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le vieux monde qui n'en finit pas
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14 mai 2023

Manchette 05

« Le petit truand, copain de Griselda, dont Gérard Sergent m’avait touché un mot la veille, habitait un bel immeuble en pierre de taille du côté de la place Péreire. Tandis qu’un ascenseur étonnamment lent m’emportait vers les combles, je me suis dit que le vice paie, même si le père Eddy ne pouvait s’offrir qu’une ancienne chambre de bonne transformée en "studio". Je sais que c’était un studio, et même un élégant studio, parce que la porte n’était pas fermée et, comme on ne répondait pas aux coups de sonnette, j’ai poussé le battant et j’ai vu la pièce, le lit éventré, la table de chevet renversée, les tiroirs retournés, le sol couvert de papiers et de vêtements, et Alfonsino mort sur la moquette. »

« Il s’est jeté sur moi et j’ai pressé la détente en criant de dégoût. Le P35 s’est enrayé. J’ai découvert plus tard que la première douille n’avait pas été éjectée. Une histoire de rouille. Gérard Sergent a rebondi contre moi. Il est tombé en arrière et moi sur les genoux. Il ricanait. J’ai vu le manche du couteau à découper qui dépassait entre mes côtes, et j’ai senti l’acier à l’intérieur de mon corps. Sale Juif, m’a dit Gérard Sergent, ce qui était absurde car je suis de l’Allier. » Morgue pleine, 1973, Gallimard [retitré plus tard Polar, pour coller au film qu’en tira Jacques Bral, 1984]

Manchette 5 morguepleine

~

polabral

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