Serge Quadruppani :

« C'est le 9 septembre que le Tribunal Suprême du Brésil doit rendre son jugement final sur l'asile politique à Cesare Battisti. L'année dernière, le ministre de la Justice la lui avait accordée mais le président du Tribunal, très à droite et soutenu par un lobbying frénétique du gouvernement italien, a voulu s'opposer au gouvernement de Lulla et l'a maintenu en détention en attendant sa propre décision. Après qu'il a dû fuir la France où le gouvernement Chirac et le ministre de l'intérieur Sarkozy, pour rouler des mécaniques "antiterroristes", ont d'un coup renié la mal-nommée "doctrine Mitterand" (politique d'asile de TOUS les gouvernements français depuis la fin des années 70), après qu'il a été arrêté au Brésil sur indications des flics français qui le suivaient pour donner des voix à Sarkozy, Cesare s'est retrouvé pris une fois de plus dans un enjeu de pouvoirs qui le dépasse. Si le tribunal suprême lui refuse le statut, Lulla peut toujours refuser d'exécuter l'extradition mais il aime bien, paraît-il, laisser faire des saloperies en disant que ce n'est pas de sa faute, c'est la droite qui l'a poussé. Si Cesare se retrouve en Italie, vu le climat hystérique entrenu à son sujet dans les forces de l'ordre et chez les gardiens de prison, on peut craindre pour sa vie. Lui-même a annoncé qu'il préférait se suicider que retourner au trou là-bas. Quoi qu'il arrive, il faudra revenir sur cette histoire et comprendre pourquoi toute la canaille politicienne et journalistique, en France, au Brésil et en Italie, a mis tant d'acharnement à le pousser vers le gouffre. »

cesare_battisti

Rappel de l'affaire, par Noël Blandin [clic]