le vieux monde qui n'en finit pas

19 août 2018

30 ans de subversion carabinée (8) Charles Fourier et Raoul Vaneigem

Nous célébrons le trentième anniversaire de l’Anthologie de la subversion carabinée de notre cher Noël Godin. Pendant cent jours, des auteurs choisis au hasard dans le sommaire du livre sont ici proposés, avec un ou deux extraits pris au hasard dans le chapitre à chacun consacré. L’exercice est gratuit, paresseux et purement incitatif. Pour le reste, démerdez-vous. Réimprimée plusieurs fois, l’Anthologie est encore en vente libre (éditions de l’Âge d’homme), grâce à elle c’est Noël tous les matins. Achetez-la, volez-la, donnez-la ou partagez-la, mais lisez-la.

Aujourd’hui : Charles Fourier et Raoul Vaneigem

charles fourier

« Ne sacrifiez point le bien présent au bien à venir. Jouissez du moment, évitez toute association de mariage ou d’intérêt qui ne contenterait pas vos passions dès l’instant même. Pourquoi travailleriez-vous pour le bien à venir, puisqu’il surpassera vos vœux, et que vous n’aurez dans l’ordre combiné qu’un seul déplaisir, ce sera de ne pouvoir doubler la longueur des jours, afin de suffire au cercle immense des jouissances que vous aurez à parcourir. »

Charles Fourier, Avis aux civilisés relativement à la prochaine métamorphose sociale (1808)

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petite maman

« C’est un des grands mérites de Fourier d’avoir montré qu’il faut réaliser sur-le-champ – et, pour nous, cela signifie dès le début de l’insurrection généralisée – les conditions objectives de l’émancipation individuelle. Pour tous, le début du moment révolutionnaire doit marquer une hausse immédiate du plaisir de vivre, l’entrée vécue et consciente dans la totalité. »

Raoul Vaneigem, Avis aux civilisés relativement à l’autogestion généralisée (1968)

« Ceux qui parlent de révolution et de lutte des classes sans se référer explicitement à la vie quotidienne, sans comprendre ce qu’il y a de subversif dans l’amour et de positif dans le refus des contraintes, ceux-là ont dans la bouche un cadavre. »

Raoul Vaneigem, Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations (1967)

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18 août 2018

You're probably a schmuck

A tous les camarades qui s'obstinent à donner leurs sous aux compagnies low-cost.
Jerry "You're probably a schmuck" nous avait pourtant prévenus.
Bonnes vacances (ou bon retour, c'est selon). 

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17 août 2018

Balibar et l'errance (2)

Les errants ne sont pas une classe. Ils ne sont pas une race. Ils ne sont pas la multitude. Je dirais qu'ils sont une partie mobile de l'humanité, suspendue entre la violence d'un déracinement et celle d'une répression. Ce n'est qu'une partie de la population mondiale (et même une petite partie), mais hautement représentative, parce que sa condition concentre les effets de toutes les inégalités du monde actuel, et parce qu'elle porte ce que Jacques Rancière a appelé la "part des sans-part", c'est-à-dire le manque de droits qu'il faut combler pour qu'humanité rime enfin avec égalité. Il s'agit de savoir si l'humanité expulse de son sein cette partie d'elle-même, ou si elle en intègre les exigences à son ordre politique et à son système de valeurs. C'est un choix de civilisation. C'est notre choix.

Étienne Balibar, août 2018

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16 août 2018

Balibar : "Pour un droit international de l'hospitalité"

Le philosophe Etienne Balibar s'insurge contre les violences faites aux migrants, " que l'histoire jugera sans doute criminelles ". Au nom d'un " choix de civilisation ", il propose de reconnaître " l'hospitalité comme un droit fondamental " s'imposant aux Etats et s'appliquant à ceux qu'il appelle les " errants " [Le Monde]
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Cette tribune reprend et précise des idées que le philosophe a développées le 13 juillet à Saorge (Alpes-Maritimes) dans le cadre du Festival des passeurs d'humanité de la vallée de la Roya. 

