14 novembre 2009
Les Turcs à Amiens, suite
Visible au festival d'Amiens, dans la rétro « Studios de Yesilçam »
Vurun Kahpeye (Frappez la putain)
d'Ömer Lufti Akad, 1949

Ce premier film mythique de Lufti Akad vient d'être restauré par la Fondation Groupama Gan. Cet organisme, qui se penche actuellement sur le sort des films de Pierre Étaix, a également nettoyé en 2009 les négatifs des Vacances de Monsieur Hulot (Tati, 1953) et de deux documentaires de Manuel de Oliveira, As Pinturas do Meu Irmäo Julio (1965) et Lisboa Cultural (1983) [ à l'intention des programmateurs en quête de bonnes idées: la liste complète est ICI ].
Vurun Kahpeye est tiré d'un roman de Halide Edip Adivar, militante aux côtés d'Atatürk pendant la guerre d'indépendance, et considérée comme la première Turque à s'être battue pour les droits de son sexe. Son livre et le film qu'en a tiré Akad en 1949, typique d'un néoréalisme à la turque - panaché de mélodrame, de comédie et de film patriotique - sont des monuments de la culture populaire kémaliste (laïque). Le titre, nous dit-on, est entré dans la langue de tous les jours. Ça raconte l'histoire d'une institutrice de province qui cherche des noises à l'imam intégriste du lieu et ses copains, tous des machos barbus. Comme diraient les autres, une sorte de Don Camillo ottoman. Sauf que Sezer Sezin (dans la version de 1949) et Hale Soygazi (dans le remake de Halit Refig, 1973) sont plus jolies que Gino Cervi. Quel dommage d'être coincé si loin d'Amiens.

Picards, Turcs et Mexicains au festival d'Amiens

Türkan Soray
Le festival du film d'Amiens bat son plein depuis hier soir. Avec Nantes et Turin, c'est un des trois festivals indispensables de la saison. Pour cette 29e édition, la bande de stakhanovistes picards (réels ou adoptés) réunie autour de Jean-Pierre Garcia propose un hommage à l'immense Türkan Soray [curieusement qualifée par des attachés de presse jamais en reste d'une bévue, de «Catherine Deneuve turque». C'est censé être un compliment. Cela veut simplement dire que ses cachets sont aussi élevés que ceux de Deneuve. A part cela, elles n'ont rien de commun. Ne désespérons pas. On nous présentera bientôt le Bunuel, le Demy et le Téchiné ottomans.]
Se déroulent en même temps à Amiens une rétrospective des films produits aux studios turcs de Yesilçam; un clin d'oeil au romancier d'origine mexicaine et scénariste à succès Guillermo Arriaga; un autre au grand réalisateur guinéen(Bissau) Flora Gomes; ainsi qu'au Coréen Jeon Soo-il. Prenant tout le monde de court, Jean-Pierre Garcia a concocté une magnifique et passionnante rétrospective Sur les traces de Pancho Villa et d'Emiliano Zapata. Cinéma et révolution mexicaine (1910-2010). Sans oublier les compétitions diverses (pour la licornedor du long métrage, Les Barons du Belge Nabil ben Yadir est notre favori, mais les jurés nous écouteront-ils?) et les multiples sections thématiques.
Ajoutons que ce festival 2009 est dédié à la mémoire de notre pote Samba Félix Ndiaye, militant et cinéaste sénégalais, mort il y a quelques jours à l'âge de 64 ans.
Toutes autres informations disponibles ICI, jusqu'à dimanche en huit.

Türkan Soray

Jean-Pierre Garcia et Türkan Soray
à la soirée d'ouverture, hier
13 novembre 2009
Une bise et au lit 81

Une bise et au Lee
11 novembre 2009
Hotties Reading 99

Catherine Wagener et Jeanne Goupil
Mais ne nous délivrez pas du mal (Joël Séria, 1971)


Jacno, fin
Le meilleur topo sur Jacno, Elli, Stinky Toys et leur galaxie se trouve sur le blog de Shige. Ce texte formidable, chaleureux et glacé, triste et excitant, érudit et sentimental tout à la fois (comment fait-il, ce Shige ?), Génie de Jacno, est dédié aux amis de Facebook, mais ne leur est pas réservé. J'en connais qui ont passé l'âge de perdre leur temps sur les "sites de partage social" (c'est ce qu'on dit ?) et qui devraient y découvrir des trucs essentiels. Et puis Shige est le seul à ne pas omettre, lorsqu'il cite, bien obligé, Les Nuits de la pleine lune, de qualifier son réalisateur de vieux con. Je lui en suis reconnaissant.

