« Comme d’autres attendent Godot (Mekas définissait The Connection comme un En attendant Godot de la drogue), un groupe de junkies attend dans une piaule sa connection, comprendre son dealer. Mais le film de Shirley Clarke n’est pas qu’une version pellicule de la chanson "Waiting for my Man" du Velvet Underground. C’est aussi un film dans le film, puisqu’un cinéaste désirant tourner un documentaire sur les toxicomanes est aussi présent. D’où un rapport ambigu à l’image, entre documentaire et théâtre (le film est tiré d’une pièce de Jack Gelber, qui fut le premier succès du Living Theatre), qui verse dans une sorte de vrai-faux cinéma-vérité. » [Cinémathèque de Toulouse, brochure de présentation de la rétrospective "Ciné indé from USA" [sic], qui se prolonge jusqu'à la fin du mois de mai.]

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Ce qui devient, dans le quotidien Libération daté du 4 mai : « Au programme aussi, des raretés comme [...] The Connection de Shirley Clarke, huis clos avec musique du Velvet Underground et toxicos. [...] »

Ca, c'est du journalisme, coco. Si ces nuls nous racontent les centrales qui explosent, les prolos qu'en peuvent plus, la corruption du patronat, les révoltes innombrables, l'hystérie des néoféministes et la vie de Jean-Marc Rouillan avec la même rigueur et le même souci du détail, ils méritent que je me réabonne illico à L'Aurore. Allez, on écoute le Velvet version Libé, dans un extrait du beau film de Shirley Clarke.  

Bref. En fait de Velvet, on aura reconnu Freddie Redd (piano), Michael Mattos (basse), Larry Ritchie (batterie) et Jackie McLean (alto). On lira une analyse édifiante de la pièce de Gelber et du film de Shirley en passant par le Living de Julian Beck et Judith Malina, dans le livre de Gilles Mouellic, Improviser le cinéma, bientôt au catalogue de Yellow Now, coll. Côté cinéma. Qu'on se le dise.