En Méditerranée, la situation ne cesse de se tendre. Une hécatombe quotidienne, en partie dissimulée. Des Etats instituant ou tolérant des pratiques d'élimination que l'histoire jugera sans doute criminelles. Entre les deux, des initiatives incarnant l'effort de solidarité de la "société civile": villes refuges, "passeurs d'humanité", navires de sauvetage trop souvent contraints à la guérilla contre l'hostilité des pouvoirs publics. Cette situation n'est pas sans analogues dans le monde. Mais pour nous, citoyens d'Europe, elle revêt une signification et une urgence particulières. Elle appelle une refonte du droit international, orientée vers la reconnaissance de l'hospitalité comme "droit fondamental" imposant ses obligations aux Etats, dont la portée soit au moins égale à celle des grandes proclamations de l'après-guerre (1945, 1948, 1951). Il faut donc en discuter.

Et d'abord de qui parlons-nous: de "réfugiés", de "migrants" ou d'une autre catégorie qui les englobe ? Ces distinctions, on le sait, sont au cœur des pratiques administratives et de leur contestation. Mais, surtout, de la façon dont nous nommons les humains qu'il s'agit de protéger ou de contraindre dépend aussi le type de droits que nous leur reconnaissons, et la façon dont nous qualifions le fait de les en priver. Le terme auquel je pense est celui d'errants. Il me conduit à parler d'errance migratoire ou de migrance, plutôt que de migration. Le droit international de l'hospitalité doit s'adresser aux errants de notre société mondialisée, refléter les caractères de l'errance migratoire comme telle, en particulier du fait des violences qui se concentrent sur son parcours.

Plusieurs arguments iraient dans ce sens. D'abord, l'obsession pour le refoulement de l'immigration dite clandestine et l'identification des "faux réfugiés" a fini par produire un "retournement du droit de l'asile" (Jérôme Valluy, politologue). Les gouvernements utilisent la catégorie de "réfugié" non pour organiser l'accueil des individus fuyant la cruauté de leur existence, mais pour délégitimer quiconque ne correspond pas à certains critères formels ou ne sait pas bien répondre à un interrogatoire. Cela ne serait pas possible, cependant, si les critères officiels n'étaient pas extraordinairement restrictifs, de façon à disjoindre l'obtention du statut de réfugié et le droit de circulation, tout en plaçant la souveraineté des Etats hors d'atteinte d'une véritable contestation. Aussi ne font-ils aucune place aux conditions de guerre civile ou de guerre économique, dictature ou restriction de la démocratie, catastrophe environnementale qui sont aujourd'hui à la racine des errances.

De plus, en déniant ces réalités en même temps qu'ils font violence à ceux qui les vivent, les Etats transforment à leur tour des masses de migrants en réfugiés sans refuge, pourchassés d'un campement à l'autre. Ce sont les usages (et mésusages) de la distinction qui nous obligent aujourd'hui à repenser le problème, pour lui apporter une solution qui passe aussi par le droit.

Les discussions montrent toutefois qu'elle peut chercher à se justifier diversement. Une conception humaniste posera que la liberté de circulation est un des droits de l'homme, aussi fondamental que la liberté d'expression ou l'habeas corpus. Elle exigera que les Etats lui fassent le moins d'obstacles possible. Une conception libérale exprimera la même exigence en termes de "laissez-passer", valant pour les hommes aussi bien que pour les marchandises, les capitaux ou les informations. Dans ses variantes égalitaires, elle insistera sur l'injustice qu'il y a à réserver le droit de changer de résidence aux individus puissants et fortunés, en excluant les pauvres et les exploités. Ces raisonnements ne manquent ni de force ni de fondement, mais ne me semblent pas affronter la spécificité de la migrance contemporaine, parce qu'ils neutralisent le choc des situations de détresse et des interventions étatiques qui les visent.

