Jean-Claude Milner caresse à rebrousse-poil.
Le petit essai qu’il publie ce mois-ci chez Verdier va faire grincer les dents, c'est sûr.
Et c'est tant mieux (96 p., 7 €).

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« Les années 2017-2022 se résument à deux événements: les "Gilets jaunes" et la pandémie. Aucun rapport entre eux, mais à chaque fois, deux mêmes questions furent soulevées: celle des pouvoirs et celle des droits. La démocratie et la république héritées reposent sur une exacte coïncidence: pas de pouvoir sans droit, pas de droit qui ne s’accomplisse en pouvoir. À l’opposé, les "Gilets jaunes" et les anti-passe revendiquent des pouvoirs sans droit, c’est-à-dire une souveraineté. Jusque-là, on n’en reconnaissait qu’une: la souveraineté du peuple. Les "Gilets jaunes" et les anti-passe souhaitent la remplacer par la souveraineté des réseaux sociaux. Ce faisant, ils se sont mis au service de ceux qui détestent le peuple. De ce dernier, les ronds-points, défilés et pancartes ne disent plus rien, sinon la destitution. »