Lacy / Cora / Bennett 1992
Steve Lacy (ss), Tom Cora (cello), Samm Bennett (drums),
Knitting Factory, New York, 4 janvier 1992
« Name »
De Block, ministre belge de l'immigration : plouf !
Un seul mot d'ordre : « Personne n'est illégal » !
[merci à Adael]
25 ans de subversion carabinée (14) Félix Fénéon
Nous célébrons le vingt-cinquième anniversaire de l’Anthologie de la subversion carabinée de notre cher Noël Godin. Pendant vingt-cinq semaines, des auteurs choisis au hasard dans le sommaire du livre sont ici proposés, avec un ou deux extraits pris au hasard dans le chapitre à chacun consacré. L’exercice est gratuit, paresseux et purement incitatif. Pour le reste, démerdez-vous. Réimprimée plusieurs fois, l’Anthologie est encore en vente libre (éditions de l’Âge d’homme), grâce à elle c’est Noël tous les matins. Achetez-la, volez-la, donnez-la ou partagez-la, mais lisez-la.
Aujourd’hui : Félix Fénéon (1861-1944)

Pour l’échange de bons procédés (1893)
« Décidément, le respect de l’autorité et le prestige de l’uniforme ne se manifestent plus guère qu’en de pauvres cervelles. À Argenteuil, un gendarme a été rossé d’importance par un particulier sans doute tracassé et malmené naguère par le soudard pour un simple délit de chasse. Qu’importe le motif de représaille: l’essentiel est que Pandore a été corrigé et qu’il eût été impitoyablement occis sans un de sa bande arrivé juste à temps pour le dégager. Le plus regrettable c’est que Grimban – le courageux agresseur à qui nous adressons notre franche sympathie – n’a pu, malgré son énergie, résister aux deux sbires qui purent le ficeler et traîner à la gendarmerie, où certainement, dans un coin, il dut être assommé par toute la brigade sonnée à cet effet. Ce qui stupéfie les feuilles soumises racontant l’histoire, c’est que durant la lutte, nulle intervention ne se produisit de la part des deux cents personnes qui faisaient cercle autour des deux adversaires. Cette indifférence est déjà de bon augure pour nous, mais c’eût été plus réjouissant encore si la foule avait délivré le prisonnier. Ça viendra ! »
« Le compagnon Liard, de Bordeaux, vient d’être condamné à quatre mois de prison pour avoir tenté d’empêcher un ouvrier de trahir ses camarades grévistes en se vendant à vil prix au patron; Gustave Mathieu à un an, pour avoir rendu service à une mégère suspecte en lui déménageant des tonneaux de vernis qu’elle voulait sauver des griffes de créanciers menaçants. Comme les capitalistes et leurs magistrats à gages sont maladroits dans leur défense lorsqu’ils croient annihiler les propagandistes en les captivant ! Liard et Mathieu ne font que changer de milieu et prêcheront la Révolte à leurs codétenus avec d’autant plus de succès que les réprouvés qu’on enferme n’ont plus rien à espérer de la Société. Dehors, nos amis ne réussissaient peut-être qu’à faire de lamentables grévistes ou de discutables insoumis. En prison, il prépareront des destructeurs. »
« Les feuilles publiques racontent qu’un journalier ne trouvant plus à se vendre s’est jeté dans la Seine, abandonnant trois enfants malades, dans le plus complet dénuement. Le respect de la propriété est idiot. On ne peut voler que ce qui appartient à autrui. Or, rien n’étant à personne, c’est faire le Mal que de se détruire en laissant les siens dans l’impossibilité de se subvenir, alors qu’il y a partout surabondance de produits. Et il est vertueux de déposséder quelqu’un pour satisfaire plusieurs. [...] »
Hotties Reading 271
... dans Les vécés étaient fermés de l'intérieur (Patrice Leconte, 1976)

Il m'a été impossible d'identifier cette actrice avec certitude. Il s'agit probablement de Mathilde Navasse. Je lance ici un appel solennel. Si elle nous lit, si l'un de ses enfants ou de ses proches, un des collaborateurs du film ou un ancien administrateur de la SNCF passe à proximité de ce blog, toute information serait la bienvenue. Je ne voudrais pas paraître impoli.
[je remercie en tout cas Gérard Lenne, Patrice Leconte et Luc Béraud
qui ont eu la gentillesse, hier, de se pencher sur la question.]
Nadeau
Maurice Nadeau est mort hier,
à 102 ans et des poussières.

