Samedi 18 octobre 2008, 17h00, flash d’informations de la « Première », chaîne généraliste de la Radio de service public francophone belge, dite  RTBf.

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Le spiqueur : « Ce samedi était organisée la Journée européenne du don d’organes. La cellule de sensibilisation au don d’organes du service fédéral santé avait organisé une fête, place de la Monnaie à Bruxelles. »

[Note pour tous les étrangers qui n'y connaissent rien : dans le jargon des bureaucrates du néo-royaume, un service fédéral, ce n'est rien de plus qu'un ministère.]

Après une brève présentation, le journaliste délégué aux chiens écrasés la semaine et aux dons d'organes le samedi passe la parole à :

I.S., coordinatrice au ministère de la Santé publique. « Que ferai-je de mes organes si je décède ? C’est le premier acte. Pourquoi c’est important ? Nous avons des listes d’attente qui sont relativement importantes, actuellement, nous avons un peu plus de onze cents patients, des citoyens belges, qui sont en attente d’une transplantation... Nous avons un bon taux de prélèvement d’organes mais qui, malheureusement, ne permet pas encore de satisfaire la demande... »

[Reconstitué à la virgule près après réécoute sur le site de la radio en question.]

(Là-dessus, on passe à autre chose, le refus de l'abandon de la filière nucléaire par le Parti chrétien démocrate, l'accusation de népotisme aux frais du socialiste mondain Dominique Strauss-Kahn, etc.)

Dans la glose de Mme S., trois petits mots crapuleux me sont restés coincés sous la glotte. Vous les avez repérés d'autant plus facilement que je les ai surlignés en rouge.

Lapsus ? Abus de gueuze au chocolat (ça la foutrait mal, pour une fonctionnaire) ? Je m'en tape. Mais je me pose une question.

Votre serviteur -- qui est moitié mexicain, moitié finistérien -- sera-t-il comptabilisé dans les listes d'attente quand il se sera fait dévorer les glaouis par le chien de la voisine ?

Promis, j'interrogerai Mme S. à son ministère, pas plus tard que lundi matin. Je vous prie de croire que je ferai tout pour obtenir une réponse. Parole de Mexicain.

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