« Après avoir failli éclater, le scandale des pharmaciens trafiquants d’urine a finalement été étouffé, comme l’on s’y attendait. Pourtant, les faits sont patents : un certain nombre de malades ayant confié leur urine aux fins d’analyse dans l’une de ces pharmacies peu scrupuleuses, ne l’ont jamais récupérée. Un pharmacien, peu de personnes le savent, est tenu de rendre à son propriétaire l’urine non utilisée pour l’analyse. Malheureusement, rares sont ceux qui se conforment à la loi. On les connaît, les pharmaciens, les petits profits ne leur font pas peur. Ils conservent l’urine qu’ils revendent, le moment venu, avec de substantiels bénéfices. Un jour, la France manquera peut-être d’urine, mais pas les pharmaciens. Ils ont constitué des stocks qu’ils écouleront quand les cours seront au pus haut. Quels sales types ! »

Roland Topor, L’Idiot international, sd.

 

topor rit encore