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Lectures pour tous : Tim Willocks

« Aspirant un grand coup, Victor Galindez retint son souffle et s’avança dans les flammes. Accroupi, faisant gicler la mousse par brèves saccades devant ses pieds, il pénétra dans une poche sans air et sans flammes. Trop vite, et il se heurtait à l’incendie; trop lentement, et il n’arriverait jamais au bout. À chaque pas, les flammes se reformaient derrière lui. Son dos commença à brûler. Au bord de sa casquette, il sentit les cheveux mouillés grésiller et se recroqueviller contre son crâne. Doucement. Doucement. Un pas, et puis un autre. Sous le masque, la sueur coulait dans ses yeux et embuait les verres. Ne respire pas. Pas d’oxygène, ici. Ses oreilles étaient remplies par le grondement de l’incendie. Il avançait à l’aveuglette. Du calme. Du calme. Mettre un pied devant l’autre, en espérant marcher en ligne droite – espérant, doutant, priant – en s’attendant à chaque instant à se cogner aux barreaux d’une cellule. Dans ce cas, il serait foutu. Galindez voulut faire demi-tour. Il n’osa pas. Voulut courir. Il n’osa pas. Voulut respirer. Il n’osa pas. Ne tourne pas. Ne cours pas. Ne respire pas. Il n’avait plus aucune idée du temps passé, de la distance parcourue. Les secondes duraient des heures. Pourtant, il devait bien se rapprocher. Il le fallait. Son épaule heurta quelque chose de dur. Il tourna le dos à cet obstacle. Ce n’étaient pas des barreaux. Lisse et dur, mais pas épais. Du verre. Du verre. Il avait dépassé les cellules. La chaleur était intense. Il fit gicler un demi-cercle de mousse à ses pieds et glissa sur le côté, le dos collé à la paroi lisse et dure. Sa tête allait exploser sous l’effet de la chaleur, de la claustrophobie, de l’effort de retenir son souffle. Soudain le verre disparut et il trébucha en arrière. [...] Cinq mètres plus loin, il émergea du brasier sous la lumière de la grande verrière, lâcha son extincteur et tomba à genoux en arrachant son masque à gaz. Des jambes en train de courir défilaient devant ses yeux. Une rumeur de violence chaotique emplit ses oreilles. Quand il leva la tête pour voir où il était, un objet dur et lourd s’abattit sur l’arrière de son crâne. Et le chaos sombra dans la nuit. »
Tim Willocks, Green River, 1994
[traduit de l’anglais par Pierre Grandjouan, Sonatine, 2010]
Sous le sable, des livres
Dans un mois, nous irons z'à La Baule...

... pour parler et entendre parler littérature.
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image : Lilyan Tashman et Kay Francis
dans The Marriage Playground, de Lothar Mendes (1929)
Ph!l Delvosalle et Okraïna font bien les choses, 4
Benjamin F. et C. Piette, aka Gangalai & Gourabai
Carte blanche à Okraïna Records (et Ph!l Delvosalle)
Carte blanche à Okraïna (et Ph!l Delvosalle) dans le cadre de la prochaine fête de la musique à Bruxelles. Au Théâtre de la Vie, le 22, exposition Gwénola Carrère - auteur de l'affiche et des pochettes d'Okraïna Records - et cinq concerts gratuits. Détails ci-dessous.

SAMEDI 22 JUIN 2013 – dès 18H
THÉÂTRE DE LA VIE
45 rue Traversière – 1210 Bruxelles (Saint-Josse)
RE-CRÉATION II – FÊTE DE LA MUSIQUE
CARTE BLANCHE À OKRAÏNA RECORDS
5 duos éclectiques
« vrais » et « faux »,
à 1 (+1), à 2 (+1)… à 3…
TWO PIN DIN
(amsterdam / deux acren)
« less is more » : rock à deux voix, deux guitares, sans basse ni batterie
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DJ ELEPHANT POWER + (le fantôme de) BORIS BARNET
(bruxelles)
un dj crollé en séance de spiritisme avec un cinéaste-boxeur mort en 1965
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ARLT
(paris / bruxelles)
encore les fantômes… à trois sur scène, à quelques centaines dans leurs têtes
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GANGALAI & GOURABAI
(bruxelles)
chansons mutantes court-circuitant le passé et le futur
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HUGUES WARIN / MAXIME BODSON
(bruxelles)
« la rencontre ne se passe pas toujours dans la simultanéité »
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GWÉNOLA CARRÈRE
(bruxelles)
exposition
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okraïna #2 – la ballade du beau regard
double 25cm (4 faces) d’enregistrements live à la ferme du biéreau
Les artichauts, le mauvais temps et la novlangue

