le vieux monde qui n'en finit pas

« Nous ne nous résignerons pas au désastre qui couve. » La vie moderne et le temps qu'il fait. Note bleue, film, imprimé. L'ennui et l'agonie du vieux monde. Charles Tatum écoute et mate.

05 juillet 2009

Lectures pour tous : Arkadi et Guergui Vaïner

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« Tu veux que je te l'arrache, ta dent ? Tu n'auras plus mal. [...] Avec ça », dis-je, en désignant la grosse pince qui lui servait à plomber ses armoires.

Sans hésiter, elle s'assit sur une caisse de conserves de poisson, en écartant largement ses jambons, et dit d'un air lugubre: « Vas-y, on va pas y passer le réveillon... »

Nous combattions comme des héros antiques. J'avais plongé ma main dans sa gueule, prenant appui avec mes coudes sur les boudins charnus de ses seins proéminents, elle meuglait et, lorsque, trouvant une position plus commode, j'appliquai la pince à plomb sur sa défense jaune, elle rugit d'une voix de basse; j'entendais craquer, croustiller, crisser, elle me serrait entre ses cuisses molles et incandescentes en un spasme orgasmique, ses paluches monstrueuses agrippaient mes fesses, elle hurlait à la mort, pendant que je tirais sur sa dent, lui niquant ses gencives; sa salive, en une épaisse écume, me coulait sur les mains, se melant à ses larmes chaudes, elle avait le souffle rauque, et je pouvais entendre, dans notre intimité perverse, les palpitations de son cœur indestructible de bête féroce, et je sentais monter en moi l'excitation sadique - c'est ainsi, surement, qu'on assassine.

Je serrai la pince de toutes mes forces et tirai d'un coup sec: crac ! Je fus effrayé par le vacarme de bois fendu que fit la dent en sautant hors de sa bouche. Une dent énorme de vieux hongre, sur ses quatre pattes-racines, de la taille de mon petit doigt. Avec des morceaux de chair arrachée.

Doussia me fixait d'un air sidéré, en crachant de temps en temps des caillots de sang. Je mis la dent dans une boîte d'allumettes et dis: « Je la garde... »

Arkadi et Gueorgui Vaïner, La corde et la pierre (1977),
trad. du russe par Pierre Léon, Gallimard 2006.

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Dentistes de rue, Inde et Chine

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Esao Andrews 2

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Thought © esao

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04 juillet 2009

Paul Avoine

mj_avoine
© paul avoine

dessin publié dans un récent Siné Hebdo.
c'est joli, c'est classe
ça nous change des rustres qui débogillent leur suffisance
et leur plouquitude crasse à longueur de colonnes, depuis une semaine

[merci à PA qui m'a envoyé le fichier]

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« L'insurrection qui vient » en Amérique: panique chez les néocons


A quelques semaines de la publication en anglais de L'Insurrection qui vient (du Comité invisible, édité en France par La Fabrique, toujours disponible en librairie, et gratuitement sur le site de l'éditeur), Glenn Beck, un chroniqueur vedette du réseau télévisuel ultraconservateur Fox News appelle à lire ce livre dangereux afin de « connaître l'ennemi ». Version sous-titrée. Déposé sur Dailymotion par Libé/Labo de Libération.

On se frotte les yeux.

[ Merci à Shige clic clic clic]

Ici,  un article "Glenn Beck et sa haine des Français" , déposé sur Agoravox il y a deux ans et demi.

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Nantes: attaque de loups et culture en émoi

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Une bande masquée attaque le Lieu Unique

Ils portaient des masques de loup et tenaient des bâtons. Un petit groupe qui prétend lutter contre «l'asservissement» a attaqué l'espace culturel nantais [Lieu Unique] hier après-midi. Ça n'a pas duré mais selon cette femme qui buvait un verre en terrasse en famille, allongée sur un transat, «ça a été hyperviolent et impressionnant». Peu après 15h00, hier, une bande d'une dizaine de personnes a fait irruption au Lieu Unique. Habillés de noir, les visages dissimulés sous des masques de loup et des lunettes de ski, les importuns ont surgi, armes au poing. Certains tenaient en effet des bâtons ou barres de fer. D'autres des «bombes» pleines d'un produit visqueux noir. À l'intérieur, ils s'en sont pris aux boutiques. Ont renversé du mobilier, ont souillé le sol. Avant de partir très vite, ils ont jeté en l'air des tracts signés La Meute. On notera évidemment l'allusion à l'œuvre de la biennale Estuaire que l'on peut voir au Château: une meute de loups a élu domicile dans les douves. Sur des sites d'amis des loups, l'œuvre a suscité des réactions on ne peut plus virulentes. Et certains en appelaient à organiser «des actions». Hier, à la lueur des premiers éléments d'information, ce n'est pourtant pas de ce côté qu'il fallait chercher l'origine de l'attaque. Plutôt qu'un plaidoyer en faveur des animaux, le texte est, indique-t-on en coulisses, un conglomérat de considérations «politiques et philosophiques». Selon Jean Blaise, le créateur de la biennale, «ils utilisent la métaphore des loups qu'on aurait soi-disant asservis. C'est un discours contre la société. Pour eux, à partir du moment où on est actif dans cette société, on est complice de l'état du monde. [...]». On pourrait trouver le coup d'hier un poil grotesque. En réalité, il a surtout été traumatisant et a marqué les esprits. Les clients et le personnel, sans avoir été directement pris à partie par les vandales, ont été choqués. «On peut discuter de tout, oui, concédait une cliente. Mais la violence, avec en plus les enfants qui étaient là... Non !» Le Lieu Unique a donc été fermé peu après le départ de la police. Les enquêteurs, justement, ont maintenant du pain sur la planche. Des plaintes ont été déposées. Un policier estimait qu'il s'agissait d'une action «bien préparée». Les vandales ont agi vite et ont pris la fuite en un éclair. Les premières patrouilles sur place, «5 minutes» seulement après le départ de la bande, n'ont rien retrouvé. Ni masque de loup ni lunettes. Une première fois déjà, le 16 juin, lors d'un colloque avec Stéphane Thidet, [l'artiste qui a lâché les loups dans les douves], un même groupe de loups masqués avait balancé des tracts sur l'assistance. Avec un même discours sur l'asservissement. Troublé par ces actions, Jean Blaise, se dit pourtant toujours prêt à discuter.

