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A chaque rentrée ses petits et gros mensonges. Les attachés de presse nous bourrent le mou toute l'année, les journalistes ne prennent plus le temps de lire, et tout va bien. C'est ainsi que certains médias français, avec un culot touchant, nous vendent ce mois-ci le bouquin de notre ex-excellent confrère Gérard Lefort, Les Amygdales (aux Éditions de L'Olivier), comme un "premier roman". Gérard serait-il candidat au prix du même nom, cru 2016 ? Cela expliquerait sans doute la petite imposture.

Car nous avons lu, il y a dix-huit ans, un "Poulpe" signé de lui (ouvrage par ailleurs pas terrible du tout, dans une série à la mode, politiquement mollassonne et très surestimée, intitulé Vomi soit qui malle y pense, ISBN 2-84219-047-5, 1997, éditions Baleine, 39 francs. Ça se déroulait en Bretagne au lendemain de l'assassinat de Michel Gourlaouen (sic), c'est dire.)

Eh bien Gérard, on n'aime plus le Poulpe, au point de l'effacer de sa biographie ? Pourtant, du vomi aux amygdales, on peut détecter une certaine cohérence d'auteur. Ah ah ah. Sans rancune.

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PS. Extrait de la notule d'Amazon (sans doute inspirée de la prose du service de presse de L'Olivier) :

"Après des études de philosophie, Gérard Lefort (...) En 1997, Gérard Lefort a écrit un polar, Vomi soit qui mal y pense, dans la collection Le Poulpe. Les Amygdales est son premier roman."

Voilà donc le fin mot de l'histoire. Gérard a bel et bien pondu, à 63 ans, un "roman d'apprentissage". Le foutage de gueule dont me parlait tout à l'heure un copain n'était qu'un tout petit problème d'étiquetage. Car, nous le savons maintenant, un polar n'est pas un roman. Chandler était charpentier, Hammett projectionniste, Camillieri pizzaïolo et Manchette un drôle de zigomar. Aucun d'eux n'était romancier. CQFD.