Cet après-midi, au supermarché de Loire-Atlantique où nous avons nos petites habitudes, nous n'avons pas eu droit aux artichauts promis toute la semaine par voie d'affichage, trois têtes (calibre 11/13) pour 1,98 €. La raison en est simple, relève de l'évidence. Le temps pourri, qui détraque ce printemps le travail de la nature et des pesticides dans le nord-Finistère ? Trop facile. Les intempéries très nettement hors de saison qui perturbent depuis trois mois la vie et la productivité paysannes de la région Bretagne ? Pas tout à fait. Les éleveurs d'artichauts ont été attaqués pas des problématiques. La preuve. C'est méchant, les problématiques, ça nuit au pouvoir d'achat.

© flamme2008
Biette à la Cinémathèque
Du 12 au 24 juin à la Cinémathèque française, au prétexte du dixième anniversaire de sa mort, on rend hommage à l'inoubliable Jean-Claude Biette. Tous ses films y seront montrés, applaudis, commentés, ainsi que le Biette que Pierre Léon réalisa en 2010. Une série de rencontres donnera aussi l'occasion de se pencher sur son oeuvre critique et éditoriale (Trafic). Qui demeure à Paris ou à moins de deux heures de la capitale, à vol d'oiseau ou par chemin de fer, n'a aucune excuse pour ne pas venir découvrir son petit théâtre.
Présentation, par Jean-François Rauger :
~
Vient de sortir chez Capric(hic) :

