Lectures pour tous : Mathieu Larnaudie
« Quoique pas moins consternante que ses gémissements de la veille, cette complainte éraillée, répétée presque mécaniquement – comme si l’homme qui l’entonnait se sentait contraint de meubler le silence, signaler sa seule présence à la nuit – avait quelque chose de forcé. Elle me fit même penser, l’espace d’un instant, aux affreux braillements des enfants de l’appartement du dessus, chez moi à Paris, qui, non content de courir dans tous les sens au-dessus de ma tête dès lors qu’ils veulent manifester leur joie d’être rentrés au sein du foyer familial, passent un temps substantiel – en réalité, presque tout le reste du temps – à beugler, non pas en vertu de l’irrépressible jaillissement de larmes qui exprimerait une peine, une colère ou un désir spontané, mais de cette façon machinale, parfaitement maîtresse de ses effets sur les adultes et, pour tout dire, factice, qui signale le caprice. » Mathieu Larnaudie, Blockhaus, 2020, inculte.
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