulz et Clovis Trouille, les virées à Vespa et les nuits de dérive envapées. L’année, surtout, où sortit le n°1 de Midi-Minuit Fantastique. Vous n’imaginez pas quel choc fut cette revue. Éric Losfeld, son éditeur, l’avait annoncée à son catalogue. Je l’avais illico commandée par correspondance, en payant avec des timbres-poste barbotés dans le bureau où j’étais grouillot. Pensez ! un canard avec un loup-garou étrangleur en couverture ! Rien qu’à voir ça, j’en frétillais d’excitation. J’ai poireauté pendant des mois et, un matin d’avril, le facteur m’a enfin livré l’opuscule tant convoité. Losfeld, dont la ponctualité n’était pas le fort, l’avait daté de mai-juin, histoire de prendre de l’avance sur le calendrier (par compensation, le n°2, daté de juillet-août, n’allait sortir qu’en septembre).

"L’objet était encore plus magnifique que je ne l’avais supputé. Soixante-six pages dédiées à mon genre cinématographique préféré, le fantastique, avec huit cahiers d’illustrations hors-texte. Fabuleux ! Personne, jusqu’alors, si l’on excepte un livre fondateur de Michel Laclos, Le Fantastique au cinéma, paru chez Pauvert en 1958, et avant lui un numéro spécial de Cinéma 57 dirigé par Pierre Philippe, n’avait parlé des films d’horreur autrement qu’avec condescendance, ironie ou superficialité. Mieux: MMF (comme on allait bientôt l’appeler) avait choisi de consacrer l’essentiel de sa première livraison à Terence Fisher, un cinéaste anglais dont les pires brosses à cabinet baziniennes allaient elles-mêmes finir par reconnaître le génie, mais qui était alors considéré comme un tâcheron ridicule par la quasi-totalité des critiques. Autant dire que MMF s’imposait d’emblée comme la meilleure revue de cinéma de son époque, et allait le rester pendant les huit ans et vingt-quatre numéros de son existence – même si les choses devaient un peu se gâter à partir du n°14, avec son changement de format et sa métamorphose en magazine plus ou moins chicos. Jamais les publications qui l’ont suivie, de L’Écran fantastique à Mad Movies, ne lui sont arrivées à la canine.

"Eh ben ! Jouez hauts boas, résonnez nuisettes, MMF est de retour. La collec intégrale est rééditée chez Rouge profond, en quatre tomes, sous la houlette de Michel Caen (un des fondateurs du titre avec Alain Le Bris, Jean Boullet et Jean-Claude Romer) et Nicolas Stanzick. Non pas en fac-similé mais en version commentée, illustrée de documents inédits et enrichie de bonus épatants, dont un DVD (courts-métrages, extraits d’émissions de téloche, interviews, etc.) par volume. Le premier sera en librairie vers la fin du mois. Ne le ratez pas, vous vous en mordriez la carotide.

Jean-Pierre Bouyxou

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20 août 2014

Le cinéma, sous les couvertures 14

Replay

mmf

Midi Minuit Fantastique, l'intégrale vol.1

revue crée par Michel Caen, Alain Le Bris, Jean-Claude Romer et Jean Boullet,
éditée à l'origine par Éric Losfeld,

Rouge profond, 672 p., 58 €, ISBN 978-2-915083-59-0

~

« Mai 1962. Les kiosques à journaux affichent la photo saisissante d'un loup-garou aux prises avec une voluptueuse jeune femme. En lettres noires et rouge sang brille pour la première fois un nom appelé à la postérité: Midi-Minuit Fantastique. Tout au long des Sixties, ces trois mots magiques résonnent comme la plus intense des promesses...

Fondée par Michel Caen, Alain Le Bris, Jean-Claude Romer et Jean Boullet, la toute première revue européenne consacrée au cinéma de genre ne se contente pas de défricher un domaine alors méconnu et méprisé. En dix ans d'existence et vingt-quatre numéros, MMF s'impose comme une publication à la fois ludique, érotique et exigeante, foisonnante et avant-gardiste. En un mot: culte. Sa rédaction fédère de brillants spécialistes: Francis Lacassin, Yves Boisset, Tony Faivre... De prestigieuses plumes d'horizons divers s'invitent ponctuellement dans ses colonnes: Félix Labisse, André Pieyre de Mandiargues, Christopher Lee... Le ton est libertaire, les racines populaires, l'inspiration surréaliste. L'iconographie de sexe et de sang, éminemment évocatrice. Un seul credo: le fantastique est l'autre nom de l'érotisme. MMF saisit en temps réel un âge d'or du 7e art et accouche d'une subversive "politique des horreurs". La Hammer, le gothique italien, l'épouvante américaine sont à l'honneur. Frankenstein et Peeping Tom deviennent les héros noirs d'une contre-culture qui annonce mai 1968 et la libération sexuelle. Cinéma bis, cinéma d'auteur, underground, littérature et BD s'entremêlent dans un enthousiasmant maelström pop.

