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le vieux monde qui n'en finit pas
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17 septembre 2026

Lectures pour tous : Leonardo Padura

« Daniel Kaminsky mettrait plusieurs années à s’accoutumer aux bruits jubilatoires d’une ville ancrée dans le vacarme le plus insolent. Il avait très vite découvert que tout y était traité et réglé à grands cris, tout grinçait sous l’effet de l’oxydation et de l’humidité, les voitures avançaient au milieu des explosions, du ronflement des moteurs ou des longs beuglements des klaxons, les chiens aboyaient avec ou sans raison, et les coqs chantaient, même à minuit, tandis que chaque vendeur de rue utilisait pour s’annoncer un sifflet, une clochette, une trompette, un sifflement, une crécelle, un pipeau, un couplet bien timbré ou un simple hurlement. Il avait échoué dans une ville où, pire encore, chaque soir, à neuf heures précises, un coup de canon résonnait sans qu’il y ait de guerre déclarée ou de forteresse à fermer et où toujours, invariablement, dans les époques prospères comme dans les moments critiques, quelqu’un écoutait de la musique et, en plus, la chantait. » Leonardo Padura, Hérétiques [2013], traduit de l’espagnol par Elena Zayas, Métaillé, 2014.

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