Rencontres de Laignes ~ Patrick Leboutte vous parle, crénom
Chers amis,
Les Rencontres de Laignes sont un petit festival à la campagne conçu et vécu sans chichis, un rendez-vous de filmeurs, de spectateurs et d’artistes choisissant de faire l’école buissonnière pour penser et préciser ensemble leur rapport personnel au cinéma. Ils y comparent leur expérience et leur pratique des outils cinématographiques légers. Ils y défendent la nécessité de films moins boursouflés, plus artistes ou plus artisanaux, et l’émergence d’un cinéma réalisé parfois dans son plus simple appareil, à l’écart des formatages imposés, en dehors des modalités traditionnelles de production, de diffusion, d’enseignement. En un mot, ils font le point, ils échangent et certains, jeunes réalisateurs ou cinéastes confirmés, sans hiérarchie, tous à égalité, y présentent un état de leur travail dans l’étape où celui-ci se trouve à cet instant: repérages, rushes, premier montage ou film tout juste terminé.
Fondée et animée par Matthias Chouquer (directeur du cinéma l’Eldorado, à Dijon) et Patrick Leboutte (enseignant de cinéma, essayiste et critique itinérant) sur la base du texte de ce dernier repris ci-dessous, la première édition, du 28 juin au 3 juillet 2012, avait notamment accueilli Anne Comode, Alice Diop, Alejandra Riera, Jean- Louis Comolli, Jean-Pierre Daniel, Denis Gheerbrant, Jean-Louis Le Tacon et Jacques Rozier ainsi que de nombreux étudiants d’écoles d’art ou de cinéma souhaitant pour la plupart revivre semblable tentative.
Du 27 juin au 3 juillet 2013, nous vous proposons de renouveler l’expérience et vous invitons à nous rejoindre pour une deuxième édition qui alternera comme la précédente séminaires, ateliers de réflexion autour de quelques films tout récents, soirées festivalières et naturellement moments de fête. Innovation: cette année, nous filmerons et chaque journée proposera une séance de mise en forme où l’on invitera les filmeurs à se mouvoir au plus près de leur outil -- caméra DV, Super 8, Ipad, téléphone portable ou simplement leurs mains --, apprenant ainsi à faire corps avec lui, selon le rituel initié naguère par Jean Rouch et dont Jean-Louis Le Tacon est aujourd’hui le dernier chaman, l’ultime continuateur. Gymnastique d’opérateurs, chorégraphie pour caméras; ciné-transe, ciné-plaisir: chaque jour, les participants s’entraîneront pendant une heure, sur la place du village, puis se répandront dans ses rues comme aux alentours avec la charge de récolter quelques plans visionnés et commentés tous ensemble le dernier jour. Pendant une semaine, conviant les habitants complices à nous rejoindre dans cette activité, les filmeurs feront de Laignes une commune animée en permanence par le cinéma.
Laignes est un beau village de 850 habitants situé au bord nord du département de la Côte d’Or, à 85 kilomètres à l’est d’Auxerre, dont le maire nous offre l’hospitalité. Bien qu’à l’écart de tout, Laignes possède ce qu’il faut pour nous accueillir: une salle de cinéma de 120 places remarquablement équipée (pour les séances de travail et les projections), une maison des fêtes (pour les repas pris en commun et autres prolongements festifs), un petit lac (pour se baigner), une jolie forêt (pour la cueillette des champignons), un bar-tabac, une maison du vin, une supérette, deux boulangeries, un distributeur de billets et même une pharmacie.
Jocelyne Porcher (chercheuse à l’Inra et spécialiste de la question animale), le critique Eugénio Renzi, l’électron libre François Pain, les cinéastes Karine Guiho, Daniela de Felice, Manuela Frésil, Camille Fontenier, Boris Lehman, Marc-Antoine Roudil et Jean-Louis Le Tacon seront entre autres quelques-uns de nos invités. D’autres sont susceptibles de venir grossir les rangs. En réajustements constants, comme l’année dernière, le programme ne sera définitif qu’à la mi-juin, mais vous pourrez suivre son évolution dès les prochains jours sur le site du cinéma Eldorado. CLIC
En voici d’ores et déjà les grandes lignes.
SEMINAIRES :
« Dans son plus simple appareil (la forge des outils) »: autour de la trilogie champêtre pour iPod et iPad de Jean-Louis Le Tacon. Animé par Patrick Leboutte. Vendredi 28 juin.
« Condition humaine et question animale ». Animé par Jocelyne Porcher et Jean-Louis Le Tacon. Invitée : Manuela Frésil. Samedi 29 juin.
« Le cinéma à Saint-Alban : une histoire de fous » (Mario Ruspoli, François Tosquelles). Animé par Patrick Leboutte et François Pain. Dimanche 30 juin.
« La rupture: du capital comme déliaison, du cinéma comme réparation ». Animé par Matthias Chouquer et Eugénio Renzi. Lundi 1er juillet.
ATELIERS :
Daniela de Felice/Karine Guiho. Samedi 29 juin.