Ce volume, dirigé par Michael Caen et Nicolas Stanzick, regroupe les six premiers numéros de la revue. Au menu: Terence Fisher, les Vamps fantastiques, King Kong, Dracula et Zaroff. Enrichi de photos et de textes inédits, il comporte aussi le DVD La Télévision des midi-minuistes - plus de trois heures d'archives audiovisuelles d'époque. Manière de fêter comme il se doit la renaissance d'une revue devenue mythique. » [l'éditeur]

Le DVD ("La télévision des midi-minuistes") joint à ce volume contient des courts métrages: Le puits et le pendule (Alexandre Astruc, 1964, 37'), Barbara et ses fourrures (Ado Kyrou, 1968, 9') ~ des documentaires: Le cinéma fantastique (1968, 15'), Quelle horreur mon saigneur Dracula (1969, 42'), Les monstres (1969, 23') ~ des clips de Serge Gainsbourg (1968), Stella (1969) ~ une pièce radiophonique: Dracula (avec Jean Rochefort, 1965, 75')

19 août 2014

Lectures pour tous : Alban Lefranc

« Le 22 mai 1967, le grand magasin bruxellois À l’Innovation est ravagé par un incendie accidentel. La vétusté du bâtiment, le non-respect des normes de sécurité, une série de défaillances humaines, tout concourt à un véritable carnage: on compte plus de trois cents victimes. Quelques jours plus tard, des étudiants berlinois issus de la Kommune 1 font circuler des tracts anonymes dans l’ancienne capitale du Reich devenue le poste avancé du monde libre.

kommune 1

Kommune 1

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NOUVEAU !
MODERNE !
BIENTOT SUR VOS ECRANS !
LES BELGES REVOLUTIONNENT L’ART DE LA MANIF !

« Pour la première fois dans une capitale européenne, l’incendie d’un grand magasin (avec tous ses visiteurs et leurs paquets) fournit à des Occidentaux le sentiment grisant réservé jusqu’ici aux Vietnamiens: être sur place et brûler tous ensemble.

« Nous qui sommes avides d’inédit, nous qui voulons être absolument modernes, dans la mesure toutefois où les bornes du bon goût ne sont pas franchies, nous ne pouvons pas refuser notre admiration à cette première grande performance politique in vivo.

« Jusqu’à présent, les Américains brûlaient pour nous au Vietnam. La pensée nous était insupportable que ces malheureux se fassent saigner dans la jungle loin des photographes et des télévisions. C’est pourquoi nous avons organisé de belles processions dans des rues désertes, brandi joyeusement des écriteaux pleins d’invention poétique, et jeté quelques œufs pourris sur leur ambassade en témoignage de tendresse. Dans de vastes partouzes, nous avons proclamé notre colère et notre détermination. Les populations occidentales, pourtant friandes d’expérimentations, en étaient réduites à lire les comptes rendus des journaux pour s’informer du débat et des arguments en présence.

« Une fois de plus, nos camarades belges ont été plus malins et plus novateurs: sans débourser un centime, trois cents citoyens ont pu participer à un grand happening politico-pyrotechnique, et Bruxelles, le temps d’une soirée, a pris les couleurs chaleureuses de Hanoï. Dès à présent, nous ne devons plus noyer de larmes nos croissants à la lecture des journaux du matin. Il suffit d’une petite visite dans une cabine d’essayage du centre-ville, et d’oublier sa cigarette sur la dernière chemise de soie offerte à notre dévotion transie.

« Prochainement, si de grandes flammes s’élèvent près de chez vous comme une prière, si une caserne explose au-dessus de vos têtes ou si une tribune brise votre nuque, aucune indignation ne viendra enlaidir vos traits. Vous garderez le même visage serein que vous affichez depuis le bombardement du centre de Hanoï.

« Bruxelles nous a fourni la seule réponse appropriée : burn, ware-house, burn ! »

in Alban Lefranc, Si les bouches se ferment, Verticales, 2014

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18 août 2014

Pierre Vassiliu (1937-2014) : "Est-ce que c´est bien raisonnable, tout ça ?"

