ebola

S'il faut en croire Le Parisien, Marisol Touraine, porte-parole du ministère de la Santé*, aurait déclaré en toute simplicité que la France avait les moyens de faire face à Ebola. A l'Elysée, le président élu aurait ajouté, juste avant qu'on l'attache pour la nuit: « Ebola, c'est comme le chômage: s'il montre sa sale gueule, on lui tord le cou ». Ce ne sera pas utile, car Touraine a pris soin de préciser: « Nous faisons en sorte que notre pays ne soit pas touché. » Sûr que l'OMS et le CDC, apprenant la nouvelle, veulent connaître la recette et appellent Touraine toutes les dix minutes sur son téléphone portable. Rien à faire. Elle ne décroche pas. Les Français, peuple élu, seront les seuls peut-être à échapper au méchant virus hémorragique, comme ils ont échappé jusqu'ici au chômage et à la pauvreté. Cela me rappelle le printemps 86, quand le réacteur n°4 de la centrale Lénine, à Tchernobyl (Ukraine), eut un pet de travers: les baratineurs d'Etat n'eurent aucun mal à convaincre leurs électeurs que le nuage plein de vilains petits bescherels s'était arrêté pile poil au-dessus de la frontière franco-belge. La France, le pays que le monde entier nous envie.

[* Qu'elle n'ait jamais foutu les pieds dans une fac de médecine ne la rend pas plus antipathique, qu'est-ce que vous croyez.]

 

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