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le vieux monde qui n'en finit pas
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29 août 2026

Leçon de sciences naturelles

« Chez les corvidés sociaux, comme les corbeaux et les corneilles, de nombreux naturalistes ont rapporté un comportement particulier en présence d’un congénère mort. On trouve ainsi dans la littérature des mentions de ce que certains considèrent comme un rite funéraire. Une corneille vient de mourir, mort accidentelle à la suite d’un accident de chasse, de l’action d’un prédateur, d’une collision, et toutes les corneilles du clan accourent, lançant des croassements forts, longs et monocordes. Bientôt ce seront des dizaines, voire une centaine de corvidés qui observeront la scène, posés à proximité ou en survol. Ces corneilles viendraient rendre un dernier hommage à ce congénère connu qui vient de mourir. [...] Une collègue américaine a réalisé ses travaux de thèse sur le sujet. [...] Elle a présenté à des corneilles un cadavre de congénère (une peau comme conservée dans les collections du Muséum), pour tester leurs réactions et enregistrer leurs réponses comportementales. Les corneilles présentes, bien vivantes, sont venues par curiosité, mais ne se sont pas engagées dans un quelconque rituel mortuaire d’adieu. En revanche, certains individus se sont approchés du corps sans vie et ont même essayé de s’accoupler avec cette peau posée au sol. Nous sommes bien loin d’un rite culturel témoignant d’une grande sensibilité... » Frédéric Jiguet, Vivent les corneilles, Actes Sud, « Mondes sauvages », 2024.

 

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