Lu chez petitsmatinsetgrandssoir

La police militarisée de Hollande-Ayrault-Valls, dans la campagne nantaise

flics d'ayrault

« Dans le bocage nantais,  un drame se joue dans un quasi huis clos. Au milieu des champs, des haies et des chemins de terre, une répression policière et militaire d’une violence inouïe s’est abattue sur des femmes et des hommes dont le seul tort est de défendre leur terre. Leur terre qui est aussi la nôtre, la vôtre.

« A Notre-Dame-des-Landes, c’est un projet de société que l’on assassine, tranquillement avec l’aval et le cynisme du couple exécutif, François Hollande et Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes droit dans ses bottines. Un projet de société pour résister à celui que l’on veut nous imposer, inutile, véritable aberration économique, environnementale et sociale.

« Cette aberration a la forme d’un aéroport, projet hérité des Trente glorieuses, époque bénie de l’homo politicus et des économistes dont l’horizon indépassable était le marché, rien que le marché. C’était il y a cinquante ans,  le pétrole coulait à flot et le bitume recouvrait de sa langue puante, mètre par mètre, terres agricoles et forêts.

« Comme si l’époque n’avait pas changé, comme si les catastrophes climatiques n’avaient pas existé, comme si la crise économique n’avait jamais eu lieu, la gauche au pouvoir perpétue en digne héritière des politique ultra libérales, l’idéologie d’antan. Tant pis pour celles et ceux qu’elle écrase sous sa férule croissantiste, tant pis pour la biodiversité, tant pis pour ces vies sacrifiées et ces terres martyrisées, dans le monde dans lequel nous vivons, la fin justifie les moyens.

« En attendant, deux jeunes paysans lancent un appel à la mobilisation et au mouvement social, un appel à la résistance, un appel à la vie, un appel à la prise de conscience que l’on aimerait voir se muer en insurrection des consciences.

Si on réfléchit à ce qui se passe à Notre Dame des
Landes depuis une semaine, il y a un fait vraiment
inquiétant : le silence du « mouvement social français ».

Depuis mardi matin, plus de 500 gardes mobiles ont envahi la
campagne tranquille du nord de Nantes, ils ont chassé les
gens de leur habitat, détruit des maisons et enlevé les
pierres une par une pour s’assurer qu’elles ne seraient pas
rebâties. Depuis six jours, environ 200 personnes dorment
chaque nuit sur des barricades, respirent des gazs lacrymo,
organisent le ravitaillement des copains en première ligne,
tout cela dans une non-violence exemplaire (sinon, il n’y
aurait pas cet assourdissant silence médiatique!).

Depuis quelques jours, des gros ballots de vêtements, de bottes,
de chaussettes, de piles, de pommes, de pâtes, de légumes,
de café, de jus de fruits, de barres de céréales, affluent dans
le hangar qui sert de QG à la résistance, témoignant que
si peu de gens osent s’aventurer dans le « territoire en
guerre » qu’est devenu ce beau bocage, il existe une
véritable indignation dans la population.

Et enfin bon, des raisons de s’indigner il y en a tout de
même : il n’a rien d’autre à faire, ce gouvernement que de
mobiliser des centaines de flics pendant des semaines pour
chasser des gens de leur maison alors qu’il semble qu’il y
ait une crise du logement dans ce pays, rien de plus urgent
comme dépense que de construire un aéroport pour en
remplacer un autre loin d’être saturé alors qu’on nous dit
que la priorité c’est de réduire les déficits, rien de
plus important que de développer
le trafic aérien alors qu’il paraît qu’il y a un truc qui
s’appelle le changement climatique ???

Alors pourquoi ce silence ?
- Soit, ce qui est une possibilité réelle, le mouvement
social est bien mal en point, tué par la « crise »,
asphyxié par l’arrivée de la gauche au gouvernement,
- Soit ce combat n’est pas celui du mouvement social, car
ceux qui luttent pied à pied à Notre Dame des Landes ne
sont pas très présentables, un peu trop boueux, avec en
prime des têtes un peu trop jeunes et que donc certainement
ils sont violents, donc peu fréquentables,
- Soit encore vous ne savez pas quoi faire.

Si c’est cette dernière option qui prime, quelques idées :
La résistance à Notre Dame des Landes est incroyable. Il
est incroyable que quelques centaines de personnes sans
moyens financiers, sans soutien logistique aucun à part celui
de quelques habitants et paysans des alentours, logeant dans
des abris de fortune, sans eau, sans électricité, aux
vêtements détrempés, aient résisté une semaine
derrière des barricades de bric et de broc face à une
véritable armée. Ils sont encore là et ne vont pas
lâcher, même si il leur faudra probablement se replier à
un moment ou à un autre.

Il ne manque pas de courage ni de détermination à Notre-Dame-des-Landes.
Il manque de la légitimité.
Et cela, vous, vous qui savez écrire, qui avez les
arguments en tête, qui êtes reconnus socialement comme des
gens « sérieux », qui avez de l’audience auprès des
militants de vos organisations, qui connaissez des
journalistes, qui êtes en contact avec des politiques, vous
qui êtes respectés, vous pouvez le donner à la lutte de
Notre Dame des Landes : de la légitimité.

Ce sont des choses que vous savez faire : écrire aux pages
débat des journaux, organiser des conférences de presse,
passer des coups de fil à droite à gauche, signer des
tribunes collectives, intervenir lors de conférences,
convaincre des gens connus d’aller à Notre Dame des Landes,
ne serait-ce qu’une demi-heure, pour qu’ils puissent dire
leur indignation devant les médias, puisque ces médias
n’ont rien à faire de l’indignation des gens ordinaires.

Vous savez faire cela et c’est vraiment le moment de le faire maintenant.

Cette lutte est exemplaire et c’est aujourd’hui à chacun
d’entre vous de permettre au mouvement social dans son
ensemble de faire preuve d’une solidarité exemplaire.