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En vadrouille à Montpellier

Sur la piste glacée de la boîte de nuit à Montpellier,
petite blondinette avec qui je danse,
quel âge peux-tu avoir, seize ans, dix-sept ans?
Tes seins sont déjà lourds, mais aussi déjà durs contre moi,
tu te colles tu provoques, mon sexe devient dur,
il danse avec le tien, il l´enlace, il l´embrasse il le presse
et dans le noir superbe de cette boîte de nuit
ta main se pose alors sans chercher à l´endroit le plus dur
et tu serres, tu serres, serres
(bon, elle serre comme ça huit fois) …

Tu souris j´en suis sûr, je te sens divaguer
et mes lèvres se posent sur ton épaule
je frémis, je bondis de baisers en baisers
tout le long de ton cou puis j´attrappe ta bouche,
tes lèvres sont humides et ta langue fait ce soir,
je crois, un peu ses premiers pas...
Et tu t´agrippes à moi,
et je te fais aller partout où je veux bien,
tandis que tout au bout, tout au bout de mes doigts,
roule, s´étend, soupire le début de ton sein droit
qui se gonfle en sourire, rire
(seulement sept rires cette fois)


Tu ne portes pas de slip et mes mains se baladent
autour de tes poils chauds, tu tressailles, tu sursautes,
et les yeux dans les yeux nous regardons au fond,
tout au fond de nous-même, tu as compris? Tu as compris je sais,
puisque tu lis en moi tout ce que je te donne…
Incrustée et collée consciemment tu t´écroules
et je trouve que c´est bien, et maintenant
c´est toi qui dirige ma main, c´est toi qui dirige ma main
et tu pleures de joie, nous nous sommes trouvés
à une seule soirée, et tu pleures
(six fois)

Des couples nous regardent et sourient gentiment,
je cherche comme un malade les clefs de l´appartement,
je finis mon cognac, nous traversons la salle, voilà
que je vois double, les odeurs de ton corps volent au-dessus
des tables et tes jambes miroitent sur la piste glacée.
Sur mon cheval noir qui nous conduit au pas
ta jupe est retroussée et tes cuisses bronzées éclatent sous mes mains.
Le vent prend la musique qui tourne dans tes cheveux.
On arrive chez moi, tu m´écrases le bras
tu entres dans la chambre et tu te déshabilles,
tu m´attrapes, tu m´agrippes et tu m´enfonces en toi
tu me veux tout entier, tu me manges, tu me bois,
tu me veux, et tu ris, et tu cries et tu jouis
(et là elle jouit onze fois)

Hu hu hu hu hu…
Est-ce que c´est bien raisonnable, tout ça ?

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Hotties Reading 357

charlotte serrand

Charlotte Serrand en plein repérages

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[Grâce à la générosité des internautes, Charlotte Serrand doit avoir achevé le tournage de ses Héroïdes ]

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15 août 2014

Nuits blanches sur la jetée, à Locarno

vecchiali

Paul Vecchiali, magnifique

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Le fin Mathieu Macheret (du Monde) nous écrit de Locarno :

[Enfin, deux œuvres extraordinaires ont illuminé les derniers jours du festival.]
Avec Nuits blanches sur la jetée, adapté d'une nouvelle de Dostoïevski, on retrouvait le Paul Vecchiali des grands jours, celui sentimental et audacieux des films tournés en décor unique, dans l'élan d'un geste primordial (Femmes femmes ou C'est la vie !) par ce franc-tireur du cinéma français, aujourd'hui octogénaire. A son couple de noctambules échangeant quatre soirs consécutifs dans les recoins bétonnés d'un port silencieux, Vecchiali sculpte une langue précieuse, d'une élégance inactuelle mais propre à recueillir les battements des cœurs, ainsi qu'un théâtre de lumière bouleversant de simplicité (un phare, des lueurs lointaines) taillé sur fond d'obscurité nocturne. Sur le fil d'une épure fragile, il porte la prestation sans filet de deux comédiens funambules, les merveilleux Astrid Adverbe et Pascal Cervo.

Vivement la sortie en salles. Manivel, on compte sur vous.

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14 août 2014

J.C. Oates n'aime pas les libertariens

All cats are Libertarians except when they want a can opened.

Tous les chats sont libertariens, sauf au moment où vous devez ouvrir leur boîte.

