extrait de Green Fields / Grine Felder,
Edgar G. Ulmer (& Jacob Ben-Ami), 1937

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Sous le titre "Actualité du yiddish", le blog de l'ATAA [Association des traducteurs/adaptateurs de l'audiovisuel] publie un commentaire sur une double actualité. Anne-Lise Weidmann évoque un grand dossier de la revue TransLittérature, "Traduire le yiddish"; Samuel Bréan quant à lui, profite de la présentation de quatre films d'Edgar Ulmer tournés dans cette langue dans les années trente et présentés dans la grande rétrospective de la Cinémathèque française, pour retracer l'histoire du yiddish au cinéma. 

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« Et au cinéma ? Le yiddish fait encore des apparitions furtives, voire fantomatiques. Prenons deux films américains de 2009. Au début de A Serious Man des frères Coen, avant le générique, une séquence de sept minutes se déroulant en Pologne à une époque indéterminée (sûrement au début du XXe siècle) est entièrement parlée en yiddish. Elle met en scène un dibbouk, être mythologique maléfique qui prend possession du corps d’un individu. (Cette séquence n’a pas de rapport explicite avec la suite du film.) Dans Inglourious Basterds, l’escouade de choc des "Basterds" est composée de Juifs de nationalité américaine. Dans la dernière partie du film, ils prévoient de s’infiltrer dans une soirée où sera présent Hitler. Hélas, les deux "Basterds" germanophones sont morts, ce qui rend difficile cette tentative de passer inaperçus au milieu d’un parterre d’Allemands. L’actrice allemande Bridget von Hammersmark leur demande alors: "Je sais que c’est une question bête, mais est-ce que vous savez parler d’autres langues que l’anglais?" Un échange figurait alors dans le script, mais n’a pas été filmé. "À part le yiddish?", répondait un "Basterd" (Gerold Hirschberg). "De préférence", précisait von Hammersmark.

« L’un des personnages du film de Tarantino s’appelle Omar Ulmer. Difficile de ne pas voir là une référence cinéphilique au réalisateur Edgar G. Ulmer (1904–1972), figure peu aisée à cerner, souvent cantonnée à la série B (il était surnommé "King of the B’s"). On peut parier que l’Ulmer cher à Tarantino est celui du Chat noir, de Detour ou encore du Bandit (trois de ses plus grandes réussites, certes); mais sait-il que ce réalisateur a aussi tourné quatre films en yiddish dans les années 1930 ? » [...]

ces quelques lignes sont empruntées à l'article de Samuel Bréan,
que je remercie [suite et fin: ICI]

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