31 août 2008
Les taurillons de La Rochette
Fin du traditionnel rassemblement d'été au lieu-dit La Rochette, confins de Saint-Jean-la-Poterie (Morbihan). On connaît les épisodes d'un tel raout : ruée pour se trouver au plus près de l'appareil photo (seul moment où tout le monde va dans le même sens), affrontements dénués de courtoisie, échanges de contributions et de noms d'oiseaux, simulacre de synthèse, formation d'alliances qui ne tiendront pas une saison, réconciliation de pure forme, abandon des locaux à l'heure de l'apéro. Taurillons, génisse et vieilles vaches se sont promis des retrouvailles dans deux mois, en Champagne. Ce sera l'hiver, la bouse sentira beaucoup plus fort. On tremble pour l'avenir de la race bovine. [De notre dépité spécial en Bretagne]




30 août 2008
Joan Blondell, 30 août 1906
Nightmare Alley, Edmund Goulding, 1947

Joan Blondell. Vingt-sept ans à l'écran [en bas], cent deux ans aujourd'hui.
Busby Berkeley se tient coi pendant la première moitié de l'extrait qui suit, dissimulé derrière Mervyn LeRoy et Sol Polito, le metteur en scène et le directeur de la photo. Le film s'intitule Gold Diggers of 1933.
Joan Blondell. Un peu Damia pour l'accoutrement. Louise Brooks pour la démarche, flambeuse pré-Marilyn pour le reste (sa façon de tenir sa cigarette, disons). Autour, la crise, la guerre, les pauvres qu'on laisse se débrouiller, entre deux conflits, au fond de la dépression. L'Amérique est dans la mouise, une fois de plus. (Ça ne durera pas, la guerre mondiale va arranger ça.) Qui a dit que les musicals des années trente ne s'intéressaient pas au monde réel ? En sept minutes, on voit passer Duvivier, Gance, l'Italie de 1946 (avec treize ans d'avance), Sturges et ses Sullivan's Travels, Brecht et Weill, Metropolis. C'est fou comme les pauvres types se ressemblent, partout et tout le temps.
Joan Blondell ou Etta Moten ? Blondell ne chante pas très bien. Mais elle jacte (Arletty péroxydée), et pour bouger elle se pose là. On lui demande donc de faire l'actrice, et elle raconte la chanson.
Assise à la fenêtre, Etta Moten va da capo, mais avec la mélodie. Vous avez dit : déchirant ?
Troisième reprise, martiale. Les drapeaux, la guerre, puis les blessés, les invalides, la soupe populaire - ne manquent plus pour boucler la boucle que le flic, la médaille et le regard assassin de Blondell dans l'acte précédent.
On remet ça pour la quatrième fois, Busby et ses motifs géométriques futuristes donnent le la. Joan Blondell tombe du ciel et joue les Brigitte Helm, cette fois elle chante, il faut au moins cela pour redonner vigueur et combativité à tous ces hommes abîmés. Du coup, tout le monde revotera pour Roosevelt. Le film est fini, d'ailleurs c'est une production Warner, de tous les studios hollywoodiens le plus favorable au New Deal que promeut FDR.
