Lectures pour tous : Patrick Deville et le Mahabharata
« Ils convinrent de mener la guerre noblement. Les combats auraient lieu uniquement à la lumière du jour et entre guerriers de forces égales ; une fois la rencontre terminée, le vaincu aurait le droit de se retirer sans être poursuivi. On devait aussi combattre à armes égales : le guerrier luttant sur un char ne se mesurerait qu’avec un autre conducteur de char ; il en serait de même pour celui qui monte un éléphant, pour le cavalier ou pour le fantassin. Les guerriers seraient obligés d’annoncer leurs coups, compte tenu de la capacité, du courage, de la force et de la volonté de lutter de leur adversaire. Avant les duels, on devrait annoncer son nom, provoquer son ennemi et lui demander d’accepter la lutte. Nul n’aurait le droit de frapper un homme non préparé, apeuré ou en fuite. De même, il serait défendu d’attaquer un adversaire engagé dans un autre duel ou un ennemi qui se retire, l’arme brisée ou l’armure cassée. Les gens chargés des transports – vivres et armes –, les joueurs de tambour ou de conque ne seraient jamais frappés. » Le Mahabharata conté selon la tradition orale, Serge Demetrian, Albin Michel, 2006 [cité par Patrick Deville in Samsara, Seuil, 2023].
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