Beaucoup plus pertinente me semble l'application rigoureuse des notions contenues dans la Déclaration universelle des droits de l'homme à propos de la circulation, de la résidence et de l'asile: d'une part en raison de sa logique consistant à corréler des droits de signe contraire (comme le droit d'émigrer et le droit au retour), d'autre part en raison de son souci d'éviter la formation d'individus privés de droits ou de non-personnes. Sa grande limitation, c'est qu'elle fait de l'appartenance nationale et de la souveraineté territoriale l'horizon absolu des dispositifs de protection des personnes, alors que, dans la situation actuelle, la nécessité criante est de limiter l'arbitraire des Etats, en leur opposant des contre-pouvoirs légitimes internationalement reconnus. C'est pourquoi je suggère de passer au-delà de ces textes en donnant corps à un droit de l'hospitalité, dont le principe est que les errants (et ceux qui leur portent secours) peuvent obliger l'Etat "souverain" lui-même, de façon que leur dignité et leur sécurité ne soient pas, comme aujourd'hui, systématiquement foulées aux pieds.

Il n'en est pas moins nécessaire de se rattacher ici à l'une des formules-clés de 1948: "Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique" (article 6 de la Déclaration universelle). En tous lieux veut dire même dans un office d'immigration, dans le cadre d'un contrôle frontalier, dans un camp de réfugiés, et si possible dans le fond d'un radeau pneumatique dérivant en haute mer… Là où il faut demander à une autorité de remplir ses obligations, mais aussi là où il faut lui résister, en raison de sa tendance propre à sacrifier les droits humains à des exigences sécuritaires, voire identitaires. Le principe des principes, c'est que les migrants en situation d'errance jouissent de droits opposables aux lois et règlements étatiques, ce qui implique aussi qu'ils puissent se défendre ou être représentés devant des juridictions ad hoc ou de droit commun.

De ce principe découleraient plusieurs ordres de conséquences. En tout premier lieu, l'interdiction de refoulement: non seulement les errants ne peuvent pas être violemment écartés d'une frontière ou d'une côte, mais ils doivent pouvoir exprimer leurs besoins dans des conditions qui respectent leur dignité, leur intégrité corporelle, leur autonomie individuelle, et tiennent compte des souffrances endurées. La "charge de la preuve" ne doit pas être du côté des errants, mais du côté des Etats hésitant à les accueillir.

Deuxièmement, les Etats et leur police opérant aux frontières ou à l'intérieur du territoire ne doivent pas brutaliser les errants: notion hélas très vaste qui s'étend des violences exercées contre des individus sans papiers jusqu'à la création de ce que Theresa May avait appelé un "hostile environment" pour les étrangers, en passant par l'enfermement dans des camps et la séparation des familles.

Troisième point: les Etats ne doivent pas établir des listes de pays d'origine dont les ressortissants sont interdits d'entrée a priori en fonction de critères raciaux, culturels, religieux ou géopolitiques (nonobstant la nécessité pour eux de se prémunir contre les entreprises terroristes auxquelles l'errance peut servir de couverture).

Quatrièmement: les opérations militaires ne doivent pas chercher à détruire des organisations ou des réseaux de passeurs au risque de la vie des errants eux-mêmes, qui sont leurs victimes, et non leurs commanditaires. A fortiori, les décisions qui interdisent les opérations de secours ou tentent de les faire échouer doivent être considérées comme des complicités de crimes (éventuellement de crimes contre l'humanité).

Enfin, en cinquième et dernier point: les Etats ne doivent pas, pour se défausser, externaliser la "gestion" des flux de migrants et de réfugiés. En particulier, ils ne doivent pas négocier avec des pays tiers – qualifiés de " sûrs " pour la circonstance – des accords de troc (rétention forcée contre subventions) qui, de façon inavouable, les rabaissent au même niveau que les "passeurs" mafieux dont ils dénoncent les activités.

Ces dispositions formulent des limites ou des interdits plutôt qu'elles ne prescrivent des comportements. Cela est conforme à la nature du discours juridique lorsqu'il entreprend de rectifier une violence ou un abus. Il ne s'agit pas de mettre fin par décret à l'errance des migrants et des demandeurs d'asile, non plus que de supprimer les causes qui ont déterminé leur exode. Mais il s'agit d'empêcher que, sous couvert de hiérarchiser ces causes, la politique des Etats transforme l'exode en un processus d'élimination. Les migrants en proie à l'errance et ceux qui leur viennent en aide doivent avoir le droit avec eux, dans leurs efforts pour y résister. C'est peu – à moins que ce ne soit beaucoup.

