journal

« Mardi 27 juin 1944,

Très chère Kitty,

Le moral a brusquement changé, tout va très bien. Cherbourg, Vitebsk et Slobin sont tombées aujourd’hui. Sûrement un gros butin et de nombreux prisonniers. Cinq généraux allemands tués à Cherbourg, deux faits prisonniers. À présent les Anglais peuvent amener à terre ce qu’ils veulent car ils ont un port ; trois semaines après le débarquement, tout le Cotentin aux mains des Anglais ! Un exploit remarquable !

[...] Toutes les femmes et tous les enfants allemands qui ne travaillent pas pour la Wehrmacht sont évacués des régions côtières vers Groningue, la Frise et la Gueldre. Mussert a déclaré que si les troupes du débarquement arrivent ici, il revêtirait l’uniforme du soldat. Il a envie de se battre, ce gros-là ? Il aurait dû le faire plus tôt, en Russie. La Finlande a refusé l’offre de paix à l’époque, aujourd’hui encore les pourparlers sur ce sujet sont interrompus. Comme ils vont s’en mordre les doigts, les imbéciles !

À ton avis, où en serons-nous le 27 juillet ? »

[Anne Frank, Journal, traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin et Philippe Noble]