« [...] Protecteur et attentif, l'homme reste aux côtés des enfants quand ils sont hissés dans le véhicule, il jette un dernier regard à un vol d'oiseaux dans le ciel puis baisse les yeux sur les trois hommes en uniforme, impassibles. Ce qui va suivre, le spectateur le sait, et cela suscite un insupportable sentiment d'impuissance en même temps qu'un dégoût irrépressible pour cette ingénieuse forme de massacre, mobile, légère, avec un véhicule de la Croix-Rouge transformé en arme mortelle. Le personnage de l'homme, peut-être le professeur ou le tuteur des enfants, est inspiré de Janusz Korczak, un pédiatre et pédagogue juif qui a fondé plusieurs orphelinats pour enfants juifs et est l'auteur de nombreux livres pour la jeunesse. Arrêté en 1942, avec près de deux cents enfants destinés à Treblinka, ses connaissances et son prestige lui valurent de pouvoir choisir la liberté. Mais il déclina la proposition, refusa de quitter les enfants et choisit d'affronter la mort avec eux. Janusz Morgenstern (1922-2011), ami intime de Roman Polanski, avait comme lui étudié à l'école de cinéma de Łódź. Il avait ensuite travaillé comme assistant de Wajda avant de passer lui-même à la réalisation, en 1960. » 

[D'après Marianne Thys, Mémoires du monde, Yellow Now, novembre 2011]

J'invite les visiteurs à faire circuler Ambulans et à le faire connaître.

J'ai découvert avec ébahissement ce film de Morgenstern à Filmer à tout prix, hier soir, dans le cadre d'une séance présentée par Jean-Louis Comolli (qui a donné au livre cité plus haut un remarquable prologue en quinze points, «Au présent, parcours documentaire»).

Comme son sous-titre l'indique, le livre de Thys met en avant Cent films de la Cinémathèque de la Fédération Wallonie-Bruxelles, institution encore trop méconnue qui semble offrir un accès simple et bon marché aux huit ou dix mille films constituant ses collections. Ce dont on assurera en visitant son site, ICI.

[Je précise à l'intention des étrangers que la Cinémathèque de la Fédération Wallonie-Bruxelles (ex-Communauté française de Belgique), établissement qui relève du pouvoir régional, ne doit pas être confondue avec la Cinémathèque royale de Belgique (que des gens vulgaires ont baptisée Cinematek), institution nationale dépendant par conséquent des autorités fédérales. Au pays d'André Blavier, chaque jour offre son lot de rigolade.]