Salut à Pierre Étaix, né à Roanne le 23 novembre 1928

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« Partout, dans chaque quartier, il y a des vieilles femmes qui portent des bonnets qu'elles ont elles-mêmes tricotés pour leur lancer des miettes ou des saloperies enveloppées dans de vieux journaux. Il faut voir les pigeons se précipiter sur ces saloperies, histoire d'apitoyer les vieilles. C'est odieux ! Mais ça marche, car elles recommencent et, eux, refont semblant d'avoir faim. [...] Le pigeon me fait pitié, lorsqu'il vient, pour y crever, s'installer sur le rebord d'une fenêtre du rez-de-chaussée, là où il est sûr qu'il y aura du passage. Il se blottit dans un coin de fenêtre, l'œil mi-clos, un peu vitreux, tremblotant et tout ébouriffé, plus gris que jamais, l'air de demander au passant: "T'as pas cent balles... ou plus simplement une balle, pour en finir?" [...] Quand je pense que certaines personnes affirment: "Le pigeon, c'est bon, avec des petits pois !" Je dis: "C'est faux! Le pigeon aux petits pois, c'est très quelconque et c'est dégoûtant. Car je le soupçonne de chier sur les petits pois, avant." » [Extrait de Je hais les pigeons, texte de Pierre Étaix, illustrations d'André François, publié par Sylvie Van Hiel aux éditions Seuil/Nemo, 1996.] 

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Yoyo (1965)

Pierre Étaix sur le tournage de Mon oncle (Jacques Tati, 1958)
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