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L'ami Stéphane est fumasse, on le comprend.
(Pas au point tout de même de jeter ses vieux Coltrane à la gueule des pandores ?)
Mais son énergie et sa rage sont intactes. Et son art est splendide.

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« Samedi 22 novembre j'irai à Nantes, à 14h devant le palais de justice, et j'improviserai face aux flics une ou plusieurs peintures, avec mes couleurs mes pinceaux et les musiciens qui se joindront à moi, et moi à eux.

Il n'y aura pas de musicien de jazz: j'en connais pourtant beaucoup, avec qui j'ai joué partout en moult circonstances, mais aucun n'a répondu à mon appel. Aucun. Trop occupés à checker leur mails entre deux avions sûrement, pour se souvenir que la musique dont ils sont les héritiers s'est nourrie de luttes multiples et ancestrales.

Je leur pardonne, bien sûr, mais dans le même temps ils peuvent aller se faire foutre; qu'ils continuent d'aller voter pour le Parti Socialiste au deuxième tour si ça leur donne bonne conscience: ils ne sont plus de mon ressort.

Samedi 22 novembre ce sera plutôt avec des musiciens bretons que ça va se passer: faire la nique aux cognes en jouant de la musique est aussi important que d'être à l'heure pour les balances, quand un gars de 21 piges se fait tuer par la police, quand on habite près de Notre-Dame-des-Landes et qu'on préfère mourir debout que vivre à genoux.

Samedi j'irai à Nantes pour défier les flics avec ma poésie, NOTRE poésie. J'irai sans autres armes apparentes que ma créativité, ma rage et mon envie de défier l'ordre criminel des choses.

J'irai avec l'angoisse au ventre: ces salauds-là blessent, mutilent et tuent. Mais j'irai en mémoire de Rémi Fraisse. Parce que je ne peux pas pardonner ça. »