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le vieux monde qui n'en finit pas
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28 mars 2011

Hélène Surgère

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Jean-Pierre Thibaudat, sur Rue89 :

« (...) S'il est un homme qui doit être bouleversé aujourd'hui par cette disparition c'est le cinéaste Paul Vecchiali. Hélène Surgère était l'une de ses muses comme Sonia Saviange. Elle est là dès son second film (Les Ruses du diables en 1965) et puis vont se succéder de nombreuses œuvres dont elle est souvent le pivot ou le porte -bonheur, de Femmes Femmes (1974) à En haut des marches (1983) en passant par Corps à cœur [photo] qu'elle tourne avec Vecchiali juste avant d'aller sur un palier ami irradier Les Belles Manières de Jean-Claude Guiguet. C'est en voyant Surgère et Saviange dans un film de Vecchiali que Pasolini les engagea pour Salo ou les 120 journées de Sodome. C'était avant le numérique.

« Etrange et fascinante Hélène Surgère. Elle était comme une star du cinéma populaire d'avant guerre qui serait née après, mi-Viviane Romance, mi-Danièle Darrieux, et un rouge Grémillon qui rehaussait sa blondeur de femme du monde. Elle aurait pu sortir d'un roman de Modiano où elle serait entrée par effraction et filer par un bus pour le 14e arrondissement pour entrer dans un texte signé Henri Calet

« (...) Elle aimait le théâtre. L'ambiance des répétitions, les tournées, les cafés. Paul Vecchiali la dirigea aussi au théâtre. Les metteurs en scène amis des acteurs comme Michel Hermon ou Bruno Boeglin firent appel à elle. Au cinéma tardivement elle croisa Raoul Ruiz. Elle était toujours partante. Toujours prête à aller à Angers jouer une nouvelle pièce de Danièle Besnehard. Alain Françon la distribua par deux fois dans Tchékhov. Elle y apporta une touche très personnelle.

« Avec elle disparaît une actrice glamour mais d'un glamour balafré par la vie, quelque chose dont son rôle dans Corps à cœur peut être la métaphore : une femme des beaux quartiers atteinte d'un mal sans retour qui s'éprend d'un garagiste. Adieu Hélène. »

Commentaires
J
pour Yves,<br /> <br /> <br /> <br /> je viens de lire votre commentaire, et en suis touché,j'ai vécu la même chose, ayant vu Salo,et Les belles Manières juste avant Corps à Coeur.L'emprise a été telle que j'ai fini par la rencontrer, de nombreuses fois, et aujourd'hui je suis en contact avec Paul Vecchiali,avec qui nous évoquons sa vie, ses films, sa collaboration et son amitié avec lui.Merci de contribuer à honorer sa mémoire<br /> <br /> <br /> <br /> Georges
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Y
Dès que j'ai vu "Corps à Coeur" dans un cinéma bruxellois aujourd'hui disparu, j'ai su que j'aimerais Hélène Surgère toujours. Je guettais les films où elle était au générique, certain de retrouver une aura qui me poursuit encore.<br /> Merci pour votre bel hommage.
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J
mr Thibaudat,<br /> <br /> quelle émotion de lire votre article,depuis avant hier je suis sous le choc de la mort d'Hélène,que j'ai connue et rencontrée souvent,fan de toujours(ce qui la faisait sourire tendrement..),je l'appelais régulièrement,sa voix unique,suave mais aérienne va me manquer.J'ai écrit à sa fille et sa petite-fille par son adresse à Paris,je lis des articles qui sont autant de douleurs,même si elle est partie comme elle le souhaitait,discrètement, sans bruit,mais pourtant elle voulait encore vivre,ce qu'elle disait avec un humour qui surprend,tant son élégance, son raffinement,sa beauté pouvaient faire supposer un autre tempérament.Elle m'a beaucoup parlé de Paul Vecchiali,à qui j'ai envoyé un message,de sa carrière, de ses choix,ses regrets(quelques uns, comme un rôle manqué dans IP5,ou au théatre,car engagée ailleurs), ses joies et bonheurs,discrets, comme sa vie.<br /> J'ai lu vos lignes avec beaucoup d'émotion.Merci de contribuer ainsi à honorer celle qui aurait pu évincer tant de stars,mais qui a gardé son coeur et son énergie pour les causes difficiles, la scène, les réalisateurs en peine ou marginaux.<br /> <br /> pensées pour elle.... Georges Tritter
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