Il n'y a pas de droit à l'hospitalité, car l'hospitalité est une disposition collective relevant de la liberté, une "responsabilité partagée" (Mireille Delmas-Marty). Mais il faut développer le droit de l'hospitalité, activité civique en plein essor, à la mesure de l'urgence. Dépassant la proposition kantienne d'un "droit cosmopolitique" limité au droit de visite, il en généraliserait la norme fondamentale: les étrangers ne doivent pas être traités en ennemis. Or tel est précisément l'effet des politiques d'un nombre croissant d'Etats contre la migrance globale.

Les errants ne sont pas une classe. Ils ne sont pas une race. Ils ne sont pas la multitude. Je dirais qu'ils sont une partie mobile de l'humanité, suspendue entre la violence d'un déracinement et celle d'une répression. Ce n'est qu'une partie de la population mondiale (et même une petite partie), mais hautement représentative, parce que sa condition concentre les effets de toutes les inégalités du monde actuel, et parce qu'elle porte ce que Jacques Rancière a appelé la "part des sans-part", c'est-à-dire le manque de droits qu'il faut combler pour qu'humanité rime enfin avec égalité. Il s'agit de savoir si l'humanité expulse de son sein cette partie d'elle-même, ou si elle en intègre les exigences à son ordre politique et à son système de valeurs. C'est un choix de civilisation. C'est notre choix.

Étienne Balibar, août 2018

 

 

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FDJ 90 : Tsui Hark

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Di Renji zhi sidatianwang [La légende des rois célestes], 2018

Troisième aventure-enquête du juge Ti adaptée par Tsui Hark

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15 août 2018

Hotties Reading 538

hr pociag 1959

Lucyna Winnicka dans Pociag (Train de nuit), de Jerzy Kawalerowicz 1959

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30 ans de subversion carabinée (7) Arthur Rimbaud

Nous célébrons le trentième anniversaire de l’Anthologie de la subversion carabinée de notre cher Noël Godin. Pendant cent jours, des auteurs choisis au hasard dans le sommaire du livre sont ici proposés, avec un ou deux extraits pris au hasard dans le chapitre à chacun consacré. L’exercice est gratuit, paresseux et purement incitatif. Pour le reste, démerdez-vous. Réimprimée plusieurs fois, l’Anthologie est encore en vente libre (éditions de l’Âge d’homme), grâce à elle c’est Noël tous les matins. Achetez-la, volez-la, donnez-la ou partagez-la, mais lisez-la.

Aujourd’hui : Arthur Rimbaud (1854-1891)

arthur rimbaud

« C’est la Crapule, Sire ! » (1872)

Il le prend par le bras, arrache le velours
Des rideaux, et lui montre en bas les larges cours
Où fourmille, où fourmille, où se lève la foule,
La foule épouvantable avec des bruits de houle,
Hurlant comme une chienne, hurlant comme une mer,
Avec ses bâtons forts et ses piques de fer,
Ses tambours, ses grands cris de halles et de bouges,
Tas sombre de haillons saignant de bonnets rouges ;
L’Homme, par la fenêtre ouverte, montre tout
Au roi pâle et suant qui chancelle debout,
Malade à regarder cela !
« C’est la Crapule,
Sire. Ça bave aux murs, ça monte, ça pullule [...]. »

Le Forgeron

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12 août 2018

FDJ 89 : Karel Zeman

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Baron Prásil [Le baron de Crac] 1961

