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28 avril 2018

Féminisme et censure

Dans le numéro de mai de ArtPress, Bernard Joubert évoque la tendance de certains mouvements féministes (et d’une partie de la classe politique) à user d’un droit qu’ils se sont accordé : celui de réclamer des interdictions, des censures. L’histoire est édifiante. Au cœur de la démonstration de BJ, l’affaire Orelsan (2009). Extraits.

 ~

« L’affaire Orelsan mériterait à elle seule un livre d’étude. Comment, soudainement, tant de cerveaux ont-ils pu commuter sur off ? L’œuvre désignée à la vindicte [Sale Pute] n’était pourtant pas d’une grande complexité. [...] Le sujet de cette chanson est une évidence: la déception amoureuse et les sentiments ravageurs qu’elle peut provoquer. Mais les cerveaux ont décidé de ne plus fonctionner. Une chanson n’est plus la traduction artistique de sentiments humains, c’est l’équivalent d’un discours prononcé par un tribun. Orelsan est un misogyne qui appelle à la maltraitance des femmes. Des politiques de tous bords prennent part au lynchage, jusqu’à des membres du gouvernement de François Fillon: la ministre de la Culture Christine Albanel et la secrétaire d’État chargée de la Solidarité Valérie Létard tentent de faire retirer le clip de YouTube, la seconde annonçant qu’elle soutiendra les associations qui porteront plainte contre l’auteur de cette chanson qui "appelle au viol, au meurtre et à l’incitation à la haine envers les femmes", de même que de "celle intitulée "J’aime pas la Saint-Valentin", tout aussi violente". Saint-Valentin n’existe également que sous la forme d’un clip et, loin de l’ambiance dramatique de Sale Pute, est une parodie. Un Noir musculeux avec de petites ailes d’ange se dodelinant à ses côtés, Orelsan y joue les caïds du sexe à la façon du gangsta rap américain, mais pour faire rire. S’il connaît des positions inconnues qui font goûter aux filles "le vrai bonheur", c’est parce qu’il se "branle sur Canal +" mais n’a "jamais eu l’décodeur". C’est dans cette chanson que figure le néologisme "marie-trintigner" qui a beaucoup choqué.

« L’autodérision d’Orelsan est systématiquement niée. Aucune des explications de texte qu’il donne en interviews ne veulent être entendues. Il n’est pas un artiste, il est un monstre. Le Parti communiste et le NPA publient des communiqués pour le dénoncer. Dans une lettre ouverte, la Grande Loge féminine de France enjoint à la ministre de la Culture d’avoir recours à la loi contre cette "insulte infamante faite aux femmes". YouTube ayant refusé de retirer la chanson Sale Pute, le député Patrick Ollier (UMP) s’écrie à l’Assemblée nationale: "Il faut légiférer pour l’interdire !" Et lorsque Valérie Létard fait savoir qu’elle a demandé à la justice d’instruire cette affaire, elle obtient des applaudissements sur tous les bancs. Mais le plus désespérant se cache dans des détails: voir, dans des pétitions, se joindre aux habituelles Chiennes de garde ou la Meute, les "Femmes libres de Radio libertaire"... Des anarcolibertaires priant les pouvoirs publics de censurer un chanteur ! [...] Les procès s’éterniseront jusqu’en 2016. [Ils se] solderont par une relaxe. »

Affaires à suivre.

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