08 septembre 2011

SM, le dernier mauvais coup de Siné

Depuis hier on trouve Siné Mensuel, premier du nom, dans les kiosques. Le journal de Catherine Sinet s'inscrit résolument dans l'opposition démocratique, mais radicale tout de même. (Onfray a été viré et Alonso exige la légalisation du shit, c'est dire.) Le pouvoir tremble. L'actuel président élu aurait, on ne sait jamais, demandé l'asile au Niger. Le mensuel est vendu 4,80 € (5,40 € pour les Belges et les Luxembourgeois, on se demande toujours pourquoi). Trente-deux pages. Vous êtes prévenus.

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18 février 2011

Zélium contre les pisse-vinaigre

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[Extrait d'une chronique du Vieux. Devinez qui a dessiné la une de CQFD.]

Atrabilaire, jaloux, égotiste, pas marrant du tout.

Qu'est devenu le Bob Siné qu'on a tant aimé ?

~

jagoda

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19 juillet 2010

Arthur n'est plus

la_gueule_ouverte

Henri Montand, dit Arthur, fut un des piliers de La Gueule ouverte, journal créé par Pierre Fournier - et qui annonçait, dès 1972, la fin du monde. Il était dans La Grosse Bertha, CQFD, Charlie Hebdo-le-vrai et autres empêcheurs d'A*F*Péiser en rond. Il fut de l'aventure Siné Hebdo (2008-2010). On l'attendait dans La Mèche (édition papier à partir du 10 septembre 2010). Il fut à Jean-Louis Borloo ce que Bakounine est à Ségolène Royal. C'était un type formidable. Il est mort, comme des tas de types formidables.

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11 juin 2010

Siné

Très, très bonne nouvelle.

Je viens d'apprendre que Bob Sinet est sorti de l'hosto. Quasiment en pleine forme.
Ses infirmières en ont eu marre, elles ont décidé de le foutre dehors.

Sonnez trompettes. Ses amis se réjouissent.

Tremblez, les autres. Siné n'a pas fini d'emmerder le monde.

Qu'on se le dise.

~

sin__22

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09 juin 2010

Tiens bon, Siné ! On les aura !

Le détail (et le texte complet) sur lazone (clic)

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Siné, introuvable ?

Il y a une semaine

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01 avril 2010

Flavien

flavien

La Bourse du jeune talent du dessin de presse attribuée pour la 1ère fois par la BnF dans le cadre de la Biennale du dessin de presse a été décernée le 27 mars à Flavien Moreau, dit Flavien (clic).

A c't'heure, ses dessins sont publié par Siné Hebdo et Kamikaze.

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30 mars 2010

Exit Siné Hebdo

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Le secret de malPoli-chie-nelle n'en est plus un. Pourtant, on devait ne rien dire avant mercredi. Siné en personne y annoncerait la nouvelle, sans tambours ni trompettes, dans son quatre-vingt deuxième éditorial. Mais la rédactrice en chef de Siné Hebdo a cassé le morceau au Nouvel Obs, l'autre grand journal satirique du pays. Faute d'un nombre suffisant de lecteurs, le canard créé il y a un an et demi par Bob Siné (après son éviction par le rédac chef du Charlie Hebdo d'alors) cesse sa publication. Il vous reste quatre semaines pour aider Siné à se faire un peu de trésorerie et reconstituer son stock de beaujolpif. Nous, nous gardons au frais quelques bonbonnes de Oud Zottegem pour les trois-quatre copains-copines qui comptaient sur SH pour gagner leur croûte. C'est pas ça qui paiera leur retraite, mais ça leur remontera le moral.

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Sinet et sa bande sur SAVM (clic)

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24 mars 2010

Le programme d'un abstentionniste (Raoul Vaneigem)

Texte publié dans Siné Hebdo n° 80 (17/3/2010)

Pourquoi je ne vote pas

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L’année dernière, ma plus jeune fille, rentrant de l’école, m’a dit : «Je suis bien embêtée. On m’a expliqué que c'était un devoir pour tous de voter. Or, toi, tu ne votes pas. Explique-moi pourquoi !»

J’avais à l’époque de bons arguments, ils sont aujourd’hui bien meilleurs encore.

Il fut un temps où les idées politiques avaient une importance aux yeux des citoyens et déterminaient leur choix électoral. Il existait alors une frontière assez nette entre la gauche et la droite, entre progressistes et conservateurs. Mais déjà à l’époque, il apparaissait nettement que les avancées sociales étaient d’abord arrachées dans la rue, par les émeutes, les grèves ou les grandes manifestations populaires. Les tribuns et les parlementaires socialistes et «communistes» s’en attribuaient ensuite le mérite et en profitaient pour exercer leur ascendant sur les masses. Sans la détermination des mouvements de revendication, il n’y aurait eu ni réduction du temps de travail, ni congés payés, ni droit aux soins de santé, aux allocations de chômage, aux avantages que les mafias multinationales bousillent aujourd'hui avec l’aide des gouvernements de gauche et de droite.

