beppe fenoglio

« [...] chez Tobia on mangeait en règle générale comme chez nous aux jours les plus noirs. À midi comme au souper on nous servait presque toujours de la polenta qu’on parfumait en frottant dessus chacun son tour un hareng suspendu à une poutre par un fil : le hareng n’avait plus figure de hareng, mais nous on continuait à le frotter quelques jours de plus, et celui qui avait le malheur de le frotter plus longtemps qu’il ne fallait, même si c’était Ginotta qui était sur le point de se marier, Tobia le frappait par-dessus la table, il frappait d’une main pendant que de l’autre il immobilisait le hareng se balançant à son fil. »

Beppe Fenoglio, Le mauvais sort (1954)
[traduit de l’italien par Monique Baccelli], Cambourakis 2013

la malora