 

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Leys, Lu Xun et Orwell contre Barthes, Sollers et autres maolâtres

 

simon leys2

 

En 2009, Simon Leys épinglait Roland Barthes (1915-1980) à l'occasion de la publication posthume du Carnet de voyage en Chine du célèbre philosophe de mode. On lira son article ci-dessous. Simon Leys/Pierre Ryckmans qui, au lendemain de l'ignoble Révolution culturelle chinoise, nous mit en garde dès l'adolescence*, avec l'intelligence que l'on sait, contre le risque de glisser sur la chiasse maoïste, est mort il y a quelques jours à Canberra. Nous ne l'oublierons jamais, et boirons à la santé de ses mentors Lu Xun et George Orwell et du situationniste René Viénet sans lequel, de l'aveu de Leys, il n'aurait sans doute jamais publié ses meilleurs livres [Les habits neufs du président Mao, Ombres chinoises et quelques autres].
[* Contrairement d'ailleurs à ce qu'affirment aujourd'hui les récupérateurs nécrophages du Monde, de Libération, de France Info et autres petites choses rescapées des sinistres légions prochinoises, il ne fut pas tout à fait le premier. Car, avant même la publication des Habits neufs, nous étions abonnés aux Cahiers de l'IS et à la prose de l'ami Raoul.]  

***

En avril-mai 1974, Roland Barthes a effectué un voyage en Chine avec un petit groupe de ses amis de Tel Quel. Cette visite avait coïncidé avec une purge colossale et sanglante, déclenchée à l'échelle du pays entier par le régime maoïste - la sinistrement fameuse "campagne de dénonciation de Lin Biao et Confucius" ( pi Lin pi Kong).

À son retour, Barthes publia dans Le Monde un article qui donnait une vision curieusement joviale de cette violence totalitaire: « Son nom même, en chinois Pilin-Pikong, tinte comme un grelot joyeux, et la campagne se divise en jeux inventés: une caricature, un poème, un sketch d'enfants au cours duquel, tout à coup, une petite fille fardée pourfend entre deux ballets le fantôme de Lin Biao: le Texte politique (mais lui seul) engendre ces mêmes happenings. »

À l'époque cette lecture me remit aussitôt en mémoire un passage de Lu Xun - le plus génial pamphlétaire chinois du XXe siècle: «Notre civilisation chinoise tant vantée n'est qu'un festin de chair humaine apprêté pour les riches et les puissants, et ce qu'on appelle la Chine n'est que la cuisine où se concocte ce ragoût. Ceux qui nous louent ne sont excusables que dans la mesure où ils ne savent pas de quoi ils parlent, ainsi ces étrangers que leur haute position et leur existence douillette ont rendus complètement aveugles et obtus.»

Deux ans plus tard, l'article de Barthes fut réédité en plaquette de luxe à l'usage des bibliophiles - augmenté d'une Postface, qui m'inspira la note suivante: «(…...) M. Barthes nous y explique en quoi résidait la contribution originale de son témoignage (que de grossiers fanatiques avaient si mal compris à l'époque ): il s'agissait, nous dit-il, d'explorer un nouveau mode de commentaire, "le commentaire sur le ton no comment" qui soit une façon de "suspendre son énonciation sans pour autant l'abolir". M. Barthes, qui avait déjà de nombreux titres à la considération des lettrés, vient peut-être de s'en acquérir un qui lui vaudra l'immortalité, en se faisant l'inventeur de cette catégorie inouïe : le "discours ni assertif, ni négateur, ni neutre", "l'envie de silence en forme de discours spécial".

Par cette découverte dont toute la portée ne se révèle pas d'emblée, il vient en fait - vous en rendez-vous compte? - d'investir d'une dignité entièrement neuve, la vieille activité, si injustement décriée, du parler-pour-ne-rien-dire. Au nom des légions de vieilles dames qui, tous les jours de cinq à six, papotent dans les salons de thé, on veut lui dire un vibrant merci. Enfin, ce dont beaucoup sans doute devront lui être le plus reconnaissants, dans cette même postface, M. Barthes définit avec audace ce que devrait être la vraie place de l'intellectuel dans le monde contemporain, sa vraie fonction, son honneur et sa dignité: il s'agit, paraît-il, de maintenir bravement, envers et contre "la sempiternelle parade du Phallus" de gens engagés et autres vilains tenants du "sens brutal", ce suintement exquis d'un tout petit robinet d'eau tiède.»

Voici maintenant que ce même éditeur nous livre le texte des carnets dans lesquels Barthes avait consigné au jour le jour les divers événements et expériences de ce fameux voyage (1). Cette lecture pourrait-elle nous amener à réviser notre opinion ?

