Six chansons

Faut voir, faut voir c’grand machin vrombir,
Faut voir, faut voir l’thalamus jaillir,
Faut voir, faut voir tout nanti pâlir ;
(Tous) Hourra ! Ils sont foutus ! Vas-y ! Papa Ubu !

Faut voir, faut voir l’affolant outil,
Faut voir, faut voir l’ciboulot sorti,
Faut voir, faut voir nos rupins raidis ;
(Tous) Hourra ! Mort aux cocus ! On rit ! O.K. Ubu !

Faut voir, faut voir rugir tout l’bazar,
Faut voir, faut voir sans front l’rondouillard,
Faut voir, faut voir florissants blafards ;
(Tous) Hourra ! Feus continus ! Hardi ! Putain d’Ubu !

Faut voir, faut voir ton hachoir crochu,
Faut voir, faut voir plafonnards moulus,
Faut voir, faut voir transir maints cossus ;
(Tous) Hourra ! Tu as vaincu. Abats, Pourri d’Ubu !

Faut voir, faut voir l’apparat sanglant,
Faut voir, faut voir l’carafon giclant,
Faut voir, faut voir smokings salis d’bran ;
(Tous) Hourra ! Un pal pointu ! Thank you. Salaud d’Ubu !

Faut voir, faut voir brandir l’Assommoir,
Faut voir, faut voir aboutir l’Ouvroir,
Faut voir, faut voir richards dans l’Trou noir ;
(Tous) Hourra ! Ils l’ont dans l’cul ! Ha ha ! Bravo, Ubu !

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ubu la disparition2

Les lignes qui précèdent constituent la réécriture de La Chanson du décervelage, et ornent par conséquent les exemplaires de tête de Ubu roi ou la disparition du tyran polonais par A. Jarry-A. Stas (illustrations au bistouri par A. Stas), lipogramme en e du texte de Jarry par notre camarade verviétois mais pataphysicien. Ce fut publié l'an dernier par les éditions Le Crayon qui tue (rebaptisées lipogrammatiquement Au crayon qui tua), de belle notoriété.

[On tira, nous dit Au crayon qui tua, vingt-cinq bouquins capitaux sur pur Papyrus polonais, pourvus d'infoprints digitaux non moins qu'originaux, portant nom du scriptant-bistourisant inscrit au crayon, à la main, par lui (I à XXV), plus six fois vingt-cinq bouquins courants sur support crocus, qu'on chiffra pourtant (1 à 150).]