[Emprunté ce qui suit aux Zébres en cavale ZEC ]

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L'été de la gôche : saison des expulsions

« Quelle que soit la légitimité que confère l’élection, aucun responsable politique ne détient le mandat de fouler aux pieds les principes les plus élémentaires de la République, et de désigner à la vindicte des millions de personnes. » Ligue des Droits de l'Homme

Sarkozy et son gouvernement n’avaient pas réussi à les expulser, le PS l'a fait: l’évacuation d’un campement de Roms près de Lille s’est faite avec l'intervention de deux compagnies de CRS.

150 CRS arrivées vers 6 heures du matin sur ce terrain appartenant à l’Etat et à la communauté urbaine de Lille.

150 CRS face à 200 personnes et leur trentaine de caravanes.

On ne sait jamais. Ces gens là sont violents... Et surtout ne pas s'arrêter en si bon chemin. L'été est toujours la saison des coups fourrés. La gôche connaît cette tradition « républicaine ».

Après Paris et Lille c'est au tour de Lyon:

« Plusieurs dizaines de Roms roumains, bénéficiant de l'Aide humanitaire au retour (ARH), devaient quitter le territoire français depuis Lyon, jeudi en fin de matinée, à destination de la Roumanie, une "expulsion sous couvert humanitaire" selon des représentants d'associations.

Jean-Philippe, militant pour la défense des Roms, chiffre à 240 le nombre des personnes devant embarquer dans un avion à l'aéroport Saint-Exupéry de Lyon. Il parle "de la plus importante expulsion à Lyon depuis le début de l'année" et depuis l'élection de François Hollande. » [AFP]

« On » a cru un temps qu’une fois Hollande élu monarque les choses changeraient. Durant la campagne électorale il avait fait part de son humanisme éclairé aux associations de défense des Roms:

« Lorsque des campements insalubres sont démantelés, des solutions alternatives doivent être proposées, avait-il écrit. On ne peut pas continuer à accepter que des familles soient chassées d'un endroit sans solution. »

Un genre de promesse qui n’engage que ceux qui y croient. Et les expulsions se font  sous couvert humanitaire pour la bonne conscience d'un certain électorat.

Tout est  dans l'ordre des choses:

« Mardi 31 juillet, le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, a déclaré que chaque fois qu'une décision de justice le justifierait, "il y aura démantèlement de campements". » [Le Monde]

Eté 2010, les socialistes dénonçaient la politique menée par la droite:  « La dureté des mots et la dérive des propositions n'ont d'égal que l'ampleur des échecs de Nicolas Sarkozy en matière économique et sociale », avait clamé Martine Aubry.

Aujourd'hui, le ton apparaît beaucoup plus mesuré chez la plupart des parlementaires de la nouvelle majorité de gauche. « Manuel Valls est obligé de faire respecter la loi, considère ainsi Eduardo Rihan-Cypel, député PS de Seine-et-Marne. Il faut aussi comprendre les élus locaux, un maire ne peut pas tolérer un tel bidonville (...). En plus, ces camps sont souvent dans les communes les plus pauvres. »

A l'Assemblée, mardi après-midi, un certain nombre d'élus semblaient pour leur part gênés aux entournures et refusaient de s'exprimer sur le sujet. Seul Pouria Amirshahi, député PS des Français de l'étranger, a vivement marqué son opposition aux déclarations de M. Valls: « Cela va un peu à rebours d'une culture de la concertation. La culture de la gauche est de dire: l'action réformatrice prend du temps. Décréter le démantèlement en claquant des doigts va donner le sentiment que la politique est impuissante. » [Gisti]

Sous un autre gouvernement de gôche, c'est Edith Cresson, alors premier ministre de Mitterrand, qui nous émerveillait sur le registre de défense des décisions de justice et des nécessaires expulsions.  En juillet 1991, au journal de 20 heures sur TF1,  elle préconisait l'emploi de "charters" pour expulser des étrangers en situation irrégulière. Des vols spéciaux qui ont depuis fait depuis le bonheur des gouvernement successifs :

« les charters, ce sont des gens qui partent en vacances avec des prix inférieurs. Là, ce sera totalement gratuit et ce ne sera pas pour des vacances. Ce sera pour reconduire des gens dans leur pays lorsque la justice aura établi qu'ils n'ont pas le droit d'être chez nous. »

Les migrants roms sont des Européens, mais ils font tache pour toutes celles et ceux qui ignorent trop souvent qu'ils devraient voter à droite.

Collectif solidarité Roms et gens du voyage