Mais avant de partir...
/image%2F0404300%2F20251128%2Fob_2f88ee_gerardlambert.jpg)
Je voudrais
Que partout souffle un vent d’indociles ripailles.
Que les dogmes fessés fuient le champ de bataille.
Que l’usine à mentir en pète ses rouages,
Et de joyeux mutins démolissent les cages.
Que des flots de « Je t’aime » dévalent les boulevards.
Que l’utopie fanfare claironne dans les squares.
Que des gavroches rusés chamboulent le destin,
Et des varlins têtus s’invitent au festin.
Que le possible brise enfin tous ses carcans.
Qu’il danse en nos jardins, gambille affriolant.
Que Monsieur Sabre-au-clair en pleure de dépit,
Et Messire Baratin enterre ses outils.
Que les négriers fuient en trouillardes cavales.
Que les bagnards coulent la galère impériale.
Que les égaux annoncent le trépas des larbins,
Et les fils de chimère inventent le matin.
Que les espoirs fissurent les bunkers du chagrin.
Que la vie se délivre et farandole enfin.
Gérard Lambert-Ullmann, in Braises de vie, Les coudées franches, 2025
[Les livres z’et opuscules de cet amical turlupin
sont disponibles à la commande, ICI MÊME.]