Celia Dessardo/Marc-Antoine Roudil. Dimanche 30 juin.
Clara Alloing/Camille Fontenier. Mercredi 3 juillet.
EVENEMENTS :
Projection sur la place du village de « Par devant notaire » (Sophie Bruneau, Marc-Antoine Roudil). Samedi 29 juin, soir.
Concert sur la place du village. Dimanche 30 juin, soir.
Un beau jour à la campagne avec Boris Lehman. Mardi 1er juillet.
FILMS PROJETES :
Clara Alloing, Place des Italiens, 2013
Sophie Bruneau, Marc-Antoine Roudil, Par devant notaire, 1999
Lucien Castaing-Taylor et Verena Paravel, Leviathan, 2013
Daniela de Felice, Casa, festival Cinéma du réel, 2013
Olivia De Grez, Sans fleurs ni couronnes, 2013
Celia Dessardo, Toute la nuit, 2013
Camille Fontenier, Beaudelot, 2013
Manuela Frésil, Entrée du personnel, 2012
Karine Guiho, la Casse ouvrière, 2013
Alain Guiraudie, l’Inconnu du lac, 2013 (soirée d’ouverture)
Boris Lehman
Jean-Louis Le Tacon, le Film s’appelle voilà, 2012
Jean-Louis Le Tacon, le Film s’appelle voici, 2013
Jean-Louis Le Tacon, Tuerie chez Pauline, 2013
Pierre Lhomme, Chris Marker, le joli Mai, 1962 (copie neuve)
François Pain
Pier Paolo Pasolini, la Forme d’une ville
Pierre Perrault, Pour la suite du monde, 1962 (extrait)
Joao Pedro Rodrigues et Joao Rui Guerra da Mata, La dernière fois que j’ai vu Macao, 2013
Marc-Antoine Roudil, le Prince Miiaou, 2012
Mario Ruspoli, Regards sur la folie, 1962 (copie neuve)
Virgil Vernier, Orléans, 2012
X, film surprise, 2013
Sachez toutefois que nous ne disposons que de 90 places, souhaitant en garder 40 pour notre équipe, nos invités et les habitants du village. Vous pouvez réserver votre place en téléchargeant le bulletin officiel d’inscription sur le site du cinéma Eldorado: CLIC. Cette formalité administrative est indispensable. La participation aux frais reste de 40 euros.
Pour toute information complémentaire, il vous suffit de joindre Léa Daloz à l’adresse suivante : rencontreslaignesATgmail.com
Dans l’attente de vous retrouver, à vous maintenant de faire passer ce message dans votre propre entourage.
Patrick Leboutte, Matthias Chouquer, Jean-Louis Le Tacon
Et toute l’équipe des rencontres.
RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
Accès.
En voiture. Laignes se trouve sur la départementale D 965 qui relie Auxerre à Châtillon sur Seine, à 17 kilomètres de la D 671, devenue D 971 raccordant Troyes à Dijon.
En train. La gare la plus proche est celle de Montbard, directement accessible en TGV (1h00) ou TER depuis Paris Gare de Lyon. Nous pourrons venir vous chercher en gare de Montbard si besoin est. Un réseau de bus TRANSCO relie Dijon ou Montbard à Châtillon sur Seine et Châtillon sur Seine à Laignes pour 1€50.
Accueil. En face du cinéma, au bureau de l’association, ouvert toute la journée.
Participation au frais. 40 euros. Cette somme nous est nécessaire pour financer l’intendance et l’organisation concrète de la manifestation. Séminaires, ateliers et projections sont gratuits.
Repas. Vous pourrez manger sur le pouce à midi (partenariat avec la boulangerie: sandwichs, salades, etc.) et prendre un repas chaud, servi à table, dans une salle couverte mise à notre disposition le soir (préparé par nos bénévoles, pour un montant de 8€ / repas, vin compris). L’inscription et le règlement des repas sera possible via le bulletin d’inscription, mais pourra également se faire sur place, au jour le jour – s’inscrire à l’accueil le matin pour le dîner du soir.
Bar. Outre le café du village, nous disposons de notre propre bar, en face du cinéma, ouvert jusqu’à 1h00 du matin. Il dispose d’une table de billard, malheureusement souvent squattée par Romain Leboutte, 12 ans, spectateur itinérant et fils d’un des organisateurs. Personne n’est parfait.
Logement
Le terrain de foot nous est prêté pour y installer nos tentes, ce qui en 2012 offrit pratiquement un nouveau quartier provisoire au village, donnant même à la manifestation un tout petit côté Woodstock. Les douches et les sanitaires seront en permanence à notre disposition. Une autre solution est prévue en cas de pluie.
Il est également possible d’être accueilli chez les habitants du village. Nous réservons en priorité cette formule aux familles avec enfants ou aux personnes pour qui un logement à la diable n’est pas envisageable. Contact: Lea Daloz rencontreslaignesATgmail.com ou jeanpaul.noretATanadoo.fr
***
NOTES POUR UN CINEMA LEGER (Extrait)
