Lectures pour tous : Joyce Carol Oates
« La côte du Maine, battue des vents, n’est pas un endroit qu’il connaît ni qu’il a envie de connaître. Quinze degrés de moins en avril que la température attendue. Au pied de la falaise, au bas d’un périlleux escalier en bois constellé de blanc par des fientes de goéland évoquant une lèpre ou l’acné d’un cerveau assailli par de fallacieuses notions de culpabilité qui ne sont pas les siennes, mais lui sont imposées par des âmes naines. Pas une plage digne de ce nom, juste un sable dur compact, de hideux rochers tordus et déformés comme les épaules de géants. Vagues furieuses de l’Atlantique couleur d’étain, moutons, écume, algues fermentées, choses pourrissantes ou blanchies sous les pieds, goélands hurleurs à l’œil mauvais dans le ciel. Le sort l’a jeté là comme quelque chose qu’on décollerait de sa chaussure. » Joyce Carol Oates, Fox, 2025, Philippe Rey, traduit de l’anglais par Claude Seban et Christine Auché.
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« Aussi faut-il prévenir le lecteur, Fox n’est pas à mettre entre toutes les mains. On se souvient du précédent récit de Oates, l’excellent Boucher, où elle brossait le portrait très cru d’un gynécologue fou, un grand pervers obsédé par le besoin de détruire les organes sexuels des femmes qu’ils prétendait soigner. Dans Fox, elle va plus loin dans l’exploration du mal... [...] On aura compris que malgré quelques longueurs, Fox s’impose comme l’un des meilleurs Joyce Carol Oates. Un grand roman pour notre temps. » Florence Noiville (Le Monde).