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Blaise Cendrars et Wagon-Lit

« [Eduardo Mendoza] confirme que parmi les chiens errants capturés par la perrera (la fourrière), certains, préalablement électrocutés, sont bel et bien livrés aux fauves du zoo de Chapultepec [...]. Personnellement, Eduardo a plutôt de la sympathie pour ces chiens, qu'il a l'habitude de croiser lorsqu'il photographie des scènes de la vie quotidienne à México. C'est dans l'exercice de cette activité qu'il a observé, par exemple, que les chiens errants empruntaient volontiers les passerelles piétonnières pour franchir les voies à grande circulation, et il en a retiré la conclusion qu'ils étaient "plus intelligents que les hommes", ou que certains d'entre eux, qui négligent cette précaution et se font écraser. »

Jean Rolin, Un chien mort après lui, POL, 2008, p.204.

« Arnaud Exbalin, un Français qui prépare une thèse sur la naissance de la police à México, soutient que lors de la matanza de perros (tuerie de chiens) perpétrée en 1798 dans la capitale mexicaine, l'une des premières et des plus systématiques en l'absence d'épidémie de rage, c'est symboliquement tout le vagabondage, et pas seulement celui des chiens, qui était visé. Il souligne que le vocable utilisé à l'époque, et aujourd'hui encore parmi d'autres, pour désigner le chien errant, perro vago, assimile celui-ci au vagabond tout court, el vago. Quant à la croisade de 1798, elle aurait été sinon prêchée, du moins encouragée, par un prêtre qui reprochait aux chiens la plupart des vices également imputés à la plèbe, telles que la paresse, la lubricité, ou l'habitude, peut-être plus spécifiquement canine, de vomir et de chier dans les églises. »

Jean Rolin, idem, p. 212.