Dans ces carnets, Barthes note à la queue-leu-leu, très scrupuleusement, tous les interminables laïus de propagande qu'on lui sert lors de ses visites de communes agricoles, d'usines, d'écoles, de jardins zoologiques, d'hôpitaux, etc.: «Légumes: année dernière, 230 millions livres + pommes, poires, raisin, riz, maïs, blé; 22 000 porcs + canards. (…...) Travaux d'irrigation. 550 pompages électriques; mécanisation : tracteurs + 140 monoculteurs. (...) Transports : 110 camions, 770 attelages; 11 000 familles = 47 000 personnes (...) = 21 brigades de production, 146 équipes de production»… Ces précieuses informations remplissent 200 pages.

Elles sont entrecoupées de brèves notations personnelles, très elliptiques: «Déjeuner: tiens, des frites ! - Oublié de me laver les oreilles - Pissotières - Ce qui me manque: pas de café, pas de salade, pas de flirt - Migraines - Nausées.» La fatigue, la grisaille, l'ennui de plus en plus accablant ne sont traversés que par de trop rares rayons de soleil - ainsi une tendre et longue pression de main que lui accorde un «joli ouvrier».

Le spectacle de cet immense pays terrorisé et crétinisé par la rhinocérite maoïste a-t-il entièrement anesthésié sa capacité d'indignation ? Non, mais il réserve celle-ci à la dénonciation de la détestable cuisine qu'Air France lui sert dans l'avion du retour: «Le déjeuner Air France est si infect (petits pains comme des poires, poulet avachi en sauce graillon, salade colorée, chou à la fécule chocolatée - et plus de champagne !) que je suis sur le point d'écrire une lettre de réclamation.» (C'est moi qui souligne.)

Mais ne soyons pas injustes: chacun de nous note des monceaux de sornettes à son usage privé; on ne peut nous juger que sur celles dont nous faisons un usage public. Quoi que l'on puisse penser de Roland Barthes, nul ne saurait nier qu'il avait de l'esprit et qu'il avait du goût. Et aussi s'est-il soigneusement abstenu de publier ces carnets. Maintenant, qui diable a pu avoir l'idée de cette consternante exhumation ? Si cette étrange initiative émane de ses amis, ceci rappelle alors la mise en garde de Vigny: «Un ami n'est pas plus méchant qu'un autre homme.»

Dans le dernier numéro du Magazine littéraire, Philippe Sollers estime que ces carnets reflètent la vertu que célébrait George Orwell, «la décence ordinaire». Il me semble au contraire que, dans ce qu'il y tait, Barthes manifeste une indécence extraordinaire. De toute manière ce rapprochement me paraît incongru (la «décence ordinaire» selon Orwell est basée sur la simplicité, l'honnêteté et le courage; Barthes avait certainement des qualités, mais pas celles-là). Devant les écrits "chinois" de Barthes (et de ses amis de Tel Quel), une seule citation d'Orwell saute spontanément à l'esprit: «Vous devez faire partie de l'intelligentsia pour écrire des choses pareilles; nul homme ordinaire ne saurait être aussi stupide.»

Simon LEYS

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13 août 2014

Hotties Reading 356

Lu-Xun-portrait-by-Li-Yitai

Lu Xun (Lou Sin)

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Le cinéma, sous les couvertures 13

Sous les couvertures, cette semaine, se dissimule un quiz.

