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le vieux monde qui n'en finit pas
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11 novembre 2018

Chevallier, Remarque, Dix, Gance, et du côté d'Orouet

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Pour célébrer le onze novembre, on peut lancer un commando pâtissier sur les dizaines de chefs d'Etat hypocrites, emperruqués et propres sur eux qui vont plastronner sur les Champs-Elysées en jurant qu'il ne se feront plus jamais la guerre, mais il est vrai que ça peut être dangereux, car Trump et ses copains ont la main leste.

On peut relire La Peur de Gabriel Chevallier, ce chef-d'oeuvre absolu de dissuasion anti-belliciste [et alter ego de A l'ouest rien de nouveau, de l'Allemand E.M. Remarque], toujours disponible en Livre de Poche (même si personne n'en parle). Cet anar bien sympathique inventera quelques années plus tard Clochemerle et sa pissotière.

On peut se replonger dans le cinéma d'Abel Gance sur 1914-1918, à commencer par les trois versions de J'accuse.

On peut aussi ressortir ses vieux albums d'Otto Dix, ce génial peintre, graveur et illustrateur allemand (1891-1969) qui, venu de l'expressionnisme, contribua à créer la Nouvelle Objectivité. Dix est le plus grand peintre de l'apocalypse de la première guerre mondiale. Ses toiles donnent des cauchemars. Les voyous hitlériens, arrivant au pouvoir une quinzaine d'années plus tard, s'empresseront de créer, presque pour lui tout seul, la notion d'Art Dégénéré. C'est dire que l'homme est de nos amis. [Ca tombe bien : on peut voir jusqu'au mois de janvier une belle collection de ses estampes. C'est en Vendée, pas loin d'ici, au musée de l'Abbaye Sainte-Croix des Sables d'Olonnes. Du côté d'Orouet, pour ainsi dire. Plus bas, je vous colle la présentation des commissaires de l'expo.]

On peut aussi m'offrir à boire, car je suis né ce jour-là. [Non, je rigole. Je ne suis pas si vieux.]

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~

Du 14 octobre 2018 au 13 janvier 2019

L’œuvre et la vie d’Otto Dix (1891-1969), artiste reconnu aujourd’hui comme l’un des peintres allemands les plus importants du XXe siècle, ont traversé des temps d’une violence et d’une cruauté extrêmes. Ils furent irrémédiablement marqués par les horreurs de la Première Guerre mondiale, à laquelle l’artiste participa comme engagé volontaire puis par le nazisme, qui stigmatisa son œuvre comme « art dégénéré ».


Otto Dix, malgré la tourmente, fit de la représentation fidèle de la réalité, tout aussi cruelle soit-elle, son credo, et fut, à l’instar de Francisco de Goya, un témoin implacable de la société de son temps dont il saisit les fastes et la décadence, les crimes et les souffrances, dans une œuvre sans concession qui restitue la vérité dans toute sa crudité.

Issu d’une famille modeste de Thuringe, l’artiste poursuit ses études artistiques à Dresde. Sous la République de Weimar, il participe brièvement aux provocations Dada auprès de son ami Georges Grosz, avant d’être associé à l’aile vériste de la Nouvelle Objectivité allemande que l’historien d’art Gustav Friedrich Hartlaub met en avant en 1925 dans le contexte d’un retour à l’ordre de la peinture européenne. Otto Dix, portraitiste recherché, affûte alors son style tranchant qui oppose à une technique virtuose et réaliste, empruntée aux maîtres anciens - Baldung-Grien, Cranach ou Altdorfer – des sujets triviaux, reflets de la société inquiète et précaire de l’entre-deux-guerres – scènes de crimes, de rue ou de cabarets.

Cette exposition, consacrée aux estampes de l’artiste - gravures sur bois, eaux-fortes, lithographies - auxquelles l’artiste se consacra tout au long de sa carrière en parallèle à son œuvre picturale, présente un ensemble d’œuvres issues du cabinet des estampes du Zeppelin Museum de Friedrichshafen, situé près du Lac de Constance, qui conserve l’une des plus importantes collections consacrées à l’artiste. Elle revient sur les thèmes de prédilection d’Otto Dix - le nu, le portrait, la ville, la religion et la guerre - symptomatiques de sa volonté de saisir l’homme dans son entier, de la naissance jusqu’à la mort, comme un être de chair, de palpitations et de sang.

Exposition organisée en partenariat avec le Zeppelin Museum de Friedrichshafen. Parution du Cahier de l’Abbaye Sainte-Croix n° 134 à l’occasion de l’exposition.

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