le vieux monde qui n'en finit pas

23 juin 2017

Hotties Reading 481

henner

Jean-Jacques Henner, La Liseuse 1883

[mci JiPé]

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21 juin 2017

Il fait trop beau pour travailler

Une fois de plus, Claude Guillon et son blog nous sauvent de la morosité et de l'enfumage ambiants
en nous rappelant à la joie des valeurs fondamentales.

Il fait TOUJOURS trop beau pour travailler.

Avec Claude Bolling pour le ploum-ploum et Roland Petit pour le tralala.

Raymonde Bronstein, Anne Lefébure, Hélène Longuet, Anne-Marie Royer (dans le désordre)

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18 juin 2017

Fuller et Stridsberg, l'enfer de Corée

Affaire de circonstances ? Parce que j'ai revu tous les films de Samuel Fuller ces derniers mois, que j'ai lu nombre de textes récents consacrés à son oeuvre ? Cette page de Sara Stridsberg (dans un livre plutôt dédié à Nabokov et à Lolita) me fait penser à lui, à certaines scènes de ses films de guerre. La romancière/poète suédoise, pourtant, est à la fois plus sentimentale et plus radicale que le réalisateur de The Steel Helmet. Allez savoir.

« Quelques petites minutes plus tard le paysage était dévasté par des explosions : la forêt brûlait, les Coréens étaient partout. Un souvenir fugace s’épanouissait en lui : le petit garçon coréen qui cherche sa protection, qui se blottit contre lui comme si Richard était son père coréen. Et Richard le serre dans ses bras pendant toute la durée de l’attaque, soudain prêt à tout pour cet enfant inconnu. Mon enfant, crie-t-il... Mon cher enfant adoré... Tout va bien se passer... [...] Et Richard a la sensation que le garçon le comprend, qu’il comprend ces prières et ces mélodies à présent fragmentaires que sa mère lui chantait et qu’ils partagent en ce moment, unis par une seule et même masculinité sanguinolente. Jamais il n’a aimé quelqu’un aussi fort que le garçon en cet instant, alors qu’ils sont encerclés par la forêt incendiée, par les cris, les sirènes, le craquement des arbres en flammes qui tombent comme des allumettes. Or, lorsque le silence se redépose enfin et que le feu s’est éteint, le garçon dans ses bras est désormais sans vie.

[...] Peut-être est-ce nul autre que lui, Richard, qui a mis fin aux jours du petit Coréen lorsqu’il le pressait contre le sol pour le protéger. L’effroi l’a métamorphosé en assassin. Une fois pour toutes.

Il a ensuite inhumé l’enfant. Un soldat américain se tient au pied d’une tombe avec dans ses bras l’enfant de l’ennemi. Un soldat américain pose délicatement l’enfant de l’ennemi dans une fosse minutieusement creusée. Un soldat américain pleure à genoux, à terre et à genoux, sur la terre de l’ennemi. »

Sara Stridsberg, Darling River, 2010 [traduit du suédois par Jean-Baptiste Coursaud]

***

steel helmet

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Election, accordéon

Dimanche dernier, le bretonnant Paul Molac a été élu à la députation

pour la 4e circonscription du Morbihan.

Je n'ai donc pas besoin, aujourd'hui, de m'abstenir.

Une fois n'est pas coutume, j'ai pu acheter mon pain et passer devant l'église

sans que les braves gens me montrent du doigt.

[Ci-dessous, Molac (en chemise bleue) et son groupe, Ferzaé, lors d'un fest-noz à Questembert.]

 

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17 juin 2017

Gens de Dublin, la gaffe

Dans la dernière livraison du Monde, l'écrivaine (sic)
Alice Zeniter évoque "Gens de Dublin de John Ford".

Pas foutus de faire relire les textes, à la rédaction ?

[Les bons correcteurs en maraude ne manquent pas, pourtant.
Envoyez vos propositions au gérant du blog.

Elles seront, selon les cas, étudiées avec l'attention qu'elles méritent
ou parcourues d'une fesse distraite (Tristan B.)]

 

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16 juin 2017

lectures pour tous : Norman Spinrad

solariens

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« Car, à présent, Palmer comprenait parfaitement la signification de l’œuvre. Lorsqu’il l’avait entendue, elle s’adressait aux Solariens. Maintenant elle s’adressait aux hommes de partout. Elle parlait d’une perte si grande qu’il faudrait des siècles pour en connaître toute l’étendue. Elle parlait d’un million de villes, bourrées d’histoire et de souvenirs, de mille cultures bouillonnant de ferments féconds depuis des millénaires et transformées aujourd’hui en gaz incandescent, aujourd’hui perdues pour toujours. La race humaine échappait à la plus grande menace de toute son histoire, mais le sacrifice valait le résultat. L’homme survivrait mais en perdant son foyer originel, la plus grande partie de son histoire et de sa culture, ses racines les plus élémentaires et plus fondamentales, le dernier et le plus grand de ses mythes, Forteresse Sol. La survie, pensa Palmer tristement, se paie toujours par la perte d’illusions. La race humaine avait laissé derrière elle les objets de son enfance. Nous sommes à présent livrés à nous-mêmes. »