Le livre est une biographie, sous la forme du classique entretien hypercomplaisant (« Excellente question cher ami merci de l'avoir posée j'avais justement envie d'y répondre ») et de l'exercice épuisant de name-dropping. Très peu d'analyse de cinéma, beaucoup de sarcasmes et de vantardises sexuelles. L'homme se targue sans qu'on l'en presse d'avoir séduit ou tenté de le faire, en cinquante ans de carrière, tout ce qui portait une jupe sur ses plateaux de tournage. On est plus près des colonnes croustillantes de feu Penthouse que de Yellow Now ou de Trafic. L'auteur ici autocélébré est un cinéaste français qui a peut-être inventé la version cinoche de la théorie du complot. En allant vite, ses films, une soixantaine au total, se divisent en trois catégories: les trop malins pour le public de l'époque (mais croyez-moi, le DVD fait un tabac), ceux qui n'ont pas plu à une profession, salles et chaînes de télé, prompte au boycott (mais croyez-moi, le public a adoré) et ceux qui ont fait grincer les chicots de la censure (croyez-moi, le film aurait triomphé)... Il fut un temps où l'homme avait du courage, une belle intuition de raconteur d'histoires donnant l'impression qu'il avait toujours un train d'avance sur son temps, un esprit indépendant et un franc-parler rentre-dedans qui entretinrent longtemps passions et débats de cinéphiles excités (est-il un vrai anar, se demandait-on, ou un anarchiste de droite, un imposteur réac comme tant de ses comparses), en tout cas ses films nous apparurent longtemps comme de sulfureuses et jubilatoires comédies noires, autant de cocktails Molotov lancés à la gueule du vieux monde. Nous l'avons beaucoup aimé, beaucoup soutenu, beaucoup défendu, parfois avec une roborative mauvaise foi, pour ces raisons. Le livre qu’il vient de publier (le plus idiot de l’année dans sa catégorie, selon moi) suggère qu’il est devenu un vieux con radoteur aussi aigri que sûr de lui. Son interviouveur, garçon sympathique au demeurant, conclut sa préface élégiaque sur l’hypothèse que l’homme dont la photo orne la couverture serait un poète pathétique (ah, les Grecs…). Nous, on le trouve simplement pathétique. Par pure méchanceté, je citerai trois perles:

À propos d’un de ses films dont la protagoniste, adepte de la justice directe, zigouille à tour de bras des « pédophiles »:
« Elle sait qu’ils recommenceront en sortant de prison. Je suis contre la peine de mort, et j’ai fait [xxx, 1978] en ce sens, mais quand un chien est enragé, il faut absolument l’abattre. »
Un peu plus loin, il feint de se rattraper:
« D’accord, les tuer n’est pas une solution. Il faudrait les castrer pour qu’ils ne puissent plus recommencer en sortant de prison. »

À la question « Comment vous situez-vous politiquement? »:
« Entre François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon, sauf que je trouve Bayrou trop attentiste, mais c’est l’homme le plus sain de la classe politique. Quant à Mélenchon, il attaque sans arrêt, ça peut quand même faire bouger les choses. » Etc.

À une question sur ses origines « tchéchènes et polonaises »:
« Je m’appelle Jean-Paul Adam Mokiejewski, le "jew" voulant dire "juif". » Silly, insn’t ?

silly
    

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12 août 2014

Nouvelles d'Hollywood : exit Mme Doubtfire 2

Après la mort de son acteur principal, la Fox décidera probablement d'annuler le tournage du Retour de Mme Doubtfire (22 ans après le premier épisode !). Je connais des auditeurs de France Inter qui ne s'en remettront pas. Le shérif de Marin County (Ca), lui, est perplexe. Robin Willilams s'est-il supprimé avant ou après avoir lu le scénario de Mrs. Doubtfire 2 ? L'enquête suit son cours.

~

(Chez Christian Today, on suppute.)

Mrs Doubtfire 2 sequel likely cancelled due to

Robin Williams' death

20th Century Fox

Plans for a sequel to the hit 1993 film 'Mrs Doubtfire' were underway just months before the tragic death of actor and comedian Robin Williams on August 11, 2014.

It was revealed that Fox 2000 studio was developing a sequel to the movie, which would have involved Robin Williams, who had starred as a father who dressed up like an old woman to be closer to his children.

The script for the sequel was being written by David Berenbaum. ( la suite ici )

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09 août 2014

Yvette Giraud, feue "Mademoiselle Hortensia"

 

Yvette Giraud est morte dimanche.
Elle avait 97 ans.
Le public japonais ne l'a jamais oubliée.
Nous, nous nous souviendrons.
[Merci à Jean-Pierre, qui nous a prévenus]

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08 août 2014

Hotties Reading 355

new york 1947

New York, 1943 ~ Ruth Orkin

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06 août 2014

Ecouter George Russell au mois d'août

En ce mois d'août, je réécoute George Russell.
J'invite mes honorables visiteurs à en faire autant.

« Freein' Up », par exemple, se trouve sur l'album At Beethoven Hall, enregistré par le George Russell Sextet à Stuttgart en 1965. Outre l'invité du jour, Don Cherry (trompette), le piano de Russell est soutenu par Bertil Loewgren (trompette), Brian Trentham (trombone), Ray Pitts (sax ténor), Cameron Brown (basse), et Al Heath (batterie). Ce qui fut naguère un quatre-faces en vinyle est disponible aujourd'hui sous forme de CD, chez Mis. [merci à paganmaestro, une nouvelle fois]

at beethoven hall

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