« Voilà pourquoi il estime que la forme par excellence de la fiction, de nos jours, n’est plus le roman mais le scénario, le scénario dans toutes ses dimensions, toutes sortes de scénarios, mais surtout, le scénario catastrophe, qui reste le plus passionnant en termes de prospective: décroissance halieutique, biodiversité en chute libre, couche d’ozone en danger, flux rompus, intelligence artificielle hostile, invasion entropique, faillite des États, krach financier, guerre de civilisations, pollution anthropique, terrorisme extrême, pic démographique, raréfaction de l’eau potable, crash alimentaire, crash énergétique, réchauffement climatique, totalitarisme et extrémisme, épuisement des ressources, météorite killer, accident nucléaire majeur, cybervirus informatique, maladie pandémique, mutation génétique, morts-vivants... En quoi est-ce passionnant ? Parce qu’il s’agit, tout simplement, de l’avenir de l’humanité auquel nous devons nous préparer, affirme-t-il avec verve, persuadé que le pire est bien la seule chose qui puisse encore nous arriver après ce à quoi nous assistons déjà, justifiant d’ailleurs l’intérêt d’un tel scénario par l’immense potentiel artistique et financier qu’il offre à ceux qui sauraient s’en saisir. »

Caroline Hoctan, Dans l’existence de cette vie-là, Fayard 2016

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caroline hoctan

© Isabelle Rozenbaum [pour Fayard]