12 janvier 2016

Lectures pour tous : Robert Musil

« La main qu’elle lui tendit était grasse et légère. Il la retint un instant de trop, car de cette main, ses pensées ne parvinrent pas à se détacher tout de suite. Elle était dans la sienne tel un pétale épais; les ongles pointus, comme des élytres, semblaient capables à tout instant de s’envoler avec elle dans l’invraisemblable. Ulrich avait été subjugué par l’extravagance de la main féminine, cet organe somme toute indécent qui, comme la queue des chiens, touche à tout, mais n’en est pas moins officiellement le siège de la... [Lire la suite]
Posté par charles tatum à 16:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

26 décembre 2015

Lectures pour tous : Mary Dorsan

Trois heures à Paris un samedi Sur le boulevard Saint-Michel, un homme en costume se retourne sans discrétion pour regarder une femme en minijupe jaune et chemisier noir bouffant qui s’est arrêtée devant la vitrine d’un magasin de chaussures, en équilibre sur de hauts talons, noirs, brillants. À mi-chemin du passage piéton, une femme, aux lèvres confiture de fraises, suit d’un regard insistant les fesses d’un homme en jean moulant qui étudie un plan de Paris, en avançant lentement. Il contourne un adolescent rêveur, aux cheveux longs... [Lire la suite]
Posté par charles tatum à 07:36 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,
12 décembre 2015

Bosc, au sommet

Posté par charles tatum à 10:21 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
08 décembre 2015

Hotties Reading 424

Il aura fallu attendre le 424e volet de cette rubrique avant qu’elle ne décide tout à coup d’héberger un chef d’État, fût-ce un président (mort) de la république française. On y préfère d’habitude les actrices légèrement vêtues et les écrivains de tous sexes, généralement bourrés de talent subversif. François Mitterrand (1916-1996) fut quant à lui un excellent comédien, quoique non inscrit dans cette catégorie, et un écrivain manqué. De peu, il est vrai. Il avait promis en effet, si Giscard le battait aux élections de 1981, de... [Lire la suite]
Posté par charles tatum à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,
07 décembre 2015

Lectures pour tous : Goliarda Sapienza

« Il y avait trois robes : une rose, une blanche avec de merveilleuses dentelles, une de couleur bleue, voyante et brillante, mais qui avait pour elle d’être la moins décolletée. Dommage ! La rose et la blanche aux dentelles lui plaisaient, mais il fallait être prudente. Et en s’habillant et se peignant – elle n’avait pas beaucoup de temps – elle se contenta de les regarder sans arrêt. Elle n’avait jamais rien vu d’aussi beau, des larmes lui en montaient aux yeux. – Mais que faites-vous ? Vous pleurez,... [Lire la suite]
Posté par charles tatum à 11:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
04 décembre 2015

Lectures pour tous : Malika Mansouri

Tiens. Un bon livre pour le week-end. Ça vous évitera de glander héroïquement aux terrasses (chauffées, quel gaspillage) des bistrots. "Qu'ils soient frisés ou pas, basanés ou pas, noirs ou pas, qu'ils participent aux émeutes ou pas, ils perçoivent les préjugés racistes et infériorisants d'une société qui n'a pas fait le deuil de sa culture colonialiste, fondée sur le sentiment de sa supériorité et convaincue de sa mission civilisatrice dans le monde. Ils sont pourtant tous Français, descendants d'ex-colonisés que l'empire colonial a... [Lire la suite]
Posté par charles tatum à 12:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

21 novembre 2015

Viva Villa !

« [...] Une amitié qui devait se poursuivre, de temps en temps, par nos repas chez Debord où les commérages allaient bon train: "Tu as entendu ce qu’untel nous a sorti ? C’est inadmissible..." On savait quel serait le prochain exclu. Je ne sais plus qui, un jour, s’était étonné de notre passion pour le film Viva Villa !, et Debord de s’exclamer après son départ: "Non mais tu as entendu ce con, il n’aime pas Viva Villa !" Quinze jours plus tard, il tombait sous le coup du manquement à la radicalité et était... [Lire la suite]
Posté par charles tatum à 07:53 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , ,
19 novembre 2015

Déplorer, maudire, ne pas comprendre (Jérôme Ferrari)

Déplorer, maudire, ne pas comprendre, par Jérôme Ferrari [Le Monde, 20/11/2015] Peut-être sommes-nous entrés en guerre, peut-être sommes-nous entrés en résistance, je ne sais pas. Il y a sans doute bien des manières d’être en guerre et de résister. Les querelles sémantiques paraissent bien vaines. Mais je sais que Paris n’est pas Homs, et je crains fort que persister à boire un apéritif en terrasse ne transforme aucun de nous en Jean Moulin. Finalement, ce serait bien qu’on commence par se mettre d’accord sur le sens des mots. Avant... [Lire la suite]
Posté par charles tatum à 18:20 - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,
18 novembre 2015

No Gun

"Chicago, dans les locaux du Community Market. Un artiste a juxtaposé des dizaines et des dizaines de ce logo qu'on trouve à l'entrée des magasins comme de l'Université." (Lola Lafon, sur Facebook)
Posté par charles tatum à 06:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
18 novembre 2015

Déconstruire. La peine de mort, volume 2

« Même si la peine de mort a été abolie en France en 1981, il s’agit pour Derrida de nous avertir qu’elle existe encore à l’état invisible et cachée dans toutes nos institutions juridico-politiques, l’État, la droit, la science. Dit autrement, cette peine de mort, même abolie, a laissé des traces dans notre monde dans la mesure où elle est à l’origine de ce que nous sommes, de notre relation à la mort et de nos manières de nous penser comme sujets politiques. À ce sujet, Derrida parle d’échafaudage, comme si une fois celui-ci... [Lire la suite]
Posté par charles tatum à 06:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,