Remember My Forgotten Man, de Al Dubin et Harry Warren (paroles et musique, respectivement), sera un des archétypes - avec le légendaire Brother, Can You Spare A Dime - de la chanson à l'ère du New Deal.
Etta Moten est invitée par Roosevelt, elle est la première artiste à se produire en vedette devant le gratin rassemblé à la Maison Blanche.
Soixante-quinze ans plus tard, on reprend la chanson en chœur dans les meetings de Barack Obama, et on la trouve reproduite sur les sites Internet de ses comités de soutien. Prémonition ?
Je n'ai ni le temps ni l'envie de vous faire les sous-titres, mais je copie-colle les paroles. Si vous jactez un peu l'anglais, vous suivrez sans mal. Et puis, les filles, apprenez-les par cœur. Ça peut toujours servir.
Joan Blondell ? On la reverra ici, c'est promis. Elle est terrible. Ce n'est pas Jimmy Cagney qui nous contredira.
I don't know if I deserve a bit of sympathy,
Save your sympathy, that's all right with me.
I was satisfied to drift along from day to day,
'Til you came and took my man away !
Remember my forgotten man,
You put a rifle in his hand,
You sent him far away,
You shouted "hip-hooray,"
But look at him today !
Remember my forgotten man,
You had him cultivate the land,
He walked behind a plow,
The sweat fell from his brow,
But look at him right now !
And once he used to love me,
I was happy, then !
He used to take care of me,
Won't you bring him back again ?
'Cause ever since the world began,
A woman's got to have a man,
Forgetting him, you see,
Means you're forgetting me,
Like my forgotten man !
Fred MacMurray, 30 août 1908
« Le film noir, c'est la rencontre frontale d'une garce et d'une poire. » (James Ellroy)
« Double Indemnity est un de mes films préférés. Je pense que c'est le meilleur de Billy Wilder, même si on le considère souvent comme un auteur de comédies. On y trouve tous les éléments du film noir, la photo en noir et blanc, le meurtre, la femme fatale et tout le bataclan. Mais il n'y a absolument aucun tape-à-l'œil. C'est filmé simplement, de manière impeccable. Rien qu'une bonne histoire bien racontée, comme cette bonne littérature américaine qu'on trouve chez Twain et Hemingway. Pas de chichis. [...] Le scénario est formidable. On parle à toute vitesse, comme dans ces films du début des années quarante, on fume dur et on boit sec, et il y a ces dialogues pétillants et pleins de vannes que Wilder écrit si bien. Il n'y a pas un poil de sentimentalisme. Un film impitoyable, logique, qui vous tient en haleine du premier au dernier plan. Et comme beaucoup de films de Billy Wilder, ça se termine sur un magnifique black-out. Ça empeste de tout ce qui constitue l'Amérique. » (Woody Allen, Daily Telegraph, 21/3/2003)
Barbara Stanwyck et Fred MacMurray dans Double Indemnity (Billy Wilder, 1944). Scénario de Billy Wilder et Raymond Chandler d'après le roman de James M. Cain disponible en français chez Gallimard, "Folio policier", dans la traduction de Sabine Berritz, sous le tire Assurance sur la mort.



