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Jean-Pierre Thibaudat, sur Rue89 :

« (...) S'il est un homme qui doit être bouleversé aujourd'hui par cette disparition c'est le cinéaste Paul Vecchiali. Hélène Surgère était l'une de ses muses comme Sonia Saviange. Elle est là dès son second film (Les Ruses du diables en 1965) et puis vont se succéder de nombreuses œuvres dont elle est souvent le pivot ou le porte -bonheur, de Femmes Femmes (1974) à En haut des marches (1983) en passant par Corps à cœur [photo] qu'elle tourne avec Vecchiali juste avant d'aller sur un palier ami irradier Les Belles Manières de Jean-Claude Guiguet. C'est en voyant Surgère et Saviange dans un film de Vecchiali que Pasolini les engagea pour Salo ou les 120 journées de Sodome. C'était avant le numérique.

« Etrange et fascinante Hélène Surgère. Elle était comme une star du cinéma populaire d'avant guerre qui serait née après, mi-Viviane Romance, mi-Danièle Darrieux, et un rouge Grémillon qui rehaussait sa blondeur de femme du monde. Elle aurait pu sortir d'un roman de Modiano où elle serait entrée par effraction et filer par un bus pour le 14e arrondissement pour entrer dans un texte signé Henri Calet

« (...) Elle aimait le théâtre. L'ambiance des répétitions, les tournées, les cafés. Paul Vecchiali la dirigea aussi au théâtre. Les metteurs en scène amis des acteurs comme Michel Hermon ou Bruno Boeglin firent appel à elle. Au cinéma tardivement elle croisa Raoul Ruiz. Elle était toujours partante. Toujours prête à aller à Angers jouer une nouvelle pièce de Danièle Besnehard. Alain Françon la distribua par deux fois dans Tchékhov. Elle y apporta une touche très personnelle.

« Avec elle disparaît une actrice glamour mais d'un glamour balafré par la vie, quelque chose dont son rôle dans Corps à cœur peut être la métaphore : une femme des beaux quartiers atteinte d'un mal sans retour qui s'éprend d'un garagiste. Adieu Hélène. »