Très tôt, on assista à une bureaucratisation du mouvement ouvrier. Les partis et les syndicats se montrèrent plus préoccupés d’accroître leur pouvoir que de défendre un prolétariat qui jusque dans les années 1960 se défendait très bien lui-même. Le rouge devint rose et la rose s’effeuilla. Tandis que le réformisme social-démocrate partait en couille, l’imposture du mouvement dit communiste s’effondrait avec l’implosion de l’empire stalinien, laissant le champ libre à une véritable opération de colonisation des masses. L’émergence et la prédominance d’une économie de consommation vinrent en effet contrebalancer opportunément les effets fâcheux d’une décolonisation que les peuples du tiers-monde avaient arrachée de haute lutte.

Dénoncé en Mai 1968, le mythe de la société de bien-être, propagé par le consumérisme, se délite aujourd’hui et accompagne dans sa faillite le capitalisme financier dont la bulle spéculative crève et révèle autour de nous le vide creusé par l’argent fou, par l’argent employé à se reproduire en circuit fermé (non sans que s’emplissent les poches au passage les mafieux affairistes et politiques qui, une fois réélus, vont prôner l’austérité.)

Le supermarché est devenu entre-temps le modèle de la démocratie: on y choisit librement n’importe quel produit à la condition de le payer à la sortie. Ce qui est important pour l’économie et ses profiteurs, c’est de faire consommer n’importe quoi afin d’augmenter le chiffre d’affaires. Dans le clientélisme politique qui sévit aujourd’hui, les idées n’ont guère plus d’importance qu’un dépliant publicitaire. Ce qui compte pour le candidat, c’est d’accroître sa clientèle électorale afin de mener ses affaires au mieux de ses intérêts égoïstes.

Qu’une assemblée de citoyens choisisse des délégués pour défendre ses revendications, leur donne mandat de les représenter et leur demande de rendre compte du succès ou de l’insuccès de leur mission, voilà ce qui constitue une véritable démocratie.

Mais en quoi me représenteraient-ils ceux qui

- escroquent le bien public,

- se servent des taxes et des impôts des salariés et des petits indépendants pour renflouer les malversations des banksters,

- gèrent, au mépris des patients les hôpitaux comme des entreprises à rentabiliser,

- privilégient l'enseignement concentrationnaire et construisent des prisons et des centres fermés au lieu de multiplier les petites écoles,

- soutiennent les mafias agroalimentaires qui dénaturent la nourriture,

- bousillent les secteurs prioritaires (métallurgie, textile, logements, service postal, transports, verrerie, fabriques de biens utiles à la société)?

De l'extrême gauche à l'extrême droite, ce qui prime, c'est la recherche d'une clientèle, c'est le pouvoir, le mensonge, l'imposture et la frime. C'est le mépris du pauvre con qui pisse sa confiance dans l'urne sans penser à la vérole du désenchantement qui, le rendant hargneux et pris d'une rage aveugle, le prédisposera à la barbarie du chacun pour soi et du tous contre tous.

Mais, direz-vous, tous les politiciens ne sont pas corrompus, tous ne dépensent pas l'argent du contribuable en voyages d'affaires, en frais de représentation, en malversations diverses. Certains sont honnêtes et naïfs. Assurément, mais ceux-là ne demeurent pas longtemps dans l'arène. En attendant, ils servent de paravents aux assoiffés de pouvoir, aux malades de l'autorité, aux gestionnaires de la farce électorale, aux promoteurs d'une image de marque qu'ils affichent partout sans souci du ridicule.

Que l'on ne s'y trompe pas : bien que la démocratie parlementaire pourrisse sur pied, je ne propose ni de la supprimer ni la tolérer plus longtemps comme un moindre mal. Je ne veux ni du «Ferme ta gueule!» ni du «Cause toujours!» Je veux que la politique retrouve son sens premier: l'art de gérer la cité. Je veux qu'une démocratie directe émane non de citoyens battus, cocus, contents, mais d'hommes et de femmes soucieux de promouvoir partout la solidarité et le progrès humain. Quand des collectivités locales agissant globalement – sur le mode de fédérations internationales – décideront de s'autogérer, et examineront:

– Comment favoriser la mise au point des formes d'énergie gratuite à l'usage de tous.

– Comment constituer une coopérative d'investissement pour en financer la construction.

– Comment mettre en œuvre la gestion collective d'un fonds d'investissement constitué par une participation financière que rendrait possible le refus des petits et des moyens revenus d'acquitter les taxes et les impôts prélevés par l'État-bankster.

– Comment généraliser l'occupation des usines et leur gestion par ceux qui y travaillent.

– Comment organiser une production locale destinée à la consommation des collectivités locales et fédérées, afin d'échapper à la gabegie du marché et d'assurer peu à peu une gratuité des biens de survie, qui rende l'argent obsolète. (Ne parlez pas d'utopie! C'est ce qu'ont réalisé en 1936 les collectivités libertaires de Catalogne et d'Aragon, avant d'être écrasées par les communistes.)

– Comment propager l'idée et la pratique de cette gratuité qui est la seule arme absolue contre le système marchand.

– Comment favoriser la propagation des fermes dites biologiques et leur pénétration dans les villes.

