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le vieux monde qui n'en finit pas
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4 juillet 2015

La Rochelle, 43e, 07

Au rayon restauration du festival de La Rochelle, on a revu Hustle (La cité des dangers, 1975). Ce formidable polar sarcastique et triste de Robert Aldrich peut être considéré comme une sorte de "chaînon manquant" (dixit l'ami Erwan Floch'lay) entre le film noir classique et ses avatars post-modernes. [Toutes proportions gardées, certains films policiers de Aldrich et Fuller seraient en effet à ce genre urbain par excellence ce que furent un peu plus tôt les petits westerns Columbia/Ranown de Bud Boetticher et les premiers Peckinpah dans la filiation du western, ultimes rejetons avant l'extinction - avant que les engins motorisés de tout genre (de Two-Lane Blacktop à Mad Max) se substituent aux chevaux.] Le casting Deneuve-Reynolds (la pute et le flic intègre) aurait pu être problématique, il est simplement génial. Hustle est un des derniers très grands films de Big Bob, qui disparaîtra quelques années plus tard. La décennie magique des "seventies" sera alors derrière nous, Hollywood ne sera plus jamais pareil.

hustle

~

Repéré également (dans la même rubrique des "restaurations de chefs-d'oeuvre méconnus [sic] qui débouleront sur les écrans à la rentrée"), un William Friedkin de 1977 oublié et nettement moins roboratif que le film d'Aldrich. Tourné par un cinéaste qui ne se refuse rien, dans la foulée du triomphe de son Exorcist, Sorcerer/Le convoi de la peur est une nouvelle adaptation du Salaire de la peur de Georges Arnaud - mais pas tout à fait un remake du célèbre film de Clouzot. Ambition démesurée, distribution multinationale (Scheider, Cremer, Rabal, Amidou), tournage interminable dans la jungle (et Jérusalem, Londres et l'avenue Foch pour le prologue), contextualisation parfois ambiguë (l'épisode israélien et ses conséquences sont nettement répugnants)... On s'est franchement ennuyé, rien dans la mise en scène (irréprochable) de Friedkin ni la dramaturgie de son scénariste ne risquant de détourner les quatre salopards de cette horreur de fatum imposé par Arnaud. Chacun sera juge. 

sorcerer

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Commentaires
J
Le fait que le film de Clouzot soit un chef d'oeuvre et celui de Friedkin très anecdotique pourrait faire réfléchir nombre d'auteurs et de réalisateurs sur les mécanismes du cinéma. L'impression de réalité, les mécanismes de la peur, l'identification aux personnages, cela fonctionne dans le premier et tombe à plat dans le second. Les américains se polarisent sur les "objets": le camion, le pont, les explosifs etc, toutes chose sur lesquelles Clouzot ne s'appesantit pas: il avait très bien compris que si le spectateur ne lit pas la peur dans le regard du comédien, tout le reste ne sert à rien. Ceci dit, il y a un épisode dans le roman que personne n'a osé reprendre: pour éviter que les camions ne passent devant son église, un prêtre indique à Gérard et Gino une fausse route. Ils s'en aperçoivent, rebroussent chemin et vont casser la gueule du curé à l'intérieur de l'église...
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P
Je ne vous surprendrai pas en citant ce condensé qui traduit parfaitement ce que j'ai pensé dès la sortie de la salle de cinéma: "Magie de la politique des auteurs qui parvient à nous passionner pour un film résolument mineur. Car sorti du contexte de l’œuvre, force est de constater que La Cité des dangers est un film peu enthousiasmant. Manquant de rythme, souffrant d’une interprétation fade (Burt Reynolds s’en sort avec les honneurs), Aldrich ne parvient pas à nous impliquer «émotionnellement » dans son film. C’est avec détachement que l’on suit les enjeux du film, seulement porté çà et là par des séquences où une véritable mélancolie parvient à transpercer. La mise en scène est le plus souvent platement illustrative, et l’on ne retiendra qu’une ouverture, comme toujours chez Aldrich, particulièrement réussie." aussi "Hustle est donc un film à ne conseiller qu’aux inconditionnels du réalisateur qui y trouveront ce qui rend le cinéma d’Aldrich si singulier et précieux." (DVDclassik) Vous avez bien écrit "très grand film"?!<br /> <br /> Nous avons eu, avec quelques personnes également rencontrées lors de ce beau festival, l'occasion d'échanger sur le cinéma, la réception critique, nos goûts respectifs... et je vous avais fait part de mes réserves sur la contextualisation d'un film, insistant sur les limites de celles-ci puisque l'accueil d'un film ne saurait être réservé à un spectateur cinéphile capable de restituer parfaitement un film dans son contexte!<br /> <br /> Cela dit, c'est un plaisir de vous lire comme cela fut très plaisant de vous écouter, quelles que soient nos divergences (notamment sur "Moonfleet" que je vais m'empresser de revoir pour voir si ma déception initiale était infondée).<br /> <br /> Au plaisir donc de découvrir sur votre blog le cinéma et d'autres domaines que vous défendez avec conviction...<br /> <br /> Un simple amateur du septième art.
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