Norman Spinrad, Les Solariens (1966), trad. Ileana Collard-Bentia

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solarians

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Hotties Reading 480

ruiz2

Raoul Ruiz 1941-2011

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11 juin 2017

Lire pour tuer le temps (Georges Hyvernaud)

« Lire aussi, c’est un assez bon moyen de tuer le temps. Il y a des types qui lisent toute la journée. Des livres qu’on se refile de l’un à l’autre, des bouquins graisseux et déchiquetés. Ça a servi à tout le monde. C’est rapiécé, rapetassé, effiloché. Plein de taches de doigts et de traits de crayon. De tristes bouquins où se sont traînés Dieu sait quels rêves obscènes. Tristes comme les rues, comme les murs. Comme tout ce qui a été frotté, usé, sali par tout le monde. Comme un corps de fille où tout le monde s’est vautré. On lit n’importe quoi. Des bouquins pour apprentis et pour femmes de ménage. Celui-là ou d’autres, qu’est-ce que ça peut faire ? On ne choisit pas plus ses livres que ses compagnons de latrines. On lit pour lire. Pour s’engourdir, se défaire et se perdre. Se vider de soi. S’abandonner au sortilège monotone des signes. À la puissance des signes qui cheminent, noir sur blanc, inépuisables foules naines parmi des plaines renaissantes, interminable petite pluie noire, battement des secondes dans le vide du temps. »

[Georges Hyvernaud, La peau et les os, 1949]

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hyvernaud

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09 juin 2017

Hotties Reading 479

robert montgomery (katherine washington)

Robert Montgomery (par Katherine Washington), 1931

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08 juin 2017

L'ami Zéno (1950-2017) n'est plus

On peut voir sur Youtube, une version "longue" ("uncut") de Vase de noces (1974)

 

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[communiqué de la Fondation Félicien Rops]

Le cinéaste et plasticien Thierry Zéno (né Jonard), administrateur-délégué du Fonds Félicien Rops s’est éteint ce 7 juin 2017. Amateur de l’œuvre de Rops, il avait réalisé Les Muses Sataniques (1983) et Ce tant bizarre Monsieur Rops (2000). En 1985, il publia aux Editions Jacques Antoine un recueil de lettres de Félicien Rops, Les Muses sataniques. Il était le fidèle ami d’Elisabeth Rops, la petite-fille de l’artiste qui lui avait demandé de l’aider à créer en 1993 le Fonds Rops pour sauvegarder le château de Thozée si cher à son grand-père et y organiser des rencontres et stages artistiques ainsi que des résidences pour écrivains et artistes plasticiens.

Avec passion, il dévoua toutes ces années au respect des volontés d’Elisabeth. Si l’endroit est aujourd’hui un lieu de vie pour les artistes et de plus en plus accessible au public, c’est grâce à la persévérance, à la passion et la force de travail de Thierry. Le conseil d’administration du Fonds Rops lui est si reconnaissant de cet investissement et s’associe à la peine de son épouse, de ses enfants et de sa famille.

thierry zéno

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02 juin 2017

Hotties Reading 478

claudette colbert (katherine washington) phil

Claude Colbert (par Katherine Washington)

[merci Phil]

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26 mai 2017

Hotties Reading 477

constance bennett lady with a past

Constance Bennett, Lady With a Past 1932

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23 mai 2017

Franz Kafka et le FBI

Qui d'autre, sans rire, collerait un portrait de Kafka dans le bureau d'un chef du FBI ?

kafka fbi

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22 mai 2017

Sur le nouveau gouvernement, par Nathalie Quintane

Dans lundimatin, ce lundi matin 22 mai

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Nathalie Quintane écrit des livres. Le plus récent s’intitule Que faire des classes moyennes ? paru aux éditions POL. Comme nous l’aimons beaucoup, nous lui avons demandé son avis sur ce gouvernement fraîchement constitué.

***

Il est possible que l’habileté et la bonne humeur du nouveau gouvernement quel que soit le nouveau gouvernement, à condition qu’il soit cauteleux et assuré, forme enfin un adversaire compact et lisible, parce qu’il vient après les autres qui nous ont fatigués, parce qu’il parade sans retenue mais sans arrogance spéciale, n’ayant jamais à vaincre puisque toujours gagnant, et parce que de mémoire, qui n’est pas une mémoire d’homme, il n’a plus souvenir d’avoir vu ni entendu pour de vrai ces gens dont il pense que tant qu’ils auront des kebabs ils ne se révolteront pas. De fait, le motif de la faim est depuis si longtemps l’élément déclencheur du conte - on raconte encore qu’on a achevé 68 en remplissant les frigos vides, dans le Nord -, qu’on ne sait plus qu’on a décollé des têtes pour bien moins que ça, et avec le ventre plein.

