Si l'on en croit ce blogueur proche du modem, le franbreton est le mélange de français, de mots bretons et de néologismes forgés à partir des deux langues, qu'on entend dans certaine province reculée de la République (où bara, «pain» et gwin, «vin» ont donné  l'idée du «baragouin» aux méprisants jacobins venus de Paris).

Ci-dessous, exercice pratique.
Décodage et lexique disponibles sur le blog du centriste quimpérois.

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1. Au bistrot

Celui-là passait tous les soirs au bistrot pour boire un coup, c’était pour prendre du Startijenn. Quand il était justik et qu’il n’avait plus que de la bigaille, il se faisait payer la tournée. "Allez Yec’hed mad !" et "Memez tra !" Seulement voilà, un jour qu’il s’était trop arsouillé, il était complètement badaouet et il avait pris quand même sa Karriguel.

2. Le contrôle biniou

Forcément, celui-là choisissait toujours les petits ribins pour éviter les contrôles d’alcootest. Mais cette fois-là, tellement qu’il était bourré que les gendarmes en le voyant s’exclamèrent "Hopala Chapalain ! Vous êtes bon pour le contrôle biniou !" Les gendarmes le firent descendre de sa karrigel et quand ils le virent partir a dreuz, ils lui dressèrent un constat et il fut bon pour rentrer à pied. Comme ils le connaissent, ils lui dirent "Rentre chez toi et pour alors tu seras décuité !"

3. D’ar gêr

Alors, il a mis son chupenn et rentra d’ar gêr. Sa femme l’attendait et alors, je te dis pas, il y a eu du chach bleo ! "Ma Doue, j’espère au moins que t’as pas bigorné la voiture et qu’elle est pas bonne à la jaille !", lui cria sa femme, une sacrée piquez soit dit en passant. Comme il écoutait pas : "Penaos ? Gast ! mais tu joues les bouzards en plus ! Sacré poquesse, traîner comme un ruz-boutou !" Mais celui-là grignousait en plus ! Alors elle a clété la porte d’entrée et gardé la clé.

4. "Da gousket !"

"Dame ! On peut pas attraper partout !" qu’elle a dit sa femme et comme elle était énervée, elle a tout dihasté son ménage et laissé tout partir en distribill. Celle-là est hardie ! Elle lui a crié "Da gousket !" et elle est partie se coucher en lui laissant le canapé. Elle l’avait jamais vu aussi bourré depuis le jour de l’élection de Fanch Mitt. C’est là qu’elle l’a connu, c’était un Breizh atao qui brandissait le Gwen ha du. Demain, il va réclamer des louzou mais elle ira pas lui en chercher. D’abord, elle a à envoyer les enfants à l’école, sauf le moutik. Elle doit aussi passer prendre du Kig ha farz et du Kouign amann. Car elle est lichouse et, lui, c’est un gouel.

5. "Kenavo, ar wech all !"

"Celui-là avait fait du reuz. Et bien, il n’aura plus que des restachou à manger demain, ça lui apprendra !" Il faut dire qu’elle avait mal dormi déjà la nuit d’avant. Les souris avaient fait le jabadao toute la nuit dans le grenier. Et le moutik avait fait que pigner. Si son homme se remet à boire, et qu’il chante la Marseillaise en breton tous les soirs, alors elle aura plus que des pillou à se mettre. Toute façon, il va se prendre un savon avec le Bosco qu’est un sacré Penn-kaled et qui lui dira "Petit frère, c’est pas aujourd’hui que tu vas prendre du pesked !" Pas la peine de mettre son Kabik. Ah ça ! C’était pour elle aujourd’hui le coup de penn-baz.

Cette histoire est terminée.

Allez, je reprends mes boutou koat : achu toute ! Kenavo !