« Nulle raison, direz-vous, de croiser des éléphants dans la Creuse et sur ce point nous sommes d’accord, nous ne le mentionnons que pour la raison suivante. Selon les travaux du docteur L. Elizabeth L. Rasmussen, les femelles de l’Elephas Maximus usent comme toute espèce animale d’une certain combinaison de molécules dès le moment où l’exercice du rut devient envisageable, voire souhaitable. Un tel signal chimique permet aux éléphantes de faire savoir aux éléphants qu’elles sont sexuellement en pleine forme, folles d’amour, vibrantes de désir et prêtes à s’accoupler quand on veut. Or L. Elizabeth L. Rasmussen a démontré avec succès que cet assemblage moléculaire – cette phéromone, donc, techniquement désignée sous le nom de (Z)-7-dodecen-1-yl acétate – se trouve être exactement le même chez l’éléphant que chez plus d’une centaine d’espèces de papillons. Nous pensions qu’il n’était pas mauvais que ce phénomène zoologique, trop peu connu à notre avis, soit porté à la connaissance du public. »

Jean Échenoz, Envoyée spéciale, Minuit, 2015

 

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