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« [Les fausses nouvelles] naissent souvent d’observations individuelles inexactes ou de témoignages imparfaits, mais cet accident originel n’est pas tout. En vérité, à lui seul il n’explique rien. L’erreur ne se propage, ne s’amplifie, ne vit enfin qu’à une condition: trouver dans la société où elle se répand un bouillon de culture favorable. En elle, inconsciemment, les hommes expriment leurs préjugés, leurs haines, leurs craintes, toutes leurs émotions fortes. [...] Seuls de grands états d’âme collectifs ont le pouvoir de transformer une mauvaise perception en une légende. » Marc Bloch, « Réflexions d’un historien sur les fausses nouvelles de la guerre », 1921 [Réédition: Allia 2019].
Cité par Francesco Filippi dans Y a-t-il de bons dictateurs ? Mussolini, une amnésie historique [2019], trad. Olivier Villepreux, Vuibert 2020.