29 août 2008
Tiens, Pierre Marcelle est rentré de vacances
La plupart de mes amis, infidèles lecteurs, fieffés complices et autres sexy-pétroleuses de ma connaissance, cacochymes satisfaits, n'achètent pas (ou plus) le quotidien dont Joffrin est rédacteur en chaiffe et BHL actionnaire (et surveillant général). Ils pourront lire ici l'intéressante chronique de Pierre Marcelle datée de ce matin. [Sachant, bien entendu, que ce blog est aussi indépendant à l'égard du burlesquissime projet de parti anticapitaliste de Bezancenot et consorts que, disons, des compagnies pétrolières et des fabricants de pâtes génétiquement modifiées.]

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Chassons les mauvaises pensées
Le chat de Siné
D’abord, dire cette évidence que, malgré le black-out décrété à Charlie hebdo, où les grands ciseaux d’une censure furieuse font depuis six semaines taire les langues et s’écraser les plumes, elle n’est pas terminée, «l’affaire Siné»… Aussi bien ferait-on mieux de parler d’une «affaire Val», tant le procès - si dérisoire en ses attendus, si tragi-comique en ses conséquences - destiné à assassiner un homme en l’expulsant «à jamais» des bibliothèques (ainsi qu’y appelle la ministre de la Culture (!) Albanel), s’est retourné contre ses instigateurs. Entendez le silence soudain de procureurs qu’on avait connus plus prompts à bramer leur passion pour le débat d’idées et la liberté de la presse, lesquels, sur l’air fameux du «Je-ne-suis-pas-d’accord-avec-ce-que-vous-dites-mais-je-serais-prêt-à mourir-pour-que-vous-le-disiez» (paroles de Voltaire, musique de Tocqueville), font très bien dans des colonnes éditoriales, pourvu qu’ils restent à l’état de bandeau publicitaire…
Donc, le mal est fait. Siné est viré, le «nouveau» Charlie a achevé de se renier et sa rédaction de se coucher ; ainsi la «liberté grande» de Julien Gracq, si volontiers brandie en viatique, se découvre-t-elle réduite en charpie. Se méfier de ceux qui l’invoquent en y mettant des barbelés ; ceux qui, plaidant si mollement pour la licence de dire, et d’écrire, et de dessiner, se sentent si peu sûrs d’elle - et d’eux-mêmes - qu’ils se croient tenus de faire précéder leurs plaidoyers d’un prudent «je n’aime pas trop Siné, mais…» Normal, à propos d’un dessinateur qui toujours pensa mal.
Que, dans la chasse aux mauvaises pensées, l’infamante accusation d’antisémitisme ait encore une fois fait son office, ne surprend pas. Tout juste avons-nous été (un peu) étonnés de découvrir que son premier procureur, Philippe Val, se soit laissé aller à identifier et compter, parmi ses partisans et ses opposants, qui était juif et qui ne l’était pas (voir le portrait de Siné, in Libération du 30 juillet). Et à peine amusé en apprenant que Patrick Gaubert (député UMP qui évoqua le premier - dans Libération du 23 juin - la rumeur de la conversion au judaïsme de Jean Sarkozy) traînera Siné en justice, le 9 septembre, pour «incitation à la haine raciale»… Patrick Gaubert est président de la Licra, ce qui, si l’on ose dire, l’oblige.
C’est que, depuis certain 11 Septembre et certaine croisade irakienne, le procès en antisémitisme se dégaine à tout propos et tout prétexte, au seul profit des antisémites véritables. Arme mécanique et absolue des maîtres censeurs, il n’est plus désormais que l’étendard trop prévisible sous lequel se concoctent d’étranges alliances et incongrus jumelages… Y présidèrent, entre autres et après la loi contre le voile islamique, une pétition contre le fumeux concept de «fascislamisme»(1), la mise en scène de la trop consensuelle affaire des «caricatures de Mahomet», ou un pince-fesses sans lendemain - mais rythmé par la guitare de Carla Bruni peu avant qu’elle devienne Sarkozy - contre le test ADN de Brice Hortefeux…
Le chien de Pavlov
Où l’on constate qu’à l’heure où Bernard-Henri Lévy(2), entre deux exotiques promenades à Gori, se demande fielleusement «de quoi Siné est[-il] le nom ?» (dans le Monde du 22 juillet), le dessinateur honni fait un idéal bouc émissaire. Porteur de valises durant la guerre d’Algérie, fondateur de l’Enragé en 1968, «noniste» au référendum européen et défenseur des droits des Palestiniens, Siné incarne bien cet «antisarkozysme pavlovien» dénoncé par quatre députés socialistes emmenés par Manuel Valls (Libération du 22 juillet). Sous couvert de contester le non à la réformette constitutionnelle, leur tribune désignait l’ennemi à abattre avant le congrès de Reims : en gros, tout ce qui refuse le crédo fataliste du libéralisme économique.
Outre gloser sur les travaux d’Ivan Pavlov, physiologiste qui mit en évidence, vers la fin du XIXe siècle, le réflexe conditionnel de salivation chez le chien, on pourrait déplorer la métaphore animalière (toujours «totalitaire», selon Bernard-Henri) censée délégitimer toute opposition un peu systématique aux vicieuses «réformes» du sarkozysme. Plus gravement, on avancera l’hypothèse que, derrière Siné, c’est ladite «gauche de la gauche» (et, en premier lieu, le NPA de Besancenot) que visent de conserve Val et Valls, et leurs communs partisans. On ne s’étonnera donc pas qu’en cette affaire, le chien de Pavlov soutienne résolument le chat de Siné. A l’un et à l’autre, la chasse est ouverte, mais il n’est pas acquis que l’un ni l’autre s’y laissent tirer comme des lapins.
Pierre Marcelle, Libération, 29 août 2008
(1) Notez que lundi dernier, comparant les talibans afghans aux nazis qui, le 25 août 1944, massacrèrent cent vingt-quatre habitants du village de Maillé, Nicolas Sarkozy inventa, comme pour y faire écho, le «nazislamisme».
(2) Actionnaire de Libération et membre de son conseil de surveillance.