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11 août 2018

Lectures pour tous : Cormac McCarthy

« C’est ton problème, dit Suttree. Il recula et tourna les talons pour s’en aller. À ce moment-là le gamin lui sauta dessus. Suttree l’esquiva. Ils tombèrent par terre. Suttree pouvait sentir son odeur aigre de sueur. Le gamin essayait de le frapper, des coups brefs de ses gros poings. Suttree poussa son visage contre la poitrine. Peur et nausée. Le gamin cessa de frapper et tenta de le saisir à la gorge. Suttree roula sur lui-même. Ils se relevèrent. Le gamin le tenait par la veste. Suttree lui décocha un coup de poing. Ils se rapprochèrent, les pieds grattant dans le gravier, là, dans la quasi-obscurité devant le magasin abandonné. Le gamin se dégagea pour frapper et Suttree se laissa choir sur un genou et saisit le gamin derrière les mollets et d’une brusque secousse le fit tomber sur son derrière. Ensuite il courut le long de l’autoroute. Les souliers du gamin claquant derrière lui. Goût de sang dans la bouche. Mais les pas décrurent et quand Suttree regarda derrière lui il put voir au bord de la route dans le crépuscule qui s’épaississait le gamin accroupi pour reprendre haleine. Espèce de couille molle, la voix lui parvint flottant le long de l’autoroute. Suttree porta la main à son cœur, là où il tonnait, seul bruit dans le silence de ces étendues désertes. Il reprit sa marche le long de la route dans l’obscurité. »

Cormac McCarthy, Suttree, 1979, Actes Sud (1994),
traduit de l’anglais par Guillemette Belleteste et Isabelle Reinharez

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30 ans de subversion carabinée (6) Marcel Moreau

Nous célébrons le trentième anniversaire de l’Anthologie de la subversion carabinée de notre cher Noël Godin. Pendant cent jours, des auteurs choisis au hasard dans le sommaire du livre sont ici proposés, avec un ou deux extraits pris au hasard dans le chapitre à chacun consacré. L’exercice est gratuit, paresseux et purement incitatif. Pour le reste, démerdez-vous. Réimprimée plusieurs fois, l’Anthologie est encore en vente libre (éditions de l’Âge d’homme), grâce à elle c’est Noël tous les matins. Achetez-la, volez-la, donnez-la ou partagez-la, mais lisez-la.

Aujourd’hui : Marcel Moreau (1933- )

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Les Arts viscéraux (1975)

« Quelle que soit la situation considérée: science, religion ou occultisme, nous sommes en présence d’une intolérable dilapidation des énergies humaines. Ainsi ceux qui s’allongent sur le divan lacanien font don à l’imbécillité moderne de ce qu’ils possèdent de plus précieux. À supposer que l’être lacanisé se révoltât et projetât soudain sur l’être lacanisant, terrassé et cloué au sol, la merde et l’urine qu’il porte en lui à l’état d’ébullition, non seulement le lacanisant comprendrait que la traduction des ténèbres en charabia est dérisoire au regard des ténèbres en action, mais sa victime percerait à travers ses déjections et les vomissements de dégout du lacanisant l’un des secrets les plus somptueux de sa vie d’inhibé. Je veux dire par là que chaque fois que l’on confie sa folie à l’ordre, cet ordre ne peut lui offrir en retour que la désolation de l’enfermement, de la logomachie, de sa respectabilité mondaine et pontifiante. Tous les hommes qui nous parlent de la folie sur un ton doctoral et en vue de leur gloire personnelle devraient subir les assauts éclaboussants de la perversion. »

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10 août 2018

Héron, héron

Reçu ceci de JP. Irrésistible.

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C'est l'histoire d'un petit garçon qui se promène à la campagne avec son père.
Un héron les survole, majestueux. Aussitôt, l’enfant le montre du doigt à son père et s’exclame :
« Regarde, papa. Tapon ! Tapon ! »
Le héron freine aussitôt des deux ailes, se pose, s’approche d’eux en sautillant et, d’un ton docte, dit au petit garçon :
« Héron ! Héron, petit. Pas Tapon ! »
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héron

 

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FDJ 88 : Jean-Pierre Bouyxou

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Les vamps fantastiques, Jean-Pierre Bouyxou & Jean-Yves Bochet, 2003

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FDJ 87 : Joseph L. Mankiewicz

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The Honeypot, 1967

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09 août 2018

長崎市,La longue pointe

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Nagazaki, 9 août 1945. De quatre-vingts à deux cent mille morts, selon les décomptes.

