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Jean-Jacques Rousseau avait pris l'habitude de se désigner comme le cinéaste de l'Absurde. C'était assez con et terriblement réducteur, mais les journaux figue-et-raisin et les ricaneurs aimaient ça, ils pouvaient s'y raccrocher. Jean-Jacques Rousseau était plutôt, mille fois plus, un réfractaire, un insoumis, un histrion doué d'un fol humour, un pirate, un trublion, un sans-drapeau, un anar irrécupérable et un grand bonhomme, un mauvais caractère et un sacré luron, un incorruptible, un compulsif à faire peur, une vraie pointure de cinéma, et c'était notre ami depuis si longtemps... Heurté par l'auto d'un ivrogne qui lui avait foncé dessus, aux premières heures du 15 juillet dernier, à l'issue d'une sale dispute de bistrot, Jean-Jacques n'était peut-être jamais sorti du coma. Et voilà. Jean-Jacques Rousseau, le grand cinéaste de Courcelles, est mort tout à l'heure des suites de ses blessures. Si l'on croyait en ces trucs-là, on dirait qu'il va tout de même continuer à déboussoler le populo, s'il était parti quelque part. Mais on n'y croit pas. On a plutôt très envie de pleurer, pour une fois.

Portrait interview, avec Frédérique et Noël : CLIC

Le premier vrai reportage, diffusé par "Cargo de nuit", 1987, RTBF (merci à Louis Danvers) :

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