On apprend dans le journal que la reine d'Espagne publie un livre où elle s'épanche [quel courage] sur «de nombreux sujets d'actualité, dont certains sont sensibles politiquement». Comme le mariage gay.

« Je peux comprendre, accepter et respecter qu'il y ait des personnes avec d'autres orientations sexuelles, mais de là à ce qu'elles soient fières d'être gays, qu'elles montent sur des chars pour manifester... »

[En bon castillan: je ne peux pas dire que les pédés sont des canailles dégénérées qui crachent sur l'enseignement de Jésus Notre Seigneur, parce qu'ils sont bien foutus de me faire un procès ! Mais merde, qu'ils retournent dans le placard d'où ils n'auraient jamais dû sortir. Tout de même ! Le caudillo ne les aimait pas non plus, et il n'avait pas tort sur tout.]

« Si ces personnes veulent vivre ensemble, s'habiller en mariés et s'épouser, cela peut être leur droit ou pas, en fonction des lois du pays; mais qu'elles n'appellent pas cela un mariage, parce que cela ne l'est pas.»

[La vieille devait roupiller le jour où les députés espagnols ont légalisé, il y a trois ans et demi, ce qui s'appelle bel et bien un mariage. Une monarque qui incite la populace à ignorer les lois de son pays, c'est du gâteau. Qu'on l'embastille, vite !]

Il en faut plus que cela pour émouvoir le plumitif chargé par Le Monde (31/10/2008) de porter à notre connaissance cet épisode crucial de la vie intellectuelle des têtes couronnées. Il conclut sur ces mots, dans la tradition lyrique des porte-cotons de la presse de Cour: «Pour une fois, c'est elle qui use [de la liberté d'expression].»

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Coluche, le jour de ses noces avec Thierry Le Luron (25/9/1985)