Merci à A. pour m'avoir transmis l'information. La dépêche hurle-au-loup et léchons-les-bottes-des-flics-ça-peut-toujours-servir est issue du journal conservateur (atchoum) Ouest-France et datée de dimanche dernier. Les photos des quadrupèdes, dans les douves du château de la Duchesse Anne, ont été réalisées par Isabelle D. qui les a déposées sur le blog du KDL.) On se met en quête du fameux tract.

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Esao Andrews 1

esao_andrews1
Virile Influenza © esao

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Shohei Otomo Hakuchi 99

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4th of July -- Vive la Fête nationale

(et fin provisoire de l'hommage à Shohei Otomo)

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03 juillet 2009

Hotties reading 67

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Photoplay

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02 juillet 2009

Une bise et au lit 61 / Shohei Otomo Hakuchi 7

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Shohei Otomo Hakuchi

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Karl Malden lâche la rampe

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Karl Malden, 1912-2009  (clic)

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Parmi mes préférés: Baby Doll (Elia Kazan, 1956), avec Carroll Baker
« Streets of San Francisco » (1972-1977), avec Michael Douglas

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01 juillet 2009

Budd Boetticher (never in disgrace)

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Dans une vie antérieure, j'ai remué beaucoup d'air et excédé quelques banquiers, directeurs de festivals et patrons de cinémathèques, dans de vaines tentatives de rassembler le  budget pour (faire) traduire en français et (faire) éditer la formidable autobiographie de notre rejoneador préféré --- incidemment un des plus grands réalisateurs de westerns de tous les temps. En tout cas le plus grand à la Columbia entre 1954 et 1960.
Bud est mort un peu plus tard et l'eau a coulé dans les rios californiens. Je relis de temps en temps un chapitre de ses souvenirs, je me rappelle quel grand bonhomme il fut, et je pleurniche un peu dans mon coin. La photo de Mary et Bud, en grande tenue sur leurs chevaux mexicains (qu'on appelle ici des "chevaux arabes" et en Afrique du Nord des "portugais") dans leur ranch-école de Ramona, trône toujours sur le mur au-dessus de mon bureau, mais elle a perdu ses couleurs.
Patrick Leboutte m'annonce régulièrement que le moment est venu d'éditer The Bullfighter and the Lady, Arruza et My Kingdom For dans la collection de dévédés qu'il dirige chez Montparnasse. Mais chaque chose en son temps. Il faut d'abord achever de publier l'intégrale Straub et Huillet...
Bref. Fin de la digression nostalgique pour annoncer que Scott Montgomery, de Fallbrook Publishing, a retrouvé quelques exemplaires de When In Disgrace, dont il est prêt à se débarrasser à vil prix. Si vous aimez les chevaux, la boxe, le cinéma, les grandes gueules, Robert Stack et Randolph Scott, Debra Paget et les coyotes, vous trouverez tous les détails ICI . Si ça ne vous intéresse pas , je vous invite à faire circuler tout de même ce billet - ou celui de Flickhead.

budd_boetticher

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Shohei Otomo Hakuchi 6

otomo12
Shohei Otomo ( clic )

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[sans titre]

pb
© Atsushi Iijima

Ph!l a imaginé, pour saluer la chorégraphe, le titre génial qui s'imposait, le seul qui fût à la hauteur de l'évenement [clic].
En signe de protestation, ce billet-ci n'en porte donc pas.