Supposons que les Compagnies Républicaines voient devant elles des excités, au mieux des hippies, des jeunes qu’on calmera à l’eau froide et de vieux manipulateurs (ceux qui, je cite "instrumentalisent politiquement"), des inutiles et des paresseux, c’est-à-dire supposons qu’elles voient ni plus ni moins ce qu’à peu près tous y voient, de loin, en France, pays où chacun-chacune est ponctuellement capable de se changer en Compagnie Républicaine de Sécurité le cas échéant, si besoin est, à l’occasion, seule la bonne humeur invincible du gouvernement, productrice de décisions en rafales et du grand chambard qui s’en suit, est à même d’interrompre un flow français déjà hésitant, qui ne cesse pas de tiquer par youtube interposé à tel ou tel mot un peu too much lâché par le petit ou grand personnel du nouveau gouvernement, qui n’y voit pas malice.

Qui n’y voit pas malice: une autoroute, comme on dit, s’ouvre devant lui sous nos yeux, et quelques gêneurs. Que des gênés aux entournures, et pas des révolutionnaires patentés, puissent à la fois foutre le zbeul et calculer leur rage, gérer un biz et calligraphier de la banderole, livrer des pizzas tout habillés de noir, covoiturer pour trente euros et faire des molotov (etc.), c’est une perspective.

Le soir avant la télé, dans toutes les petites familles, mes Chers, et depuis des années que nous avons la chance d’avoir de nouveaux gouvernements, on finit tous par dire ou par entendre que ça va péter. Le témoin direct que je suis peut dire que le ça-va-péter est dit ou entendu avec de plus en plus d’intensité, de force de conviction, d’attente - assorti du rappel descriptif que les Compagnies n’ont affaire devant elles qu’à des excités, hippies, jeunes, vieux manipulateurs inutiles et paresseux. Une façon de cohérence n’est pas encore atteinte, donc.

Mais les révoltes, si elles sont logiques, sont-elles cohérentes ? On pourra se révolter sans cohérence, le ventre plein, et ce sera logique. Pour le moment, organiser des events, spectaculaires pour peu, et qui prennent de la viande (vous taillez dans notre viande, mes Chers), ne redonne pas le moral à tous les coups.

Pour prendre date, ie. voler le calendrier, il y faudra les retraités, le débordé de la cégète, les non-éligibles à l’emploi, que les facs visitent l’ESSEC, un pique-nique chez LVMH ou alors un gros tag, un défilé Whirlpool lors de la fashion-week, une benne de choux de Bruxelles devant le Quai d’Orsay (etc., liste non close) - généralisation de la rencontre du parapluie et de la machine à coudre, c’est ça qui fait boum et boum.

Bientôt bien-sûr.

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autoroute

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20 mai 2017

Mélenchon, Haleine-de-poubelle

Françoise Nyssen et les sectes :

Jean-Luc Mélenchon est "plus ou moins" un sale type.

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wet-cat-10

 

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19 mai 2017

Hotties Reading 476

hr hamac

Hamac et littérature [envoi de Cat LeG.]

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14 mai 2017

Fin de quinquennat

Encore un quinquennat que nous allons regretter.

quinquennat

[merci M. Fontenelle]

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11 mai 2017

Hotties Reading 475

imitation of life1

Dorothy Black, Imitation of Life, John M. Stahl 1934

imitation of life2

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07 mai 2017

International day of masturbation

7 mai, vingt heures et des poussières (heure de Paris).

La journée mondiale de la masturbation s'achève tranquillos.

Elle fut ponctuée de tas de petites jouissances et de quelques gros orgasmes.

J'en connais qui pensent que les abstentionnistes auraient mieux fait de.

Mais qu'en savent-ils ? Et surtout, de quoi se mêlent-ils ?

Voir ici : CLIC

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05 mai 2017

La mort d'Ogien

ruwen

J'apprends la mort de Ruwen Ogien. Il nous avait prévenus,
lui qui avait publié cette année
Mes mille et une nuits. La maladie comme drame et comme comédie.

C'était un véritable insoumis, pas de pacotille, y compris à l'égard de la mort :
"Je constate que mon corps fait de la résistance et je suis content pour lui."

Un petit livre, parmi la trentaine d'ouvrages publiés en un quart de siècle
(Penser la pornographie, par exemple, est d'une lecture indispensable),
nous a un peu aidés à piger ce qui nous entoure.

ogien-portrait

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