« Se tu as dict ou plaisamment ouy paroles trayans à luxure ou as eu baisiers, ou embrassement, ou autres attouchemens luxurieux, principalement se tu as pensé longuement aux pechié de luxure pour prendre mauvaise plaisance ou d[él]ectation, se par pensées, ou par regars, ou par parolles, ordres ou autres cignes tu as sentu en toy mouvement de ta chair et ne les a mye ostez de tout ton cueur, ne fuy telles occasions mais les a acquises, se tu as eu par tels mouvemens ou tentacions esmouvement en luxure ou desirant le fait se tu le povoies ou osoyes faire, se tu as eu par aulcun attout[c]hemens ou frolement déshonnestes sur tes membres honteux et ce jusqu’à l’accomplissement de l’orde plaisance charnelle et coment, alors t’es rendu coupable du péchié de luxure. »

Jehan Gerson, Du péchié de luxure

Jean Gerson2

Ceux de mes visiteurs à qui on ne la fait pas auront reconnu, dans ce français du XVIe siècle grandiosement fantaisiste, un des innombrables faux conçus par l'inlassable Vrain Lucas, plus précisément un des 27.345 faux autographes qu'il vendit à prix d'or à Michel Chasles, mathématicien et académicien naif.

Georges Girard en publia quelques dizaines dans Le parfait secrétaire des grands hommes ou Les lettres de Sapho, Platon, Vercingétorix, Cléopatre, Marie-Madeleine, Charlemagne, Jeanne d'Arc et autres personnages illustres, mises au jour par Vrain Lucas, La Cité des livres, 1924, rééd. Allia 2002.

~

une autre

Ceci est la lettre de défit qu’envoye Jules César à Vercingétorix, chef des Gaulois.

Julii Cesar au chief des Gaulois,

J’envoy devers toy un mien amé qui te dira le but de mien voyage; je veux covrir de mes souldats la terre qui t’a veu naistre. Tu es braves, je le say, mais aussy le serai, s’il plaist aus dieux: ains rend moy les armes ou prepare toy à combatre.
Ce VI des Kal. de Jullius
JULII CESAR