Nous célébrons le vingt-cinquième anniversaire de l’Anthologie de la subversion carabinée de notre cher Noël Godin. Pendant vingt-cinq semaines, des auteurs choisis au hasard dans le sommaire du livre sont ici proposés, avec un ou deux extraits pris au hasard dans le chapitre à chacun consacré. L’exercice est gratuit, paresseux et purement incitatif. Pour le reste, démerdez-vous. Réimprimée plusieurs fois, l’Anthologie est encore en vente libre (éditions de l’Âge d’homme), grâce à elle c’est Noël tous les matins. Achetez-la, volez-la, donnez-la ou partagez-la, mais lisez-la.

Aujourd’hui : (24) Donatien-Alphonse-François de Sade (1740-1814)

daf de sade

~

« Voluptueux de tous les âges, et de tous les sexes, c’est à vous seuls que j’offre cet ouvrage: nourrissez-vous de ses principes, ils favorisent vos passions (...); n’écoutez que ces passions délicieuses; leur organe est le seul qui doive vous conduire au bonheur. (...) Jeunes filles trop longtemps contenues dans les liens absurdes et dangereux d’une vertu fantastique et d’une religion dégoûtante, imitez l’ardente Eugénie, détruisez, foulez aux pieds, avec autant de rapidité qu’elle, tous les préceptes ridicules inculqués par d’imbéciles parents. Et vous, aimables débauchés, vous qui, depuis votre jeunesse, n’avez pas d’autres freins que vos désirs et d’autres lois que vos caprices, que le cynique Dolmancé vous serve d’exemple; allez aussi loin que lui, si, comme lui, vous voulez parcourir toutes les routes de fleurs que la lubricité vous prépare; convainquez-vous à son école que ce n’est qu’en étendant la sphère de ses goûts et de ses fantaisies, que ce n’est qu’en sacrifiant tout à la volupté, que le malheureux individu connu sous le nom d’homme, ligoté malgré lui sur ce triste univers, peut réussir à semer quelques roses sur les épines de la vie. »

La Philosophie dans le boudoir ou les Instituteurs immoraux, 1795

« Livre-toi, Juliette, livre-toi sans crainte à l’impétuosité de tes goûts, à la savante irrégularité de tes caprices, à la fougue ardente de tes désirs; échauffe-moi de leur écarts, enivre-moi de tes plaisirs; n’aie jamais qu’eux seuls pour guides et pour lois; que ta voluptueuse imagination varie nos désordres; ce n’est qu’en les multipliant que nous atteindrons le bonheur; (...) tout ce qui délecte est bon, tout ce qui échauffe est dans la nature. »

Juliette ou les Prospérités du vice, 1801