Daniel Humair Baby Boom

Christophe Monniot (saxophone), Matthieu Donarier (saxophone),
Manu Codjia (guitare), Sébastien Boisseau (contrebasse),
Daniel Humair (batterie)

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Extraits d'un entretien, Marciac, à l'issue d'une master-class, La Dépêche du Midi

Baby Boom (Humair, grande gueule du jazz français, court sur ses septante et un ans). Ça m'amuse, il y a un échange et surtout je continue à apprendre. Je suis bien plus vieux qu'eux tous mais on est sur la même longueur d'ondes. Il n'y a pas de hiérarchie, je ne donne pas d'ordres, on est libres. Je préfère travailler avec de jeunes jazzmen francais qui ont du talent et des choses à dire que de jouer avec des sous-Cannonball ou des sous-Coltrane. Il y a trop de fanatiques du jazz américain. Il ne suffit pas d'avoir un passeport US et la peau noire. [...] Avec un nom américain, des saxophonistes comme Monniot et Donarier auraient déjà enregistré vingt albums. Ces jeunes me surprennent et moi je veux être surpris.

Y a-t-il encore à explorer ? Je pense que tout a été fait, dans l'art. Et tout a été exploré dans le jazz. Maintenant, c'est une question d'approche. La maison a été construite dans l'ensemble. Chacun doit apporter sa petite contribution pour finir le toit. Et puis l'art c'est un truc à soi, je n'aime pas ces gens qui font de la musique pour plaire, ils sont aujourd'hui beaucoup trop nombreux.

Un peu démoralisant pour vos jeunes coéquipiers ? Non, ils sont intelligents, je ne m'inquiète pas. Ce qui m'énerve, c'est tous ces jeunes qui s'engouffrent dans la djangomania ou le revival Django-Grappelli. Grappelli connaissait le répertoire par cœur, et quand il jouait Nuages, tous les Gitans applaudissaient. Mais chaque soir c'était les mêmes codas. Le reste n'a aucun intéret, à part Rosenberg et Biréli Lagrène.

Marciac et le jazz. Marciac, c'est 80% de jazz, c'est très bien. Réunir 6000 personnes pour des concerts de jazz au fond du Gers, c'est une performance... Cela devient rare. Dans certains festivals, dans la même soirée, on vous met une chanteuse type Sheila avec Michel Portal derrière. C'est n'importe quoi.

Hapodi. Cette loi ne sert à rien. On peut toujours la contrer avec des idées. Tout ça, ça permet aux ministes de se faire mousser. D'ailleurs, Frédéric Mitterrand vient mardi voir [le concert de Thomas] Dutronc, qui soutient la loi...

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Paris, octobre 2008 ~ Photos © Christophe Alary

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