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Ying Huang, « Un bel di vedremo »


« Un bel di vedremo »
extrait de Madame Butterfly (Frédéric Mitterrand, 1995)
Ying Huang, soprano. Musique: Giacomo Puccini (1904)

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30 juin 2009

Shohei Otomo Hakuchi 5

otomo03
Shohei Otomo ( clic )

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Shohei Otomo Hakuchi 4

otomo08b

Shohei Otomo ( clic )

otomo09

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Lena Horne, « Unlucky Woman »

Lena Horne, née un 30 juin
« Unlucky Woman » (1944)


Teddy Wilson Orchestra
Emmett Berry (tp), Benny Morton (tb), Jimmy Hamilton (cl),
Johnny Williams (bass), J.C. Heard (drums), Pete Johnson (2e piano)
~

pour mémoire : CLIC

I was born on Friday, married on Friday too
Yes I was born on Friday, married on Friday too
But I didn't believe in jinxes till the day that I met you

I don't want no more lovin', I'd rather be all alone
No i don't want no more lovin', I'd rather be all alone
So when payday comes around, I can call my money my own

Now love is just a gamble, it's just like shootin' dice
But it's my bad luck that I got snake eyes twice
I'm an unlucky woman, guess I was born that way
And if anyone can change me, they can move right in today

I don't want no more excuses, I don't want no jive
I wouldn't want you daddy if you was the last man alive
I've learned my lesson, and I've learned it just in time
Good luck will never find me, till I cross you off my mind

(paroles originales)

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Curly's dancing


« Nous savons aujourd'hui ce qui faisait rire Michael Jackson.
Comment s'étonner qu'il ait si mal tourné ? » L'Étoile rouge

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Michael Jackson et les Three Stooges, une histoire d'amour

Jean-Pierre Bouyxou, qui a une mémoire d'enfer mais le cœur gros comme ça, m'informe que Michael Jackson a pondu, il y a vingt-cinq ans, une préface au livre que Joan Howard Maurer venait de consacrer à Curly Howard (nyuk nyuk). Avec l'aide du bibliothécaire en chef de la Cinémathèque royale, sans qui nous serions à jamais de parfaits ignares, j'ai mis la main sur un exemplaire du livre.
Apprenant que la folie furieuse des Stooges aidait Michael Jackson enfant à se détendre et à fuir "les fardeaux de la vie", l'éditorialiste du prochain numéro de Positif piquera sûrement un coup de sang.
De même, l'existence d'une chanson composée par le King of the Pop en l'honneur de Moe, Curly et Larry consternera quelques pisse-vinaigre léninistes de notre connaissance, tchékistes ridicules qui n'y verront qu'un symptôme de la dégénérescence capitaliste et du triomphe de l'argent-roi. Mais ont-ils jamais entendu parler du génial team qui vulgarisa le double cheek slap (la double claque), le forehead slap (la calotte sur le front), l'eye poke (les doigts dans les yeux) et le nose tweak (la torsion du nez)?
J'offre un paquet de chips au paprika à quiconque aura le temps et le loisir de me donner une traduction, même sommaire, de la préface qui suit. Et j'envoie sur-le-champ une photo dédicacée de Jérôme Leroy roulant une pelle à Marvin Gaye au companero qui identifiera la chanson de Michael Jackson aux Stooges.

CURLY99

~

« My memories of the Three Stooges, and especially Curly, are still with me to this day. In my childhood, around our house in Indiana, it was a daily ritual for me to watch the Three Stooges on television. All my brothers loved them thencurly_jackson4 and even more so now. Chaplin and the Stooges are the greatest to me – their humor survives each generation. Even my mother loved to see us have fun watching them. Rehearsing as a team and watching the Stooges were the only times we got together as a whole family.

« The Stooges' craziness helped me to relax and to escape life’s burdens. They influenced me so much that I even wrote a song about them.

« Curly was definitely my favorite Stooge. He was unquestionably a comic genius who understood ad-libbing better than anyone. I loved the Stooges’ slapstick action and especially Curly's funny noises and his silly, child-like mannerisms and attitudes. He should be honored much more than what has been done for him in the part, for everyone loves him.

« As a kid, I imitated Curly all the time, and I enjoyed feeling superior to and smarter than those three, silly grownups. I owe so much to them that I feel they belong to me. That's why I had to write the foreword for this book.

« Joan, the author, asked me whether I thought that Curly had suffered when he had to shave off his wavy head of hair in order to become a Stooge. My answer was that I was sure he did, that underneath the smile may have been a tear after all, he was a clown. But it is our duty as entertainers to satisfy the people – to give of our souls even if it hurts.

« Curly had a magic. He was God-gifted – a natural. Even when he didn't intend to be funny he was magic.

« Today, thirty-three years after his death, Curly still has legions of fans because he was a natural. Such people appeal to the masses young and old – like the colour blue.

« I love everything about Curly and I would give anything to really know what he was like.

« Thanks to the author, this book will clear up much of the mystery of Curly for me and his millions of devoted fans. »

Michael Jackson

préface à Curly, An Illustrated Biography of the Superstooge,
de Joan Howard Maurer, Citadel Press, 1985

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29 juin 2009

Shohei Otomo Hakuchi 3

otomo07
Shohei Otomo ( clic )

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