Bref [le deuxième meilleur magazine de cinéma en langue française, répétons-le] propose dans son dernier numéro un grand dossier « Central(e) Godard ». Ensemble indispensable et diablement roboratif pour la variété, l’impertinence, l’intelligence, l’humour et l’amour vache que suscite l’homme d’Adieu au langage chez l'aréopage de cinéastes convoqués – Luc Moullet, Isabelle Prim, Sylvain George, Vincent Dietschy, Thierry Knauff, Christophe Loizillon, Marylène Negro, Rodolphe Olcèse, Antonin Peretjatko, Benoît Forgeard, Jean-Sébastien Chauvin, Johanna Vaude, Joao Nicolau, Marc Mercier, Guy-Louis Mier, Michel Chion. J’aime beaucoup la brève intervention de Thierry Knauff. La voici.

« Tout a été dit pour et contre sa façon de faire des films.
Avec ses audaces, ses manies et ses outrances, cette façon me convient.

Je suis heureux qu’il ait fait ses films et qu’il continue à en faire.
Certains m’ont profondément et durablement touché. D’autres moins.
Mais toujours ils me font du bien.
Sa liberté fait du bien.

Pendant ses films, je me retrouve: ils me laissent – grâce ou malgré eux – revenir à moi.
Je décroche sans me perdre. Je me rappelle ce qui m’importe.

Quels que soient leurs formats, il y a dans les cadres qu’il compose et impose, une place pour l’air.
L’air y circule. Ses images respirent. Elles ne sont pas closes.
Et, par chance pour elles et pour nous, les sons qu’il y dispose ne les répètent pas.
Bref, il ose et c’est bien : c’est souvent beau.

Alors pour tout cela, merci. »

Thierry Knauff

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