– Comment multiplier de petites unités scolaires de proximité, d'où soient bannies les notions de compétition, de concurrence et de prédation. Utopique? Non. Au Mexique, à San Cristobal, l’Université de la Terre propose une formation gratuite dans les domaines les plus divers (en plus des matières traditionnelles: des ateliers de cordonnerie, de mécanique, d’électronique, de ferronnerie, de physique, d’agriculture naturelle, d’art culinaire, de musique, de peinture, etc.). La seule qualité requise est le désir d’apprendre. Il n’y a pas de diplômes mais on attend de «ceux qui savent» qu’ils communiquent gratuitement et partout leurs connaissances.

– Comment doter les collectivités locales de maisons de santé, où les premiers soins puissent être assurés avec l’aide des médecins de campagne et de quartiers.

– Comment organiser un réseau de transports gratuits et non polluants.

– Comment mettre en pratique une solidarité active en faveur des enfants, des vieux, des malades et handicapés, des personnes en difficultés mentales.

– Comment mettre en œuvre des ateliers de création ouverts à tous.

– Comment reconvertir les supermarchés en entrepôts où les produits utiles et agréables fassent l’objet de trocs ou d’échanges de services en vue de favoriser la disparition de l'argent et du pouvoir.

Alors je voterai. Passionnément !

Raoul Vaneigem

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10 février 2010

Travailleuses, suite

J'aime l'article de Jean-Pierre Bouyxou paru ce matin dans Siné Hebdo n°75. Je le relaie donc, sans vergogne ni paiement de droits. Bouyxou n'a jamais parlé la langue de bois, il n'écoute que son cœur. Pas d'hypocrisie. («Intéressant. On regrette le manque d'attrait véritablement cinématographique de l'affaire», lit-on en revanche dans Le Parisien à propos du film dont il est question ici.) J'entends feuler, sur le trottoir, de jeunes commissaires de police et de vieux féministes.

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La pute enchanteresse

« Ayant toujours trouvé aberrant – et a priori débandant – de casquer pour baiser, et n’ayant donc jamais recouru de ma vie aux services d’une pute, j’ai fatalement des idées toutes faites, c’est-à-dire fausses, sur les professionnelles du radada tarifé. Par exemple, me fiant à l’air las et sinistre qu’elles arborent en vous proposant la botte le soir au coin des rues, j’imaginais volontiers que, sauf rarissimes exceptions, elles faisaient leur boulot sans entrain, contraintes, révulsées, méprisantes ou, au mieux, indifférentes. C’est ce qui, dans ma p’tite tête, les distinguait radicalement des hardeuses avec qui j’ai beaucoup copiné en mes jeunes années, celles-ci reconnaissant volontiers, entre quat’ z’yeux, qu’elles avaient choisi ce turbin bien davantage pour le plaisir que pour le pognon. Et puis bing ! Un documentaire de Jean-Michel Carré, Les Travailleu(r)ses du sexe, vient tout à trac détruire mes préventions. Des putes heureuses, satisfaites – et même fiérotes – d’exercer un boulot qu’elles estiment agréable, utile et gratifiant, ça existe. Pas seulement dans les mauvais livres polissons et les films X bas de gamme, mais dans la réalité. Carré en a rencontré plusieurs, apparemment emblématiques, et leur laisse la parole.

« Le panel est large. Il y a parmi elles des travelos, un hermaphrodite, une tenancière de claque helvète, une fille en vitrine d’un quartier chaud bruxellois, deux semi-retraitées parigotes et une spécialiste de l’aide sexuelle aux handicapés, peut-être la plus attachante: l’interview d’un de ses clients est un moment d’intense émotion. Elles ont en commun de ne pas du tout être connes, d’avoir le sens de l’humour et d’aimer l’indépendance. Car, of course, toutes ont décidé librement de pratiquer leur métier. La prostitution forcée, le maquereautage, l’esclavage sexuel sont des problèmes dont elles ne nient nullement l’existence, mais qui ne les concernent pas. Elles disent des tas de choses percutantes et justes, sans mâcher leurs mots – ni ménager Sarkozy, instigateur en 2003 de la crapuleuse loi sur le "racolage passif". Quant à la réprobation dont elles sont l’objet, elles en analysent fort bien la cause principale, qui n’est pas d’ordre moral mais politique: "On ne dépend d’aucune logique de production", explique l’une d’elles. Alors tant pis si le film n’est pas parfait (la séquence sur un salon érotique est inutile, et les déclarations d’une actrice de cinéma porno sont, ce me semble, hors sujet). Il n’en est pas moins passionnant.

« Vite fait, conclut JiPéBé, signalons la parution d’un livre indispensable nonobstant ses légers défauts (rattrapables, espère-t-on, dans les prochains tomes): le volume 1 d’une monumentale Encyclopédie des longs métrages français de fiction 1929-1979, par Armel De Lorme, à l’enseigne de L’Aide-Mémoire. Un recensement exhaustif et jouissif, où l’on glane une myriade d’informations inattendues. »

Jean-Pierre Bouyxou, SH

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Et l'on repasse l'affiche, parce que... Miss Tic

travailleu_r_ses_du_sexe

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