Sur le blog de Louis Skorecki, le dernier critique, ce texte :

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il arrive que l'abjection d'un film se lise sans même qu'on ait eu à le voir ...

éviter la Rafle, c'est respecter ce qui reste de cinéma dans le cinéma

putain de pétain, toujours là dans les corps et les esprits d'une france sous influence, trouillarde et dénonciatrice comme avant, comme si rien, ne s'était passé ... et si rien ne s'était passé? ... s'il n'y avait jamais eu de lettres anonymes? ... et si les juifs n'étaient pas passé par ce drôle de pays fuyant?

putains de juifs, même pas fichus de faire la différence entre un bourgeois sépharade de casa (gad el maleh) et un paysan russe ou polonais du shtetl (ashkénaze de mère en fils depuis vingt-et-une générations)? ... .... ....

putain de baal shem tov (1698-1760), l'inventeur oublié du hassidisme, charretier visionnaire qui parlait à dieu dans les yeux ... et qui l'engueulait s'il le fallait ...

putains de maîtres hassidiques de génie qui lui succèdent pendant un siècle, malgré une descendance hétéroclite de rabbins mélancoliques ou déprimés (le pire défaut selon dieu, qui n'aime que la joie évidemment), jusqu'à l'arrière petit fils crypto-crypté du baal shem tov, le rabbi nachman ... et voici que la pensée hassidique s'étiole, dégénère jusqu'aux années grotesques, aux années modernes, où des petits enfants de juifs tunisiens ou marocains se travestissent (redingote noire, feutre noir, pensées noires) en hassidiques purs et durs.... ..... .... .... .... ..... .....

putain de simulacre qui permet à un juif b. de prendre impunément la place d'un juif a. (juif massivement mort, gazé, cramé) sans que qui que ce soit, juif ou pas, n'y trouve quoi que ce soit à redire ... j'aurais évidemment préféré, dans cette Rafle putassière qui prend le monde à témoin de sa bonne foi, qu'un catholique bon teint ou un musulman intégriste, interprète le personnage du juif polonais, mais tant pis, ça ne choquera jamais que moi ...

et c'est gad el maleh qu'on rafle? tu veux rire ou quoi? quant à moi, je regrette le temps heureux, disons avant 1956, ou la figure du juif n'avait pas encore été inventée, ce temps délicieux ou le jeune skorecki, treize ans, se sentait mieux dans ses baskets ... ... peut-être parce qu'il ne savait pas encore qu'il l'était, juif

(je n'ai pas vu ce film, je n'irai pas le voir, un ou deux extraits télé suffisent)