Lundi 23 août 1954 [à Josette Passas]

Je me raidis et pense à ma décision qui est inébranlable. J’attends les précisions pour m’y résoudre. Samedi, je donnerai un petit banquet aux gosses et, le soir, vers minuit, je m’endormirai du sommeil du juste en pensant à toi.

 

Vendredi 27 août 1954 [dernière note pour deux amis, Guy Denizeau et Louis Briselande]

Pour le cercueil, adressez-vous à M. Blanchet, route de Paudy à gauche, prière de lui recommander de l’ampleur côté pieds, j’ai des cors. Pour l’ouverture et la fermeture du caveau, adressez-vous à M. Leplantine; c’est un artisan habile, avec lui pas d’évasion à redouter. Il demeure route d’Issoudun à droite sous les premières maisons. Et enfin, pour le constat de décès, faites appeler ce brave docteur Appart. N’ayant encore jamais ressuscité personne, j’aime à croire qu’il n’innovera pas avec moi. Amen. Je suppose que mon vieil ami Négro m’a suivi dans le bienfaisant sommeil. Il reste un peu de pot-au-feu pour Zézette et Doudou que je vous prie de leur donner. Pour Zézette, le couper menu, donner aussi du lait à Doudou, il y en a sur le fourneau électrique. Linge lessivé, rincé séché, pas repassé, j’ai la cosse. Excusez. Vous trouverez deux litres de rosé à côté de la paneterie. À votre santé !
Marius

[fragments cités sur ce blog, hébergé par l'Atelier de création libertaire]

Négro est un vieux un cocker aveugle, pour lequel Jacob fit un jour une demande officielle de légion d'honneur en raison de sa probité et de sa fidélité.

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josette passas

 

 

Josette Passas