Après un siècle d’existence, le cinéma a définitivement quitté son lit. Excédé par le formatage qu’elle suppose, il a rompu les digues où l’enserrait l’industrie, débordant à présent dans un territoire élargi. Depuis douze ans, les nouvelles technologies numériques ont davantage rapproché les cinéastes de leur outil au point que filmer soi-même, parfois seul, sans assistance ni directeur de la photographie, est devenu pour beaucoup une évidence. Libérées par les petites caméras numériques et renouvelant des pratiques naguère minoritaires ou marginales, de nouvelles formes d’écriture, en particulier documentaires, n’en finissent pas d’éclore aux lisières des circuits traditionnels (de formation, de production, de diffusion) comme autant de vaccins contre les images dominantes. Essor de l’autobiographie et du journal filmé, lettres cinématographiées, affirmation de l’essai, travail poétique sur les archives, hétérogénéité des matériaux utilisés, ciné-tracts et pamphlets, carnets de voyages en solitaire dans les replis du monde, au plus près des habitants, mais aussi fictions moins protégées, moins claquemurées, désormais transpercées par la réalité font ainsi apparaître un paysage de films sauvages dont le fort coefficient cinématographique naît d’abord du geste premier de filmer: un cinéma par le bas, pourrait-on dire, dans son plus simple appareil, dégraissé; un cinéma povera et non plus simplement vu d’en haut.
Ainsi les petites caméras numériques ont-elles déplacé le centre de gravité du cinéma. Sur le modèle de la prise de notes, il est à présent permis de filmer tout le temps et faire un film n’est vraiment plus toute une histoire. D’abord filmer pour voir, par goût de la tentative, au flair ou à l’instinct, mais aussi pour entretenir le rapport à l’outil, pour ne pas perdre la main, puis ensuite s’il y a lieu construire le film comme il travaille, comme il advient. « Les outils existent maintenant pour qu’un cinéma de l’intimité, de la solitude, un cinéma élaboré dans le face-à-face avec soi-même, ait accès à un autre espace que celui du film expérimental », écrivait déjà Chris Marker voici quinze ans. Caméra-stylo, caméra-burin, caméra-pinceau, caméra-plume: ces termes disent les gestes d’un travail au quotidien, comme un écrivain fait ses pages, comme un musicien compose sa partition, comme un sculpteur dans son atelier. Alors le cinéaste n’est plus ce chef d’équipe oeuvrant en entreprise; assurant lui-même le cadre et le son, et s’il le veut le montage, occupant dorénavant tous les postes, il est davantage artiste et artisan, accordant ses moyens à ses fins, son esthétique à son mode d’existence. Comparable à ce qui advint au XIXe siècle à la peinture, avec l’invention des petits tubes de couleurs, cette révolution affecte aussi le spectateur qu’elle libère tout autant, lui promettant enfin d’autres aventures, d’autres durées, d’autres expériences, à commencer par celle d’une co-présence avec ce qui travaille à l’écran. « Ce qui arrive à quelqu'un devant un écran, un événement singulier qui, comme une conversation, se passe dans les deux sens et dont l’existence est confirmée par les traces qu’il laisse. » Ainsi Robert Kramer définissait-il le cinéma, comme un art de la relation ou mieux encore de la rencontre: nous y sommes, nous y revenons.
Patrick Leboutte
25 ans de subversion carabinée (13) Joseph Déjacque
Nous célébrons le vingt-cinquième anniversaire de l’Anthologie de la subversion carabinée de notre cher Noël Godin. Pendant vingt-cinq semaines, des auteurs choisis au hasard dans le sommaire du livre sont ici proposés, avec un ou deux extraits pris au hasard dans le chapitre à chacun consacré. L’exercice est gratuit, paresseux et purement incitatif. Pour le reste, démerdez-vous. Réimprimée plusieurs fois, l’Anthologie est encore en vente libre (éditions de l’Âge d’homme), grâce à elle c’est Noël tous les matins. Achetez-la, volez-la, donnez-la ou partagez-la, mais lisez-la.
Aujourd’hui : Joseph Déjacque (1822-1864)

« Par l’insurrection ou par l’assassinat » (1854)
« Oui, hors la loi ! Et il est de droit, et il est de devoir – quand on en a les moyens, la puissance –, de protester contre l’oppression bourgeoise ou princière, et par le fusil en s’insurgeant en masse, bannière au vent, sous le soleil des barricades, et par le couteau en s’insurgeant individuellement, seul à seul, à l’angle d’une rue déserte et sous le voile de la nuit. Tuer et dépouiller un prince de son sceptre, tuer et dépouiller un bourgeois de son or, ce n’est pas tuer et dépouiller un homme. C’est détruire une bête féroce et la dépouiller de sa fourrure. C’est, pour le prolétaire, à toute minute des vingt-quatre heures du jour, un cas de légitime défense. » La Question révolutionnaire (1854)
Satori Stress

Akiko Inamura dans Satori Stress, le film très amoureux, très beau et très émouvant
de Jean-Noël Gobron (Belgique, 1983) qu'Alcyon vient de publier en dévédé.
Ci-dessous, Jean-Noël sur le tournage, à Tokyo.