28 août 2008
Petite Annonce. Fescourt

Quelqu'un a-t-il eu la bonne idée de se doter d'une copie privée de Monte Cristo (1929), film de trois heures et demie (réputé perdu) de Henri Fescourt, qu'Arte difffusa en deux parties les 21 et 28 juillet ? C'était l'été, nous l'avons loupé.

Lil Dagover, Marie [Mary] Glory
Une bise et au lit 17
Souvenir de Joan Blondell (1906-1979) et des cigarettes Chesterfield




La suite après-demain
27 août 2008
Siné Hebdo, le journal des mal élevés
Siné va lancer son hebdomadaire satirique le 10 septembre
27.08.08 | 12h07
« Ce sera un journal d'humour, libertaire, ce qu'aurait dû être Charlie s'il était resté dans la tradition initiale », a déclaré le caricaturiste, précisant qu'il travaillait encore sur la maquette. Sur son blog, Siné définit son nouvel hebdomadaire comme « un canard qui ne respectera rien, n'aura aucun tabou, chiera tranquillement dans la colle et les bégonias sans se soucier des foudres et des inimitiés de tous les emmerdeurs ». Siné a réuni une « quarantaine de collaborateurs » - dessinateurs, journalistes, auteurs... - qui ne seront pas forcément réguliers, a-t-il précisé. Siné en sera le directeur et le gérant, tandis que sa femme, Catherine Sinet, sera rédactrice en chef. L'hebdomadaire sera vendu au prix de 2 euros et ne comportera pas de publicité, a indiqué le caricaturiste, qui a lancé un appel aux dons sur son blog pour soutenir ce lancement. Dans une chronique publiée le 2 juillet par Charlie hebdo, Siné ironisait sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy, fils du président de la République, avant son mariage annoncé par la presse avec la fille du fondateur des magasins Darty. Taxé d'antisémitisme, ce qu'il a réfuté, il avait ensuite été licencié de l'hebdomadaire satirique.
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Ploum-Ploum

À Ploum-Ploum, rue de la Poste

26 août 2008
Woody Allen à Barcelone
Woody Allen a tourné un film à Barcelone. Vicky Cristina Barcelona, avec Rebecca Hall et une palanquée de stars des plus sexy - Javier Bardem, Penélope Cruz, Scarlett Johansson, Patricia Clarkson - sort ces jours-ci en Europe après avoir reçu, comme d'habitude, un accueil tiédasse de la part du public américain. Allen a rédigé un Journal de tournage en Espagne, publié là-bas par le New York Times. On ignore encore s'il sera diffusé ici. Sans attendre, j'en ai choisi et traduit quelques morceaux. Les voici.

Javier Bardem, Penélope Cruz, Scarlett Johansson, Woody Allen.
Tournage de Vicky Cristina Barcelona, Barcelone, été 2007.
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5 mars. Rencontré Javier Bardem et Penélope Cruz. Elle est ravissante, beaucoup plus excitante que je ne croyais. Mon pantalon a pris feu pendant l’entretien. Il est clair que Bardem est un de ces génies en herbe qui ont besoin qu’on les prenne en main avec une certaine fermeté.
2 avril. Proposé un rôle à Scarlett Johansson. Avant d’accepter, elle doit faire approuver le script par son agent, puis par sa mère. Après quoi il doit être approuvé par la mère de son agent. Au milieu des négociations elle a changé d’agent, et viré sa mère. Cette fille a du talent, mais elle peut être un peu compliquée. [...]
15 juin. Le tournage a pris sa vitesse de croisière. Tourné une scène d’amour torride entre Scarlett et Javier. Si j’avais quelques années de moins, j’aurais joué le rôle de Javier. Quand j’en ai parlé à Scarlett, elle a fait « Mmm, mmm », l’air bizarre.
20 juin. Barcelone est une ville formidable. Les passants se retournent pour nous regarder travailler. Dieu merci, ils comprennent que je n’ai pas le temps de signer des autographes, ils se contentent d’en demander aux acteurs. Plus tard, j’ai sorti des photos A4 où l’on me voit en train de serrer la main à Spiro Agnew. Quand j’ai voulu les dédicacer, la foule s’était déjà dispersée.
26 juin. Tournage à la Sagrada Familia, le chef-d’œuvre de Gaudi. Je me dis que j’ai beaucoup en commun avec le grand architecte catalan. Nous défions tous les deux les conventions de notre temps. Lui en dessinant ces formes à couper le souffle, moi en portant un bavoir à langouste sous la douche.
30 juin. Les rushes se présentent bien. Même si l’idée de Javier d’ajouter une attaque de Martiens avec des soucoupes volantes et des milliers de figurants costumés n’est pas très bonne, je la tournerai pour lui faire plaisir et la ferai sauter au montage.

