On apprenait hier soir que deux des inculpés de Tarnac restaient derrière les barreaux. (Formule qu'on me permettra de préférer à celle qui fait les titres, ce matin, «Trois des inculpés ont été libérés») Sans aucune explication pour le cafouillage juridico-médiatique qui fit dire aux agences de presse, hier après-midi, que les cinq gaillards avaient retrouvé la liberté. La chancellerie communique quand ça l'arrange et nous dit ce qui lui plaît. On ne saura donc pas pourquoi Julien et Yldune restent à l'ombre. Fallait-il satisfaire une partie de l'opinion (en ne lâchant pas ceux qu'on décrit depuis trois semaines comme de dangereux ennemis publics) tout en faisant baisser la pression («La cour d'appel s'oppose aux réquisitions du parquet», la belle affaire) ? Ce n'est pas le moment de tirer sur les ambulances de la défense, mais avouons que Mme Terrel -- dont le principal client reste incarcéré -- a le triomphe assez pitoyable. Il faudra qu'elle nous explique, quand l'affaire sera close, ce qu'est un «désaveu assez radical».

Dépêche. Ne restent donc en détention que Julien Coupat, présenté comme le chef de ce groupe [...] et sa compagne, Yldune L., mise en examen pour les mêmes chefs que Gabrielle H. [qui a été libérée, comprenne qui pourra.] Maître Terrel, avocate des trois remis en liberté et de Julien Coupat, a salué cette "victoire relative", considérant qu'il s'agissait d'un "désaveu assez radical de toute cette procédure".

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