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le vieux monde qui n'en finit pas
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24 août 2026

Noël

Noël, notre compère, dit Le Grand Boudou, conseiller balistique de Georges Le Gloupier [de l’Internationale pâtissière] et concepteur d’impayables facéties, meneur de bringues arrosées à l’Oud Zottegem, ahurissant cinémaroufle et infatigable collectionneur de livres et de fi-films, auteur de l’indispensable Anthologie de la subversion carabinée (1986-2026) [dont la quatrième édition est sortie en avril dernier], vient d’être poussé vers la sortie par une longue et douloureuse maladie. Noël Godin était né à Liège en septembre 1945, il a posé ses kamiks à Bruxelles en ce triste dimanche d’août 2026. Comment allons-nous nous passer de sa présence singulière, de son humour allaisien rentre-dedans et de ses innombrables trouvailles langagières, de sa radicalité burlesque, de ses mots de désordre (Vive Ravachol ! Vive Fourier !), de son érudition picdelamirandolesque, de la tendre amitié et de la confiance dont il nous honora pendant quarante ans ? Pour sécher nos larmes, nous pourrons nous rappeler qu’il prenait à son compte l’affirmation d’Ernest Cœurderoy déclarant en 1854 dans Hurrah ! ou la révolution par les cosaques (il y en a comme ça des mille et des cent dans l’Anthologie) : « Le but de ma vie étant le bonheur, je dois être sans pitié pour cet abîme d’indescriptibles misères qu’on appelle civilisation, et voir avec joie tournoyer sur lui les plus grands fléaux et les plus redoutables malheurs. » Ciao, Noël. 

le conseiller balistique

avec Sylvie, dite le Gnouf

les années 2000

au Testet, avec Yannis Youlountas (septembre 2014).
À  l’arrière-plan, Raoul Vaneigem

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Commentaires
B
Pour vous égayer, je vous conseille la photo illustrant la nécrologie de Libération, sur le tapis rouge du Festival de Cannes : https://www.liberation.fr/international/europe/lentarteur-belge-noel-godin-est-mort-a-80-ans-apres-setre-follement-amuse-20260824_3EYG56G5QNEPVGLMRBVHPIRQOU/ . Je ne peux pas la regarder sans pouffer. Je la reregarde, je repouffe. C'est Charlot, mendigot démasqué, se faisant éjecter d'un restaurant chic. C'est Oliver Hardy viré d'un cocktail mondain parce que Laurel lui a arraché le pantalon.
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L
La disparition presque simultanée de Raoul Vaneigem et de Noël Godin a quelque chose de vertigineux. Deux figures de l’insolence, de la subversion joyeuse et du refus des convenances s’éteignent presque ensemble. Avec eux disparaît un peu de cet art rare de dire non - aux dogmes, aux puissants, à la résignation - tout en gardant le goût du rire et de la liberté. Une étrange coïncidence, comme si l’époque venait de perdre coup sur coup deux de ses irréductibles empêcheurs de tourner en rond.
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H
Vu trop tard après t’avoir prévenu…c’est vraiment une très triste nouvelle pour tout ceux qui l’aimaient…il était unique et indispensable….
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