15 juillet. Une fois de plus, j’ai dû aider Javier pour le tournage d'une scène d’amour. Son personnage doit se saisir de Penélope Cruz, lui arracher ses vêtements et la traîner brutalement dans la chambre à coucher. Il a beau avoir reçu un Oscar, ce type a besoin qu’on lui apprenne à exprimer la passion. J’ai attrapé Penélope et lui ai arraché ses vêtements d’un seul mouvement. Par malheur elle n’avait pas eu le temps de se changer, et j’ai déchiré une de ses belles robes hors de prix. Sans me démonter, je l’ai fait tomber par terre devant la cheminée et me suis jeté sur elle. Maligne comme tout, elle a roulé sur elle-même une seconde trop tôt, et je me suis cassé une dent sur le carrelage. Mais on a bien travaillé, et je devrais pouvoir manger du solide d’ici la mi-août.
30 juillet. Les rushes sont géniaux. Il est peut-être un peu tôt pour commencer la campagne pour les Oscars. Mais je devrais prendre quelques notes pour mon discours de remerciement, ça me fera gagner du temps pour plus tard.
10 août. Dirigé Javier dans une scène d’émotion. Dû faire une lecture de son texte. Tant qu’il m’imite, il est excellent. Dès qu’il essaie de travailler selon ses propres choix, il est perdu. Il se met à pleurnicher et se demande comment il s’en sortira quand je ne serai plus là pour le diriger. Je lui ai expliqué poliment mais avec fermeté qu’il devra faire son possible sans moi, et essayer de se rappeler mes tuyaux. Je sais que je suis parvenu à le rassurer, car en sortant de sa caravane, j’ai entendu que ses amis et lui riaient aux éclats.
20 août. Fait l’amour à Scarlett et Penélope, histoire de les rendre heureuses. Cette scène à trois m’a donné une grande idée pour le climax du film. J’ai fini par laisser entrer Rebecca [Hall] qui cognait à la porte de la chambre, mais ces lits espagnols ne sont pas assez larges pour quatre personnes. Quand elles nous a rejoints, je me suis retrouvé par terre.
25 août. Fête de fin de tournage. Un peu triste, comme d’habitude. Dansé le slow avec Scarlett. Lui ai brisé un orteil. Pas ma faute. Quand elle m’a repoussé, je lui ai marché sur le pied. Bu le verre d’adieu avec Rebecca. Moment émouvant. Tous les acteurs ont fait une collecte pour m’offrir un stylo à bille. Décidé que le titre du film serait Vicky Cristina Barcelona. Les producteurs ont vu tous les rushes. Apparemment, ils l’adorent, de A à Z. On parle d’organiser la première dans une léproserie. Quand on est au sommet, on se sent un peu seul.
Antoni Gaudi (1852-1926)


e dessinateur Siné, licencié de Charlie hebdo après une chronique sur une supposée conversion au judaïsme de Jean Sarkozy, va lancer le 10 septembre un nouvel hebdomadaire satirique, baptisé 
