Kishibe no tabi [Vers l’autre rive], Kiyoshi Kurosawa (Japon, 2015)

Au chapitre des films que j’ai eu la paresse impardonnable de ne pas aller voir.

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Saul fia [Le Fils de Saul], László Nemes (Hongrie, 2015)

Le film autour duquel j’ai le plus polémiqué avec mes amis, non pas autour de son contenu, mais simplement du fait qu’il était nécessaire ou pas d’aller le voir. J’y suis allé. Après, on ne peut pas oublier.

Wanda, Barbara Loden (États-Unis, 1970)

Le cas d’école du film mythique totalement surfait. Belle, contestatrice, épouse d’Elia Kazan, morte à 39 ans, tous les ingrédiens réunis pour devenir une figure emblématique aux yeux des cinéphiles avides de destins maudits. Reste que son film est mal foutu, mal monté, mal filmé, mal joué et que n’importe quel élève de seconde année d’école de cinoche ferait mieux avec les mêmes moyens.

El botón de nácar [Le Bouton de nacre], Patricio Guzman (Chili-France, 2015)

Un documentaire qui parle de tout avec intelligence, du cosmique à la dictature chilienne. L’alliance du poétique et de la politique.

Mustang, Deniz Gamze Ergüven (Turquie, 2015)

De notre point de vue, le film pourrait paraître ambigü, genre permettre aux islamophobes honteux de se déculpabiliser. Du point de vue de la réalisatrice, il en est évidemment tout autrement. La culture, ça peut être une question de point de vue.

Birdman or The Unexpected Virtue of Ignorance, Alejandro G. Iñarritu (États-Unis, 2014)

Ah ! Suis un inconditionnel d’Iñarritu, pas la peine de discuter. J’adore le mysticisme chez les autres. Seul truc qui me froisse, son prochain film The Revenant reprend très précisément le scénario de Man in the Wilderness [Le Convoi sauvage] de Richard Sarafian (avec Richard Harris), un chef-d’œuvre, sans qu’il soit le moins du monde cité au générique...

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Much Loved, Nabil Ayouch (Maroc-France, 2015)

C’est sans doute l’un des rares authentiques films politiques de l’année. Les Cahiers du cinéma dans leur numéro pourtant consacré au cinéma politique expédient le film en trois paragraphes condescendants. Ils préfèrent décerner la palme d’or du genre à...

Rak ti khon kaen [Cemetery of Splendour], Apichatpong Weerasethakul (Thaïlande, 2015)

Je suis donc allé le voir. Les Sept Parnassiens à Paris. Tout seul dans la salle, un peu strange comme impression. Me rappelle un film de Mario Bava où l’héroïne regarde ainsi seule un film d’épouvante et se voit dans le film. Cemetery... raconte l’histoire de gens qui dorment. Au bout de vingt minutes, j’avais du mal à garder les yeux ouverts. Il doit y avoir trente plans dans le film, tous horriblement fixes. Par pitié, faites qu’il se passe quelque chose ! L’insupportable pensum métaphorique thaïlandais n’en finit plus. Ce doit être l’ennui de la politique vu par les Cahiers.

Taxi [Taxi Téhéran], Jafar Panahi (Iran, 2015)

Très peu de liberté, très peu de moyens, et comment en tirer le maximum.

Youth, Paolo Sorrentino (Italie, 2015)

Mais c’est pas parce qu’on a toute la liberté et beaucoup de moyens qu’on doit se planter. Sorrentino, c’est un sacré cinéaste, un type capable de raconter une histoire de cette façon-là, il y en a pas pléthore et m.... à tous les grincheux et les snobs qui le détestent, les Cahiers en premier.

youth

Tiens... pas d’Américain cette année.