On attend la sortie imminente, aux éditions Montparnasse, d'un ensemble de films de Nicolas Philibert intitulé L'intégrale (jusqu'ici). Sont rassemblés dans ce gros cube (9 galettes, 961 minutes, l'équivalent de dix matches de football et de trente-sept paquets de popcorn) les chefs-d'œuvre de Philibert (La Ville Louvre, Le Pays des sourds, La Moindre des choses), son maladroit éloge de l'école publique façon Chevènement (Être et avoir), le demi-ratage Retour en Normandie (quel dommage), une nuée de travaux passionnants, courts, moyens, inédits ou redécouverts (comme La Voix de son maître, cocasse détournement d'une série d'entretiens avec quelques capitaines d'industrie de l'ère Giscard) et le génial Nénette dont vous verrez sur grand écran une version allongée, sous un autre titre (ça aussi, c'est une longue histoire), au printemps 2010.

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Nénette (née en 1969), dans le film homonyme de Philibert

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Cette compilation a été réalisée par Patrick Leboutte, timonier de la collection « Le geste cinématographique » chez Montparnasse. Il est l'éditeur irréprochable d'une suite presque sans fautes de diamants noirs qu'on peut rattacher à ce qu'on n'appelle plus depuis longtemps le documentaire (oubliez l'horrible label sociocul "Cinéma du réel"): citons pour mémoire Fernand Deligny, Robert Flaherty, le "cinéma de Mai 68", celui des groupes Medvedkine, et nos bien-aimés Robert Kramer et Straub-Huillet (quatre coffrets disponibles, en attendant la suite). Leboutte rappelle ICI ce qu'il doit à Nicolas Philibert et pourquoi la publication de cette anthologie s'imposait.  Le modeste Philibert, cheveux en bataille et sourire timide, a présenté quelques-uns de ses films à Sunny side of the doc, à La Rochelle, en juin dernier. Ce fragment de son intervention est accessible grâce à Il Documentario, que je remercie.