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08 août 2018

Vivement la rentrée

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Une série de Dave Holstein. Réalisation : Michel Gondry

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En attendant le 9 septembre, on relira - exercice profitable - le Répliques hors-série
consacré à Gondry (et concocté par Nicolas Thévenin & Morgan Pokée)

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Hotties Reading 537

hr le petit chaos

Rainer Werner Fassbinder, Das kleine Chaos 1966

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07 août 2018

30 ans de subversion carabinée (5) Jacques Mesrine

Nous célébrons le trentième anniversaire de l’Anthologie de la subversion carabinée de notre cher Noël Godin. Pendant cent jours, des auteurs choisis au hasard dans le sommaire du livre sont ici proposés, avec un ou deux extraits pris au hasard dans le chapitre à chacun consacré. L’exercice est gratuit, paresseux et purement incitatif. Pour le reste, démerdez-vous. Réimprimée plusieurs fois, l’Anthologie est encore en vente libre (éditions de l’Âge d’homme), grâce à elle c’est Noël tous les matins. Achetez-la, volez-la, donnez-la ou partagez-la, mais lisez-la.

Aujourd’hui : Jacques Mesrine (1936-1980)

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Lettre à ma victime (1979)

« (...) Tu as été tiré au 22 LR à titre d’avertissement, et non pas au gros calibre, comme le prétend Minute et cela selon un scénario bien préparé. Trois balles pour toi sur cinq balles tirées. Je disposais d’un 357 Magnum, d’un Smith & Wesson 9 mm modèle 1959 à 15 coups, d’un fusil d’assaut Kalachnikov 30 coups et de quatre grenades quadrillées (arsenal de tous mes déplacements). De quoi t’achever en long, en large et en couleur. Mais les morts fascistes font de trop beaux martyrs. J’ai préféré l’exemple vivant d’une très sérieuse leçon. (...) L’embuscade que je t’ai tendue était préméditée... Tu en connais mieux que personne les raisons. Je n’aime pas les flics-journalistes... Un pied dans leur rédaction, un pied dans la grande maison. Pour moi il n’y a pas d’équivoque. Tu n’es journaliste qu’en vertu d’une carte de presse et tu es toujours flic malgré l’absence de la "tricolore". Tu n’es pas "indic", tu "renseignes" (la nuance te va ?). Tu n’écris pas... tu salis. Mais à force de tremper ta plume dans la merde, il fallait que tu t’attendes à en manger une cuillère. J’espère que tu as aimé. Car après les hors-d’œuvre, tu pourrais bien goûter au plat de résistance. Quand je t’ai passé les menottes j’ai mis ton magnétophone en marche. Tout est enregistré. Ne joue pas les braves types, Tillier, tu es une crapule... tout comme je suis un tueur. »

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06 août 2018

広島市, la grande île

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Hiroshima, 6 août 1945, entre cinquante et deux cent mille morts, selon les décomptes.

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05 août 2018

FDJ 86 : Frederick Wiseman

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Racetrack, 1985

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04 août 2018

Lectures pour tous : Jaroslav Hašek

Mais la discipline, on a beau dire, c’est important dans l’armée. Sinon, tout irait à vau-l’eau. Makovec, notre Oberleutnant, il nous disait toujours : « Faut de la discipline, bande de crétins. Sans elle, vous seriez encore en train de grimper aux arbres comme des macaques. L’armée fera de vous des hommes, tas d’imbéciles. » Et il avait raison, pas vrai ? Imaginez un parc, disons, par exemple, celui de la place Charles, et sur chaque arbre, un soldat sans discipline. V’là ce qui m’a toujours fait peur.

Jaroslav Hašek, Les aventures du brave soldat Švejk pendant la Grande Guerre.
Livre 1 : À l’arrière
(1921).
Traduit du tchèque par Benoît Meunier, Gallimard, 2018.

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ill. Josef Lada (1887-1957)

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