Sur la censure de Nymph()maniac par décision de justice, suite :

communiqué du SFCC (transmis par Zozef et recopié sur le site KinoScript)

~
LE SYNDICAT DE LA CRITIQUE
DEFEND NYMPHOMANIAC
 
Conformément à l’avis de la Commission de classification des œuvres cinématographiques, à laquelle participe le Syndicat Français de la critique de cinéma, la ministre de la Culture a accordé un visa d’exploitation au diptyque de Lars von Trier Nymphomaniac, assorti d’une interdiction aux moins de 12 ans pour le film 1, aux moins de 16 ans pour le film 2.
S’appuyant sur l’article 227-24 du code pénal, et alléguant la présence d’images dites pornographiques, l’association intégriste « Promouvoir » est intervenue, avant même d’avoir vu les deux films, auprès du Tribunal administratif de Paris.
 
En attendant un jugement définitif, le juge des référés a modifié les restrictions du visa d’exploitation. Le film 1 est désormais interdit aux moins de 16 ans, le film 2 aux moins de 18 ans. C’est un double désaveu qu’il a ainsi infligé à la ministre de la Culture et de la Communication ainsi qu’à la Commission de Classification des œuvres Cinématographiques.
 
Le Syndicat Français de la critique de cinéma souhaite que le Tribunal administratif de Paris ne confirme pas ce jugement, mais constate que le mal est fait et que le film de Lars von Trier en subit déjà les conséquences.
 
Il remarque qu’un seul juge vient de contredire une pratique jurisprudentielle datant de plusieurs décennies en estimant que la Commission de Classification des œuvres Cinématographiques, qui contrôle plus d’un millier de films par an, était dans l’erreur.
 
Cette Commission plénière comprend 28 membres titulaires et 55 suppléants. Ses membres sont des représentants ou experts nommés par les ministères de l’Intérieur, de la Justice, de l’Education nationale, de la Famille, de la Santé, de la Jeunesse. Siègent aussi le CSA, l’UNAF, Les Maires de France et la Défense des enfants. Ainsi qu’un collège de quatre jeunes et un autre représentant la profession cinématographique. Comment, en examinant Nymphomaniac, auraient-ils pu se tromper ce point ?
 
En donnant régulièrement raison à des associations qui multiplient les recours contre les films en s’appuyant sur l’article 227-24 du code pénal, le contrôle du juge administratif devient abusif et crée une profonde insécurité juridique.
 
Le Syndicat Français de la critique de cinéma, se fiant à la jurisprudence de la Commission de Classification, est déterminé à militer pour l’abrogation de l’article 227-24 du code pénal qui est devenu l’arme des extrémistes contre les œuvres d’art qui leur déplaisent.
 
Il soutient le ministère de la Culture dans ses démarches pour que Nymphomaniac retrouve ses visas assortis de mesures d’interdiction -12 ans et -16 ans.