Pascale Ogier
Les garçons du 11/11. Robert Ryan

avec Barbara Stanwyck dans Clash By Night (Le démon s'éveille la nuit), Fritz Lang 1952

The Set-Up (Nous avons gagné ce soir), Robert Wise 1949

avec Ida Lupino dans Beware, My Lovely, Harry Horner 1952

The Wild Bunch (La Horde sauvage), Sam Peckinpah 1969
avec Gloria Grahame dans Odds Against Tomorrow (Le Coup de l'escalier), Robert Wise 1959
Les garçons du 11/11. Pierre Léon

Pierre Léon
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Le dernier billet en date sur son blog,
pardon, son blob
Notes lisboètes (question)
« Comment se fait-il qu’il faille aller jusqu'à Lisbonne pour voir sur un écran de cinéma l’un des plus beaux films des trente dernières années, Simone Barbès ou la Vertu de Marie-Claude Treilhou ? Soyons résolument paranoïaques et répondons ceci: il y a des films qu’on cache sciemment et des secrets qui étouffent dans les coffres faibles des antiquaires. C’est vrai que la honte n’est pas une affaire de France. »
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Là, Pierre Léon chante Dans un océan lointain et bleu, de Vertinski.
Enregistré le 11/11:2006 à l'Entrepôt, à Paris. Extrait du film d'Anne BenhaIem, Ma bulle.
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Ici, il fait l'acteur dans un film de Serge Bozon, La France
07 novembre 2009
Doug

Douglas Fairbanks, Wild and Woolly (John Emerson, 1917)
06 novembre 2009
La nuit sans fin (retour)
Michael Ninn me demande instamment de préciser que toute ressemblance entre La Nuit sans fin, le livre dont la sortie à L'Oie de Cravan est annoncée dans un précédent billet, et le film homonyne (en anglais, Forever Night, 1999) où il mit en scène les ébats de Stacey Valentine, Jamie Gillis, Jeanna Fine, Veronica Hart et Jill Kelly, serait purement fortuite. Il prétend en tout cas n'en avoir aucunement vendu les droits à Thierry, de Locus Solus. Dont acte.

Thierry et les polars
Thierry H. a confié aux Fondu(s) au noir de la rue Anatole Le Braz, par ailleurs éditeurs de L'Indic, l'idée qu'il se fait aujourd'hui du polar et une longue liste de ses lectures les plus roboratives dans le genre. Le tenancier de Locus Solus sait de quoi il cause et il en cause rudement bien. Deux qualités rares en cette époque troublée, qui font de lui un homme de sagesse et de bon conseil. J'ajoute que le recueil de nouvelles qu'il publie cet automne, La Nuit sans fin, sortira d'un instant à l'autre des presses montréalaises des éditions L'Oie de Cravan. Il faudra en parler ici, dès réception de l'exemplaire dûment dédicacé qu'il nous a promis.

« Je ne parlerai pas de Hammett, Chandler, Thompson, Ellroy, Malet, Manchette, etc., etc., ni même de deux de mes chouchous, Donald Westlake et Marc Behm. De deux choses l’une si vous fréquentez Fondu au noir: ou bien vous les avez lus, ou bien ils sont déjà sur vos listes. Je ne citerai guère de titres récents non plus, d’une part parce que je lis moins de polars qu’autrefois (ça va par phases, ça reviendra), et d’autre part parce que je m’approvisionne essentiellement dans les brocantes.» LA SUITE ICI [Thierry Horguelin]

Placé sur liste noire par les voyous de la bande à McCarthy, Howard Fast dut user de pseudonymes pour continuer à gagner sa croûte. Sylvia était signé E.V. Cunningham. (C'est en prison qu'il écrivit son livre le plus connu, Spartacus, éloge de la révolte et diatribe anti-impériale - dont Kirk Douglas, Stanley Kubrick et Dalton Trumbo, autre blacklisted notoire, firent le film que l'on sait.)
